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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:50

 

 

Rue89k

Edito 11/08/2013 à 16h02
Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89

 

 

 


 

Réponses à la question : L’Espagne est-elle un pays pacifique avec de fortes valeurs civiques ? (Metroscopia pour El Pais)

L’Espagne est-elle un pays fondamentalement pacifique, avec de fortes valeurs civiques, qui réussit à résoudre ses problèmes en négociant ? 67% des sondés ont répondu oui, dans une enquête publiée par le quotidien El Pais, qui lance une série sur l’état d’esprit des Espagnols dans son édition du week-end.

Les Espagnols sont aussi 74% à se percevoir comme des gens sérieux et « dignes » (ou des « gens bien », qui serait une traduction moins littérale de « gente decente »). Mais plus de la moitié (54%) estiment que leur pays n’est pas digne de confiance.

Espagne officielle et Espagne réelle, généreuse

Il y a donc une Espagne officielle, celle des centaines de politiciens englués dans des scandales de corruption touchant jusqu’au Premier ministre Rajoy, celle des choix économiques hasardeux. Et une Espagne réelle, celle que l’on voit quand on connaît ce pays, où les serruriers de Pampelune décident de ne plus participer aux expulsions de leurs concitoyens incapables de rembourser leur crédit immobilier.

La révolte des Indignés n’a pas débouché sur le chaos, rappelait Jaime Pastor, spécialiste des mouvements sociaux dans un article de L’Express en juin. Au contraire, le mouvement s’est fragmenté en une multitude d’actions locales et a resserré les liens sociaux :

« Les Indignés ont créé un espace public nouveau, pacifique et inventif. Ils interpellent les politiques et les obligent à réagir, ils prennent des initiatives et proposent leurs propres alternatives au niveau des quartiers. »

Week-end après week-end, les enseignants, les personnels médicaux, les travailleurs sociaux défilent dans les rues, sans violences, contre le démantèlement des services publics bien plus que pour leurs droits et salaires, qui ont déjà été rognés par tous les bouts.

La « révolution du respect »

Il y a quelque chose de profondément respectable (et de poignant) quand on traverse ce pays asphyxié par le chômage et les faillites personnelles. La solidarité familiale, la compassion pour ceux qui sont encore plus dans le besoin, et une infinie patience...

José Juan Toharia est le président de Metroscopia, l’institut qui a réalisé l’enquête. Il écrit dans El Pais :

« [Au début des années 60], l’Espagne était un pays inégalitaire, attardé économiquement et isolé du reste de l’Europe par la dictature. En à peine une génération, le panorama a radicalement changé.

Les citoyens ont pris très au sérieux le changement politique et ont mené une transition qui est un modèle.

Ils ont pris au sérieux et avec courage la lutte contre le terrorisme ; ils ont pris au sérieux le pluralisme des idées, valeurs et styles de vie, instaurant cette “révolution du respect” qu’appelait de ses vœux Fernando de los Rios [socialiste humaniste mort en 1949, ndlr] ; ils ont pris au sérieux l’Europe et leur intégration dans l’Union européenne. »

Si patiente, si solidaire, si généreuse

En Espagne, aujourd’hui, personne ne remet en question le système démocratique. L’extrême droite est quasi inexistante, il n’y a pas de partis xénophobes. En conclusion du premier volet d’« Espagne, un pays déçu », Toharia note avec raison :

« Il n’est pas facile de trouver dans notre entourage européen une société qui sache rester si patiente, solidaire, généreuse au milieu d’une crise si profonde et face à une telle carence de leadership politique.

Car c’est bien là le principal problème : l’effondrement (par anesthésie, incompétence et aveuglement partisan) de plusieurs institutions indispensables à la vigueur de notre vie publique. »

Le frigidaire de ma maison est vide

Pour illustrer cet éditorial, voici le reportage vidéo réalisé par des enfants auprès des enfants d’un « comedor social » (réfectoire social) qui offre les repas mais aussi des vêtements dans la province de Madrid, et intitulé « Le frigidaire de ma maison est vide ».

Une fillette raconte qu’elle vient là tous les matins prendre son petit déjeuner, car elle n’a plus de maison, « les politiques ont tellement volé ». Jorge, une dizaine d’années, estime que c’est la faute à Rajoy s’il vient ici depuis un an pour manger. « A la maison, on n’a plus d’argent pour faire les courses. Le frigidaire est vide. »

 

 

 

 

 

 

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