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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 16:59

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

A Berlin, des milliers de manifestants contre la surveillance

Le Monde.fr | 31.08.2014 à 12h35 • Mis à jour le 31.08.2014 à 14h27 | Par Martin Untersinger (envoyé spécial, à Berlin)

 
 
Les manifestants avant le départ du cortège, près de la porte de Brandebourg.

En se penchant par la fenêtre de leurs bureaux, les employés de l'ambassade américaine à Berlin pouvaient presque voir se masser les participants à la manifestation « Freiheit statt Angst » (« La liberté, pas la peur ») au pied de la porte de Brandebourg toute proche.

Il n'est pas certain qu'ils aient été bien accueillis dans ce rassemblement organisé samedi 30 août dans la capitale allemande pour protester contre les pratiques de la NSA, l'agence de renseignement américaine, et plus largement contre la surveillance des communications.

Cette manifestation se tient chaque année depuis plus de dix ans à Berlin. Mais depuis le début des révélations d'Edward Snowden, il y a plus d'un an, ces rassemblements ont pris une saveur particulière.

« J'ai demandé à mon grand-père pourquoi il n'avait rien fait contre les nazis. Je ne veux pas que ma fille, plus tard, me pose la même question », lance Thomas, qui ne veut pas donner son nom de famille, un développeur informatique de la région de Düsseldorf, pour qui il s'agit de sa première participation.

Sebastian et Thomas, développeurs informatiques de la région de Düsseldorf.

« PAS EU DE VRAIE RÉACTION DU GOUVERNEMENT ALLEMAND »

Les ennemis du jour s'appellent Barack Obama et la NSA d'un côté, Angela Merkel et le BND (le principal service de renseignement allemand) de l'autre. Les premiers sont accusés de mettre, par le biais de leurs tentaculaires programmes de suveillance d'Internet et des communications, une large partie du globe sur écoute, tandis qu'on reproche aux seconds leur complicité et leur apathie dans l'affaire Snowden.

Sous une pancarte sur laquelle est inscrit « 1984 n'était pas censé être un manuel d'instruction », Johannes, étudiant en mathématiques, explique qu'il n'y a « pas eu de vraie réaction du gouvernement allemand ». « Les protestations, au début, c'était un alibi, poursuit-il. Le gouvernement n'a aucun intérêt à ce que cela change : il en bénéficie. »

C'est ce que lance à la foule, depuis la scène installée à quelques encablures de la porte de Brandebourg, le porte-parole de l'ONG Digital Courage, qui organise la manifestation : « Comme le dit Edward Snowden, la NSA et le BND dorment dans le même lit. »

Cette proximité entre l'Allemagne et les Etats-Unis est un constat partagé par Rena Tangens, la cofondatrice de l'ONG, qui explique que son « gouvernement est trop effrayé pour se battre pour nos droits ». Des critiques acerbes qui contrastent avec l'image de l'Allemagne, généralement présentée comme le pays ayant formulé la réponse la plus ferme aux révélations Snowden.

« Les Allemands sont forts pour parler, mais pour faire la révolution, les Français restent les meilleurs ! », plaisante Daniel Domscheit-Berg, porte-voix sous le bras. Cet Allemand, célèbre pour avoir été, lorsqu'il faisait partie de WikiLeaks, le bras droit de Julian Assange, est optimiste : « Venir à cette manifestation, chaque année, c'est un baume au cœur. Cela montre que les gens ne s'en fichent pas ! »

Manifestants devant le Bundestag.

« L'ALLEMAGNE ET BERLIN SONT LE CŒUR DE LA RÉSISTANCE »

Julia Reda, députée européenne fraîchement élue du Parti des pirates, tient également à nuancer la réaction des autorités allemandes à la suite des révélations sur la NSA. « Les politiques allemands ont réussi à orienter le débat de manière à ce qu'Angela Merkel apparaisse comme la victime », laissant de côté, selon elle, les agissements de la NSA contre les habitants d'outre-Rhin. L'hebdomadaire Der Spiegel révélait par exemple à l'été 2013 que la NSA avait collecté une très grande quantité de données relatives à l'activité des Allemands sur Internet.

Toutefois, difficile d'imaginer une autre ville pour cette manifestation. Les pancartes dénonçant une « Stasi 2.0 » fleurissent et le tracé du mur de Berlin croise le chemin emprunté par le cortège. C'est aussi dans la capitale fédérale que le Parti pirate, en pointe contre la surveillance en ligne, fait ses meilleurs scores.

L'Américain Jacob Appelbaum, célèbre activiste des libertés en ligne réfugié à Berlin depuis plusieurs mois, remercie d'ailleurs sur scène les Berlinois et les Allemands, dans leur langue, pour leur « soutien et leur solidarité ». « L'Allemagne et Berlin sont le cœur de la résistance contre la surveillance. Je pense que c'est parce que l'Allemagne sait comment cela peut se finir. Je pense que l'histoire tend à se répéter, avec des petites variations », explique-t-il à sa descente de la tribune, quelques minutes plus tard.

Un sifflet géant en hommage à Edward Snowden, devant la porte de Brandebourg.

MOBILISATION EN DEMI-TEINTE

Pourtant, la mobilisation est en demi-teinte. Si la police n'a pas voulu donner de chiffres, ils ne sont vraisemblablement guère plus de 5 000, les organisateurs évoquant le chiffre de 6 500. C'est trois fois moins que l'année dernière, en plein cœur des révélations Snowden : 15 000 personnes s'étaient rassemblées.

La députée Julia Reda tente d'expliquer ce manque de résonance, malgré le déferlement des révélations sur les pratiques des services de renseignement, par l'isolement politique dont sont parfois victimes ceux qui combattent la surveillance :

« Je pense que ceux qui s'intéressent aux implications politiques d'Internet sont vraiment déconnectés de la politique traditionnelle. Nous devons simplifier le message, de façon à concerner plus de monde. »

Dans le cortège, il y a bien sûr des familles derrière leurs poussettes, des personnes âgées, des membres de groupes antifascistes qui marchent quelques pas devant les jeunes libéraux du FDP, symboles de la variété des organisations ayant signé l'appel à manifester.

Mais le gros des participants appartient au milieu traditionnel du militantisme des libertés sur Internet. On croise ainsi, pêle-mêle, des tee-shirts à l'effigie de Tor, le logiciel anti-censure, des masques d'Anonymous sous des drapeaux du Parti pirate et des afficionados du bitcoin. Un manifestant arbore fièrement un détournement de la célèbre citation (faussement attribuée à Voltaire) : « Je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que tu puisses le chiffrer. »

Julia Reda souligne la nécessité de dépasser ce premier cercle de convaincus : « Nous devons amener ces questions dans le champ de la politique traditionnelle. Nous devons nous politiser. Nous devons aussi nous ouvrir à d'autres communautés. »

Pour replacer la société allemande au centre du débat, une poignée de femmes en tailleur et d'hommes en costumes ont fait leur apparition cette année. Ils se serrent derrière une petite banderole où est inscrit : « Des gens normaux contre la surveillance radicale ». Ils promettent de revenir plus nombreux l'année prochaine.

Afin que le message porte, certains tentent d'élargir les revendications. Jacob Appelbaum, par exemple : « Dans cette manifestation, on ne parle pas seulement de la lutte contre la surveillance, mais surtout de la lutte pour les droits de l'homme. »

 Martin Untersinger (envoyé spécial, à Berlin)
Journaliste au Monde

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


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