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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 22:58

 

 

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Mois après mois, à quelques heures de la publication des chiffres des entrées à Pôle emploi, le même plan de communication est déroulé. Le gouvernement prépare les esprits à l’annonce d’une nouvelle vague de demandeurs d’emplois, tout en insistant sur sa politique volontariste. Michel Sapin, le ministre du travail, rappelle l’héritage laissé par la droite, répète que « la bataille contre le chômage ne se gagne pas en un mois mais sur la durée ». Puis il égrène les outils activés pour inverser la courbe d’ici la fin de l’année 2013 : les contrats d’avenir, les contrats de génération, le crédit compétitivité emploi ou encore l’accord sur la sécurisation de l’emploi signé le 11 janvier.

C’est ce qu’il a fait ce vendredi 25 janvier au micro d’Europe 1 anticipant la mauvaise nouvelle du jour : la poursuite de la progression du chômage en décembre, soit le vingtième mois consécutif, selon les chiffres publiés par Pôle-Emploi (que vous pouvez télécharger ici). Cette hausse est néanmoins la plus faible de l’année 2012, contenue à 0,1 %. Le nombre de chômeurs en catégorie A (sans aucune activité au cours du mois) a augmenté de 3 700 personnes, DOM compris, au terme d’une année noire, marquée par une hausse de 10 % avec 270 000 demandeurs d’emplois. À noter également, le mois de décembre est marqué par une mystérieuse explosion des radiations administratives, en hausse de 24,5 % sur un mois, soit 9 200 personnes radiées de plus par rapport au mois de novembre.

En comptant les chômeurs ayant eu une activité réduite (catégorie A, B et C), la hausse est de 12 600 personnes en décembre, soit 0,3 %, des chiffres inférieurs aux mois précédents. Toutes catégories confondues, le nombre de demandeurs d’emploi augmente ainsi de 0,2 % en décembre (+10 200 personnes), et de 8,8 % sur un an. Soit 4 627 600 inscrits au total (4 917 500 avec les DOM).

 

 

« Cette stabilité en décembre est appréciable, s’est félicité le gouvernement dans un communiqué. Pour autant, elle ne marque pas une inversion de la tendance à la hausse observée depuis 2008 et particulièrement marquée depuis un an et demi. Ce n’est pas au mois le mois que les statistiques du chômage doivent être analysées, c’est la tendance sur plusieurs mois qu’il faut regarder. » Devant cette accalmie, la prudence est de rigueur, car le chômage va continuer à augmenter en 2013, qui pourrait être l'année de tous les records.

Selon les prévisions de l’Unedic, le nombre de chômeurs sans aucune activité (catégorie A) devrait ainsi augmenter de 185 500 cette année, après une hausse de 294 500 en 2012. Et Pôle emploi a d'ores et déjà prévenu qu'une importante correction statistique à la hausse serait opérée le mois prochain sur les chiffres de janvier.

En dépit des discours et des grandes envolées sur « la bataille du chômage », la situation ne s’améliore donc guère. Les plans sociaux continuent de se succéder dans tout le pays. Le Monde a annoncé ce vendredi la fermeture probable de la totalité de l’usine Goodyear Dunlop Tires France à Amiens (Somme) au plus tard fin 2014, où sont employés 1 250 salariés. Soit un séisme de plus dans une France sur le point d’égaler le record de janvier 1997 d’ici un à trois mois en matière de chômage (3,2 millions de chômeurs) et où plus d’un demi-million de personnes est au chômage depuis plus de trois ans.

Dans sa note de conjoncture publiée le 20 décembre (lire L’alarmante radiographie de l’échec économique), l’Insee fait valoir que la France devrait rester enlisée dans une situation de croissance zéro, fragilisant les prévisions économiques du gouvernement qui continue d’espérer atteindre les 0,8 %.

 

« Aller à la plage en attendant que la crise passe ? »

La politique menée par François Hollande est-elle crédible sachant que pour réduire le chômage, il faudrait entre 1,5 % et 2 % de croissance annuelle, rappellent les économistes ? La question fait bondir au sommet de l’Etat. « En dehors de l’économie, il n’y aurait point de salut ! Nous devrions tous aller à la plage en attendant que la crise passe ? » s’agace un proche du président.

« Nous avons les deux pieds appuyés sur le frein du camion engagé dans une pente vertigineuse. Il faut un mix des deux : une relance de l’investissement en Europe mais aussi une dynamique à l’échelle hexagonale en matière d’emploi », insiste-t-il. Et de louer chacun des outils mis en place : du contrat d’avenir calibré pour les jeunes les plus éloignés du marché du travail sans qualification, au compromis sur l’emploi signé par les partenaires sociaux, dont l’une des «vertus» sera de permettre aux entreprises de passer un cap difficile grâce à des dispositifs de chômage partiel, aux accords dits de maintien de l’emploi.

Cet optimisme n’est pas partagé par les économistes interrogés par Mediapart. L’observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui a rendu à l’automne ses prévisions pour les deux ans à venir dans une étude intitulée « la débâcle de l’austérité » (que vous pouvez relire ici), est très critique. Mathieu Plane ne tient pas les mêmes statistiques que le gouvernement à propos des contrats d’avenir, variante des emplois jeunes, destinés uniquement aux jeunes sans qualification et au secteur non-marchand, et des contrats de génération pensés pour tous les jeunes, quelle que soit leur qualification, dans le public et le privé.

Quand le gouvernement table sur 100 000 signatures de contrat d’avenir et autant de contrats de génération en 2013, l’OFCE considère que les deux dispositifs ne permettront que 90 000 créations d’emplois réels, 70 000 pour les contrats d’avenir et 20 000 pour les contrats de génération. « Car nous avons anticipé les effets d’aubaine notamment sur le contrat de génération », explique Mathieu Plane. D’après lui, les différents dispositifs sont « insuffisants ». Du fait d’une austérité « surcalibrée » et d’une croissance zéro, « il n’y aura pas d’amélioration avant 2014 ». 

L’économiste Jérome Gautié partage la même analyse : « Les mesures mises en place par le gouvernement avec des calendriers très différents auront très peu d’effet à court terme. Le contrat d’avenir peut aider, car des jeunes vont pouvoir sortir du chômage, mais pas le contrat de génération. La demande en entreprise est faible. Même si l’état subventionne un peu l’emploi, cela ne veut pas dire que les employeurs vont embaucher. »

Quant au pacte de compétitivité prévoyant un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros aux entreprises et à l’accord sur l’emploi que le gouvernement veut transposer au plus vite, « ils ne vont pas bouleverser la tendance » : « Ces mesures peuvent soulager les entreprises mais difficilement inverser la dynamique. Il faut un retournement conjoncturel plus important au niveau européen. Avec une croissance de zéro, il n’y a pas de miracle. »

 

Les limites des contrats aidés

L’économiste Jacques Rigaudiat, ex-conseiller de Rocard et Jospin, qui a claqué la porte du Parti de gauche en juin dernier, membre de la fondation Copernic, est « catastrophé » devant cette politique de l’emploi qu’il juge « absurde, sans queue, ni tête ». « Ce n’est ni le lamentable accord sur l’emploi, ni les emplois d’avenir et de génération qui vont résoudre le chômage. Il manque une vraie politique volontariste de l’emploi comme le lancement de la transition énergétique, source d’emplois et d’indépendance énergétique. » Et il va plus loin : « sans réduction du temps de travail, pas de création d’emplois conséquente. »

Dans le rang des trois principaux syndicats de salariés, la CFDT, principal signataire de l’accord sur l’emploi du 11 janvier, est la plus nuancée. Patrick Pierron juge «positifs» la détermination du gouvernement pour inverser la courbe du chômage et les premiers outils mis en en place: « Les différentes mesures vont dans le bon sens. Mais je n’ai pas de boule de cristal et je ne saurai dire s’ils vont permettre de diminuer le chômage ».

Stéphane Lardy de Force-ouvrière qui a refusé de parapher l’accord sur l’emploi, ironise sur ce compromis qui « va faciliter le licenciement et la flexibilité, pas faire baisser le chômage ». Concernant les contrats d’avenir et de génération, il estime leurs effets insuffisants : « Tous les gouvernements utilisent les contrats aidés de manière prophétique, mais c’est du stop and go. Nous n’avons pas de réflexion structurelle sur ce que peut être un contrat aidé. »

Même vision à la CGT. Maurad Rabhi, chargé des questions d’emploi, estime la politique conduite par Hollande en matière de lutte contre le chômage « insuffisante, pas assez ambitieuse » : « Ce n’est pas avec des contrats aidés dans le public et le privé et avec un accord de flexibilité en pleine crise que l’on relance l’emploi. » Pour lui, « on a changé de gouvernement, mais les méthodes restent les mêmes » : « c’est la même doxa libérale qui prévaut, plus de rigueur, de flexibilité, soit plus de précarité, d’instabilité pour les salariés ».

Comme son homologue de FO, il craint que le gouvernement ne suive la Cour des comptes, qui épingle, dans un rapport très critique sur les politiques de l’emploi, publié mardi, la mauvaise gestion de l’Unedic. Les Sages estiment que le régime d'assurance-chômage, plongé dans un déficit « insoutenable » de près de 18 milliards d'euros, court à sa perte et préconise une baisses des indemnités de chômage. Au micro de RTL, mercredi, Michel Sapin a affirmé qu’il « faudrait prendre des mesures sur les indemnités chômage » et que « les partenaires sociaux doivent négocier pour trouver une solution raisonnable et responsable ».

Pour FO et la CGT, il est « impensable » de baisser les indemnités chômage. « C’est un rapport établi par des comptables qui mériteraient d’aller faire un tour dans une agence Pôle emploi du 93 (Seine-Saint-Denis). Quand la crise et le chômage augmente, vous ne baissez pas les indemnités, c’est anti-social, vous envoyez dans le mur, dans plus de pauvreté les chômeurs », dénonce Stéphane Lardy.

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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