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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:27

LEMONDE | 23.11.11 | 11h59

 
 

Depuis le 9 octobre, dans sa "petite maison modeste" de Lormont, à l'est de Bordeaux, Maritchou Villenave héberge une jeune fille de 16 ans qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam quelques jours plus tôt. Depuis la rentrée, Océane Quisari, originaire d'un petit village à côté de Dax, est stagiaire en graphisme au lycée d'enseignement professionnel des Iris à Lormont. Elle cherchait un toit à proximité.

"C'est la première fois que je quitte ma famille, je ne pouvais pas faire l'aller-retour chaque jour ; je ne voulais pas non plus que l'hébergement me coûte trop cher", explique la jeune fille. Afin de la recevoir dans de bonnes conditions, la propriétaire de 53 ans a fait quelques travaux dans la chambre libre de sa fille, "mis un lit correct". Elle la dépose même chaque matin, en scooter, devant son lycée situé sur le chemin de son travail. "J'essaie de lui simplifier la vie au quotidien, sourit Mme Villenave. Et au fil du temps, une amitié s'est liée."

Ce binôme fait partie d'un dispositif innovant du conseil régional d'Aquitaine, baptisé "1, 2, Toit". L'idée est simple en apparence : proposer des chambres meublées à des jeunes en formation - apprentis, étudiants, stagiaires de la formation professionnelle, lycéens professionnels, primosalariés... - loin de leur lieu d'hébergement habituel. Dans une étude de diagnostic de 2010, la région Aquitaine avait fait le constat d'un manque de logements adaptés pour ce type de profil : "Il n'existait pas officiellement de logements du parc privé que l'on pouvait louer sur une courte durée de quelques mois et fractionner dans le mois, à proximité des lieux des entreprises ou/et des centres de formation, détaille Emilie Coutanceau, conseillère régionale déléguée à la jeunesse. Il n'y a pas non plus de système d'aide publique possible pour deux hébergements différents en même temps."

Jusqu'à présent, les jeunes s'arrangeaient - et le font toujours pour la grande majorité - avec l'existant : foyers de jeunes travailleurs ou de centres de formation, internats de lycée, chambres d'hôtel, hébergement chez des copains. Pour les plus impécunieux, comme souvent chez les apprentis, "c'est le système D", reconnaît Marc Saint-Germain, conseiller principal d'éducation au centre de formation pour apprentis (CFA) de la chambre des métiers de Gironde, le plus grand du département (1 400 élèves). "Ils préfèrent se lever à 5 heures du matin ou aller chez les copains, et ils changent souvent. Certains dorment même dans leur voiture. Ils arrivent en retard, fatigués et finissent par décrocher", souffle le CPE. Du côté des propriétaires, certains louaient leurs chambres "au black".

Le dispositif aquitain permet donc au jeune en mobilité d'être logé dans de bonnes conditions matérielles et juridiques : charte d'accueil, contrat sur mesure, sélection et mise en relation des personnes. Le Sires Aquitaine, une agence immobilière à vocation sociale, mandatée par la collectivité territoriale pour la mise en place et la gestion du dispositif, rencontre le propriétaire, visite la chambre, s'entretient avec le futur locataire et organise une première rencontre sur site. Ensuite, "c'est un peu la loterie", souligne Sandra Hircha, chef du projet au Sires : ça marche ou... pas. "C'est bien sûr une question de préparation mais aussi de feeling", admet la jeune femme. C'est le cas de Maritchou et Océane : "Au départ, comme je suis assez indépendante, ça m'a fait peur mais je suis tombée sur une très bonne personne et si c'était à refaire, je le referais", confie la jeune fille, soutenue par sa propriétaire dans sa recherche de contrat d'apprentissage. Jusqu'à présent, sur les 74 binômes créés depuis la rentrée 2011 - 150 devraient l'être d'ici la fin de l'année -, aucun désistement n'a été noté.

Pour les propriétaires, au-delà de l'échange avec les jeunes, le principal intérêt est financier, même si la somme reste modique : la recette locative s'élève à 300 euros au maximum pour un mois et par personne (hors restauration), soit entre 10 et 15 euros par jour. Océane, présente en moyenne 15 jours à Lormont, nourrie matin et soir, paie 100 euros par semaine et bénéficie, comme tous les hébergés du dispositif, d'aides de la région équivalentes à la moitié du loyer.

Après la phase expérimentale, menée en 2010, "1, 2, Toit" a été étendu aux cinq départements d'Aquitaine, mais des réticences demeurent - surtout chez les jeunes. "Maintenant, il faut juste que les mentalités évoluent, estime Marc Saint-Germain, dont cinq élèves de son CFA ont déjà utilisé ce dispositif. Et que les jeunes n'aient pas peur de l'inconnu."

Claudia Courtois


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Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
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