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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 13:45

LEMONDE.FR | 23.09.11 | 19h29   •  Mis à jour le 24.09.11 | 15h16

 
 

 

Nicolas Sarkozy a confié à l'ancien Premier ministre Edouard Balladur la mission de mettre en oeuvre le "Partenariat de Deauville", pour favoriser le processus de démocratisation des pays arabes.

Nicolas Sarkozy a confié à l'ancien Premier ministre Edouard Balladur la mission de mettre en oeuvre le "Partenariat de Deauville", pour favoriser le processus de démocratisation des pays arabes.REUTERS/PHILIPPE WOJAZER

Le communiqué de presse quelque peu lapidaire publié jeudi 22 septembre par l'Elysée est l'une des rares communications officielles de la présidence sur l'affaire Karachi, qui empoisonne le pouvoir depuis 2009. Retour sur les expressions de Nicolas Sarkozy et son entourage, qui ont parfois légèrement évolué, même si le message général est resté le même.


- 15 SEPTEMBRE 2008 : PAS DE COMMENTAIRE

La possibilité d'une affaire française de financement politique illégal, développée en parallèle de l'enquête sur l'attentat de 2002 à Karachi, au Pakistan, est évoquée dès 2008. Le site Bakchich publie un rapport de police luxembourgeois, datant de mars 2007, évoquant l'autorisation donnée en 1994 par le ministre du budget, M. Sarkozy, à la création au Luxembourg de la société Heine, destinée à faire transiter les commissions aux intermédiaires des ventes de sous-marins au Pakistan.

>> Voir notre infographie : " Comprendre l'affaire Karachi en trois minutes"

Interrogé par 20minutes suite à cette révélation, l'Elysée se refuse à tout commentaire.

- 19 JUIN 2009 : UNE "FABLE"

La première fois que la question est posée à Nicolas Sarkozy, c'est en marge d'un sommet européen, à Bruxelles. Lors d'une conférence de presse, un journaliste de l'AFP pose la question à M. Sarkozy sur la possibilité qu'il y ait eu des rétrocommissions et un financement illégal de la campagne de M. Balladur.

Derrière l'humour et la moquerie, la réponse est cinglante : "Grotesque", "ridicule", "qui peut croire une fable pareille ?" rétorque Nicolas Sarkozy. "Soit il y a des éléments, donnez-les nous. Grotesque. Raisonnons, alors : pour son financement, M. Balladur aurait accepté des fonds... Qu'est-ce que vous voulez que je réponde là dessus ? On est dans un monde ou tout ce sait, où le secret d'Etat n'existe plus... Respectons la douleur des victimes."

Et le chef de l'Etat de terminer par un trait d'humour : "S'il y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais, là c'est certain." Avant de se reprendre : "Non pardon, je ne ris pas, il y a eu Karachi, c'est la douleur des familles, tout ça."

 

- 10 JUILLET 2009 : "PAS DE SECRET DÉFENSE"

L'affaire, complexe, est alors encore peu connue et peu médiatisée. En pointe dans les investigations, Mediapart n'est que très peu, voire pas repris par le reste de la presse pour ses révélations.

Nicolas Sarkozy évoque une nouvelle fois l'affaire de Karachi, cette fois de sa propre initiative. En marge du sommet du G8 à L'Aquila, il est interrogé sur l'affaire du massacre des moines de Tibéhirine. Il explique alors qu'il "n'y aura pas de secret défense" dans cette affaire. "Je veux que la vérité soit faite", demande-t-il. Et il ajoute : "Sur le terrible attentat de Karachi, pareil."

Deux ans plus tard, malgré la réitération de cette promesse, la totalité des documents réclamés par les juges dans l'affaire Karachi n'a toujours pas été déclassifiée,en dépit des demandes de levée du secret défense formulée notamment par les députés PS, dont Bernard Cazeneuve.

- 20 NOVEMBRE 2010 : "EN TEMPS ET HEURE"

A l'automne 2010, l'affaire de Karachi s'emballe. Au fil de l'enquête et des révélations, les soupçons se font plus précis : le versement de rétrocommissions est évoqué par des témoins, les auditions des anciens ministres Charles Millon ou François Léotard apportent de nouveaux éclairages, le financement de la campagne d'Edouard Balladur apparaît de plus en plus comme potentiellement frauduleux.

Interrogé lors d'une conférence de presse en marge du sommet de Lisbonne, Nicolas Sarkozy promet : "Je n'entretiendrai pas une polémique qui n'a pas lieu d'être. La justice est saisie, qu'elle fasse son travail, voilà. Qu'on n'essaie pas de coller dessus des commentaires politiciens qui ne sont vraiment pas à la hauteur de la douleur des familles qui ont perdu leurs proches. C'est ça la seule chose qui compte."


- 23 NOVEMBRE 2010 : LE PRÉSIDENT ET "LES PÉDOPHILES"

Trois jours plus tard, le ton présidentiel n'est plus du tout le même lorsqu'il s'exprime en "off"devant les journalistes présents. Nicolas Sarkozy ne cache plus son agacement. '"On me dit, il y a eu des commissions. Parfait. Personne n'a la moindre preuve de quoi que ce soit, personne. Ah, il y a de l'argent liquide sur la campagne de M. Balladur, très bien, OK, dont les comptes ont été validés par le Conseil constitutionnel."

L'enquête montrera quelques mois plus tard que cet argent liquide représente plusieurs millions d'euros, dont la provenance est suspecte, même si les comptes ont effectivement été validés. Et plusieurs témoins attestent qu'il y a eu non seulement des commissions, mais surtout des rétrocommissions.

Nicolas Sarkozy poursuit : "Est-ce qu'il y en a un seul parmi vous qui a vu un document qui me mette en cause ni de près, ni de loin  (...) Y a-t-il un document qui me mette en cause, un seul ?" Plusieurs documents citant M. Sarkozy dans la procédure seront produits dans les jours qui suivent. M. Sarkozy enchaîne : "Vous voyez le ministre du budget qui va signer un document pour donner son aval à une société luxembourgeoise ?" Là encore, il sera contredit par les faits : plusieurs pièces du dossier, notamment, affirment qu'il avait bel et bien donné son aval à cette société.

Ce jour de novembre, M. Sarkozy dénonce le juge Van Ruymbeke, l'accuse à demi-mots d'être partial, puis s'en prend à Charles Millon, qui a lui aussi évoqué des rétrocommissions. Et tente de faire une démonstration par l'absurde en prenant à partie un journaliste : "Et vous – j'ai rien du tout contre vous –, il semblerait que vous soyez pédophile… Qui me l'a dit ? J'en ai l'intime conviction." (Lire le verbatim du "off")

 

- 22 SEPTEMBRE 2011 : "CALOMNIE ET MANIPULATION POLITICIENNE"

Il faut attendre presque un an pour un nouvelle communication elyséenne sur l'affaire. Elle prend la forme d'un bref communiqué, dont les imprécisions et les manques posent question. Et laissent notamment penser que l'Elysée a connaissance de l'intégralité du dossier de l'instruction, ce qui n'est, en droit, pas normal.

En trois ans, la communication de l'Elysée n'aura donc pas varié sur l'affaire Karachi  : nier, en bloc, l'existence d'un financement occulte de la campagne de M. Balladur, mais aussi tout rôle financier dans cette campagne, et surtout nier toute présence du chef de l'Etat dans le dossier. Quitte à être, depuis trois ans, en partie démenti par les faits.

Samuel Laurent

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