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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 21:28

 

Rue89 - Lyon - par Laurent Burlet

3 mai 2013 - 9:46

 

 

Dans les prochaines semaines, le préfet du Rhône régularisera 150 nouveaux Roms de Roumanie, à travers un programme d’intégration unique en France, nommé « Andatu ». Mais la préfecture refuse toujours de dévoiler les conditions d’accès à ce programme. 

Les expulsions de squats ou de bidonvilles sont souvent plus médiatisées que les régularisations. Dans sa communication, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a en effet, comme ses prédécesseurs, pris le parti de stigmatiser les Roms en remettant en cause la « volonté d’intégration » de ces populations.

A Lyon comme ailleurs en France, les préfectures rechignent donc à donner des informations sur ces processus d’intégration qui existent pourtant. C’est particulièrement le cas avec le préfet du Rhône qui a, depuis un an et demi, massivement régularisé, à travers un programme unique en France.

En comptant les 150 personnes qui seront régularisées dans les prochaines semaines, ce sont 400 Roms de Roumanie qui auront des titres de séjour. Un chiffre à rapprocher, selon le préfet, des 2 000 Roms que compte l’agglomération lyonnaise. Les associations parlant plutôt d’un millier de personnes qui vivent majoritairement dans des squats et des bidonvilles.
Ces familles bénéficieront également d’un logement en lieu et place, généralement, d’un squat ou d’une cabane de bidonville.

 

Des papiers, un logement et le RSA

Le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, a confié à l’association Forum Réfugiés le soin de monter un programme d’intégration, nommé « Andatu » (« pour toi », en romani, la langue des Roms), destinés aux Roumains. Et ce programme ne se limite pas à donner des titres de séjour.
Grâce à l’appui de la préfecture, la caisse d’allocation familiale (CAF) et le département du Rhône dérogent à la réglementation en vigueur, qui empêche les Roms de bénéficier des principaux minima sociaux. Avec « Andatu », ils ont droit :

  • au RSA
  • aux allocations familiales
  • à un logement social
  • à n’importe quel type d’emploi alors que les Roumains sont limités, jusqu’en 2014, à 150 métiers en tension

En contre-partie, la personne doit suivre un apprentissage du français et s’inscrire dans une démarche de recherche d’emploi. Elle doit également s’engager à ne plus mendier et à scolariser ses enfants. Un contrat d’un an renouvelable une fois est signé pour formaliser cette démarche.

Forum Réfugiés entend, avec ces conditions dérogatoires, réussir une « insertion complète ».
Pour ce faire, l’association dispose d’un budget 2013 d’un million d’euros dont plus de la moitié provient du Fonds social européen. L’Etat, le département du Rhône et le Grand Lyon mettent aussi au pot.

 

Roms-Andatu-Nistor-Une

Aramis Nistor avec sa femme et leur fille photographiés dans le salon de leur foyer Adoma. Photo : Laurent Burlet / Rue89Lyon.

 

Les heureux élus

Aramis Nistor nous reçoit avec sa femme et son unique fille dans un appartement d’un foyer Adoma (ex-Sonacotra) du 8e arrondissement de Lyon. Les Nistor le partagent avec une autre famille rom du programme « Andatu ». Ils font partie des heureux élus du dispositif, choisis par la préfecture, sans qu’ils ne sachent vraiment pourquoi.

Prochainement, ils devraient accéder à un logement social, comme les 20 familles qui ont été régularisées les premières. Après avoir suivi des cours de Français, Aramis Nistor est désormais chauffeur-manutentionnaire pour le Foyer Notre Dame des Sans abri. C’est un emploi d’insertion de 25 heures par semaine payer au smic. Il travaille avec son frère Ionel, sur lequel France 3 avait déjà fait un reportage.

 

 

 

Pour le moment, sur les 22 adultes, dix adultes Roms travaillent sur ce mode, avec des contrats d’insertion à temps partiel. Ils et elles sont agents d’entretien, manutentionnaires ou couturières. Huit autres sont en formation.

Il y a un an, Aramis et sa famille vivaient dans le sous-sol d’une église de Gerland. Il nous parle de sa chance d’avoir des papiers, un travail et un logement. Il voudrait être « médiateur culturel » :

« Ce sera après cet emploi de manutentionnaire. Je veux travailler comme tout le monde en aidant les Roms et les Français à mieux se connaître. On souffre souvent d’une mauvaise image ».

Comme les autres Roms d’ »Andatu », il a bénéficié d’un apprentissage intensif en français et, ensuite, d’une aide renforcée dans ses recherches d’emploi et de formation.

Il faut dire que l’accompagnement social n’a pas été négligé. On compte deux enseignantes Français langue étrangère (FLE), deux conseillers d’insertion, trois assistants sociaux.

Habituellement, il y a 60 allocataires du RSA pour un conseiller d’insertion. Pour les premiers adultes entrés dans le programme « Andatu » (depuis décembre 2011), ils sont 22 pour une conseillère, Guylène Constable. A l’entendre, l’insertion par le travail fonctionne :

« On est loin de l’image de la personne assistée qui resterait à la maison en attendant que ses allocations tombent. Ils sont super motivés pour les cours de français. Une fois qu’ils ont obtenu un emploi d’insertion, ils veulent que ça avance vite pour travailler comme tout le monde. »

37 familles de la deuxième vague (entrées dans le programme en décembre 2012) ont commencé les cours de français. Dans quelques mois, elles pourront passées à l’étape suivante. Comme Aramis Nistor et les autres, elles passeront par un emploi d’insertion. Au bout de deux ans, ce « sur-accompagnement » social doit se terminer.

Le directeur de Forum Réfugié, Jean-François Ploquin, commente :

« Ils bénéficient d’un sur-investissement à titre dérogatoire car il s’agit d’opérer un rattrapage par rapport au droit commun ».

 

Critères flous et pouvoir discrétionnaire du préfet

Contrairement à la plupart des dispositifs sociaux, il n’y a pas de guichet pour faire valoir ses droits. Inutile par exemple aux Roms intéressés par ce programme de venir voir Forum Réfugiés, comme en témoigne le chef de service d’ »Andatu », Damien Malard :

« Nombreux sont venus nous voir. Nous avons été obligés de leur dire qu’on ne pouvait rien pour eux ».

Car c’est bien la préfecture qui choisit les bénéficiaires. Mais impossible de déposer un dossier auprès de la préfecture non plus. Contacté sur le sujet par Rue89Lyon, le préfet a refusé de répondre.

L’association Forum Réfugiés elle-même ne connaît pas les critères qui fondent les décisions des autorités. « C’est empirique », constate donc le directeur Jean-François Ploquin, qui nous explique que la préfecture prend sa décision aux regards des « remontées du terrain » qui se font via les « services sociaux des mairies » ou par « les élus » eux-mêmes. Selon lui, les critères, très vagues, seraient les suivants :

  • Une longue durée de séjour sur le territoire français
  • Une volonté d’insertion en France qui se matérialise notamment par la scolarisation des enfants

Ensuite, les services de la préfecture procède à un deuxième tour de sélection. « Ce sont des des critères négatifs qui s’appliquent », poursuit Jean-François Ploquin ». Il faut :

  • Ne pas avoir bénéficié de l’argent de l’aide au retour volontaire pour rentrer en Roumanie
  • Ne pas avoir être recherché par la police

 

« L’injustice » vécue par les familles recalées

 

 

A la demande de Rue89, et pour les droits d'auteur, la suite sur ce lien « Rue89 »

 


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