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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 16:17

 

Source : www.marianne.net


 

Ralentir, une nouvelle utopie ?

Dimanche 21 Septembre 2014 à 12:00

 

Propos recueillis par Alexis Lacroix

 

En cette rentrée où chacun est happé par mille urgences, "Marianne" a rencontré à Cologne, Hartmut Rosa, sociologue allemand qui combat l'"accélération compulsive".


Couverture d'"Accélération. Une critique sociale du temps" par Hartmut Rosa aux éditions La Découverte.
Couverture d'"Accélération. Une critique sociale du temps" par Hartmut Rosa aux éditions La Découverte.

Cliquer sur la couverture pour visualiser en grand.
Cliquer sur la couverture pour visualiser en grand.
>>> Article paru dans Marianne daté du 12 septembre

Marianne : Vous écrivez : « Les sociétés occidentales sont confrontées à une pénurie de temps, une véritable crise du temps. » Cette compulsion vers l'accélération est-elle en train de gipper la machine sociale ?
Hartmut Rosa* : Avant de vous répondre, j'aimerais attirer votre attention sur un paradoxe actuel : plus nous accélérons et plus nos rythmes de vie se tendent, plus nos sociétés se figent dans leur fonctionnement concret. Or, justement, les deux diagnostics de l'époque, celui d'une accélération sociale et celui d'une pétrification de la société, ne semblent contradictoires qu'à première vue. Historiquement, l'expérience de l'immobilité s'est fait jour avec la généralisation du sentiment d'une vitesse croissante des transformations ou de l'action ; elle en constitue presque l'autre facette, l'expérience complémentaire. Aujourd'hui, c'est encore différent. Vous parlez de « grippage » de la machine... Disons qu'une nouvelle menace s'est fait jour : dans le cadre de la compétition dans un univers économique globalisé, l'impératif d'accélération est si incontestable qu'il compromet la solidité et la permanence des institutions comme telles.

Justement. Faut-il favoriser ce que vous nommez « les oasis de décélération » ?
Ces îlots existent. On y jouit du sentiment que le temps s'est littéralement suspendu. Ils présentent des formes sociales qui résistent au processus global d'accélération. Ils restent, pour cette raison même, assez marginaux. Dans la modernité avancée, ces « oasis de décélération » subissent une érosion importante, et l'écart croissant avec le reste de l'univers social, soumis à la loi de l'accélération perpétuelle, les rend bien plus coûteuses qu'auparavant.

Quand la décélération vous paraît-elle politiquement prometteuse ?
Lorsqu'elle participe d'un changement global de notre rapport au monde ; ainsi, au lieu d'opposer l'accélération à la décelération comme le Mal au Bien, je serais plutôt enclin à opposer deux modes de relations au monde : celui de l'aliénation (que favorisent l'accélération et l'univers de l'accumulation où triomphe la pulsion de maîtrise du monde) et celui des résonances (que favorise la décélération).

En d'autres termes : la lenteur peut-elle redevenir un but désirable ?
Un but en soi, non. J'envisage plutôt la façon dont une « décélération sociale sélective » pourrait empêcher l'érosion des institutions stables sur lesquelles s'est étayé le projet moderne.

C'est-à-dire ?
L'accélération conditionne largement l'essor de la modernité ; inversement, trop d'accélération sape les bases du projet moderne d'autonomie. Dans le déploiement de la modernité, l'accélération n'a été possible que parce que des institutions sociales centralisées, portées historiquement par les idéaux de rationalité et de progrès, ont été assurées de leur permanence et soustraites au changement. Comme je vous l'ai dit, la « modernité avancée » se retourne contre cet héritage de la « modernité classique » : elle se caractérise par un emballement de l'accélération qui met en péril la solidité des institutions elles-mêmes.

Quelles formes concrètes pourrait prendre la sortie hors de la mobilité contrainte ? La fin de la survalorisation à l'automobile individuelle ?
La voiture a cessé d'être l'un des objets de consommation les plus attractifs de la modernité avancée. Au point que la détention d'un véhicule individuel peut paraître, par bien des aspects, anachronique. La plupart des gens, qui ont conscience de la caducité de la voiture individuelle, préfèrent les louer en fonction de leurs besoins ponctuels.

* Sociologue, enseignant à l'université d'Iena, en Allemagne.

Accélération. Une critique sociale du temps, de Hartmut Rosa, La Découverte, 486 p., 14 €.

 

 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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