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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 21:31

 

  Marxa Mediterranea, 26 et 27 Août 2011, Lunel-Nîmes-Montélimar

 

Ils sont peu nombreux mais ils sont déterminés. Plus ils avancent plus ils seront forts, Los Indignados de Catalogne, de Valencia ou de Murcia marchent sur Bruxelles.

Nous les avons avancés en voiture depuis Lunel jusqu’à Montélimar. Ils auraient pu s’estimer satisfaits, et rester là, dans le cadre agréable de la ferme où ils devaient faire étape. Mais c’est à peine reposé que déjà certains reprenaient la route à pied, pour avancer 20 km encore un peu plus au Nord, vers Loriol, et Valence.

 

Le 26 Août, était pour nous, Indignés de Nîmes, une date symbolique. Le hasard fait que nous avions commencé à tenir nos assemblées le 26 Mai sur la Place de la Maison Carrée, trois mois jour pour jour avant l’arrivée des marcheurs de la Marxa Mediterranea. Depuis ce jour, il y a toujours eu quelqu’un là, à 19 h, pour tracter, discuter en assemblée ou en tout sens, partager un repas. Et donc il n’a pas été un instant question de ne pas les aider du mieux que nous le pouvions.

Ceci est le récit de notre rencontre.

 

 

De Lunel à Nîmes, 26.08.2011

De Lunel à Nîmes, la plupart des Indignados faisant le chemin à pied, la logistique était un peu plus simple. Un des problèmes de l’organisation est que les effectifs sont mouvants, on ne sait jamais exactement combien ils sont, certains arrivant, d’autres repartant. Mais s’ils se quittent, ils savent où se retrouver, ils vont à Paris !

De Nîmes viennent deux voitures et une camionnette pour les bagages et en plus de celles venant avec eux du Sud  et du camion cuisine espagnol, le transport est assuré pour les éclopés et ceux qui ont à organiser le campement en avant.

Vers onze heure, après avoir chargé tous les bagages voiture, nous quittons Lunel pour Nîmes et trouvons les marcheurs, partis de bonne heure, dispersés en petit groupes, avançant sous une chaleur tropicale tout au long de la Nationale 113, qui est ici une succession de zones pavillonnaires, artisanales ou commerciales,  l’exemple même de la dévastation et de la laideur uniforme de la société industrielle et marchande, pas vraiment une balade pour le plaisir.

Pour l’accueil en ville, nous avions décidé de mettre les autorités devant le fait accompli et donc de prendre la rue sans plus de formalité. Il fallait un endroit ombragé, près du centre ville, près d’un point d’eau, suffisamment visible mais pas gênant pour ne pas déclencher immédiatement la réaction des forces de l’ordre. La petite place, dite ‘Le Bosquet’, servant de boulodrome à coté des Jardins de la Fontaine était parfaite. Nous avions deux solutions de repli en cas d’expulsion, un autre jardin public, le Mont du Plan et, plus loin du centre ville un terrain de sport proposé comme abri par des Indignés syndicalistes.

Vers midi les premières voitures déchargent le matériel, la cuisine se met en place et les premiers soutiens arrivent apportant simplement leur présence ou du ravitaillement, des médicaments (bandages et autres pommades), quelques vêtements, des chaussures, des tentes. Les conversations s’engagent de toutes part malgré la différence de langue. Nous sommes quelques hispanisants, certains des Espagnols parlent Français ou ont quelques notions. Petit à petit les marcheurs arrivent et dans un apparent désordre et avec une certaine nonchalance le campement s’organise et les tentes éclosent une à une. On mange, on se repose, certains vont prendre des douches chez les camarades indigènes, d’autres vont travailler en commission ou communiquer avec la coordination et les contacts des étapes suivantes.

Le temps est orageux et la météo annonce des orages violents. Une première averse arrive et nous sortons des bâches pour abriter le matériel et les gens. Mais la pluie s’arrête et nous laissera tranquilles jusqu’au soir.

La presse est là aussi et interroge les Indignés de tous pays. Il y aura un article dans le Midi Libre et La Gazette de Nîmes, un reportage sur FR3, c’est déjà ça, bien que dans l’ensemble ce soit silence radio de la part des médias. Il ne faut pas s’en étonner.

Toujours pas de réactions des autorités. Un premier passage de la Municipale n’a rien déclenché. Dans l’après midi une poignée de policiers viennent tâter le terrain. On se présente, on explique que demain on sera repartis et que vu le temps orageux on a monté les tentes. On nous laisse donc tranquille, sous condition de rester calmes, avec même un « on vous comprend », toujours assez surprenant. Est-ce que cela exprime un vrai sentiment où est-ce une tactique ? A Montpellier il y a deux jours les flics ont été autrement plus menaçants, comment savoir ? De toutes façons ils obéissent aux ordres.

 

Enfin nous partons en cortège, au moins une centaine de personnes, banderoles en tête, pour tenir l’assemblée ‘inter-Populaire’ sur la Place Tahrir de Nîmes (ex Maison Carrée) et nous nous installons sur les marches de la Place.

 

Assemblée, Place Tahrir de Nîmes, 26.08.2011, 19h.

Le fonctionnement des Assemblées est expliqué, les tours de paroles, la personne à qui on demande de les enregistrer, le rôle du facilitateur ainsi que les gestes de communication silencieuse qui permettent de s’exprimer sans couper la parole et qui ont pour vertu de rendre sensible le sentiment collectif. Il faut être attentif, écouter pour pouvoir parler pertinemment, capter les informations, s’adresser à l’assemblée entière et le moins souvent possible a un seul interlocuteur. Il est demandé d’être bref, de savoir attendre son tour, d’accepter la critique et de ne pas accaparer les débats. Facile à dire, mais dans l’enthousiasme des discussions même les plus sages se laissent emporter.

Il y a ici un obstacle de plus à surmonter, l’assemblée doit être bilingue et il faut laisser le temps aux traducteurs qui se relaient, bravo à eux et notamment à Azul, le ‘casque bleu’ à la chevelure bleue électrique.

Ensuite les Indignados se sont présentés, eux et leurs objectifs. Chacun a donné son nom, son lieu d’origine avec parfois quelques mots pour expliquer pourquoi il marchait.

Le sens de la Marche est clair, il faut porter à Bruxelles les revendications des Indignés Espagnols et de toute l’Europe. Ils montent là haut pour protester contre les politiques dévastatrices menées par leurs gouvernants et dictées par la Commission Européenne, la BCE et le FMI. Mais ils veulent aussi que tous se joignent à eux et porter la parole de chacun. Une sorte de vaste cahier de doléances sera collecté et servira de bases aux revendications. Le but est aussi d’établir des contacts directs entre tous les mouvements Européens, de lever partout l’étendard de la révolte, mobiliser en chemin toutes les énergies, et rassembler le plus de monde possible pour aller manifester à Paris puis à Bruxelles. Le 17 Septembre , la marche étant à Paris, sera une journée d’actions mondiales contre les logiques financières, les bourses doivent être bloquées, Wall Street, Londres, Paris, Frankfort…

Au travers de questions sur la solidarité avec la lutte des peuples ‘arabes’, avec lesquels Los Indignados se sont immédiatement solidarisés, puis de la situation en Grèce ou en Espagne nous apprenons plusieurs choses. D’abord que l’Italie s’est mise aussi en marche, ainsi que l’Allemagne et que donc c’est de toute l’Europe que convergeront les marches. La vague monte!

Puis le constat est fait du peu de concessions faites par les gouvernements qui refusent d’entendre et ne veulent rien savoir. C’est logique, l’oligarchie profite du système tel qu’il est pourquoi donc envisager un changement, et comment le pourrait-elle alors que tout va bien pour ceux qui en font partie. Nous hésitons entre plusieurs qualificatifs pour les désigner, ces gens qui prétendent imposer leur monde désastreux et absurde : brutalité, cruauté, cynisme, hypocrisie, aveuglement, bêtise, la liste n’est pas close…Nous faisons le constat que partout les réponses à nos justes revendications sont les mêmes, c'est-à-dire des miettes et que si nous allons dans un premier temps demander pacifiquement, il faut déjà envisager les suites à donner à ce mouvement qui ne doit pas s’arrêter à Bruxelles.

 

La pluie se met à tomber et nous quittons d’un commun accord les marches de la place pour nous abriter sous les colonnes du temple (la Maison Carrée est un temple romain miraculeusement intact et nous n’ébranlerons pas tout de suite ces colonnes…). Nous nous serrons un peu et les débats reprennent, sans mégaphone, ce qui est bien plus direct. Les témoignages affluent et montrent concrètement les situations inextricables et kafkaïenne dans lequel s’englue plus particulièrement la jeunesse du fait d’un accès aux études barré par le mur de l’argent, du peu de travail proposé et de sa précarité, de l’indigence des aides sociales et des nombreuses exceptions et conditions pour les obtenir, excellent moyen de ne pas les donner, du rôle de flicage et de contrôle qu’on veut faire jouer aux personnels sociaux, du peu de moyens qu’ils ont pour faire honnêtement leur métier. Il est clair que ce sont des miettes qu’on nous jette, juste de quoi survivre et ne pas exploser de rage. Plus il y aura de pauvres et de précaires plus la pression sur ceux qui ont encore la chance d’avoir un métier stable sera forte, plus la peur de perdre son emploi sera grande et plus les concessions seront faciles à obtenir pour les patrons. Le mécanisme est en place depuis longtemps déjà, la ‘Stratégie du Choc’ est systématiquement appliquée partout.

Le gâchis est immense, les dégâts seront aussi irréversibles que ceux de Tchernobyl et Fukushima : déculturation et ignorance, refuge dans des stratégies claniques mafieuses et gangs ultra violent (comme au Mexique par exemple). On n’effacera pas de sitôt les conséquences de ces politiques imbéciles et court termistes.

 

Les solutions ? Chacun a les siennes mais reviennent en boucle la destruction du système financier et du pouvoir de l’argent, la réappropriation des entreprises par les travailleurs, à l’exemple des travailleurs Argentins qui ont expropriés leurs patrons, l’autogestion et une démocratie directe basée sur la participation active et la recherche du consensus dans des assemblées locales (quartiers, villages, entreprise) qui se fédèrent. On sent bien que les expériences des anarchistes Catalans, extrêmement actifs avant et pendant la guerre civile sont encore vivaces et influent sur la jeunesse actuelle. Mais les temps sont nouveaux et bien d’autres influences sont présentes, issues des mouvements Alter-mondialistes notamment mais aussi d’un courant de pensées dit ‘citoyenniste’ qui veut raviver la démocratie en réformant la Constitution et dont les variantes multiples s’étendent de l’extrême droite (La Nation, le Peuple et ‘éventuellement’ un leader charismatique, Ein Völk, ein Reich, ein Fürher ! en somme…) jusqu’aux républicains-communistes (et vice versa) de Mélenchon.

   

Le constat est cependant le même pour chacun, nous allons dans le mur, à grande vitesse. La crise est morale, politique, économique, écologique…et nous avons affaire à forte partie, l’oligarchie domine et façonne l’opinion, elle a réussit à imposer sa doxa. La remettre en cause, malgré le constat évident de son échec, sera une tâche immense. Ils ont tous les moyens, financiers et militaires, nous n’avons que le nombre (et encore…).

Seule la lutte payera et celle-ci entend bien durer jusqu’à la victoire. Bruxelles n’est qu’une étape.

 

La pluie cesse enfin, l’assemblée se termine. C’est un moment intense de fraternisation, on se sent tous soudés vers un même but : les Indignados c’est nous et ils sont Les Indignés. Si je peut me permettre : sous les magnifiques colonnes de ce temple antique, Demosthène, Périclès et les frères Gracchus semblent nous écouter attentivement dans cette Agora ressuscitée.

Seule ombre au tableau, un crétin est venu balancer un fumigène dans le campement pendant que nous étions en nombre sur la Place de la Maison Carrée. D’où vient cette provocation ? Mystère.

Mais le camp est resté calme, et plus rien ne viendra le déranger. Les plus fatigués s’endorment tandis que d’autres prolongent bien au-delà du raisonnable les conversations et la musique.

 

 

27.08.2011 La Marche part vers le Nord.

Au matin, arrivent les premiers véhicules. Nous avons réussi à réunir assez de monde pour transporter d’un coup toute la Marxa Mediterranea vers la ferme  qui doit les acceuillir, à La Laupie, près de Montélimar, soit environ 135 km. Le camp est totalement plié et nous laissons l’endroit intact et propre aux mains des boulistes. Départ vers 11 h et rendez vous devant le pont sur le Rhône, au Teil.

Jusqu’à ce point tout va bien, on se retrouve tous et si quelques uns ont préférés passer par l’autoroute ils nous donnent de leurs nouvelles en nous annonçant qu’ils sont coincés dans les embouteillages, c’est jour de retour de vacances et il y a du monde. Par la rive gauche, pas de problèmes.

C’est en traversant Montélimar que la colonne de voiture éclate et se disperse en tous sens. Manque de précision sur l’itinéraire, confusion de la signalisation routière, nous mettrons deux heures à tous rallier La Laupie. Fâcheux contretemps qui fait prendre pas mal de retard sur les prévisions.

Le lieu d’accueil est une superbe bâtisse et une grande ferme en agriculture bio, située le long du TGV dans une belle plaine. L’endroit est frais et accueillant, les proprios ont bien fait les choses. Le repas est déjà prêt, la presse locale est là aussi.

 

Les Espagnols tiennent leur conseil de guerre et s’organisent pour la suite. Ils vont à Valence demain, où doivent les retrouver les Indignés de St Etienne, très mobilisés et qui ont tout prévu, même une manifestation d’envergure. Il est décidé que vu l’heure tardive, la majorité restera sur place ce soir tandis que quelques véhicules partent en éclaireurs prendre contact avec Valence et que les plus acharnés des marcheurs partiront tout de suite et iront ce soir jusqu’à Loriol pour s’avancer sur la route de Valence qui est encore à 40 km.

 

Pour nous c’est l’heure des adieux. Il nous faut retourner vers nos affaires et autres obligations. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui nous manque de continuer, qu’est ce qui est plus important que cette marche des gueux qui vont réclamer justice ? L’aventure, la lutte, la fraternisation c’est plus que tentant. On se console en se disant que la lutte est globale qu’elle doit avoir lieu partout et que partout il faut l’animer, chez nous aussi donc. Adieu donc, Paco, Azul, Kevin, Anna, Miguel-Angelo et tous les autres…rendez-vous à Paris ou à Bruxelles, on y sera !.

On lâche rien !

 

Conclusion et commentaires, à destination des marcheurs et de ceux qui les accueillent :

Ils sont peu nombreux, mais en apparence seulement. Les gens vont et viennent, quittent et rejoignent, cela double au moins le nombre des marcheurs. Les Catalans de Perpignan sont repartis chez eux hier mais c’est pour revenir, ils sont allés présenter leur démission à leurs patrons. De plus, de nombreux groupes passent sans se signaler, il y en aurait déjà eu deux qui seraient passés par Nîmes dans les jours précédant l’arrivée de la Marche.

En train ou en stop, de nombreux Espagnols ou Français ont prévus de monter vers Paris et Bruxelles. Il serait bien que tous ces gens sachent qu’ils peuvent obtenir de l’aide partout, notamment là ou la marche en a reçu. A Nîmes nous sommes prêts à loger et à ravitailler tous les Indignés qui passeront. Il faut organiser cela, le faire savoir.

D’autre part aller à Paris est un long voyage et nous avons peu de ressources. Il y a eu quelques rumeurs concernant la neutralité bienveillante des contrôleurs SNCF. D’après des copains cheminots il ne faut guère y compter, les contrôleurs risquent leur place si ils oublient de contrôler. C’est un puissant dissuasif à la solidarité… Il vaut mieux organiser des co-voiturage.

Tout semble s’organiser dans une nonchalance toute Espagnole. Il est vrai que les décisions sont facilement remises en cause, que les plans changent souvent et parfois au mépris de ceux qui se débattent pour organiser les choses. C’est un des problèmes de la marche. Mais cela tient au fait que les gens de la marche, jusqu’à présent, se sont sentis autonomes. Ils ont marchés de la frontière jusqu’à Lunel et ils savent qu’ils peuvent donc avancer par leurs propres moyens. Pour des étapes longues, comme celle que nous avons fait avec eux il est cependant nécessaire qu’ils se coordonnent mieux et à l’avance avec les soutiens locaux. Ils en ont certainement compris la nécessité ; ils apprennent vite. Mais il reste que l’auto gestion nécessite un minimum de responsabilisation personnelle et de participation active. Cela manque parfois à certains qui n’ont pas intégré toutes les conséquences du mouvement dont ils prétendent faire partie.

 

Ils auront besoin, dans leur marche vers le Nord et le froid, de bonnes chaussures, de vêtements chauds et étanches, de couvertures. Il faut aussi leur fournir une assistance médicale si possible. Il y a des gens affaiblis, ayant des problèmes physiques ou psychologiques (différentes dépendances…). Ce ne sont pas des Superman-woman et il leur faut de l’assistance ponctuellement.

 

L’impact de la Marche est certain. Ils redynamisent les groupes locaux ou en suscitent d’autres. Les voir et les entendre remotive. A Nîmes nous avions initié le mouvement en solidarité avec le peuple Espagnol et sa lutte. Ce sont donc en un certain sens des modèles. Or nous avons constaté que même s’ils semblent bien plus aguerris dans la tenue des assemblées et dans l’action, ils ont en gros les mêmes problèmes et les mêmes réussites que nous.

 

Dans la colonne des réussites :

Organisation horizontale, sans chefs ni porte paroles. Vu le fonctionnement des assemblées, il est matériellement difficile qu’une minorité prenne le pas sur le groupe et s’en empare.

La prise de parole de tout le monde  chacun peut s’exprimer à sa manière et selon son angle de vision du monde. Il n’y a pas de vérité absolue ni de doctrine. Les points de vue sont extrêmement divers et dans les assemblées s’expriment de nombreuses personnes qu’on n’entends jamais, notamment toute la frange des marginaux et autres déclassés, ceux qu’on pourrait appeler les ‘désintégrés’. Ce sont les premières victimes du système, il est légitime qu’ils parlent même si objectivement on frôle le n’importe quoi pour différentes causes dont l’alcool n’est pas la moindre. La plupart ont bien compris le mécanisme du système qui les opprime, mais ont du mal à formuler des critiques argumentées et raisonnées. Ils ont cependant fait 80% du chemin pour la plupart. C’est bizarrement cette parole que les militants ‘classiques’ ne prennent pas le temps d’écouter, tant il leur faut du raisonnable, du discours structuré costaud et savant. Ils préfèrent parler à la place de ces gens là. Et ne sont pas présents pour expliquer ce qu’ils savent, partager leurs connaissances et leurs analyses.  

Activisme le mode de fonctionnement privilégie l’auto organisation et l’action. Le groupe inspire une forte mobilisation à tous. Le consensus implique chacun comme si c’était lui qui avait pris la décision. Il en résulte une grande autonomie dans l’action, une certaine spontanéité qui ne se pose pas plus de questions et agit. La marche en est un exemple, elle n’a pas attendu d’avoir des buts précis pour se lancer en avant (en marchant on a bien le temps pour discuter non ?).

 

Dans la colonne des moins réussis

Le flou idéologique. C’est la critique numéro un. Je l’ai dit on voit de tout chez les Indignés, on va des thèses Nationalistes aux idées les plus anarchistes, des syncrétismes mystiques les plus improbables à l’athéisme total. Ce n’est un problème que pour les frileux et les têtes raides sectaires.

Les grandes lignes du mouvement sont clairement anti-capitalistes, anti-autoritaires, internationalistes, humanistes, écologistes. Des récupérations de l’extrême droite ne peuvent y fonctionner qu’en apparence et parce qu’elles reprennent les idées dites ‘de gauche’. Que certains s’y laissent prendre, cela paraît logique, vu les discours actuels de cette mouvance et le grand n’importe quoi de notre époque. Que ça et là se manifeste les tenants du complot (Reopen 9/11, Bilderberg et autres martiens qui dirigent secrètement le monde) pourquoi s’en étonner hors que circulent sur le net toutes sortes de rumeurs. Les plus malins d’entre nous s’y laissent régulièrement prendre et il faut bien dire que certaines informations ne sont pas si farfelues que ça. Nous connaissons tous la réalité des manipulations dont sont capables les service secrets de tous pays (faux attentats anarchistes comme à la gare de Milan dans les années de plomb, faux groupes terroristes selon la stratégie de contre guérilla mise au point par l’armée Française en Algérie, Think Tank de droite et action concertées de groupes de pression financiers etc..). Pourquoi s’offusquer que ces thèses conspirationnistes fassent leur chemin parmi nous, elles ne sont pas si invraisemblables que ça.

Cependant il est clair qu’une conspiration ne se fait pas au grand jour. Les tenants de l’ultra libéralisme sont si arrogants et certains de leur force qu’ils avancent à peine masqués,  donc nul besoin d’aller y voir une conspiration, mais c’est bien une offensive idéologique délibérée contre laquelle nous devons nous battre. Et d’autre part pourquoi régulièrement faire allusion à la confession des financiers qui nous régenteraient et grassement souligner qu’ils seraient tous juifs. C’est bien à certains ‘détails’ qu’on repère les nazis (rappelons le, nazis=national socialistes, le programme de la Le Pen, donc nulle exagérations de ma part) qui s’infiltrent parmi nous. A nous d’être clairs et vigilants. Ces gens là ne sont pas compatibles avec l’essentiels des idées défendues par les Indignés.

Le flou idéologique n’est donc que le reflet de la variété des influences. Nous sommes désireux de bâtir un consensus et cela ne se fait pas sans la diversité. On peut considérer que certains se contenteraient de réformes institutionnelles pour assurer une démocratie plus réelle. D’autres poussent le raisonnement un peu plus loin et réclament une révision du capitalisme, plus ou moins vaste selon leur audace à le remettre en cause. On nous a tellement dit qu’il n’y avait pas d’alternatives qu’il reste quelques tabous bien ancrés et indéboulonables. S’attaquer au capitalisme est un de ces tabous (« ça fait pas vraisemblable-sérieux » entend t-on souvent)

 

L’inefficacité, autre critique récurrente, Le mouvement des Indignés ne serait qu’un vaste foutoir inorganisé incapable de se structurer et d’inquiéter réellement le système. C’est faire bien peu de cas de ce qu’est le mouvement Espagnol, par exemple (mais on peut aussi bien parler des Tunisiens ou des Grecs) qui mobilise des foules dans toutes les villes Espagnoles depuis début Mai. Que les résultats ne soient pas à la hauteur de la mobilisation est un fait. Mais on ne voit pas très bien, de la part des critiques, ce qu’ils ont pu faire de mieux depuis fort longtemps. Le mouvement des Indignés est puissant, pèse sur l’opinion et le gouvernement. Il a marqué des points et peut continuer à le faire. Le moins qu’on puisse dire c’est que en France la presse n’en a pas fait ses gros titres. La révolte c’est en Lybie, pas derrière les Pyrénées…

Ici la mobilisation est restée marginale. C’est probablement dû à la perception de la crise par l’opinion. En Espagne ou en Grèce, c’est 40% de la jeunesse au chômage. Cela a un petit air de catastrophe bien plus net qu’ici. Attendons donc et faisons confiance à Sarko, Merkel, Lagarde et Trichet pour tout foutre en l’air…On verra si les donneurs de leçons soulèverons les foules aussi bien que les Indignados.

 

Le Pacifisme On nous reproche notre ‘pacifisme’. C’est bien la critique la plus conne qu’on puisse entendre. Primo, elle vient généralement de la part de gens qui se planqueront dès que le premier CRS arrivera. Ce sont, en tout cas ici, d’authentiques Tartarins qui, sous  prétexte que nous n’envisagerions pas la violence, se pressent de  ne rien faire et surtout  de ne pas s’impliquer…

Deuzio quelle violence pouvons nous mobiliser ? Les bombes, la kalash, les tanks ? On rêve sur les grandes largeurs, on est dans le fantasme pur. Laissons aux forces de l’ordre leur monopole, nous vaincrons parce que nous avons raison certainement pas parce que nous serons violents.

Tertio, avant la violence il y a bien des degrés et la désobéissance en est un, et des plus efficaces. Le sabotage et la menace de l’utiliser en est un autre. Quoiqu’il en soit nous n’en sommes pas là. Le 17 Septembre est un jour de protestation mondiale contre la finance, c’est déjà un bon programme. Soyons nombreux dans la rue ce jour là, c’est un début. Si on nous envoie la flicaille, on verra bien ce qu’en pense l’opinion.

 

L’apolitisme. C’est une volonté présente dans de nombreux collectifs, aussi bien les collectifs de lutte nés pendant la lutte contre la réforme des retraites que, par exemple, les collectifs anti gaz de schistes. C’est donc une volonté générale qui n’exprime somme toute que le désir de ne pas se soumettre a des stratégies décidées en haut lieu. Les militants de base n’ont été que trop considérés que comme de forces d’appoints, des tirelires ou de simples colleurs d’affiches. C’est bien la base qui veut décider localement de ses actions, et veut se fédérer alentour avec tous ceux qui ont des objectifs similaires. C’est donc aussi le désir de faire de la vraie politique, de l’action locale. C’est aussi la volonté de ne pas faire dépendre l’action de considérations électorales.  Elle entend garder la maîtrise de ses actions. Qui l’en blâmera ? Les potes anars ?

 

Donc, clairement, nous ne récusons aucune organisation politique si tant est qu’elle a en vue des objectifs compatibles avec les nôtres. Elles sont assez peu nombreuses cependant. Nous appelons leurs militants à se joindre à nous si ils savent oublier leurs querelles partisanes. Ils n’ont pas à se cacher de leurs appartenances, leur engagement est sûrement légitime. Mais qu’ils sachent laisser leurs drapeaux au vestiaire et qu’ils viennent défendre leurs positions comme nous défendons les nôtres, ouvertement.

Il est un peu désespérant de devoir répéter sans cesse ce genre de discours. Comment pourrons nous bâtir une opposition puissante à l’ultra libéralisme financier mondialisé si nous n’unissons pas nos forces dans des collectifs tous azimuts ? Initions la lutte on discutera après, et pas l’inverse, sous peine d’immobilisme.

En tout cas le refus des partis et d’une autorité supérieure aux assemblées locales est un symptôme qu’il serait bon d’analyser, sur place. Donc bienvenue aux militants curieux et capables d’auto critique.

 

Les quelques défauts du mouvement des Indignés ne doivent pas cacher ses réussites. Il dure et se radicalise, il s’étend à toute l’Europe, fait référence dans le monde entier où on peut aisément lui trouver des frères, en Israël, en Inde, au Chili... La protestation est globale, multiforme, qu’attendons nous pour nous lever nous aussi ?

 

Tous à Paris et à Bruxelles !

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