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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 14:08

 

Rue89

 

Tribune 30/07/2013 à 15h53
FlorenceD | Volontaire internationale

 

Tribune

Depuis le mois de février, la Bulgarie est dans la rue. Les manifestations ont débuté après la hausse du prix de l’électricité. Les citoyens ont manifesté leur mécontentement, souvent dans la violence, et ont obtenu la démission de leur premier ministre Boïko Borisov, connu pour ses talents en matière de corruption et de communication avec les mafias.

Making of

Florence D. est une jeune Française qui a séjourné cinq mois en Bulgarie, de novembre 2012 à avril 2013 dans le cadre d’un programme de volontariat européen.

 

Elle a voulu témoigner ici de ce qu’elle a ressenti de la Bulgarie – pays membre de l’Union européenne – où se déroulent depuis plusieurs semaines des manifestations de masse dans l’indifférence quasi totale des autres pays européens. Pierre Haski

La violence des manifestations a été accompagnée d’immolations de jeunes Bulgares, en proie au désespoir.

Aujourd’hui, on parle de révolution dans les journaux. Ce dont je peux vous parler, c’est de ce que j’ai vu et de ce qui m’a été expliqué par les gens lors de mon séjour en Bulgarie, de novembre 2012 à avril 2013.

La Bulgarie est considérée économiquement comme le pays le plus pauvre des 28 membres de l’Union européenne.

Avec un salaire minimum d’environ 160 euros, ce sont souvent tous les membres d’une famille qui doivent travailler et réunir leurs efforts pour conserver le toit au-dessus de leur tête et la nourriture au fond de l’assiette.

Plus rien pour se nourrir

160 euros, c’est bien souvent le prix de la facture d’électricité en hiver. 160
euros, ce n’est pas suffisant pour payer le loyer dans une ville comme
Plovdiv, Veliko Tarnovo ou Sofia.

Heureusement, avec 160 euros, on peut nourrir une famille un mois durant en Bulgarie. Sauf que bien souvent, une fois toutes les charges payées, il ne reste rien pour se nourrir.

A titre indicatif, le salaire mensuel d’une assistante sociale est de 200 euros, le salaire d’un serveur sans contrat pour une semaine de travail de 70 heures de 15 euros (pourboire compris), le salaire mensuel d’un chirurgien en hôpital de 500 euros.

 


Lors d’une manifestation contre le gouvernement à Sofia, le 11 juillet 2013 (DIMITAR DILKOFF/AFP)

 

Carrefour entre l’Orient et l’Occident

Et pourtant, la belle Bulgarie, carrefour entre l’Orient et l’Occident, entre les Slaves, les Latins et les Grecs, est un vieux pays du continent européen, fort d’une histoire riche et rebondissante, de paysages époustouflants encore préservés, dont les habitants possèdent à mes yeux une des plus belles qualités humaines : la générosité.

Libérée en 1878 de l’Empire ottoman, la Bulgarie est reconnue en tant qu’Etat sur la scène internationale. Ce seront 68 années de monarchies tsaristes qui mèneront deux guerres dans les Balkans, qui installeront la crise économique, sur fond de fascisme et de divisions identitaires.

Après le Seconde Guerre mondiale, place à la république en 1946 qui prône la démocratie populaire. Quel drôle de nom pour un communisme à la botte de l’URSS qui aspirera toutes les richesses du pays à coup de nationalisations massives pour remplir les poches des dirigeants !

La corruption semble être le mot d’ordre des dirigeants de cette période, qui le transmettront aux suivants.

Le peuple bulgare proteste en 1989 [dans la foulée de la chute du mur de Berlin, ndlr], et provoque la démission du président Jivkov, qui avait promis stabilité sociale et économique.

La Bulgarie quitte le pacte de Varsovie en 1990 et pense intégrer « un monde
démocratique » qui soutiendra leur pays vers une justesse sociale et une économie dynamique.

A quoi ressemble la Bulgarie d’aujourd’hui ?

Il est facile pour ceux de l’ère communiste de reprendre le pouvoir, sous couvert de « démocratie », surtout quand l’opposition politique est quasi inexistante et après avoir connu abondance, enrichissement personnel et aisance.

Sachez que l’actuel Président, Boris Borisov, était garde du corps de l’ancien président sous le régime communiste Todor Jivkov, celui foutu dehors par les manifestations pour cause de corruption une année auparavant...

Voilà à quoi ressemble la Bulgarie aujourd’hui :

  • marchés publics qui remplissent les comptes en banque des entreprises du premier ministre Boris Borisov ;
  • secteur industriel et du bâtiment en déficit non soutenu par le gouvernement ;
  • travail illégal favorisé par une politique fiscale indécente ;
  • prestations sociales non versées ;
  • chômage et inflation qui explosent ;
  • sentiment nationaliste et racisme exacerbés par une politique d’intégration des minorités inexistante ;
  • nulle politique culturelle ;
  • déforestation massive par les mafias.

La Bulgarie ne possède pas de syndicats assez puissant, ni de leader pour porter haut les milliers de voix des citoyens bulgares et mener efficacement la bataille contre la corruption et les mafias, la dégradation des conditions sociales, culturelles et économiques de la vie citoyenne et collective.

Je m’inquiète pour mes amis là-bas

Aujourd’hui, je m’inquiète pour mes amis là-bas. Je ne me demande plus : « Quel avenir pour eux ? » Pour le moment, il n’y en a pas, si ce n’est l’immigration ou l’ablation des cordes vocales...

Les Bulgares sont 7 millions sur le territoire national, 4 millions immigrés dans le monde. Soit environ un tiers de la population qui a déjà quitté la Bulgarie.

Aujourd’hui, je pense à mes amis qui, je l’espère, sont dans la rue, expriment leur ras-le-bol et réfléchissent à des solutions concrètes et faciles à mettre en œuvre pour faire avancer leur beau pays vers une issue qui satisferait le plus grand nombre de citoyens.

Aujourd’hui, je ne sais que faire pour soutenir mes amis, ce peuple, ces citoyens européens que je sais en souffrance. Si ce n’est écrire un billet
pour expliquer à ceux d’ici ce qu’il se passe là-bas.

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Ailleurs dans le monde
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