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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 21:48

 

Source : www.marianne.net

 

 

Dans le laboratoire de Podemos Paris

Lundi 8 Décembre 2014 à 05:00

 

Loïc Le Clerc

 

 

Avec la crise, des milliers d'Espagnols ont dû quitter leur pays, pour pouvoir trouver du travail. Certains sont venus en France. D'ici, ils ont vu leur pays sombrer dans l'austérité. Mais ils ont également assisté à la naissance d'une nouvelle force politique, née du mouvement des indignés : Podemos. Depuis, le mouvement s'exporte et des "cercles" se créent un peu partout dans le monde, dont en France. "Marianne" est allé à la rencontre de ces indignés du cercle Podemos Paris. Découverte d'un processus démocratique naissant, avec toutes les difficultés organisationnelles et politiques que cela comporte.

 

Podemos Paris compte déjà plusieurs dizaines de membres, 250 selon les derniers décomptes. Et à chacune de ses « assemblées populaires », des visages nouveaux viennent fleurir les rangs, principalement des Espagnols, arrivés en France il y a une poignée d’années et inquiets de la situation dans leur pays. Ceux-là ont quitté l’Espagne juste avant qu’éclate la bulle immobilière et que la crise s’installe. Ils ont vu leur pays sombrer, de loin, alors, avec cette antenne parisienne de Podemos, ils pensent pouvoir faire quelque chose. Ils sont de tous les métiers, de tous les âges, déjà politisés pour certains, pas du tout pour la plupart. Une chose est sûre, ils veulent faire partie de ce mouvement Podemos, même depuis Paris. Par rapport au mouvement espagnol, qui n’a pas encore soufflé sa première bougie, Podemos Paris est loin d’être constitué. Alors, petit à petit, ses membres votent l’organisation, la répartition des rôles, etc. Mais les questions qui naissent sur leurs lèvres à tous peuvent résumées ainsi : « Concrètement, que pouvons-nous faire ? »« A quoi sert Podemos Paris ? ».
 
Indirectement, c’est vers les quatre membres du Conseil citoyen, sorte d’organe exécutif, que se tournent les regards, en attente d’une réponse. Mais pour Javier Cuesta, Pablo Lapuente, Irma Heras et Miguel Segui, ce n’est pas si facile. Irma Heras admet que pour l’instant, aucune instruction n’a été donnée de la part de Podemos Espagne. Ils savent seulement qu’ils font partie de la « 18ème autonomie », celle des Espagnols expatriés. Elle pense que l’organe central souhaiterait que Podemos Paris et ses équivalents n’aient pas d’autres vocations que de convaincre les Espagnols résidants à l’étranger qu’ils doivent voter pour Podemos aux élections générales (l'équivalent de nos législatives).

Mais elle insiste sur le pouvoir de pression dont ils disposent, en tant que citoyens espagnols : « Podemos Espagne doit comprendre pourquoi nous sommes partis ». Miguel Segui, militant au NPA de longue date et à l’impulsion de Podemos Paris, qu’il considère presque comme son enfant, pense qu’à terme, ils fonctionneront comme n’importe quel « cercle » espagnol. Pour l’instant, il dit être « dans la construction » : « Je me suis fixé de tenir jusqu’aux législatives en continuant à gueuler comme je sais faire. Après, ça va se décanter. »

Carte des cercles "Podemos" dans le monde

 

Politique en travaux
 
Podemos Paris, mouvement pour l'instant hors-radar, n’est pas encore en mesure de faire de la politique. Sa phase d’organisation devrait s’achever vers le 20 décembre. Pour l’instant, la principale difficulté que le cercle rencontre, c’est qu’il ne possède rien, et même pas de lieu pour se réunir. Ils peuvent compter sur la générosité de quelques parisiens, qui leur prêtent un local de temps en temps, mais c’est loin d’être suffisant. Et ça se complique encore lorsqu’il faut organiser de plus grands événements, comme la venue de personnalités du mouvement. Une fois de plus, c’est sur leur petit réseau et sur la sympathie qui se dégage de Podemos qu’ils arrivent à s’en sortir. Le 30 novembre, ils ont tout de même réussi à faire venir Pablo Echenique, eurodéputé Podemos. Selon Miguel Segui, ce moment avec une des figures du mouvement a permis de faire rentrer dans le cercle une trentaine de nouveaux membres. Mais surtout, le discours et le débat qui s’est ouvert a, pour la première fois, été plus structuré. « Sa venue a politisé le mouvement », nous confie Segui, qui ne cache pas que le député va revenir, de même que Lola Sanchez et Teresa Rodriguez, elles aussi eurodéputées Podemos.
 
Pour ce qui est de l’organisation, Irma Heras, membre de Podemos Paris depuis septembre dernier, admet que, pour l’instant, elle et ses camarades souffrent du fait que seulement « une dizaine de personnes s’implique réellement » dans le quotidien du cercle. Elle avoue être fatiguée de consacrer tout son temps libre à organiser les événements, à animer l’assemblée, mais elle le fait avec passion. Pour Pablo Lapuente, qui se définit comme un communiste « repolitisé par le 15-M » (le mouvement des Indignés, ndlr), la difficulté majeure tient dans ce qu’il appelle le « format assembléiste », essence même de Podemos. Entre les nouveaux arrivants qui découvrent tout, les éléments ayant déjà été votés dans une assemblée précédente qui reviennent dans le débat par manque de transmission d’informations, avec par dessus tout ça une bureaucratisation inévitable, Lapuente trouve qu’ils « perdent le fil politique » : « On passe notre temps à s’organiser », dit-il, un peu abattu par ce constat. D’autant que pour chaque petite chose, il faut consulter tout le monde. Donc, si Podemos Paris veut agir vite, il se retrouve bloquer par un processus décisionnel qui pêche par « zèle de l’excès démocratique », pour reprendre l’expression d’Irma Heras.

Mais, confiants, ils se répètent que leur mouvement est jeune et les problèmes techniques se résoudront avec le temps. Heureusement, ils peuvent compter sur les conseils et l’expérience de leurs proches résidant en Espagne, comme Alice, la sœur d’Irma, membre d’un cercle à Madrid. Elle a vu comment Podemos s’est organisé en Espagne, et a donc un regard d’avance sur ses confrères parisiens. Elle affirme que « l’assembléisme a survécu grâce au Net », instrument primordial dans le processus décisionnel et électoral pour Podemos, parfois un peu trop présent pour ceux qui ne sont pas familier avec Internet et ses outils.
 
Podemos Paris, cercle indépendant ?

Fier du chemin parcouru jusqu’ici, Segui revendique une certaine indépendance idéologique par rapport à Podemos Espagne. Il l’affirme, le cercle de Paris est très critique vis-à-vis de Pablo Iglesias. En effet, quand les membres de Podemos Paris parlent de l’élection d’Iglesias, élu sur un score soviétique à la tête de Podemos, et donc de la mise à l’écart de Pablo Echenique, dont le programme s’approchait le plus de l’esprit participatif originel de Podemos, la plupart se disent déçus. Irma Heras est encore amère « de la façon dont ça s’est fait et qu’il [Echenique] ne soit pas dans l’équipe », mais Alice tempère son propos : « Quand un modèle est élu, tu l’acceptes ». C’est exactement ce qu’ils font tous, ils acceptent la mainmise d’Iglesias sur Podemos au nom d’un pragmatisme électoral, en attendant une redistribution du pouvoir, après les générales, peut-être.

Pour autant, Segui se dit aussi « inquiet, en tant que vieux militant, que le Podemos central veuille décider à notre place avec qui l'on peut discuter ». Il craint surtout que Madrid ne leur demande de « se mettre en remorque de Mélenchon », lui qui n’arrête pas de faire des appels du pied à Podemos, comme il le fait avec les Grecs de Syriza. « “Ensemble” (ce mouvement membre du Front de gauche au sein duquel on trouve notamment Clémentine Autain, ndlrveut débattre avec nous, agir en commun, mais ça reste très flou », nous lance Segui, sans trop savoir ce que cette frange du Front de gauche leur veut. Par son origine politique, Segui a fait que Podemos Paris et le NPA sont proches, mais il l’assure, les deux mouvements n’ont pas vocation à se fondre, ni à collaborer et c’est à peine si Podemos Paris a commencé à agir, en manifestant contre la loi espagnole sur l’avortement par exemple. Ensemble, le NPA ou encore Nouvelle donne étaient présent pour la venue d’Echenique, sans grand enthousiasme de la part des membres du cercle de Paris. Leurs relations avec les partis français, tout comme leur présence dans les médias français, sont sujettes à débat. Ils craignent de se voir instrumentalisés, dans le sens où, Podemos faisant fantasmer une partie de la gauche française, il est de bon ton de s’afficher en allié.
 
Pablo Lapuente ne voit pas ces rapprochements d’un mauvais œil, pour lui, « l’assemblée est assez plurielle pour s’autocontrôler », et éviter ainsi les « conflits d’intérêts ». Une fois bien organisés et prêts politiquement, ils pourront créer des liens avec les organisations politiques françaises et ainsi se décentrer de l’Espagne. Mais de là à ce que Podemos Paris s’émancipe de Podemos et devienne un mouvement français, le chemin est long. « Les conditions socio-économiques sont loin d’être semblables pour que Podemos soit la bonne réponse en France », analyse Lapuente. Et pour Miguel Segui, c’est hors de question : « En janvier, nous ferons notre première assemblée générale politique, où nous réfléchirons à nos revendications et à notre présence dans la société française. Mais il n’y aura pas de parti Podemos France. » Mais on l'aura compris, avec Podemos, rien n'est joué d'avance tant que chacun n'a pas donné son avis...

 

Source : www.marianne.net

 

 

 


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