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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 13:42

LEMONDE.FR | 23.09.11 | 14h45   •  Mis à jour le 23.09.11 | 17h12

 
 

En plaçant sur écoute un portable de Thierry Gaubert, la police capte, le 19 juillet, une conversation entre sa fille, Nastasia, et un ami, David C., portant sur les révélations que la femme de M. Gaubert pourrait faire à la police.

- Nastasia : "En fait, ils ont trouvé un compte aux Bahamas, et euh... mon père l'avait mis au nom de ma mère."

- David : "Oui, oui."

- N. : "Donc voilà. Il a dit à ma mère : si tu craques euh..., toute la famille saute, on saute tous (...) Il lui a dit euh... vraiment, on est dans la merde."

- D. : "Putain."

- N. : "Ouais. Et euh... personne pour l'aider parce que euh... Copé est trop dans la merde. Hortefeux est trop dans la merde. Et si euh... Sarko ne... ne passe pas au deuxième tour, euh... lui aussi est (inaudible) dans la merde et personne ne l'aide. Il a dit... Mon père, il a dit à ma mère : personne m'aidera. Parce que tout le monde est dans la merde (...). Sarko, il veut même pas l'aider. Enfin là, ça va encore, mais si... si Sarko il passe pas en 2012 euh..., vraiment, ils sont tous dans la merde."

- D. : "Ah là je crois que si Sarko il passe pas, ils sont morts."

- N. : "Ah ouais. Tous."

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

 

 

Affaire Karachi : "L'audition de Nicolas Sarkozy serait logique"

 

Gérard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes au "Monde" | LEMONDE.FR | 23.09.11 | 12h51   • 

 Mis à jour le 23.09.11 | 18h26

 
 

 

Nicolas Bazire (à droite), directeur de campagne de l'ex-premier ministre Edouard Balladur en 1995, le 20 juillet 1994.

Nicolas Bazire (à droite), directeur de campagne de l'ex-premier ministre Edouard Balladur en 1995, le 20 juillet 1994.AFP/GERARD FOUET

L'intégralité du débat avec Gérard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes au "Monde", vendredi 23 septembre 2011

Suedois : Pourquoi cette affaire met-elle autant de temps à remonter, et quelles pourraient être les conséquences pour Balladur ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Elle met du temps à ressortir à la surface pour la bonne et simple raison que la justice n'a été saisie des faits révélés ces derniers mois que très tardivement. Quant à Edouard Balladur, il sera inévitablement convoqué par les juges, qui devront décider s'ils ont ou pas les éléments pour le mettre en examen.

Fulanor : Edouard Balladur a-t-il été entendu dans cette affaire ? Peut-on penser qu'il sera impliqué avant Nicolas Sarkozy (si celui-ci est un jour impliqué…) ?

Pour le moment, Edouard Balladur s'est seulement expliqué devant la mission d'information parlementaire conduite par le député socialiste Bernard Cazeneuve, qui a rendu ses conclusions au printemps 2010. Il est, à l'évidence, pour le moment en tout cas, beaucoup plus impliqué que Nicolas Sarkozy.

Louise : L'affaire peut-elle être "étouffée" à peu près "légalement" ?

Il va être compliqué de museler le juge Renaud Van Ruymbeke. Il est sous le coup d'une procédure disciplinaire. Comme il le raconte dans notre livre Sarko m'a tuer [Stock, 19 euros, 364 pages], il assimile cela à une tentative de déstabilisation, mais cela ne l'arrêtera pas. En revanche, il travaille sous l'étroite surveillance du parquet de Paris, qui examine ses initiatives avec inquiétude. Mais comme il s'agit d'un juge indépendant, et fort heureusement, la réforme [la suppression du juge d'instruction] voulue par Nicolas Sarkozy n'a pas débouché, il est encore maître de ses actes.

Sasha : Pouvez-vous nous expliquer le principe du secret de l'instruction et comment il s'applique aux journalistes ?

Le secret de l'instruction ne s'applique pas aux journalistes. Seules les parties à la procédure sont astreintes à ce secret. Cela signifie qu'elles ne peuvent communiquer à l'extérieur les avancées de l'enquête. Avec une notable exception : les parties civiles, avec l'accord du juge, ont le droit de prendre connaissance des pièces judiciaires. Enfin, le parquet est parfaitement habilité à s'exprimer sur tous les aspects d'une enquête.

Chantal : Les juges peuvent-ils revoir les comptes de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 ?

De toute façon, les comptes de la campagne d'Edouard Balladur avaient été validés à l'époque par le Conseil constitutionnel. Mais on n'a découvert que très récemment que les rapporteurs chargés d'examiner ces comptes s'étaient prononcés pour un rejet, estimant qu'il y avait des irrégularités. Les juges d'instruction, à défaut de se prononcer sur les comptes de campagne, pourraient peut-être, en revanche, demander au parquet d'étendre leur enquête à l'incrimination de "financement illicite de campagne électorale". Il faut en effet rappeler que pour l'instant, les juges ne sont saisis que d'"abus de biens sociaux".

He : J'ai lu que la justice n'avait pour l'instant pas de "preuves" dans cette affaire, est-ce vrai ?

 Il existe des preuves, bien évidemment. Par exemple, il est avéré, dorénavant, que les comptes de campagne de M. Balladur ont été maquillés. Les enquêteurs ont établi qu'une vingtaine de millions de francs avaient été versés sans justificatifs. Par ailleurs, il est avéré aussi, selon plusieurs documents, que les contrats Agosta et Sawari II (l'achat de frégates par l'Arabie saoudite) ont donné lieu à des versements de commissions illicites. En revanche, il sera très difficile d'établir un lien entre le financement de la campagne Balladur et le versement de ces commissions. Cela étant, le juge a lancé plusieurs commissions rogatoires afin de tracer le circuit de l'argent.

Nicolas : Vous parlez de maquillage de comptes de campagne de M. Balladur. Pourrait-il être poursuivi pour cette fraude ?

Roland Dumas, à l'époque président du Conseil constitutionnel, a validé ces comptes au motif qu'il ne voulait pas déstabiliser la vie politique française. Or il savait pertinemment que le financement de la campagne Balladur était irrégulier. Quant à savoir si M. Balladur pourrait être poursuivi pour fraude, cela paraît difficile. En effet, les décisions du Conseil constitutionnel s'imposent.

Cissou : Que sait-on exactement sur cette société Heine, le rôle de Sarkozy en lien avec elle ?

Cette société offshore a été créée au Luxembourg en 1994 afin de faire transiter, dans le cadre de la signature du contrat Agosta (la vente de sous-marins au Pakistan), des commissions destinées à des intermédiaires. Nicolas Sarkozy, qui était alors ministre du budget, a donné son aval à la constitution de cette société. Divers documents, notamment un rapport de la police luxembourgeoise, en attestent.

Guest : Sarkozy était porte-parole de Balladur. Quel est le rôle d'un porte-parole ? Participe-t-il à l'organisation de la campagne ?

Tous les porte-parole n'ont pas le même rôle. En l'occurrence, en 1995, Nicolas Sarkozy était beaucoup plus que le communicant du candidat Balladur. Il faisait partie du cercle restreint de ses conseillers les plus proches, et à ce titre, n'ignorait rien des dessous de la campagne.

Ender : Peut-on penser que, si Nicolas Sarkozy n'était pas président de la République, il aurait déjà été entendu ?

Je ne suis pas certain qu'il aurait déjà été entendu. En revanche, son audition, au minimum en qualité de témoin, serait logique au vu du dossier. Il faut rappeler qu'en tant que ministre du budget, il a eu à connaître des deux contrats d'armement au cœur de l'enquête judiciaire.

A.N. : Quelle peut être l'origine de la fuite qui a permis à Brice Hortefeux de connaître le témoignage d'Hélène de Yougoslavie ?

Il existe aujourd'hui tout un système bâti autour du chef de l'Etat qui permet de neutraliser d'éventuels gêneurs, mais aussi de freiner des enquêtes gênantes. Les hommes en place sont les mieux renseignés de France. Tout procès verbal sensible est directement transmis à la haute hiérarchie policière, puis à l'autorité politique. Il est aisé d'imaginer qu'en tant qu'ancien ministre de l'intérieur et ami intime de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux a en toute logique pu obtenir des renseignements confidentiels sur une enquête qui menace le chef de l'Etat.

François Roux : S'il y a eu versements de commissions et de rétrocommissions en 1995, c'est évidemment répréhensible. Mais c'est l'arrêt des versements qui a provoqué l'attentat de Karachi. Qui est le plus coupable ? Balladur ou Chirac ?

On ne peut pas dire que c'est l'arrêt des versements qui a débouché sur l'attentat de Karachi. Il s'agit simplement d'une hypothèse de travail. Il y a aujourd'hui deux enquêtes distinctes : l'une porte sur l'attentat de Karachi, et c'est le juge Trévidic qui tente de percer le mystère de ce drame ; l'autre est plus spécialement axée sur le retour éventuel de commissions vers la France à l'occasion de la passation de plusieurs marchés d'armement. Pour l'instant, il est largement prématuré de désigner un coupable.

Guest : J'ai lu un article dans votre journal concernant le remplacement d'une dizaine de procureurs généraux. Quelle pourrait être leur influence dans nos affaires ?

Il est désormais plus compliqué pour le pouvoir de désigner les procureurs généraux présumés conciliants. Cela étant, il y a certains postes, comme à Paris avec l'affaire Karachi ou celle des fadettes, et à Bordeaux avec l'affaire Bettencourt, où l'exécutif a besoin de disposer d'un relais fiable au parquet, qui dépend toujours, en France, de la chancellerie. Il est certain que le vaste mouvement qui s'amorce est scruté de très près en haut lieu. Cela dit, à Paris, il ne semble pas que le procureur général actuel soit sur le départ.

Benoit : Ce type de faits pourraient-ils se reproduire dans le financement de la campagne de 2012, ou a-t-on plus de moyens de contrôle aujourd'hui ?

Malgré les lois successives de financement de la vie politique, il est à craindre que la circulation des valises de billets n'ait jamais cessé. En France, la vie politique souffre d'un mal endémique : le manque d'argent.

Claire : Quels sont les enjeux de cette affaire ?

Ils sont multiples. Sur le plan judiciaire, parvenir à établir plus de quinze ans après les faits qu'une campagne électorale a été financée frauduleusement relève de la gageure. Sur le plan politique, il est certain que cette affaire va alimenter, voire polluer, la campagne présidentielle de 2012.

Steve : Peut-on parler d'affaire d'Etat ? La plus grave de la Ve République ?

On peut parler d'une affaire d'Etat, oui. Pour autant, il est difficile de classer ces dossiers sensibles, a fortiori quand ils sont encore en cours. En revanche, il est certain que cette affaire, au même titre que le cas Bettencourt ou le dossier des fadettes, va empoisonner le climat électoral et la probable campagne présidentielle du chef de l'Etat dans les mois à venir.

Modéré par Clara Georges et Cyril Ouzoulias

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