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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:32

 

Rue89 - Témoignage 14/12/2011 à 09h38

Pierre Bernard riverain

 

Nicolas Sarkozy visite l'usine de fabrication de skis Rossignol à Sallanches, le 13 décembre 2011 (Philippe Desmazes/Reuters)

Le mardi 13 décembre 2011, la petite commune de Sallanches a connu un événement national. Notre Président est venu fouler son sol afin de vanter sa politique grâce à la seule entreprise à statut international qui relocalise en France en ces temps de crise : l'entreprise Dynastar, aujourd'hui filiale de Rossignol, firme à capital étranger. Ayant eu vent de sa venue, toute la commune avait fait peau neuve pour ce jour-là. Des agents communaux étaient passés sur les terrains vagues entourant l'usine pour enlever d'éventuelles feuilles mortes et papiers que le regard présidentiel ne peut supporter.

Le presse-agrumes du collège réquisitionné

Pour les forces de sécurité de la cour présidentielle, des places de parking avaient été réquisitionnées. Tout comme le presse-agrumes du collège public de la ville. Monsieur le Président ne peut en effet boire que du jus d'orange frais. Le jour venu, un comité d'accueil organisé par la CGT locale devait se réunir à plus d'un kilomètre de l'usine, objet de la venue de notre grand homme. J'ai répondu à cet appel. J'étais donc à 11 heures du matin au rond-point convenu afin de montrer à mon représentant suprême que certains de ses citoyens n'approuvent pas sa politique.

Sur le trajet, de mon domicile au lieu de rendez-vous, de nombreuses forces de police étaient visibles. Par deux ou trois, nos forces de l'intérieur gardaient toutes les intersections que compte la commune. Une fois arrivé, j'ai pu faire un premier constat : nous n'étions pas très nombreux. Une vingtaine de personnes armées de quelques drapeaux étaient la seule contestation visible, ou plutôt invisible : nous étions au milieu de nulle part, hors de la ville.

Seul un bus de gens bien habillés a pu passer

Cependant, nous devions paraître plus féroces que prévu puisque déjà un fourgon des forces de l'ordre était avec nous afin de surveiller nos faits et gestes.

Après avoir planté quelques drapeaux sur le rond-point et reçu quelques encouragements de la part de certains automobilistes solidaires, pour une raison que je ne connais pas, notre petit groupe s'ébranla en direction de la ville.

400 mètres plus loin, alors qu'un vent froid se levait amenant avec lui des nuages menaçants, notre groupe s'arrêta au niveau du rond-point suivant : celui de l'arrivée de l'autoroute (plus passager que le premier).

Seul un car rutilant plein de gens bien habillés a pu passer le barrage. Je suppose qu'il s'agissait d'un bus de supporters présidentiels. Cela fait toujours plaisir de se sentir aimé, même aux « grands » de ce monde.

Soudain, au loin, entre le prochain rond-point et nous : le miracle. Nous n'étions pas seuls ! Des drapeaux alliés se montraient. Ceux qui nous menaient décidèrent d'aller se réchauffer auprès de nos alliés au loin.

11h35 : il est là

Le pas léger, nous marchions le long de la route, croisant au passage un panneau municipal à affichage automatique qui indiquait :

« La commune de Sallanches souhaite la bienvenue au président de la République. »

Enfin, les renforts furent à portée de voix. Avec eux une poignée d'hommes de bleu vêtus encadrait un groupe de 70/80 personnes. Parmi ces derniers, certains tenaient deux drapeaux PS. Nous étions donc alors une centaine. Notre marche s'arrêta en notre lieu de rencontre, au beau milieu de la zone d'activité nord de Sallanches.

Il était 11h35 et nous étions à plus de 400 mètres du lieu de la venue présidentielle. A peine remis de nos émotions, un bruit sourd de rotors se fit entendre dans les airs de la haute vallée de l'Arve. Deux gros hélicoptères de l'armée arrivèrent depuis le nord pour se poser sur l'aérodrome de la ville.

Plus haut, dans un ciel déjà embrumé, nous pouvions distinguer deux hélicoptères qui tournaient sans bruit autour de l'agglomération. C'était fait. Il était là !

Sa présence sur le sol sallanchard eut un effet presque immédiat sur les plus mélomanes des manifestants. Ceux-ci entonnèrent quelques chants de bienvenue que le vent aurait pu porter jusqu'aux oreilles présidentielles s'il n'avait été contraire.

Les CRS nous demandent de partir

Mais sans gigaphone et à plus de 400 mètres des locaux de Dynastar, aucune chance que notre illustre invité n'entende les chants qui lui étaient adressés. Pendant ce temps-là, deux jeunes gens avaient déroulé une banderole. Les anciens du groupe, assez nombreux (la moyenne d'age était assez élevée), en profitaient pour taper une petite discussion.

Nous étions tous sur le trottoir, en ligne et immobiles. Nos amis en bleu se contentaient de nous barrer le passage. Les automobilistes dont le passage n'était pas gêné continuaient de défiler sur la route. Tout se passait bien. Cela ne dura pas. En un instant, trois fourgons des dénommés CRS arrivèrent et barrèrent la route. Ils prirent position tout autour de nous, sans peine : ils étaient plus nombreux. Puis, sans raison, il nous fut demandé de partir.

Manifestement les dangereux activistes que nous étions n'avaient pas le droit d'être là. L'ordre à peine donné, cinq à six CRS s'en prirent verbalement et physiquement aux deux jeunes immobiles qui tenaient leur banderole. Très bien organisés, nos hommes en bleu qui n'avaient plus rien de sympathique allaient de provocation en provocation, poussant violemment plusieurs personnes dont un groupe où étaient des anciens et un enfant de 4/5 ans.

Privés du droit de manifester pacifiquement

Nous fîmes donc demi-tour, contraints et forcés. Mais nos gardiens voulaient visiblement plus. Ils nous poussèrent sur un parking d'un magasin de meubles bien à l'écart, là où nous ne pouvions pas être vus. Il était 12h20. De nombreux manifestants ne désiraient plus qu'une seule chose : rentrer chez eux. Cela leur fut refusé. Nous étions prisonniers, privés de notre liberté d'aller et venir. Nous avions été privés du droit de manifester pacifiquement, nous étions maintenant privés d'une de nos libertés fondamentales.

Cela dura trente minutes. Enfin, un peu avant 13 heures, nos gardiens nous libérèrent, pas sans nous avoir demandé d'enlever nos autocollants CGT, PS ou PCF… et de ranger nos drapeaux. J'avoue que cet épisode m'a laissé un goût amer. Il n'est pas digne d'une démocratie. J'ai donc vécu la réalité de l'autisme présidentiel. Je l'ai touché du doigt.

J'étais à Sallanches le 13 décembre 2011 et je n'ai pas plus vu le Président que lui n'a voulu m'entendre. J'espère seulement ne plus le revoir en 2012.

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
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