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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 16:02

 

 

LE MONDE | 09.04.2013 à 10h40 • Mis à jour le 09.04.2013 à 11h44

Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

 


Rarement – jamais peut-être – une agence de sécurité sanitaire aura rendu des conclusions aussi alarmantes sur un polluant à ce point omniprésent dans notre environnement quotidien. Au terme d'un travail de longue haleine ayant rassemblé les contributions d'une centaine de scientifiques, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a rendu public, mardi 9 avril, un avis sur le bisphénol A (BPA) singulièrement inquiétant pour les générations à venir.

De toutes les substances chimiques de synthèse capables d'interférer avec le système hormonal ("perturbateurs endocriniens"), le BPA est celle qui entre dans la composition du plus grand nombre d'objets (plastiques, conserves, canettes, amalgames dentaires, etc.) ; il imprègne l'ensemble de la population occidentale.

Selon l'agence française, "certaines situations d'exposition de la femme enceinte au BPA présentent un risque pour la glande mammaire de l'enfant à naître". En d'autres termes, les enfants exposées in utero à des taux de BPA rencontrés dans la population générale pourront avoir un risque accru de contracter un cancer du sein plus tard dans leur vie.

 

 RISQUE ACCRU DE CANCER DU SEIN POUR L'ENFANT À NAÎTRE

D'autres risques (troubles du comportement, défauts de l'appareil reproducteur femelle, obésité) pour l'enfant à naître ont été évalués comme "négligeables" pour la population générale, mais ne sont pas exclus pour certaines catégories. D'autres risques encore – pour la prostate, la thyroïde, la fertilité masculine, etc. –, avérés ou suspectés sur l'animal, n'ont pu être évalués par les experts, faute de données suffisantes. "Ces risques ne sont pas pour autant exclus", dit-on à l'Anses.

Sur la foi de nombreuses études, menées depuis une vingtaine d'années sur des animaux de laboratoire, le risque retardé de cancer du sein après exposition au stade fœtal est connu de longue date. Mais c'est la première fois qu'une agence d'expertise sanitaire procède à une analyse des risques en complétant la littérature scientifique par de nombreuses mesures d'exposition de la population.

La mesure de BPA dans l'air à l'intérieur des habitations, les poussières, l'alimentation, l'eau, les tickets de caisse, etc. a permis à l'agence d'évaluer cette exposition. Dans 23 % des situations, les femmes enceintes sont potentiellement exposées à des taux de BPA présentant un risque accru de cancer du sein pour l'enfant à naître.

 

RÉSINES ÉPOXY QUI GAINENT L'INTÉRIEUR DES BOÎTES DE CONSERVE 

Ce taux de 23 % ne peut être directement extrapolé, mais il rend plausible le fait qu'entre un cinquième et un quart des femmes enceintes ont un taux d'imprégnation au BPA excédant une valeur de référence calculée par les experts de l'Anses. Fait notable : pour demeurer en deçà de ce seuil d'imprégnation, la dose journalière admissible établie par l'Autorité européenne de sécurité des aliments devrait être réduite de plusieurs milliers de fois...

Selon l'Anses, la première source d'exposition est de loin l'alimentation, qui contribue à quelque 84 % de l'exposition de la femme enceinte au BPA. Environ la moitié de l'exposition totale provient des résines époxy qui gainent l'intérieur des boîtes de conserve. Les eaux en bonbonne sont un risque additionnel. Les sources d'environ 25 % à 30 % de la contamination des aliments consommés (en particulier des produits animaux) n'ont pas pu être déterminées : elles demeurent énigmatiques.

La situation la plus inquiétante est celle des caissières qui manipulent des tickets de caisse en permanence : en cas de grossesse, les risques pour l'enfant à naître, outre ceux de cancer du sein, peuvent concerner les troubles du comportement, le risque d'obésité et d'éventuelles altérations de l'appareil reproducteur féminin.

 

D'AUTRES BISPHÉNOLS AUTANT, VOIRE PLUS PROBLÉMATIQUES

Quant aux tickets de caisse estampillés "sans bisphénol A", une bonne part contient comme substitut d'autres bisphénols autant, voire plus problématiques.

L'Anses a ainsi également étudié les alternatives au BPA. Elle s'est appuyée pour cela sur son inventaire des alternatives au BPA publié en février 2012, recensant 73 substances. Cet inventaire, qui n'est "probablement pas exhaustif", comporte notamment les résultats d'un appel à contributions lancé en 2011 sur les "effets sanitaires, usages et substitutions du BPA".

Parmi ces alternatives, certaines "sont actuellement utilisées sur les marchés européen et non européen alors que d'autres n'en sont encore qu'à un stade de recherche et développement", note l'agence, mais il n'en existe aucune qui pourrait remplacer le BPA dans tous ses usages.

 

"PROPRIÉTÉS OESTROGÉNIQUES"

Au vu des données disponibles sur la toxicité, l'Anses constate que "même si la plupart de ces composés chimiques ont été (pré) enregistrés sous Reach , ceux-ci n'ont pas pour autant fait l'objet d'essais complets dans le domaine de la toxicologie, notamment vis-à-vis de la reproduction et/ou de leur caractère de perturbateurs endocriniens".

L'Anses a passé en revue les autres composés de la famille des bisphénols. Outre le BPA, elle comporte en effet le Badge (BPS diglycidyl ether) et les bisphénols B, F, S et M. "L'analyse des données disponibles montre que la structure chimique commune aux composés de la famille des bisphénols leur confère des propriétés oestrogéniques", mimant l'action d'hormones féminines, précise l'Anses. Tout ce qu'il faut pour faire un perturbateur endocrinien.

Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

 

 

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http://www.sudouest.fr/2013/04/09/bisphenol-a-nouvelle-alerte-pour-les-femmes-enceintes-1019712-4696.php

 

Bisphénol A : nouvelle alerte pour les femmes enceintes

 

 

L’Agence de l’alimentation et de l’environnement (Anses) lance une nouvelle mise en garde contre ce produit chimique utilisé dans les contenants alimentaires, les tickets de caisse et les facturettes

 

 

La situation des femmes enceintes qui manipulent des produits imprégnés au bisphénol A – les papiers thermiques comme les tickets de caisse et les reçus de cartes bancaires – est la plus problématique.
La situation des femmes enceintes qui manipulent des produits imprégnés au bisphénol A – les papiers thermiques comme les tickets de caisse et les reçus de cartes bancaires – est la plus problématique. (archives Laurent Theillet)
 

Le bisphénol A, l’un des perturbateurs endocriniens les plus célèbres, est désormais cerné. Suspectée depuis des années d’effets délétères sur la santé humaine, ciblée par les pouvoirs publics qui en restreignent l’usage, cette substance chimique fait l’objet depuis ce mardi matin d’une nouvelle mise en garde émanant de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

  • Quels sont les risques pour la santé ?


L’avis, qui pèse quelques centaines de pages avec ses annexes, fait état d’un "risque potentiel pour l’enfant à naître des femmes enceintes exposées". Ce risque porte sur la modification de la glande mammaire chez le fœtus, qui est susceptible d’entraîner ultérieurement des cancers du sein.

Bientôt interdit dans les tickets de caisse ?


Résultat de l’avis publié ce mardi, la ministre de l'Ecologie Delphine Batho a annoncé qu'elle proposerait à la Commission européenne l'interdiction du bisphénol A dans les tickets de caisse. Elle a aussi demandé à l'Anses d'étudier les autres produits suspectés d'être perturbateurs endocriniens. Le Réseau environnement santé a salué ce "rapport courageux" qui aboutit à calculer des "valeurs toxicologiques de référence entre 5 000 et 20 000 fois inférieures" à celles défendues par l'EFSA. Ces valeurs sont d'ailleurs si faibles qu'elles conduiront à une interdiction progressive de l'usage du PBA, souligne le RES. De son côté, le député socialiste Gérard Bapt a appelé à supprimer le bisphénol A de "l'ensemble des contenants alimentaires" au niveau européen.

Chez l’enfant à naître, le bisphénol A pourrait aussi avoir des effets sur "le cerveau et le comportement, le métabolisme et l'obésité ou encore l'appareil reproducteur féminin", indique l'Anses.

Ces conclusions confirment les précédents travaux de l’Agence sur le sujet. En septembre 2011, celle-ci s’était déjà penchée sur les risques pour l’enfant à naître. Elle avait prôné son remplacement dans tous les articles de la vie courante pour lesquels l’opération était possible. Mais l’avis publié aujourd’hui est bien mieux étayé. Il repose sur l’exposition réelle des populations : par l’alimentation (80% de l’exposition), par l’inhalation de l’air ambiant et par voie cutanée (au contact des produits de consommation).

  • Où le trouve-t-on ?


Sans surprise, la situation des femmes enceintes qui manipulent des produits imprégnés au bisphénol A – les papiers thermiques comme les tickets de caisse et les reçus de cartes bancaires – est la plus problématique. Les caissières entrent évidemment dans cette catégorie. Mais également les femmes enceintes qui consomment de l’eau aux fontaines installées dans les entreprises. Celles-ci sont approvisionnées par des bonbonnes plastiques de type polycarbonate, résistantes aux chocs et aux variations de température, qui contiennent du bisphénol A. Et leur enveloppe plastique "largue" une partie de ce bisphénol A dans l’eau avalée.

Cette molécule de synthèse connaît d’innombrables applications industrielles dans les équipements automobiles, les amalgames dentaires, le matériel électrique et électronique, les jouets en plastique… Le bisphénol A a aussi été utilisé dans les biberons en plastique. Il entre encore dans la composition de la résine epoxy qui couvre l’intérieur des boîtes de conserve.

  • Interdit dans les biberons


Difficile d’y échapper, donc. Ce devrait être un peu plus aisé à l’avenir. Définitivement adoptée par le Sénat en décembre dernier après un marathon parlementaire long de deux ans, la loi bannit depuis le 1er janvier 2013 le bisphénol A des contenants alimentaires destinés aux enfants de mois de trois ans. Le changement le plus marquant concerne les biberons plastiques, translucides et incassables. Il était d’autant plus impératif que le chauffage du plastique favorise la migration du bisphénol A du récipient vers le contenu. La loi prévoit une deuxième étape au 1er janvier 2015, quand le bisphénol A sera interdit dans tous les conditionnements au contact des denrées alimentaires. Ce délai vise à laisser aux industriels le temps de trouver des molécules de substitution et à en vérifier l’innocuité. La bataille législative avait été initiée par le député PS de Haute-Garonne, Gérard Bapt, et relayé par sa collègue girondine Michèle Delaunay, devenue ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie.

"Cette nouvelle législation devrait conduire à une baisse très significative du niveau d'exposition au bisphénol A" juge aujourd’hui l'Anses qui s'inquiète pourtant des produits de remplacement à venir. Ceux-ci appartiennent généralement à la même famille de molécules, les bisphénols, qui ont des propriétés voisines. En particulier les bisphénols M, S, B, AP, AF, F et BADGE. "En l'absence de données scientifiques complémentaires, l'Agence n'encourage pas à utiliser d'autres bisphénols comme solution de substitution au bisphénol A", avertit l’Agence qui appelle à "la plus grande prudence".

  • Pourquoi les scientifiques s'y sont intéressés


Les travaux sur le bisphénol A sont maintenant nombreux et convergents. Il est classé perturbateur endocrinien car il "mime" l’action des hormones femelles et trompe l’organisme receveur. Il est prouvé depuis plusieurs années qu’il augmente l’incidence des cancers mammaires chez le rat. Dans une étude publiée en mai 2012, il est apparu que les changements de morphologie de la glande mammaire dans la descendance touchaient également les singes.

Certains pays ont réagi rapidement. Le Canada a interdit le bisphénol A dans les biberons dès 2008. En France, l’Afssa (devenue Anses par la suite) a conclu à son innocuité cette année là avant de reconnaître pour la première fois le bien-fondé des alertes en 2010. Ce revirement s’est appuyé sur le fait que le bisphénol A peut entraîner des effets sanitaires inquiétants à des doses infimes. Ce qui tranche avec l’adage sacro-saint dans la communauté des chimistes qui veut que "la dose fait le poison". Le Réseau environnement santé (RES) du toxicologue André Cicolella se battait depuis des années pour ce changement de paradigme.

Dans ce débat, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) reste encore à la traîne. Elle s’en tient au concept de la "dose journalière acceptable". Son désaccord avec l’Anses sur l’innocuité du bisphénol A est de notoriété publique. Elle a cependant entamé l’an dernier une réévaluation du bisphénol A pour ses effets éventuels à faible dose.

 

 

 

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