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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 23:13
Rue89 - Aujourd'hui la Chine 15/02/2012 à 22h20

Claude Lely

A quelques jours du Nouvel an tibétain, deux journalistes ont réussi à se rendre à Aba, théâtre de nombreux actes de détresse et de protestation contre la tutelle chinoise. Une immolation a été confirmée par Pékin samedi, une autre aurait eu lieu ce lundi.

Les témoignages sont rares, les images uniques. Jonathan Watts du Guardian et Tom Lasseter de McClatchy Newspapers ont atteint chacun de leur côté la ville d'Aba (ou Ngaba en tibétain) ces derniers jours.

A la recherche d'explications concernant la vague d'immolations de ces derniers mois qui s'est renforcé la semaine dernière, ils ont pu y observer l'omniprésence des forces de l'ordre et la détresse du clergé bouddhiste.

C'est dans cette préfecture autonome tibétaine du Nord-Est du Sichuan que 13 des 23 immolations de ces douze derniers mois ont eu lieu. La région est connue pour abriter une concentration exceptionnelle de monastère, dont celui de Kirti, à plusieurs dizaines de kilomètres d'Aba, où a eu lieu le dernière immolation rapportée, ce lundi.

Un moine de 19 ans se serait mis le feu en criant des slogans anti-chinois, avant l'intervention des forces de l'ordre, qui auraient éteint les flammes et violemment emmener le protestataire rapporte l'organisation Free Tibet.


Tenzin Choedron, 19 ans, est morte après s'être immolée samedi 4 janvier (ONG)

Zone interdite

Pour rendre compte de la tension qui règne dans ces régions, entre revendications culturelles et présence intimidante des autorités chinoises, les deux journalistes ont dû voyager dans la plus grande discrétion. Il leur a fallu parcourir de longues distances sur les routes de montagne du Sichuan, cachés au sol à l'arrière de véhicules sous des sacs à dos ou des couvertures.

Comme dans d'autres régions tibétaines, l'accès à la préfecture d'Aba est de fait interdit aux étrangers. De nombreux check-point bloquent les routes : les autorités cherchent à éviter que des informations circulent dans les deux sens. Beaucoup de journalistes qui ont tenté de s'y rendre ont été bloqués à plusieurs centaines de kilomètres de la ville.

Le journaliste du Guardian a toutefois réussi à y tourner une vidéo qui témoigne de l'encadrement policier voire militaire de ces zones.

Le reportage du journaliste du Guardian

Jonathan Watts écrit :

« Des officiers de police et des fonctionnaires communistes portant des brassards rouges recherchent des yeux des manifestants potentiels. Des douzaines de paramilitaires sont assis en rangs devant les restaurants et les magasins, dans une démonstration de force intimidante (...). Certains sont équipés de bâtons munis de pointes, d'armes semi-automatiques et d'extincteurs ».

Le but est d'éviter les manifestations de masse, mais aussi les actes isolés.

« Aux environs des monastères, les officiers chinois dans des camions de pompiers surveillent de près les processions des péperins, au cas où leur dévotion ne vire à l'immolation. »

Le journaliste britannique observe que la question des immolations divise les Tibétains, certains les considérant comme des actes d'extrémismes. Mais il faut en craindre de plus en plus, explique un moine, alors que la pression des autorités chinoises fait perdre espoir à beaucoup de religieux.

Pour ne pas risquer de laisser s'organiser la protestation, la communication entre les différentes zones tibétaines est très limitée, provoquant la frustration de nombreux locaux, qui ont souvent des proches à Serxu, ou sur les hauts plateau de la région de Lhassa.

Si le manque de liberté culturelle et religieuse est au centre des protestations, beaucoup dénoncent les « campagnes de rééducation ». Les moines sont obligés de renier publiquement le dalaï lama et d'affirmer leur loyauté à la Chine, sous la contrainte « d'intimidations et de menaces », confie un religieux.

Du desespoir à l'immolation

Tom Lasseter témoigne du profond désespoir le population, et notamment des nombreux membres du clergé bouddhiste qui vivent dans ces régions himalayennes. Il rapporte les « fréquentes visites » des « équipes de travail » chinoises dans les monastères, à la recherche de signes de mécontentement.

Les dortoirs des moines sont fouillés régulièrement, et les protestataires peuvent être violentés voire tués, explique un moine au reporter. Rares sont ceux qui acceptent de parler, mais ceux qui le font tiennent un discours grave : « Nos coeurs souffrent beaucoup, et quand la souffrance n'est plus supportable, nous nous mettons le feu ».

L'agence de presse officielle chinoise a confirmé la mort d'une nonne de 18 ans, qui s'est immolée par le feu samedi dans la préfecture d'Aba, et les officiels continuent d'assimiler ces actes à des tentatives de déstabilisation fomentées par « la clique » du Dalaï Lama.

A l'approche du Nouvel An tibétain, le 22 février, et de l'anniversaire des révoltes de mars 1959, Pékin a annoncé un renforcement du contrôle de la région. Des officiels jugés trop laxistes ont été évincés, et un haut-responsable de la province du Tibet a déclaré que la Chine est prête à « la guerre contre les sabotage sécessionniste ».

 

Publié initialement sur
Aujourd'hui la Chine

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