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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 21:11

 

 

Ce qui nous arrive sur la Toile 16/04/2014 à 14h45

A la turque : 3 petits trucs très simples pour échapper à la cybersurveillance

Xavier de La Porte | France Culture

 

 

Vous souvenez-vous de « War Games » ? Dans ce film du début des années 80, un jeune garçon proto-hacker manque de déclencher une guerre nucléaire en piratant l’ordinateur qui contrôle les missiles américains. Quel moyen le jeune trouve-t-il pour empêcher l’intelligence artificielle joueuse qui commande les missiles de passer à l’action ? En la faisant au morpion, jeu où il n’y a pas de gagnant. La stratégie du jeune hacker est simple : comprendre la machine et la prendre à son propre jeu.

Et s’il nous fallait aujourd’hui engager des stratégies similaires ? Et si pour échapper aux algorithmes qui collectent nos conversations et nos actions numériques pour le compte des agences de surveillance ou pour les revendre à des boîtes de marketing, on se mettait à penser comme des algorithmes ? C’est l’hypothèse qu’émet une chercheuse d’origine turque, Zeynep Tufekci, qui de l’université de Caroline du Nord documente depuis des mois les mouvements politiques qui ont lieu en Turquie, en particulier dans le versant numérique.

Capturons, capturons...

Dans un papier récent, elle fait état de quelques stratégies employées par les manifestants turcs pour échapper aux algorithmes qui surveillent les conversations sur les réseaux. Et son papier est si fin, il décrit des pratiques si malines qu’elles intéressent les Américains – on comprend pourquoi – et en particulier le très bon journaliste Alexis Madrigal, qui se délecte dans le revue The Atlantic des trouvailles turques.

Comme nous autres Français sommes tout autant concernés par ces programmes qui surveillent les conversations sur les réseaux sociaux : trois petits trucs très simples.

  • ne pas mentionner les gens : sur les réseaux sociaux (Twitter en particulier), vous savez qu’il est possible de mentionner les gens (avec l’arrobase @). C’est très pratique. Mais c’est très facilement traçable. Donc, première chose, vous pouvez ne pas avoir recours à l’arrobase sur Twitter. Zeynep Tufekci appelle le « subtweeting », belle expression qu’on pourrait traduire par « tweeter sous les radars ». On peut exercer un art similaire sur Facebook : là aussi, on peut ne pas la tagguer la personne dont on parle, mais on peut aussi mal orthographier son nom (en inversant deux lettres) ou carrément ne pas citer son nom, les algorithmes ayant un mal fou à déduire la personne dont on parle à partir d’un contexte ;
  • autre moyen d’échapper à la surveillance des algorithmes : la capture d’écran. Des humains peuvent lire très facilement ce qui est écrit sur une capture d’écran, la plupart des algorithmes ne le peuvent pas car une capture d’écran, c’est une image, pas un texte et les algorithmes ont plus de mal avec la reconnaissance d’image qu’avec la reconnaissance des mots. Pour les programmes informatiques, des gens qui discuteraient à partir de captures d’écran, ce serait comme des gens s’échangeant des photos ;
  • encore un moyen, ce que Zeynep Tufekci nomme le « hatelinking », le lien sans intérêt. A l’inverse des deux moyens précédents qui ont recours à l’invisibilité, celui-ci consiste à faire du bruit. Faire du bruit, en informatique, c’est produire de la donnée inutile. En l’occurrence, c’est jouer sur l’intentionnalité du lien. Les algorithmes postulent que si un utilisateur met un contenu en lien, c’est parce qu’il l’intéresse. Il est possible de jouer avec ce postulat et défaire le lien de causalité, en faisant des liens qui ne reposent plus sur l’intérêt.

Evidemment ces trouvailles peuvent apparaître dérisoires au regard des outils dont disposent les grandes plateformes pour tracer nos conversations et nos centres d’intérêt. Et elles ne suffisent évidemment pas. Mais dans leur logique, elles sont intéressantes. Parce qu’elles sont pragmatiques, parce qu’elles permettent de profiter du bon, en limitant le mauvais et surtout parce qu’elles reposent sur la compréhension du fonctionnement des algorithmes. Le pouvoir des ordinateurs est impressionnant par bien des aspects, mais il a ses failles. Une que j’aime beaucoup et que je soumets aux praticiens de la guérilla numérique.

Le « not-knowning », petit plus humain

Une des fonctionnalités de la mémoire humaine arrache les cheveux des informaticiens, on lui donne parfois le nom de « not-knowning ». Le « not-knowing », c’est ce mystère qui veut que quand on nous pose une question, nous savons presque immédiatement si nous connaissons la réponse ou pas.

Nous n’avons pas besoin de passer en revue tout le savoir que nous avons en mémoire pour savoir que nous ne savons pas. Nous savons ce que nous n’avons pas – ou plus – en mémoire. C’est une fonctionnalité très mystérieuse et très pratique car elle évite de perdre un temps et une énergie monumentaux que les ordinateurs sont, eux, obligés de dépenser pour répondre à une requête.

Je ne sais pas ce qu’il est possible de faire de cela, mais il me semble que plus les ordinateurs auront de données à leur disposition, plus cette faille s’élargira, plus cette fonctionnalité pour l’instant inprogrammable de notre intelligence nous offrira une supériorité dans la guérilla à mener contre le pouvoir des algorithmes.

Publié initialement sur
France Culture
                                                                                                                                                                                                                            Source : rue89.nouvelobs.com

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