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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 15:36

 

Source : www.rue89.com

 

 

Sur le terrain 07/01/2014 à 13h03

Des milliers de Grecs ne vont plus à la fac et tout le monde s’en fiche

Isabelle Karaiskos | Journaliste


Une femme passe devant une affiche disant : « La grève continue jusqu’à la victoire », non loin de l’université d’Athènes, le 20 septembre 2013 (Dimitri Messinis/AP/SIPA)

 

(D’Athènes) Il y a une chose dont on parle peu en Grèce où les manifestations, grèves et scandales financiers sont sans cesse relayés par les médias nationaux et internationaux depuis cinq ans.

La principale université du pays, l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes, est fermée depuis septembre, pour cause de grève totale et continue du service administratif. Autrement dit, les étudiants n’ont pas suivi un seul cours de l’année universitaire, et ce dans une parfaite indifférence.

Facs fermées aux étudiants et aux chercheurs

Après l’annonce du gouvernement grec d’une réduction de l’effectif de 40% dans l’administration universitaire (soit une mise en disponibilité de 25 000 fonctionnaires et le licenciement de 4 000), dans le cadre de la restructuration du secteur public exigée par la troïka européenne, le personnel a annoncé une grève générale, qui dure depuis maintenant près de seize semaines.

L’université est fermée aux étudiants et aux professeurs depuis la rentrée 2013, et les chercheurs (travaillant notamment pour les programmes internationaux) ne peuvent plus accéder à leurs laboratoires.

Les principales universités du pays, dont l’école polytechnique étaient également en grève continue, mais les cours ont partiellement repris peu avant Noël dans la plupart des établissements.

L’université capodistrienne, elle, reste bloquée.


Des policiers longent la statue de Ioannis Kapodistrias, dans l’université d’Athènes, le 8 juillet 2013 (Petros Giannakouris/AP/SIPA)

 

Les profs, eux, touchent leur salaire

Son recteur, Theodoros Pelegrinis, également acteur de théâtre et ayant un site internet et une chaîne YouTube, joue la carte (politique) du soutien total à cette grève sans fin ; vaudeville, pour les uns, et tragédie pour les autres.

L’accès à l’Université capodistrienne, refusé donc aux étudiants et aux chercheurs, est cependant autorisé par le recteur pour des réunions politiques ponctuelles d’Alexis Tsipras, président du parti de coalition de gauche radicale Syriza.

Les recteurs de nombreuses universités se refusent en outre à communiquer au ministère de l’Education des listes d’employés à « mettre en disponibilité », une requête qu’ils jugent illégale (il s’agirait de listes nominatives qui auraient été exigées par la troïka).

Le personnel administratif gréviste, ainsi que les professeurs, ont touché leurs salaires normalement durant cette période, ce qui explique aussi la force et la durée du mouvement, et l’indifférence de nombreux professeurs face au non fonctionnement des établissements depuis la rentrée.

Aucune inscription en première année

Les étudiants sont les premiers à payer le prix de cette grève continue. Certains perdront peut-être même une année universitaire, les cours et examens n’ayant pas pu avoir lieu jusqu’à présent, et la date d’échéance – où le semestre sera considéré comme « perdu » – n’a toujours pas été établie par l’administration. Les étudiants de première année ne peuvent quant à eux toujours pas s’inscrire.

La plupart des syndicats étudiants s’opposent bien sûr aux réformes de réduction des effectifs exigées par les bailleurs de fonds et votées par le gouvernement Samaras.

Difficile pour les étudiants de contester cette fermeture continue des universités : il s’agirait de se positionner en contre-gréviste face au soulèvement de personnel dont les emplois sont menacés.

A l’annonce d’une éventuelle reprise des cours, certains jeunes ont même évoqué un blocage de l’entrée aux amphithéâtres.

Madalena, 20 ans, ne sait plus quoi faire

Madalena Anastasatou, 20 ans, étudiante en troisième année de langue et littérature germanique à l’Université capodistrienne, regrette ce blocage, et considère comme beaucoup que les étudiants se sabotent :

« Ils disent que rouvrir l’université c’est laisser faire le gouvernement, que c’est une première étape vers des réformes qui vont rendre les universités payantes. En fait, dans un esprit où rien ne compte sauf s’opposer au gouvernement, au final c’est nous-même que l’on sanctionne. »

Madalena, qui fait pourtant parti du mouvement étudiant de gauche radicale E.A.A.K. (rattaché au département de philosophie de l’université) s’inquiète et se sent, au fil des mois, désabusée :

« On n’a pas suivi un seul cours cette année, je ne sais plus trop quoi faire de mes journées. J’avais commencé à tourner un court-métrage en début d’année, mais depuis que ce projet aussi est en stand-by, je passe mes journées entre la maison et traîner sur la place Monastiraki, ça devient vraiment déprimant. »

La question se pose alors de la réelle conséquence qu’aurait cette baisse d’effectif pour un bon fonctionnement du système universitaire, dans un pays où le clientélisme politique a permis de nombreuses embauches dans le secteur public, et où, parmi les employés administratifs ayant pris fonction aux sein des universités, seule une minorité est rentrée sur concours.

Cette fermeture continue de près d’un semestre sert-elle alors la cause universitaire ? Qu’à cela ne tienne, le recteur Pelegrinis, entre deux rôles, répond : « Mieux vaut perdre une session que l’université ! »

Se chauffer d’abord

Les cours à l’école polytechnique ont repris mi-décembre, ce qui devrait permettre aux étudiants de ne pas perdre leur semestre. Le sort de ceux de l’Université nationale capodistrienne d’Athènes, qui recense près de 65 000 étudiants, est lui, beaucoup plus incertain à ce stade.

Dans une Grèce en crise où le citoyen moyen peine à payer ses factures d’électricité et à se chauffer en hiver (les taxes sur le charbon et l’électricité sont devenues tellement élevées que de nombreux Grecs se chauffent au bois ou avec des systèmes alternatifs voire artisanaux), cette grève des universités semble laisser le pays dans l’indifférence la plus totale.

 

Source : www.rue89.com

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
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