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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 16:24

 

 

Interpellation Publique du Conseil Général du Gard, le 15 février, rendez-vous devant le Conseil Général, à Nîmes, à partir de 9h


Appel à ceux qui le peuvent, de venir manifester leur opposition à la construction à Marcoule d’un gros réacteur de la famille des surgénérateurs, ou « réacteurs à neutrons rapides », c’est à dire utilisant le plutonium comme

« combustible », et le sodium comme fluide caloporteur.

Le plutonium est la pire saloperie issue de l’industrialisation, excessivement radiotoxique, de durée de vie très longue (250.000 ans pour qu’il se désintègre à peu près complètement). Le sodium explose au contact de l’eau et s’enflamme

au contact avec l’air (d’où les difficultés de démantèlement de superphénix à Malville).

Pour le lobby nucléocrate du CEA, c’est la relance de la filière plutonium à l’échelle nationale et internationale.

Il faut nous y opposer !

C'est au cours de la dernière session du Forum Social du Gard, le 17 novembre, qu'a été décidé d'organiser une interpellation du Conseil Général du Gard au sujet de la construction du réacteur Astrid à Marcoule.

C’est donc à la prochaine session publique du 15 février que cela aura lieu.

On trouvera en P.J. la lettre déjà envoyée à tous les Conseillers Généraux, elle comprend la liste des organisations qui à ce jour s'engagent dans cette démarche, liste qui peut encore être complétée et qui sera envoyée aux médias.

En P.J. également un texte pour en savoir plus sur le projet de réacteur Astrid.

Mobilisons-nous pour être au Conseil Général de Nîmes vendredi 15 février à partir de 9h.

C’est l’occasion de participer à une revendication très concrète, celle de s’opposer à la construction d’un gros réacteur à Marcoule.

Cette action n’est bien sûr pas la dernière, et peut-être faudra-t-il être plus mordants par la suite !

Est-il cohérent de participer à des actions « gentilles » contre le nucléaire, si dans sa région on ne s’implique pas contre des projets concrets ?

 

 

 

                                                                               **********************************

 

ASTRID - Nouvelles menaces nucléaire à Marcoule

L’avenir (i)radieux du nucléaire passe-t-il par le plutonium ?


C’est en 2012 que l’Etat devait décider de la construction d’Astrid,

nous ignorons si la décision formelle a été prise, mais tout se passe

comme si!

 

Pour le lobby du nucléaire, l’avenir n'est limité ni par les risques pour les

populations, ni par l’accumulation des déchets, comme on aurait pu l’espérer,

mais tout simplement par la raréfaction de l’uranium et les difficultés de son

exploitation. Pour assurer la relève des réacteurs actuels , le CEA cherche à

promouvoir à grands frais depuis 50 ans, et avec pour ambition explicite « Le

nucléaire durable » (...)

 

la « fusion », avec le projet Iter* à Cadarache, considérée par

beaucoup comme une « immense arnaque d’extrême dangerosité »*

La filière du plutonium** d’autre part, à travers le projet Astrid dont

la construction à Marcoule se prépare subrepticement, et qui succède à

Phénix qui a connu de multiples difficultés et incidents, et Superphénix

qui fut un immense fiasco.

En ce qui concerne Astrid, il s’agit de construire un prototype de réacteur

appelé indifféremment « réacteur à neutrons rapides » ( RNR ), « réacteur de

4ème génération » ou encore « surgénérateur », dont la caractéristique

principale est d’utiliser le plutonium, l’élément le plus dangereux issu de

l’industrie nucléaire, et le sodium fondu comme fluide caloporteur, sodium qui

s’enflamme au contact de l’air et explose au contact de l’eau !

Cette filière est, de ce fait, excessivement dangereuse dans tout son cycle.

Malgré sa dangerosité, le plutonium est actuellement introduit dans des

combustibles de nos réacteurs à eau : il s’agit du MOX élaboré également à

Marcoule.

 

Un petit rappel historique est nécessaire : L’industrie du nucléaire

« civil » occidental s’est développée essentiellement sur le modèle des

réacteurs à eau, dont le prototype avait été mis au point aux USA pour équiper

les sous-marins nucléaires (le premier, le Nautilus, avait été lancé en 1954).

Trois ans plus tard, la technologie était transposée vers la production électrique

sous licence Westinghouse, d’où découlent tous les réacteurs à eau PWR

actuels, et EPR dit de 3ème génération tels que celui en construction à

Flamanville, ou celui en projet, Atméa.

Mais en fait la première production expérimentale d’électricité nucléaire aux

USA fut réalisée en 1951 par un réacteur à neutrons rapides, RNR, alimenté

alors en uranium enrichi, moins performant que le plutonium dont on ne

disposait pas suffisamment à l’époque, plutonium qui est produit en petite

quantité dans les réacteurs (voir en annexe comment de l’uranium irradié peut

muter en plutonium).

Ainsi, pour disposer de plutonium, militaire ou civil, on a construit une usine à

la Hague destinée à extraire le plutonium à partir des combustibles usés issus

des centrales à eau. Cette usine est responsable de contaminations

importantes dans la Manche et le Cotentin.

Les difficultés et l’échec de Phénix et Superphénix ont fait fondre l’espoir de

développer la filière plutonium rapidement, et voilà qu’on se trouve avec un

stock de plutonium qui va croissant (près de 100 tonnes, alors qu’avec 4 à 5 Kg

on peut faire une bombe...), stock excessivement dangereux et encombrant. Il

a alors été imaginé d’en utiliser dans les réacteurs à eau, en en ajoutant en

petite quantité à l’uranium : c’est le « MOX » élaboré à Marcoule dans l’usine

Melox (annexe). Rappelons au passage que toute cette industrie fait de

Marcoule l’une des sources de contamination radioactive les plus importantes

avec, entre autres, du plutonium dans les boues du Rhône. Ses voisins Tricastin

et Cadarache ne sont pas en reste, et l’ensemble constitue l’une des zones les

plus nucléarisées et les plus dangereuses d’Europe, menacée de plus par des

séismes (cf celui de Lambesc en 1909). N’oublions pas non plus les multiples

transports routiers de plutonium entre la Hague et Marcoule, puis de livraison

du Mox vers différentes centrales de France et d’ailleurs. Il y en a eu jusqu’à

Fukushima dans le réacteur 3 qui a de ce fait été particulièrement détruit, et du

plutonium se trouve ainsi dispersé aux alentours!

Quant à la filière Superphénix, on pouvait espérer en être débarrassé. Eh bien

non : elle renait de ses cendres sous la forme d’Astrid. Marcoule, géré par le

CEA, hérite évidemment du nouveau projet.

 

Astrid un projet pour Marcoule qu’il faut remettre en cause avant qu’il

ne soit trop tard : C’est en 2012 que l’Etat doit décider de la poursuite

du projet !

Malgré les difficultés et même l’échec de cette filière, les nucléocrates

s’entêtent, et obtiennent de l’Etat 650 millions d’€ dans le cadre de l’Emprunt

National de 2010, pour préparer la construction à Marcoule d’un réacteur dit de

4ème génération, ASTRID. Ils s’appuient sur la loi Loi n° 2006-739 du 28 juin

2006 de programme relative à la gestion durable des matières et déchets

radioactifs. Ce nouveau réacteur sera d’une puissance de 600 MW (soit un

demi superphénix!), fonctionnant avec du plutonium et du sodium liquide.

Le but inavoué de ce projet est de garder la mémoire de cette filière française

à laquelle travaille le CEA depuis plus de 50 ans, avant que tous ses acteurs ne

partent à la retraite, et ainsi de la sauver.

Officiellement, outre démontrer la fiabilité de cette technique, Astrid est

destiné à montrer la capacité à « incinérer » le plutonium et ses voisins qui

l’accompagnent, les actinides dits mineurs, atomes d’extrème radiotoxicité. On

voit là la subtilité rassurante du langage, car on n’incinère pas des atomes

comme les ordures, ils ne brûlent pas. Par contre on peut les briser sous

bombardement neutronique, en génèrant de ce fait, de nouveaux éléments

radioactifs et de nouvelles nuisances. Mais un rapport du Sénat avait déjà

exprimé en 99, que cette voie n’était pas crédible, seule une faible proportion

de déchets serait ainsi gérée à un coût exhorbitant.

Le calendrier prévoit avant fin 2012 un avant-projet phase 1, permettant à

l’Etat de décider de la poursuite du projet. Dès maintenant Bouygues s’est mis

sur les rangs pour la construction ! Puis fin 2014 finalisation de l’avant projet,

2016 début de fabrication, pour mise en service en 2020.

Des équipes bénéficiant d’un large financement travaillent donc à Saclay,

Cadarache et bien sûr Marcoule. Elles nous préparent cet avenir i-radieux dont

on ne veut pas, compte-tenu des dangers encore plus importants qu’avec les

centrales actuelles. Et que dire de cet immense gachis financier (Superphenix

c’est 10milliards d’€ de construction, et peut-être autant pour son

démentèlement) qui pourrait être mieux utilisé dans l’économie et la maitrise

de l’énergie, et le développement des renouvelables ?

 

 

Le plutonium est la substance la plus dangereuse jamais fabriquée ;

c’est toute la filière plutonium qu’il faut combattre.

Comment ferait-on pour refroidir les réacteurs de Fukushima s’ils

avaient été des RNR, déjà que l’un d’entre eux avait reçu du Mox et

qu’on retrouve maintenant du plutonium dispersé dans

l'environnement ?

 

Pierre Péguin, physicien, 2012. tel 04 66 85 03 35.

* « Immense arnaque d’extrême dangerosité- Iter » Janv 2012 :

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?

post/2012/01/09/Une-immense-arnaque-d-extreme-dangerosite-Iterpar-

Pierre-Peguin

** Observatoire du nucléaire « Réacteurs nucléaires "de 4ème

génération" le grand bluff ! » : http://observ.nucleaire.free.fr/

 

ANNEXES

Quel sera le calendrier d’Astrid? Une convention du 9 septembre

2010 entre l'Etat et le CEA encadre l'enveloppe de 650 millions attribuée au CEA. on y

lit qu'il faudra 7 ans pour aboutir à l'avant-projet détaillé avec 3 étapes :La première

échéance fixée par la loi du 28 juin 2006 se situe fin 2012, date à laquelle les pouvoirs

publics devront pouvoir disposer de premiers éléments budgétaires et techniques,

pour une prise de décision de poursuite des études du prototype. Aussi, le CEA a-il

prévu de réaliser un avant-projet sommaire (APS) en deux phases : une première

phase pour l’échéance de 2012 (198 millions d’€), puis une fois la décision de

construire accordée, une deuxième phase qui sera conduite de 2013 à fin 2014

(210md’€) pour clore l’APS. Ensuite, l’avant-projet détaillé (APD 243 md’€) est prévu

entre 2015 et 2017 pour une réalisation proprement dite qui débutera fin 2017, et une

mise en service au début de la décennie 2020.

La convention précise que le CEA devra, avant fin 2012 « augmenter les

cofinancements privés sur le programme », ce qui explique probablement l'annonce

d'un partenariat avec Bouygues il y a quelques jours. La convention précise même que

20 à 30% de partenaires sont nécessaires.

 

Dernier point sur l’avancement du projet : A la grande

satisfaction du CEA, le projet ASTRID a franchi le 15 mars son premier jalon important

marquant la fin de la phase préparatoire et le lancement de l’avant-projet sommaire

(AVP1) : Mise en place des équipes et premières études techniques dites «

d’orientation ». Ces dernières sont principalement réalisées à l’établissement de Lyon,

à l’exception des parties contrôle-commande et systèmes électriques qui sont traitées

à Paris et Offenbach.

82 personnes travaillent actuellement à la conception d’ASTRID.

 

Voyons de plus près l’origine des réacteurs à

neutrons rapides

Commençons par Rapsodie. Le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) a pu

dès 1957 concevoir un prototype, Rapsodie, à Cadarache, démarré en 1967, et arrêté

en 1983. Ce petit réacteur nucléaire est le premier de la filière à neutrons rapides au

plutonium et au fluide caloporteur sodium. Les ingénieurs du CEA ont cherché à

développer avec Rapsodie une utilisation civile du plutonium. De plus, les réacteurs à

neutrons rapides peuvent, sous certaines conditions, être surgénérateurs, c’est à dire

produire du plutonium en même temps qu’ils en consomment. C’est donc un eldorado

qui paraît s’ouvrir, l’énergie surabondante pour des siècles, un des plus anciens

fantasmes de l'humanité, l'équivalent du moteur à eau !

Mais le 31 mars 1994, alors qu'une équipe effectue un travail de nettoyage dans un

réservoir de sodium, celui-ci explose causant la mort de l'ingénieur René Allègre et

blessant quatre techniciens. Il s'agit d'une réaction chimique violente due à la

dangerosité des conditions d'utilisation du sodium.

En effet cette filière utilise comme fluide caloporteur le sodium fondu qui présente

l’avantage de permettre un fonctionnement à haute température et donc un bon

rendement de la transformation de la chaleur du réacteur en électricité. Mais il y a un

énorme inconvénient : le sodium explose au contact de l’eau, et brûle au contact de

l’air. De plus, en cas de fuite, cela peut provoquer un emballement des réactions

nucléaires du coeur, pouvant conduire au scénario catastrophe de fusion.

Quant au plutonium, matière première, c’est la pire substance jamais élaborée par

l’industrie, d'une très grande toxicité chimique comme tous les métaux lourds

(rappelons-nous les assassinats au polonium). Émetteur alpha en se désagrégeant, il

est d’une très grande radiotoxicité en cas d’inhalation de microparticules aériennes,

ou par ingestion. Pour disparaître naturellement il lui faut au moins 250000 ans,

pendant lesquels les générations futures auront à le gérer....

 

L’étape suivante à été Phénix à Marcoule : Construit en 1968, et

fonctionnant à partir de 1973, arrêté en 2009, il était alors le plus vieux des réacteurs

français en fonctionnement. D’une puissance électrique de 250 MW, Phénix a été

exploité pendant 36 ans conjointement par le CEA pour recherche de destruction

(« incinération », ou transmutation) de déchets radioactifs à vie longue, et par EDF

pour la production d’électricité.

Son démantèlement est prévu pour une durée de 15 ans, mais dans ce domaine et

compte-tenu des difficultés pour Brennilis et Superphénix, c’est évidemment

l’incertitude. Le coût en est estimé à près d'un milliard d'euros, assuré par le CEA,

c’est à dire par l’Etat, il ne pèsera pas dans le prix du Kwh nucléaire....

Démantèlement particulièrement délicat du fait que contrairement aux autres

réacteurs il ne baigne pas dans l'eau mais dans du sodium liquide.

En fait ce réacteur a souvent été à l’arrêt, marqué par nombre de difficultés dont des

fuites et des « petits » feux de sodium. Entre autre, en 2002, une explosion a lieu

dans un réservoir raccordé à une cheminée qui débouche en toiture de bâtiment. Il

s'agirait d'une réaction entre le sodium résiduel présent dans ce réservoir et de l'eau

qui y aurait pénétré accidentellement suite à des pluies abondante,

 

Superphénix enfin, qui aura coûté au moins 10 milliards d’euros, qui devait

devenir le fleuron de l’industrie nucléaire française, et dont l’histoire fut émaillée

d’incidents techniques et de manifestations écologistes, sera finalement arrêté en

1997 par le Premier ministre Lionel Jospin après 20 ans de polémique.

Construit sur la commune de Creys-Malville près de Morestel dans l’Isère, en une

dizaine d’années, son histoire commence par la répression violente de la

manifestation de juillet 1977, organisée par les comités Malville, réunissant des

dizaines de milliers d’opposants, et qui vit la mort de Vital Michalon et trois

mutilations. Ce gigantesque projet, qui devait être une vitrine, a subi une contestation

très forte des écologistes ; contestation également des milieux techniques et

scientifiques du fait de son sur-dimensionnement 1200MW d’électricité. Souventà

l’arrêt, il aura sans doute produit tout juste l’énergie dépensée pour sa construction.

Le gigantisme pharaonique est illustré par quelques chiffres : 5.500 tonnes de sodium

inutilisables parce que contaminées, et qu’il faut, avec des précautions infinies,

enfermer dans du béton ; 5 tonnes de plutonium sachant qu’avec 5Kg on a une

bombe ; mais aussi 20.000 tonnes d’acier, pour l’essentiel contaminé, ainsi que

200.000 m3 de béton.

Les difficultés rencontrées par cette filière sont liées aux conditions extrêmes

auxquelles sont soumises les matériaux : corrosion sous tension, fluage et

modifications des structures cristallines sous l’effet du rayonnement et de la

température.

 

Quelques données scientifiques :

Et des définitions : L’uranium naturel existe sous deux formes principales (on

dit « isotopes »), le « U 235 » à 0,7%, forme pouvant se désintégrer naturellement

(dite « fissile »), et donc être le « combustible » de la filière nucléaire actuelle, et le

« U 238 » qui a la propriété de pouvoir muter en plutonium (« Pu 239 ») s’il capte un

neutron émis justement par l’uranium 235.

C’est ainsi qu’a été conçu logiquement au Tricastin l’usine Georges Besse 1, destinée à

« enrichir » l’uranium en isotope 235, de façon à disposer d’un combustible plus

efficace pour les réacteurs à eau, et de façon aussi à fournir l’armée en uranium très

enrichi pour la bombe. L’uranium résiduel est dit « appauvri » (car il contient moins de

235, et plus de 238), il est tout aussi radiotoxique, et son utilisation en tête d’obus

contamine à très long terme les zones de combat en Irak ou ailleurs. Cette usine a

consommé énormément d’électricité, celle fournie par 3 réacteurs. Elle s’arrête pour

laisser la place à GB2 équipée en centrifugeuses (comme l’Iran...) moins gourmande.

Il a fallu ensuite concevoir le « retraitement », destiné à extraire le plutonium qui s’est

formé dans le combustible usé dans les réacteurs. Après avoir été expérimenté à

Marcoule, c’est l’usine de la Hague qui assure cette tâche pour fournir le militaire, et le

civil.

 

Pourquoi le nom de « réacteur à neutrons rapides » ?

Dans les réacteurs à eau, celle-ci joue le rôle de modérateur à neutrons, tout en

refroidissant le coeur. Dans les RNR tels Phénix, Superphénix ou Astrid, n’y a pas de

ralentisseur de neutrons.

La puissance et la chaleur dégagée par un tel réacteur ne peut être extraite que par

un métal liquide. Le sodium a été sélectionné pour ses capacités neutroniques

(transparence aux neutrons), ses propriétés thermiques (capacité calorifique, plage de

températures d’utilisation) et son faible coût : il est obtenu par électrolyse du sel

(NaCl). En outre, à 400°C, sa viscosité est voisine de celle de l’eau, ce qui facilite

l’interprétation des essais hydrauliques réalisés sur maquettes en eau. Enfin, il fond à

98°C, et bout à 880°C, ce qui offre une grande plage de fonctionnement.

 

Pourquoi le Mox pose-t-il problème?

La France dispose du plutonium retraité à la Hague dont elle ne sait que faire. Elle se

tourne alors vers la fabrication du Mox à partir des années 90, à Cadarache et à

Marcoule. Elle l'impose à EDF par un arbitrage gouvernemental (Rocard), qui n'est pas

enthousiaste, afin de justifier le maintien de la filière aval du cycle de combustible et

la poursuite du retraitement des combustibles irradiés à La Hague. Actuellement,

seule au monde, l’usine Melox de Marcoule en produit.

Ce choix a été uniquement décidé par les technocrates, sans consultation du

parlement. Un seul rapport d'information est présenté en 1990 ! Curieusement

d'ailleurs, les décrets d'autorisation autorisant l'utilisation du Mox ont été pris bien

avant l'échec de Superphénix, comme si d'importants décideurs n'avaient qu'une

confiance très limitée dans l'avenir de la surgénération et envisageaient un terrain de

repli pour la filière plutonium et l'usine de retraitement.

Le Mox est constitué d'un mélange d'oxydes de plutonium et d'uranium appauvri

contenant 5 à 8% de Plutonium. Il est utilisé actuellement dans 21 réacteurs des

centrales 900MW, les plus anciennes, pour un tiers de leur combustible, et l'EPR

pourrait fonctionner à 100% de Mox (la Finlande a choisi de continuer avec le

combustible classique pour le sien). Il n'est donc pas indispensable.

L’avantage pour Areva d’imposer à EDF d’alimenter en mox les réacteurs est, dans

l'immédiat, de faire diminuer le stock de plutonium (près de 90 tonnes actuellement):

l'EPR moxé à 100% serait susceptible de consommer 3 tonnes de plutonium par an, et

cela justifie ainsi de poursuivre le retraitement à la Hague. Cela permet d’utiliser aussi

les stocks d'uranium appauvri issu de l'usine d'enrichissement de Tricastin.

Mais cette technologie présente d’énormes Inconvénients, risques, difficultés et

augmentation des coûts engendrés par cette technologie. Outre son extrême

dangerosité, la qualité du plutonium se dégrade dans le temps, formant d'autres

isotopes moins fissiles qui rendent la conduite du réacteur plus délicate. Les pastilles

de Mox sont plusieurs milliers de fois plus radioactives que celles d'uranium, rendant

la fabrication, les manipulations et les transports plus dangereux. A la sortie du

réacteur, il émet plus de radioactivité et de chaleur que le combustible classique, et il

faudra attendre 60 à 100 ans avant de le conditionner comme déchet! Enfin, le Mox

rentre en fusion beaucoup plus rapidement ( ce qui est arrivé au réacteur N°3 de

Fukushima et du plutonium a été dispersé aux alentours!).

Pour finir, l’avenir du MOX n’a rien à voir avec le débat actuel sur l’arrêt du nucléaire.

La France peut arrêter sa production sans réduire celle d’électricité. L’arrêt de la filière

du plutonium est une exigence absolue.

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
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