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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 16:48

 

leprogres.fr

  Publiée le 16/02/2013 à 06:00
   

Ils sont retraités, agriculteurs, historiens ou enseignants. Leur point commun ? Une volonté farouche de combattre un projet de scierie qui, affirment-ils, « serait un massacre pour le Morvan ». Ils viennent d’entrer en résistance.

 

 

Photo Jean-Pierre Guillot

Photo Jean-Pierre Guillot

 

C’est l’histoire de deux mondes qui se rencontrent. De deux logiques qui s’affrontent. C’est l’histoire d’un projet économique d’envergure, une scierie à vocation écologique (lire ci-dessous) porté par la majorité de la classe politique locale, « au nom de l’emploi et du développement de la Nièvre », qui se heurte à des résistances locales affirmées. A des gens enracinés dans leur terre qui ne veulent pas « sacrifier » leur Morvan « sur l’autel des profits ». Le point de rupture est désormais dépassé, et le temps de l’occupation est arrivé.

Cette histoire qui se répète, dans le sillage de l’emblématique combat de Notre-Dame-des-Landes, est en train de prendre une tournure plus importante. Avec des soutiens de plus en plus nombreux. Une mobilisation qui s’organise. Et des déterminations sans faille, malgré les conditions hivernales difficiles.

Car les habitants du cru défendent leur royaume du Morvan avec force, paille, fourches et tentes improvisées. En composant avec la rudesse du climat et les zones humides des terres du Corbigeois. Bienvenue à Sardy-lès-Epiry, à une soixantaine de kilomètres de Nevers.

Depuis quelques jours, des habitants occupent un terrain qui jouxte le bois de Tronçay, afin d’empêcher l’arrivée des bûcherons et des engins de terrassement. Ils étaient une centaine dimanche dernier, à défier les autorités. Ils sont tous les jours une trentaine sur le site à se relayer. Pour surveiller. Pour s’opposer. Une tente salle à manger cuisine pour restaurer et réchauffer les frondeurs, des toilettes sèches et une « maison » de paille pour faire dormir, sur place, l’équipe de nuit. Bottes en caoutchouc et cols roulés obligatoires.

« Au début, ce projet était plutôt séduisant » raconte Jérôme Bognard, un exploitant agricole âgé de 40 ans et aujourd’hui vice-président d’Adret Morvan (association pour le développement dans le respect de l’environnement en territoire Morvan et environs). « On parlait d’une scierie zéro déchets. C’était en 2006 ». Mais le projet a muté. « Dans le sens du gigantisme ! » s’empresse de préciser cet éleveur d’escargots promu « chef de guerre ». Il est 10 heures ce mardi matin, et une patrouille de gendarmerie s’approche du camp de base et observe avant de repartir. « On redoute une intervention. Mais on ne se laissera pas faire ! »

« Les emplois à la clé ? On n’y croit pas. Ce qui va être fait ici ? Un incinérateur, ni plus ni moins. Une agression écologique et une aberration économique. Nous n’en voulons pas. » Alors Jérôme et ses amis s’organisent. Occupent et défendent en attendant de connaître la position du tribunal administratif de Dijon, saisi en référé suspension le 26 février prochain (lire ci-dessous). La quarantaine de requérants ira se « frotter » au préfet de la Nièvre.

Au pied du brasero, les militants échangent autour d’un café : « C’est l’Etat qui se comporte en voyou dans cette affaire ! » Bonnets sur la tête, les pieds dans la paille, c’est bec et ongles que ces opposants « de gauche » pour la plupart, défendent leurs idées. Eliane habite à une trentaine de kilomètres et veut se montrer solidaire : « Je ne viens pas tous les jours. Nous tournons. Ce projet est insensé, tout simplement. Il faut donc le refuser. » Muriel, Agnès, Antonio, Pascal, Jean-François, Nicolas… Tous confirment cette position. Et cette formidable envie de retourner la situation. « J’ai découvert cette région il y a vingt ans. J’ai vu tout de suite son formidable potentiel » ajoute Philippe, historien installé à Mhère, à une quinzaine de kilomètres du site. « Le Morvan est pillé pour son bois comme Cluny l’a été pour ses pierres. C’est un massacre. Alors, le changement, il faut le faire maintenant pour sauver le Morvan ».

Il est bientôt midi, et Monique, la cuisinière, peut rassurer ses convives : « Oui, il reste du pain. » car pour déjeuner, ce sera charcuterie. Et restes de soupe. Les résistants sont installés. Et ils ne comptent pas bouger. Comme portés par ce vent de contestation qui traverse la France et que les monts du Morvan n’ont pas contenus.

Jean-Philippe Guillot

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
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