Partager l'article ! Des salariés d'un site "Seveso" menacent de "tout faire péter": Le Monde.fr avec AFP | 26.07.2012 à 19h48 ...
Le Monde.fr avec AFP | 26.07.2012 à 19h48
A titre d'avertissement, les salariés ont fait brûler une palette de produits d'entretien pour automobile face aux quais de déchargement du site, où ils ont également disposé des palettes de produits, dont l'une comporte quatre fûts de 200 litres de produit inflammable.
Selon les salariés, il y aurait 7 000 palettes de produits dangereux sur le site. Sur le toit de l'entreprise, une poignée de salariés menaçaient de faire brûler des bidons de produits chimiques. "[Nicolas] Rousselet [PDG du groupe G7], viens négocier où on fait tout brûler", a clamé l'un d'eux.
MGF comprend sept sites en France, mais celui d'Orchies a été filialisé le 1er avril, puis placé en redressement judiciaire le 4 juillet, sans attendre la date du 13 août fixée pour le dépôt d'offres de reprise car les salaires ne pouvaient plus être versés, selon Sébastien Béhague, délégué CGT. "On demande à partir la tête haute", a-t-il souligné.
"C'EST EN TRAIN DE DÉGÉNÉRER"
Selon lui, la direction a quitté les lieux et le liquidateur judiciaire a demandé aux salariés de faire de même. Un autre site nordiste de la société, à Anzin, serait également en redressement judiciaire "Des salariés sont pratiquement au bord du suicide. Certains ont des crédits à la consommation, certains ont acheté une maison avec un crédit sur trente ans ; qu'est-ce qu'ils vont faire ?", s'interroge un des salariés, Kadda Boukhari.
"C'est en train de dégénérer", a affirmé un autre salarié, évoquant le "ras-le-bol" des employés, qui veulent "prendre des décisions radicales". "S'il faut en arriver là et tout faire péter, ils vont le faire", a-t-il averti. Selon la préfecture du Nord, suite à une requête en expulsion présentée par le mandataire judiciaire, le juge du tribunal de grande instance de Douai a signé une ordonnance en ce sens le 25 juillet.
L'avocate du comité d'entreprise, Me Anne Duriez, a affirmé "comprendre la colère et le désespoir des salariés car on s'est moqué d'eux". Elle a invoqué une "filialisation frauduleuse qui a permis à MGF Logistique de se désintéresser des salariés [...] après avoir promis qu'il n'y aurait pas d'incidence sur l'emploi. Cet abandon des salariés est doublement choquant car le groupe le fait payer par la collectivité", a-t-elle pousuivi, demandant que le groupe "dédommage les salariés pour ce qu'il leur a fait". Contacté par l'AFP, MGF Logistique n'avait pas répondu dans l'après-midi.
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