Quantcast

Nucléaire

Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 15:36

 

Rue89

 

Corinne Lepage - Présidente de Cap21

Publié le 15/05/2013 à 16h47

 

 

La demande indemnitaire d’EDF de 5 à 8 milliards d’euros pour fermer Fessenheim est indécente, mais elle n’est rendue possible que par une immense erreur (volontaire ?) de jugement due à l’inexpérience de la ministre de l’écologie et au double jeu de son administration. Elle traduit surtout l’emprise du lobby nucléaire sur le système démocratique.

La demande est indécente. Quand on est une société nationale, qui depuis 20 ans n’a pratiquement pas investi en France mais a utilisé la rente nucléaire, qui appartient à tous les Français, pour des investissements à l’étranger qui se sont révélés plus calamiteux les uns que les autres, et ce, sans aucune sanction, on se la joue modeste. Si Fessenheim (2 tranches de 900 MGw) rapporte 200 millions d’euros par an, cela signifie que les 58 tranches rapportent au moins 5,8 mds par an (en fait beaucoup plus puisque la plupart des tranches sont de 1300 MGw).

Où est passé cet argent et comment bénéficie t-il à la collectivité nationale ? Quels ont été les montants des investissements réalisés en France ? Comment une entreprise qui fait courir des risques à hauteur de 5000 mds d’euro (estimation IRSN catastrophe majeure) à la collectivité nationale et qui n’a aucune assurance, si ce n’est celle de la Nation, qui a refusé délibérément de constituer des réserves à hauteur correcte pour assurer le démantèlement de ses ouvrages a-t-elle l’audace de réclamer quelle qu’indemnité que ce soit pour une décision de l’Etat auquel elle doit tout. A fortiori avoir le culot de réclamer 150 millions d’euros pour des investissements non amortis alors qu’il s« agit de travaux engagés quasiment de force pour s’opposer à la décision de fermeture prise par le Président de la République, mériterait de figurer au livre Guiness des records.

La question de la fermeture de Fessenheim n’est pas née du hasard, mais de la vétusté de cet ouvrage et surtout du cumul de risques qui préexistait à Fukushima mais qui est apparue dans toute son ampleur compte tenu de la similitude entre les 2 centrales, même si Fessenheim n’est pas exposé à un tsunami mais à une inondation aux conséquences catastrophiques puisque la centrale est construite 9 mètres en dessous du grand canal d’alsace. Du reste, le très récent guide de l’ASN exclut des constructions de cet ordre et prévoit de poser la question du maintien d’une centrale existante en cas d’exposition à un risque de cette nature.

Mais la ministre a choisi délibérément – ou a été conduite à valider le choix- de nier l’évidence et de justifier la fermeture de la centrale par une sorte de fait du prince. Ce faisant, elle a volontairement choisi d’exposer l’Etat à une demande indemnitaire, alors que la fermeture pour des raisons de sûreté était largement justifiée. Certes, l’ASN a décidé de prendre le risque de la prolongation de la durée de vie de cette centrale dangereuse et reconnue comme telle dans toute l’Europe. Mais cela n’aboutit qu’à une conclusion : le manque d’exigence de cette autorité certes indépendante mais composée uniquement de membres du lobby nucléaire et dont l’autonomie de jugement ne doit pas dépasser certaines limites. Rappelons que quelques jours après Fukushima, le 31 mars 2011, M. Lacoste, alors président de l’ASN avait indiqué étudier un moratoire sur Flamanville. Il n’avait pas fallu 48h à M. Proglio pour s’y opposer et obtenir un démenti de M. Lacoste !

Quoiqu’il en soit, la décision de fermeture d’une centrale à risque est le choix du gouvernement et l’ASN ne donne qu’un avis. Dès lors, le choix d’ignorer le risque et maintenir une décision de fermeture sur un changement de politique énergétique est soit un manque criant de professionnalisme, soit la volonté délibérée de laisser continuer la centrale, malgré les engagements pris d’abord pour des questions de délais et de droit déjà expliquées ensuite pour des questions financières car il va de soi que l’Etat ne peut et n’a pas à débourser un fifrelin pour la fermeture d’une centrale prévue pour durer 30 ans, qui a plus qu’amorti sa durée de vie et qui est dangereuse. Lorsque l’on connait le dossier, la question de la mise en danger délibérée d’autrui pourrait même être évoquée.

Dans tous les cas, une fois de plus, le caractère de pieuvre tentaculaire que présente le lobby nucléaire en France est illustré. En capacité de s’opposer à une décision du Président de la République, alors que l’Etat est actionnaire majoritaire d’EDF, le lobby nucléaire est plus fort que le système démocratique. L’existence d’un Etat dans l’Etat pose un réel problème démocratique et politique qui contribue largement à faire couler notre pays puisque ce lobby obtient des décisions contraires à l’intérêt général, à la croissance , à l’emploi et à la coopération franco-allemande dont il est une des plus grandes pierres d’achoppement. Jusqu’à quand allons-nous accepter une telle situation qui n’a pourtant guère l’air d’émouvoir l’aile verte de la majorité présidentielle ?

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 13:43

 

Reporterre.net

Ecologie

 

 

Débat sur les déchets nucléaires : une fumisterie, à laquelle les associations ne participeront pas

Bure Stop

 

jeudi 16 mai 2013

 

 

 

Le "débat public" sur le projet Cigeo d’enfouissement des déchets nucléaires s’ouvre le 15 mai. Mais il n’a de débat que le nom : la décision de fond est déjà prise, et les associations refusent d’y participer.


Communiqué BureStop 55 (Collectif Meuse contre l’enfouissement des déchets nucléaires), BZL (Bure Zone Libre), EODRA (Association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs), Les Habitants vigilants de Gondrecourt-le-Château, Mirabel Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement

42 associations et organisations dénoncent ce rendez-vous de dupes

1994, les conseillers généraux de Meuse et Haute-Marne mettaient le doigt dans l’engrenage de l’enfouissement des déchets nucléaires de Haute et Moyenne Activité à Vie Longue Activité dans leur sous-sol. La thèse officielle du "laboratoire de recherches géologiques, mais pas de déchets radioactifs chez vous" s’est transformée en Cigéo, "centre industriel de stockage géologique" imminent.

2013. Depuis près de 20 ans les populations de ces deux départements sont confrontées à une main-mise sur leur territoire de vie, orchestrée par les opérateurs du stockage nucléaire au sein d’un long processus qui :

- vend, sous couvert de recherche géologique, avancée scientifique et prouesses technologiques une immense décharge atomique appelée à fuir un jour,

- anesthésie le bon sens de nos élus et des structures locales avec des millions d’euros (argent public),

- minimise et nie les risques graves spécifiques liés à la grande profondeur, révélés par des experts indépendants,

- délivre au compte-goutte la réalité : un immense site d’entreposage nucléaire séculaire en surface, entre 4 villages du sud-meusien, sera le prélude au stockage souterrain,

- joue la non-information totale quant aux risques réels et aux nuisances que vont subir les riverains (rejets radioactifs, dangers des multiples transports de matières nucléaires, impact négatif sur l’économie locale, dépréciation des biens, transformation profonde de l’identité du territoire, etc.),

- pratique une véritable politique du chantage au développement économique, à "l’excellence et au développement durable" et au sens du sacrifice des riverains,

- cache l’enjeu majeur de l’enfouissement définitif des pires déchets nucléaires, à savoir la poursuite absurde d’un programme électro-nucléaire abusivement qualifié de "propre et pas cher".

Jamais aucune possibilité n’a été offerte aux habitants locaux et aux citoyens français d’accéder à une information complète et transparente, de choisir et de peser sur leur destin. Les arguments développés sur les risques majeurs que présente l’enfouissement de ces déchets nucléaires n’ont pas trouvé de relais auprès des élus qui se succèdent tant au plan local que national.

45 000 électeurs Hauts-Marnais et Meusiens ont demandé en 2005 la tenue d’un référendum pour donner leur avis. Démarche classée sans suite par les élus des deux départements. Des recours juridiques ont été déposés, rejetés sans appel.

Faire croire maintenant que le moment est arrivé de "débattre" est un piège grossier de plus

Le débat public national de 2005 sur la gestion des déchets nucléaires mettait en avant la préférence pour l’étude du maintien de ceux-ci en surface, la loi qui a suivi en 2006 n’a retenu que l’enfouissement... à Bure. Le débat public n’intègre pas de pouvoir décisionnel citoyen.

Celui de 2013 est clairement annoncé comme une campagne d’information sur Cigéo, pilotée par l’Andra. En présupposé, sa finalité -enfouir- est acquise pour le gouvernement. Il arrive, alors que le projet est déjà en phase de conception industrielle et que l’Andra, seul maître à bord, ne remet rien en question, malgré toutes les incertitudes majeures sur le sous-sol, les failles et risques mis en évidence par des analyses critiques indépendantes.

Ce débat public n’est pas prévu pour agir sur le projet tant controversé de stockage souterrain des pires déchets radioactifs, mais pour faire accepter la future poubelle atomique avec tous ses risques majeurs et prévisibles. Il permettra uniquement de recueillir (et d’encadrer) toutes les questions et peurs que suscite BURE : "Ce n’est pas un référendum, mais une photographie," dit le président de la Commission Particulière du débat public fin 2012.

 

Faire croire à la population qu’elle a son mot à dire, aujourd’hui, relève de la supercherie

C’est la raison pour laquelle les associations ci-dessus ont décidé de ne pas y participer, que ce soit à la rédaction des cahiers d’"acteurs", aux 15 réunions publiques, aux réactions sur le site internet spécifique,... Pour autant elles ne seront pas inactives.

Diverses actions sont prévues pour agir en dénonçant vivement ce nouveau rendez-vous de dupes. Il est crucial aujourd’hui de faire entendre et notre refus de ce faux espace démocratique et notre refus de l’enfouissement de ces poisons nucléaires qui nous concernent tous.

 

Les associations et organisations qui soutiennent notre appel :

ADELP (Association agréée pour la Défense de l’Environnement et la Lutte contre la Pollution en Moselle-Est) - ADEPRA (Association de Défense de l’Environnement de Petite Rosselle et Alentours) - ADECO - ADPSE (Association de Défense contre la Pollution de Sarreguemines et Environs) - Air Vigilance - Alsace Nature - AMPER (Association Mosellane pour la Promotion des Energies Renouvelables et l’efficacité énergétique) - APEQUA (Association pour la Préservation de la Qualité de Vie) - Association pour la Préservation du Massif de Haye - ASVM (Association pour la sauvegarde de la vallée de la Moselle ) - ASVPP (Association de Sauvegarde de la Vallée de Pierre-Percée) - ATTAC 55 - AVOINE du Saulnois - CADEMOVI (Décharge de Villoncourt) - CACENDR (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs meurthe et Moselle) - CITD (Centre d’information sur le traitement des déchets) - Confédération Paysanne 55 - CREPAN (Comité Régional d’Étude pour la Protection et l’Aménagement de la Nature en Basse-Normandie) La CRISE Nancy (Coordination Révoltée des Invisibles Solidaires Enragé-e-s ) - Empreinte Positive - FLORE 54 - GECNAL de Sarreguemines-Forbach - Marne Nature Environnement - Nature Haute-Marne - Oiseaux Nature - PAVE (Protection Amélioration Vie Environnement) - Sortons du nucléaire Ardennes - Sortons du Nucléaire Moselle - Vosges Alternatives au Nucléaire - Vosges Nature Environnement - Réseau Sortir du Nucléaire - Lorraine Energies Renouvelables - FNE France Comté - FNE Midi-Pyrénées - FRAPNA - NPA Meuse



Source : Bure Stop !

Lire aussi : Un trésor géothermique sous le site prévu pour les déchets nucléaires !

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 7 mai 2013 2 07 /05 /Mai /2013 17:48

 

 

Rue89 - Enquête 06/05/2013 à 19h07
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

Première en France : trois entreprises portent plainte contre des médecins du travail, qui ont lié les pathologies de salariés à leurs conditions de travail.

Le médecin de la centrale nucléaire de Chinon n’est pourtant pas un débutant. Dominique Huez exerce depuis 1978 et ne compte plus ses interventions, prises de position, publications en faveur de la protection de la santé des salariés. Bref, jusqu’à présent, s’il avait dérangé, ni EDF ni aucune entreprise du Chinonais n’avaient voulu le couler.

Voilà qui vient de changer. La société Orys a porté plainte contre lui devant le Conseil de l’Ordre des médecins, pour manquement à ses « obligations professionnelles et déontologiques ». Ce sous-traitant d’EDF a estimé que le médecin du travail avait outrepassé ses prérogatives en établissant que la pathologie d’un de ses salariés était liée à ses conditions de travail dans l’entreprise.

 


La centrale nucleaire EDF de Chinon en Indre-et-Loire, le 5 juin 2011 (SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA)

 

 

Une première ? A un jour près, une plainte similaire a été déposée contre un autre médecin du travail, dans le même département, par EDF cette fois. Enfin, dans l’Ain, la même procédure a déjà abouti à un blâme, qui fait actuellement l’objet d’un appel. Ce sont les seuls cas que le Conseil national de l’Ordre des médecins recense jusqu’à présent. Les trois premiers en médecine du travail.

« J’ai fait un truc assez banal en fait »

Le 2 décembre 2011, Vincent Abergel débarque dans le cabinet médical, à la centrale de Chinon, se souvient Dominique Huez :

« Il était effondré, il pétait les plombs. Son état ne nécessitait pas d’appeler les pompiers, mais je suis intervenu en urgence parce que sa santé m’a vraiment inquiété. Quand il s’est senti mieux, je lui ai remis le certificat médical que je venais de rédiger. Ça arrivait régulièrement à Chinon. J’ai fait un truc assez banal en fait. »

Le médecin se souvient d’avoir fait parler le patient comme à son habitude. Selon lui, le salarié avait été muté à Chinon, dans un métier qui n’était pas le sien, en guise de punition : sur un chantier précédent, il avait refusé d’intervenir parce qu’il estimait que la sécurité n’y était pas assurée et, depuis, l’employeur lui faisait subir des vexations. Pour Dominique Huez, la situation l’avait amené à développer « une pathologie anxio-dépressive ».

Pour la société Orys, le médecin a développé une analyse qui n’a rien de factuel : il n’a pas respecté, dans son certificat médical, les notions de « prudence » et de « circonspection », comme il est écrit dans la plainte déposée le 19 février et que Rue89 s’est procurée.

Or, le patient constituait un dossier contre son employeur pour harcèlement moral et le certificat du Dr. Huez est venu s’y ajouter. La société a donc demandé au Conseil de l’Ordre de convoquer le médecin à une « conciliation et d’engager des poursuites disciplinaires à [son] encontre ». La démarche a de quoi surprendre. D’autant qu’elle ne concerne pas uniquement le Dr. Huez.

Deux autres médecins poursuivis

Depuis qu’il est en préretraite, Dominique Huez est détaché au CHRU de Tours, à la consultation hospitalière de pathologie professionnelle « souffrance au travail ». Or, dans le même service, un autre médecin du travail a été visé par une plainte similaire. Celle-ci a été rédigée par EDF le 18 février, soit un jour avant celle contre Dominique Huez.

Le médecin concerné, le Dr. Bernadette Berneron, est accusé lui aussi d’avoir jugé l’entreprise. Elle avait été sollicitée par un confrère généraliste, inquiet pour une patiente secrétaire de direction au Centre national d’équipement de production d’électricité. Le généraliste avait écrit, dans un document que Rue89 s’est procuré :

« Merci de voir en consultation [cette personne], âgée de 49 ans pour angoisse, troubles de I’humeur, troubles du sommeil, en rapport avec un stress professionnel majeur depuis environ novembre 2011. »

Le Dr. Berneron avait confirmé l’analyse, dans une réponse au médecin traitant. La patiente a eu copie de cette lettre et l’a ajoutée au dossier qu’elle constitue en vue d’un procès aux prud’hommes contre son employeur.

EDF juge inadmissible qu’elle ait eu accès à la missive, tout comme elle déplore le contenu du courrier. L’électricien a donc saisi à son tour le Conseil départemental de l’ordre (mais n’a pas donné suite à notre demande de précisions). Enfin, dans l’Ain, un médecin du travail de Romorantin a été poursuivi par une étude notariale, et blâmé par le Conseil de l’Ordre. Il a fait appel.

La parade des employeurs

Pourquoi ces trois procédures d’un nouveau type sont-elles déclenchées maintenant ?

 


 [Lire l'article complet sur rue89.com]

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 23:37

 

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Novembre-2012-Arreter-Fessenheim?origine_sujet=LI201211

 

 

 Mars 2013 : Un physicien nucléaire prend parti pour la fermeture immédiate de Fessenheim

 

 

Physicien nucléaire, professeur à Polytechnique pendant 35 ans, Jean-Louis Basdevant a formé toute une génération d’ingénieurs du nucléaire.
Dans l’exposé ci-dessous, il explique pourquoi il faut fermer immédiatement Fessenheim (et les autres centrales nucléaires) et répond également à des questions sur le futur du nucléaire.
Cette conférence a eu lieu dans le cadre d’une semaine d’actions à Strasbourg début mars 2013, peu avant le 2e anniversaire du début de la catastrophe de Fukushima.

 




Juste après l’accident de Fukushima, Jean-Louis Basdevant a publié un ouvrage intitulé Maîtriser le nucléaire. Que sait-on et que peut-on faire après Fukushima. Un an après, la réédition de ce livre est désormais sous-titrée Sortir du nucléaire après Fukushima ! Jean-Louis Basdevant témoigne ci-dessous de l’évolution de son point de vue.

 

PNG - 102.3 ko

Novembre 2012

1. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche et votre cheminement personnel ?

JLB. Le lendemain du déclenchement du désastre de Fukushima, un ami éditeur m’a demandé d’écrire un livre sur cet accident. Les informations étaient alors peu nombreuses, elles sont venues avec le temps, mais pour moi c’était un événement grave qui allait marquer l’histoire de l’électronucléaire civil. Il survenait après ceux de Three-Mile Island (TMI) en 1979, et de Tchernobyl en 1986. En me mettant au travail, j’ai recueilli chaque jour les informations sur les événements de Fukushima, tout en me remémorant les détails de tous les incidents ou accidents antérieurs. Dans ce travail abondant, j’ai rapidement compris que l’essentiel du cataclysme tenait de la fusion du cœur des réacteurs. C’est à l’été 2011 qu’après avoir analysé la structure et l’état du parc nucléaire français, je suis devenu convaincu que nos réacteurs actuels, comme pratiquement tous les réacteurs au monde, sont sujets au même type d’accident, et qu’ils sont dangereux. Plusieurs rapports, officiels ou provenant de sources qualifiés, ont confirmé ces idées. La suite de l’évolution du site de Fukushima laisse présager que l’accident est loin d’être terminé. Il faudra plusieurs années avant d’en faire un bilan complet.

Il n’est pas nécessaire d’essayer de dégager la responsabilité individuelle de tel ou tel dans ce terrible désastre. Le 6 juillet 2012, Kiyoshi Kurokawa, Professeur à l’Université de Tokyo, Président de la Commission parlementaire sur l’accident de Fukushima, a rendu des conclusions étonnantes de sévérité à l’égard de tous les acteurs de l’événement, notamment la structure de la culture japonaise. Qualifiant Fukushima de désastre Made in Japan, il dit que ses racines profondes proviennent d’usages et de comportement profondément ancrés dans la culture japonaise. Ses causes fondamentales sont notre conditionnement à l’obéissance, notre réticence à remettre en question l’autorité, notre attachement à ``nous conformer au programme fixé’’, notre mentalité de groupe et notre insularité. Si d’autres Japonais avaient été aux mêmes commandes que ceux qui, maintenant, portent la responsabilité de cet accident, le résultat aurait bien pu être le même. Nous devons au monde une explication de pourquoi cela pouvait se produire au Japon.

Depuis juillet 2011, je me pose la question : quel sera le désastre nucléaire Made in France ? Ou plutôt, pourquoi nous devons nous préoccuper d’une telle éventualité ?

2. Selon vous, quels sont les problèmes qui concernent les centrales nucléaires françaises ?

JLB. Le principal problème des centrales nucléaires françaises est que, parce qu’elles sont essentiellement du même type que les centrales japonaises et que les centrales américaines, y compris celle de Three Miles Island, elles présentent le même risque de fusion du coeur et de ses conséquences contre lesquelles on est sans défense à l’heure actuelle.
La fusion du coeur et ses conséquences catastrophiques est, j’insiste, un problème qui se pose pour pratiquement toutes les centrales électronucléaire au monde. Ce type d’accident menace donc la totalité actuelle du parc français, notamment les réacteurs de Fessenheim. Or un seul accident de ce genre serait une tragédie pour notre pays. Les recommandations faites par l’Agence de Sûreté Nucléaire (ASN) à la suite de Fukushima sont de nature à améliorer la sûreté de ces réacteurs, sans toutefois éliminer le risque. Mais j’ai le regret de ne pas voir, à l’heure actuelle, le moindre signe de mise en conformité des réacteurs par EDF, ni de mise en place « à partir de 2012, d’une ``force d’action rapide nucléaire’’ nationale […] qui devrait être totalement opérationnelle fin 2014 ».

Il existe, dans ce que l’on appelle la génération 4 des réacteurs nucléaires, des réacteurs plus « sûrs » qui, par construction, ne peuvent pas subir ce type d’accident. Les centrales « sûres » seront peut-être la bonne solution au XXIIe siècle… mais ce ne sera plus notre affaire.

3. Pourquoi estimez-vous que Fessenheim doit être absolument fermée ?

JLB. Ce serait l’exemple de ce que doit être une décision politique sage. Il s’agit de l’installation nucléaire la plus ancienne du parc français. De ce fait, elle détient le record de minceur de radier : un mètre, comparé à trois à Fukushima et deux dans les centrales françaises plus récentes. Son ancienneté fait craindre une fragilité et tous ces éléments concordent à y favoriser le risque d’un accident avec fusion du coeur. À l’issue de sa troisième visite décennale, le 4 juillet 2011, l’ASN a donné un avis technique favorable à la prolongation du réacteur 1 pour dix ans, avec les conditions expresses de 1) renforcer le radier du réacteur avant le 30 juin 2013, afin d’augmenter sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve, et 2) installer avant le 31 décembre 2012 des dispositions techniques de secours permettant d’évacuerdurablement la puissance résiduelle en cas de perte de la source froide. À ce jour, aucune proposition acceptable n’a été faite par EDF.

La centrale de Fessenheim est située sur une faille en zone sismique (l’implantation la plus dangereuse de France à cet égard). Elle s’alimente en eau froide dans le grand canal d’Alsace, qui la surplombe de 9 mètres, toute perturbation grave de ce canal (chute d’avion) risquerait de noyer la centrale. Elle est, tout comme une autre, exposée au risque d’un « accident normal des systèmes complexes ». Dans un système complexe, un accident grave peut provenir de la conjonction inattendue et imprévisible de défaillances élémentaires, anodines en elles-mêmes.

Un accident nucléaire à Fessenheim aurait des conséquences plus que dramatiques. Elle est située à l’aplomb de la plus grande nappe phréatique de France, d’une capacité de 35 milliards de mètres cubes sur sa partie alsacienne, qui se prolonge en Allemagne. Et, pour corser le tout, elle est également à l’aplomb de la vallée du Rhin qui, entre Bâle et Rotterdam, est la région la plus peuplée, active, industrielle de l’Europe. Cela signifie qu’en cas d’accident avec fusion partielle du coeur, une fois la dalle percée, le Rhin serait contaminé, jusqu’à Rotterdam. Un accident nucléaire grave y serait une catastrophe dramatique pour toute l’Europe, un coup de poignard qui anéantirait la vie dans cette région pendant plus de 300 ans.
Arrêter Fessenheim est, pour moi, une application du principe de précaution, tant évoqué, qui relève d’un devoir moral vis-à-vis des habitants de l’Europe.

4. Votre remise en cause du nucléaire est-elle exceptionnelle dans votre milieu ?

JLB. Je m’exprime librement et ne fais qu’apporter ma contribution personnelle à une oeuvre qui comporte de très nombreux acteurs. Je ne suis certainement pas le seul dans mon milieu professionnel à remettre en cause le nucléaire civil. Je communique avec de nombreux collègues, de spécialités diverses, tous de grande compétence.
J’ai fait plusieurs conférences, dans le grand public comme dans les milieux scientifiques. J’ai toujours été écouté très courtoisement. Bien entendu, j’ai rencontré beaucoup de gens qui n’étaient pas de mon avis, et c’est parfaitement normal. Certains amis très proches sont en désaccord avec moi mais nos échanges sont toujours, pour moi, très stimulants. Un argument évident, qui n’a rien à voir avec la physique nucléaire ou la technique, est celui de l’avenir énergétique, fût-il de notre pays, de l’Europe ou du monde, compte tenu de ce que nous savons de l’état de l’économie, et la question de la transition énergétique tant prônée. On se trouve, comme souvent dans la vie, devant de difficiles problèmes de choix. Ces choix sont de nature politique et je ne puis en parler qu’en amateur et apporter des informations.

PNG - 70.7 ko

Jean-Louis Basdevant, Maîtriser le nucléaire.Sortir du nucléaire après Fukushima, Paris, Eyrolles, 234 p., édition de mars 2012.

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 avril 2013 3 17 /04 /Avr /2013 16:16

 

Médiapart

 

 

Après plusieurs contretemps, Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima Daiichi, a commencé le 16 avril à évacuer l’eau radioactive d’un réservoir souterrain affecté par une fuite dans une piscine en surface. La fuite a été repérée le 5 avril, mais une cascade de problèmes a empêché l’opération de vidange de débuter plus tôt (voir notre article ici).

 

L'un des réservoirs souterrains de Fukushima  
L'un des réservoirs souterrains de Fukushima © Tepco

Les ennuis de Tepco ont conduit Kiyoshi Kurokawa, l’ancien président de la commission d’enquête parlementaire japonaise sur l’accident de Fukushima, à déclarer le 8 avril qu’« à l’évidence, la crise n’est toujours pas sous contrôle ».

Malgré cet échec, le gouvernement de Shinzo Abe (Parti libéral démocrate) défend fermement une politique énergétique de relance du nucléaire japonais, quasiment à l’arrêt depuis l’accident de Fukushima. Abe a effectué un virage à 180° par rapport à son prédécesseur Noda, qui avait amorcé une sortie du nucléaire.

En mars, Abe a fait modifier la composition d’un comité d’experts chargé de conseiller le gouvernement sur la politique énergétique, remplaçant six personnalités opposées au nucléaire par d’autres qui lui sont favorables. Le nouveau président du comité est Akio Mimura, conseiller de Nippon Steel & Sumitomo, qui a fait la promotion du nucléaire sous un précédent gouvernement du Parti libéral démocrate, selon The Japan Times.

L’ambiance est donc à la réhabilitation du nucléaire, malgré l’inquiétude suscitée par l’incapacité persistante de Tepco à maîtriser la situation de Fukushima. C’est dans ce contexte tendu qu’une équipe de treize experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) vient d’arriver au Japon pour une mission d’une semaine, qui comporte une inspection de la centrale. L’objectif premier de l’équipe de l’AIEA est d’analyser le plan de démantèlement de l’installation prévu par Tepco (dont la durée est estimée à 40 ans au moins). Mais les experts vont aussi évaluer la situation présente et les incidents récents survenus sur le site. Ils devraient rendre un rapport préliminaire le 22 avril.

 

Shinzo Abe en septembre 2012  
Shinzo Abe en septembre 2012 © TTTNIS

Quelles que soient leurs conclusions, il est clair que Tepco rencontre des difficultés croissantes, en particulier pour traiter l’énorme quantité radioactive accumulée sur le site. Cette eau a été utilisée pour refroidir les réacteurs et les maintenir dans un état stable. Mais le problème de son stockage devient de plus en plus préoccupant.

Environ 280 000 mètres cubes d’eau contaminée se trouvent actuellement sur le site, stockés dans sept réservoirs souterrains et dans des piscines en surface. La capacité totale de stockage est de l’ordre de 325 000 mètres cubes, dont plus de 80 % sont déjà utilisés.

Qui plus est, une partie de cette capacité de stockage fait désormais défaut. Le 5 avril, Tepco a repéré une fuite dans le réservoir n°2, contenant 13 000 mètres cubes d’eau contaminée. L’exploitant a décidé de transférer cette eau dans le réservoir adjacent, le n°1. Mais le 9 avril, Tepco a constaté que le réservoir n°1 fuyait lui aussi et a interrompu le transvasement.

Une autre fuite a ensuite été découverte dans le réservoir n°3, où sont stockés environ 10 400 mètres cubes d’eau contenant du strontium et d’autres radio-éléments. Pour évacuer ce liquide, ainsi que celui du réservoir n°2, l’opérateur a installé un circuit de tuyauteries, mais une nouvelle fuite a été constatée dans ces tuyaux le 11 avril.

Finalement, Tepco a annoncé le 16 avril qu’il n’y avait plus de fuite dans le circuit de tuyauterie et que la vidange du réservoir n°2 en direction d’un réservoir en surface pouvait enfin commencer. Il aura donc fallu plus de dix jours pour débuter l’opération, qui se poursuit avec un débit de 20 mètres cubes d’eau par heure.

À ce rythme, et sous réserve qu’il n’y ait pas d’autre incident, le réservoir n°2 devrait être vidé d’ici environ un mois. En fait, Tepco prévoit de transvaser, d’ici juin, 23 000 mètres cubes d’eau actuellement contenus dans les réservoirs nos1 et 2, ceux dont les fuites sont les plus importantes. Dans l’intervalle, les fuites se traduisent par une pollution du sol environnant les réservoirs, mais l’exploitant estime que la contamination n’atteindra pas l’océan. De plus, Tepco prévoit de pomper l’eau qui fuit et de la remettre dans les réservoirs, afin de limiter l’impact sur l’environnement.

 

Manifestation anti-nucléaire devant la résidence du premier ministre Noda (septembre 2012)  
Manifestation anti-nucléaire devant la résidence du premier ministre Noda (septembre 2012) © Yuriko Nakao/Reuters

À moyen terme, Tepco manquera de capacité de stockage pour l’eau de refroidissement des réacteurs : il faut bien continuer à les refroidir, de sorte que 400 mètres cubes de liquide radioactif viennent s’ajouter chaque jour au stock existant. On ne peut pas construire indéfiniment de nouveaux réservoirs, et l’exploitant doit trouver une autre solution. Pour l’instant, le problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site n’est pas résolu.

Tandis que Tepco peine à stabiliser la situation de Fukushima, le débat se poursuit sur l’avenir du nucléaire au Japon. Le tribunal d’Osaka vient de rejeter une plainte déposée en mars 2012 par 260 habitants de l’ouest du pays. Ces derniers s’opposent à la remise en route de deux réacteurs à la centrale d’Ohi, dans la préfecture de Fukui, sur la côte ouest du pays. Les deux réacteurs, exploités par Kansai Electric, ont redémarré pendant l’été 2012 et sont les seuls à fonctionner aujourd’hui, sur la cinquantaine de réacteurs nucléaires installés au Japon.

Les plaignants ont avancé deux arguments principaux : primo, ils estiment que l’accident de Fukushima démontre l’insuffisance des règles de sécurité ; secundo, ils mettent en avant le risque de séisme majeur dans la région d’Ohi, où se trouvent trois failles sismiques. Le gouvernement n’a pas tenu compte de la plainte et, en juin dernier, a autorisé Kansai à remettre en route ses réacteurs.

Le tribunal d’Osaka n’a pas non plus été convaincu par les arguments des plaignants, et a jugé que les deux réacteurs fonctionnaient dans des conditions de sécurité satisfaisantes.

D’autre part, deux bateaux chargés de MOX, un combustible nucléaire fabriqué par Areva qui contient du plutonium, doivent très prochainement partir de Cherbourg à destination du Japon. Areva a en effet des contrats avec huit compagnies d’électricité japonaises, notamment Tepco et Kansai, et a déjà effectué quatre transports de MOX au Japon (en 1999, 2001, 2009 et 2010).

Aucun transport n’avait eu lieu depuis le tsunami du 11 mars 2011. La nouvelle livraison de MOX est destinée à un réacteur de Kansai situé à la centrale de Takahama, actuellement à l’arrêt. Ce qui implique qu’au moins un nouveau réacteur devrait redémarrer dans les mois à venir.

En septembre 2012, le gouvernement de Yoshihiko Noda (Parti démocrate japonais) avait opté pour une sortie progressive du nucléaire, à l’horizon de 2040. Mais le parti de Noda a été battu aux élections de décembre 2012 par le Parti libéral démocrate, traditionnellement favorable au nucléaire. Et le nouveau premier ministre, Shinzo Abe, affiche clairement sa volonté de relancer le nucléaire. Abe avance l’argument économique du déséquilibre de la balance commerciale dû aux achats de gaz pour compenser le nucléaire à l’arrêt. De plus, la pression du lobby de l’atome, à l’intérieur du Japon comme à l’extérieur, est très forte. Malgré l’opposition d’une majorité de la population, et au risque de nouveaux accidents, l’empire du Soleil levant pourrait bien se préparer un avenir radieux.

 


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 avril 2013 3 17 /04 /Avr /2013 14:50

 

 

LE MONDE | 17.04.2013 à 11h34 • Mis à jour le 17.04.2013 à 12h58

Par Audrey Garric et Philippe Mesmer

 
 
Le convoi de Mox arrive au port de Cherbourg de nuit, mardi 16 avril, pour y être embarqué à bord de bateaux pour le Japon.

Les manifestations d'opposants et les appels d'écologistes n'y ont rien changé : dix tonnes de Mox, un combustible nucléaire hautement radioactif, ont été convoyées sous haute surveillance, dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 avril, entre l'usine Areva de Beaumont-Hague et le port de Cherbourg. Composé de plutonium et d'uranium, le Mox est issu du retraitement de déchets nucléaires opéré dans l'usine de la Hague (Manche).

Le chargement devrait prendre la mer dans la journée de mercredi à destination de la centrale nucléaire de Takahama, au Japon. "Ce transport sera réalisé par les navires spécialisés Pacific-Heron et Pacific-Egret de la compagnie britannique PNTL", a indiqué Areva. Quatre canons de 30 mm et une trentaine d'hommes d'une force spéciale britannique protégeront le convoi. Le voyage doit durer environ soixante jours.

Ce premier convoi de Mox vers le Japon depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011 est vivement critiqué par Greenpeace, Sortir du nucléaire et Europe Ecologie-les Verts, qui en ont demandé l'annulation. Les opposants soulignent que Tokyo ne parvient toujours pas à stabiliser la situation de la centrale nippone. Et que ce transport intervient dans un contexte géopolitique délicat, alors que le Japon a installé des missiles en plein coeur de Tokyo pour intercepter un éventuel tir nucléaire nord-coréen.

Arborant des pancartes "Stop...

L’accès à la totalité de l’article est protégé


 

                                                                 ********************************************

 

liberation.fr

 

Nucléaire: du MOX radioactif pour le Japon en attente à Cherbourg

17 avril 2013 à 09:22
Un gendarme français veille aux abords de l'usine d'Areva de Beaumont-Hague, le 16 avril 2013
Un gendarme français veille aux abords de l'usine d'Areva de Beaumont-Hague, le 16 avril 2013 (Photo Charly Triballeau. AFP)
Par AFP

Du combustible MOX contenant du plutonium, très radioactif et controversé, se trouve depuis mercredi 2H35 à Cherbourg, en attente d’un départ dans la journée pour le Japon, après avoir été acheminé par un convoi terrestre sous haute surveillance et sans encombre parti de l’usine Areva de Beaumont-Hague.

Le chargement a démarré vers 6H30 et devrait s’achever vers 9H00, a indiqué à l’AFP Dominique Louzeau, un des responsables du transport d’Areva, sans préciser les quantités de MOX.

Selon Greenpeace, il s’agit d’un peu plus de 10 tonnes de combustible MOX ,soit 650 à 800 kg de plutonium, «le plus grand radiotoxique du monde» qui peut servir à fabriquer des bombes.

Vers 8H30, deux des trois emballages étaient chargés sur le Pacific Egret, un navire spécialisé de la compagnie britannique PNTL, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le bateau naviguera de conserve avec un navire similaire, le Pacific Heron, également à quai à Cherbourg mercredi matin.

Un peu plus tôt, dans la nuit, une trentaine de militants de Greenpeace arborant des pancartes «Stop plutonium» ont déclenché une sirène le long d’une route au passage du convoi peu avant son arrivée sur le port, escorté par des dizaines de fourgons. Une trentaine de CRS s’étaient, peu avant, positionnés entre les militants et la route, a constaté une journaliste de l’AFP.

Selon le groupe nucléaire Areva, le MOX est un combustible qui permet de «recycler» le plutonium produit lors de l’irradiation de combustibles classiques (composés uniquement d’uranium) dans les centrales nucléaires. Et il est, selon lui, «quasi impossible» de fabriquer une bombe avec son plutonium.

Le combustible voyage dans des emballages «d’une grande robustesse (chaque emballage pèse 98 tonnes à vide pour 10 tonnes de matière transportée)», a souligné Areva.

Premier convoi depuis Fukushima

Selon Greenpeace, les bateaux sont équipés chacun de deux canons 30 mm, et une trentaine d’hommes d’une force spéciale britannique seront chargés d’assurer leur sécurité. Les Etats-Unis suivent également discrètement le transport puisque les matières fissiles japonaises sont sous leur contrôle.

Le convoi maritime doit durer environ 65 jours, selon Greenpeace.

Selon une source proche des forces de l’ordre, plus d’un millier d’hommes étaient mobilisés pour le parcours terrestre.

Un collectif antinucléaire connu pour avoir déjà fortement perturbé un convoi avait un temps menacé de bloquer ce MOX.

Et la justice avait, sur requête d’Areva, interdit à quiconque d’approcher du convoi sous peine d’une sanction de 75.000 euros.

Lundi matin, huit à dix personnes ont été mises en fuite après s’être introduites sur la zone du port, interdite au public, où le MOX doit être chargé.

Ce premier convoi de MOX vers le Japon depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011 est vivement critiqué par Greenpeace, Sortir du nucléaire et Europe Ecologie les Verts qui en avaient demandé l’annulation.

Il était initialement programmé en 2011 mais avait été «reporté» en raison de la catastrophe de Fukushima.

Il s’agit du 5e convoi de MOX vers le Japon, le premier ayant eu lieu en 1999. Selon Greenpeace, les quantités sont nettement moindres que par le passé.

«Cette expédition est une manière grossière et autoritaire pour la France de dire au Japon: +redémarrez vos centrales nucléaires!+», a estimé Sébastien Blavier, chargé de campagne énergie pour Greenpeace.

«Il serait naïf et présomptueux de croire que la France peut contraindre le Japon à réaliser un transport de ce type», a déclaré Julien Duperray, porte-parole d’Areva lors d’une conférence de presse dans la nuit à Cherbourg.

La cargaison est destinée à la centrale de Takahama, selon Kansai Electric client de cette cargaison. Greenpeace affirme que la centrale ne va pas redémarrer avant mars 2015.

Seuls deux des 50 réacteurs japonais sont actuellement exploités mais le gouvernement libéral démocrate (droite), au pouvoir depuis décembre, est revenu sur la promesse de son prédécesseur de centre gauche de sortir du nucléaire.

Les opposants au transport déplorent en outre que celui-ci intervienne au moment où les tensions sont vives entre la Corée du Nord et le Japon.


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 15 avril 2013 1 15 /04 /Avr /2013 20:51

 

 

Le Monde.fr | 15.04.2013 à 18h26 • Mis à jour le 15.04.2013 à 20h28

 

Par Audrey Garric

 


Des assemblages de MOX entreposés dans le bateau "Pacific Heron" lors d'un transport en mars 2009.

C'est un transport hautement surveillé et entouré du plus grand secret. Areva s'apprête à envoyer du MOX, un combustible composé de plutonium et d'uranium, au Japon depuis son usine de la Hague (Manche) pour la première fois depuis l'accident nucléaire de Fukushima. Un départ contesté, alors que Tokyo ne parvient toujours pas à stabiliser la situation à la centrale nipponne accidentée et au moment où la Corée du Nord se dit en état de guerre avec son voisin du sud.
 

"Ce transport partira prochainement de Cherbourg et sera réalisé par les navires spécialisés Pacific Heron et Pacific Egret de la compagnie britannique PNTL", a indiqué vendredi 12 avril dans un communiqué le groupe nucléaire français.

Selon Greenpeace, ce convoi "dangereux" doit avoir lieu entre lundi minuit et mercredi minuit. Dix tonnes de MOX, contenant environ 700 kg de plutonium, doivent quitter l'usine Areva de Beaumont-Hague à bord de trois poids-lourds pour rejoindre le port de Cherbourg. Ce trajet de 40 km devrait nécessiter entre 2 h 30 et 4 heures de route, précise l'ONG, qui affirme détenir ces informations de contacts au sein du dispositif.

 

 UN MILLIER D'HOMMES MOBILISÉS


Un millier d'hommes devraient protéger les trois poids-lourds selon Greenpeace.

"Un millier d'hommes seront mobilisés sur le trajet, à tous les carrefours : des forces de l'armée, de la gendarmerie et de la police, mais aussi des forces de sécurité anglaises, liées aux bateaux, et américaines, puisque les matières fissiles japonaises sont sous leur contrôle depuis la seconde guerre mondiale", assure Sébastien Blavier, chargé de campagne énergie pour Greenpeace France. La préfecture de la Manche, de son côté, n'a pas souhaité s'exprimer à ce sujet.

Ce dispositif massif s'explique par la spécificité de ce combustible "beaucoup" plus radioactif qu'un combustible classique (voir fenêtre), mais aussi à un appel d'antinucléaires, notamment l'association Valognes Stop Castor, à empêcher le bon déroulement du transport. De fait, huit à dix personnes ont été surprises et mises en fuite lundi vers 5 heures du matin sur la zone portuaire de Cherbourg interdite au public. "Des investigations sont en cours. Il n'y a pas d'éléments permettant de constater que des dégradations ont été commises", a précisé à l'AFP le procureur de la République de Cherbourg, Eric Bouillard.

 

Vérification d'un convoi de MOX arrivé dans le port de Omaezaki en mars 2009.

Une fois dans le port de Cherbourg, les assemblages de MOX doivent être répartis dans trois conteneurs – de 6 mètres de long sur 2,50 large, avec des parois de 30 cm d'épaisseur – entreposés dans l'un des bateaux britanniques, tandis que le second l'accompagnera, toujours selon Greenpeace. Quatre canons de 30 mm et une trentaine d'hommes d'une force spéciale britannique protégeront le convoi. Le voyage doit durer environ 60 jours.

 

  "L'INGÉRENCE DE LA FRANCE EST INACCEPTABLE"

L'ONG ne connaît pas encore l'itinéraire emprunté par les bateaux pour rejoindre le Japon depuis Cherbourg, mais trois options sont possibles : vers l'est via le canal de Panama ou le Cap Horn, à l'extrémité sud de l'archipel chilien de la Terre de Feu ou vers l'ouest, en passant par le Cap de Bonne-Espérance, au sud du continent africain.

Au Japon, le MOX sera destiné au réacteur 3 de la centrale de Takahama, aujourd'hui à l'arrêt, dans le centre du pays. Le combustible, dont le retraitement et la fabrication avaient été achevés en septembre 2010, devait à l'origine être transporté au printemps 2011, mais la date a été différée à cause de l'accident nucléaire du 11 mars 2011.

Arrivée de MOX en octobre 1999 à la centrale de Takahama.

La compagnie régionale d'électricité japonaise Kansai Electric Power (Kepco) a précisé dans un communiqué, le 21 mars, que "l'envoi de combustible se faisait à la demande de la France, qui cherche à mettre fin à son stockage prolongé", mais que son "utilisation restait encore incertaine". Aujourd'hui, seuls deux des cinquante réacteurs japonais sont en exploitation, mais le gouvernement de droite arrivé au pouvoir fin décembre a ouvert la porte au retour du nucléaire dans l'archipel. Toutefois, le redémarrage des réacteurs s'avère des plus incertains, le ministre de l'industrie, Toshimitsu Motegi, qualifiant la relance des sites atomiques d'"imprévisible".

 

Lire : Deux ans après Fukushima, où en est l'énergie nucléaire au Japon ?


"Dans ce transport, l'ingérence de la France est inacceptable : elle livre au Japon du MOX pour le forcer à redémarrer ses réacteurs, déplore Sébastien Blavier. Sans compter que ce combustible dangereux devra être stocké pour un temps indéfini sur le site de la centrale."


CONTEXTE GÉOPOLITIQUE DÉLICAT

Si les quantités sont confirmées, la cargaison serait moins importante en volume que lors des quatre précédents transports de MOX vers le Japon – 15 tonnes en avril 2010, 32 tonnes en mars 2009, 14 tonnes en mars 2001 et juillet 1999. Mais le transport intervient dans un contexte géopolitique délicat, alors que le Japon a installé des missiles en plein cœur de Tokyo pour intercepter un éventuel missile nord-coréen. "Ce transport est scandaleux : au Japon, des hommes se battent pour tenter désespérément de décontaminer les villages", estime en outre Greenpeace.

Hormis l'ONG, l'association Robin des bois, Europe Ecologie les Verts (EELV) et le Réseau Sortir du nucléaire ont eux aussi demandé l'annulation du convoi. Ils ont en outre appelé à un rassemblement lundi à 18 heures à Cherbourg. 

Audrey Garric

Le MOX, un combustible au plutonium très critiqué

 

Le MOX (mixed oxides) est fabriqué à partir d'oxyde d'uranium et d'oxyde de plutonium extraits des combustibles irradiés dans les centrales. S'il fait tant parler de lui, c'est d'abord en raison des 5 à 10 % de plutonium qu'il contient. Les combustibles classiques sont fait uniquement d'oxyde d'uranium.

Selon Greenpeace, l'inhalation d'une poussière de plutonium suffit à déclencher un cancer bronchopulmonaire en six mois, et il peut servir à fabriquer des bombes. Pour Areva, la fabrication d'une bombe à partir du plutonium du MOX est "quasi impossible". Pour Jean-Claude Zerbib, ingénieur à la retraite du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), c'est possible, même si la bombe aurait un rendement moindre qu'une bombe atomique classique. Selon ce scientifique, il faut environ 15 kg de plutonium pour faire une bombe.

Pour Areva, le MOX "contribue à la stabilisation des stocks de plutonium" et le recyclage permet d'économiser jusqu'à 25 % d'uranium naturel. Mais selon M. Zerbib, le MOX qui sort d'une centrale est huit fois plus radioactif qu'un combustible classique usé. (AFP)

 


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 14 avril 2013 7 14 /04 /Avr /2013 19:20

 

Médiapart - Blog

Les plages de la Manche vont elles définitivement perdre leur pavillon bleu  cet été ?

images?q=tbn:ANd9GcSTbJnlXesJnXK2ivj6VN2

 

Après l 'ACRO qui à découvert 110 Bqs/l de tritium dans l'eau de mer au large de la Hague ce sont maitenant les Allemands qui viennent d'en rajouter une couche par l'intermédiaire de leur magazine SPIEGEL ON LINE  , qui indique que pas moins de 28 500 fûts de matières radioactives ont été immergées par les Anglais dans les années 50/60 au large de nos cotes. En effet selon un rapport d'enquête publié par ce magazine, la SWR allemande de radiodiffusion publique a envoyé un drone télécommandé sous-marin dans les profondeurs du Channel, où ils ont découvert deux fûts de déchets nucléaires à une profondeur de 124 mètres (406 pieds) à quelques kilomètres des côtes françaises.

 

image-482830-breitwandaufmacher-micy.jpg

 

 

l'information a été reprise par le blogueur veilleur de Fukushima GEN4 dans un article fracassant  qui dénonce également l'autorisation de rejets radioactif d' AREVA dans ce secteur.

Ce sont quelques 17.224 tonnes de déchets de faible activité radioactive, sous forme de fûts qui ne demandent maintenant qu'à s'éventrer depuis

le temps qu'ils sont dans l'eau de mer, et qui se situent dans la vallée sous-marine de la Manche qui est connu sous le nom de Hurd Deep, juste au nord de l'île d'Aurigny, selon l'Agence internationale de Agence de l'énergie (AIEA). Les fûts britanniques sont estimées contenir 58 trillions de becquerels , tandis que des fûts belges contiendraient eux, 2,4 trillions de becquerels. A titre de comparaison, la limite de l'Union européenne pour l'eau potable est de 10 becquerels par litre !

"Nous pensons qu'il ya encore de nombreux barils en bon état là-dessous,« estime le journaliste de la SWR Thomas Reutter pour le SPIEGEL ONLINE, ajoutant qu'il était très peu probable que l'expédition du radiodiffuseur ait découvert que les seuls conteneurs intacts du lot...

Mais ces fûts radioactifs Allemands selon GEN4, ne sont rien comparé aux rejets autorisés à la Hague toute proche : avec 19 PBq de rejets radioactifs “autorisés” par an, l’usine de La Hague peut ainsi se permettre de déverser 330.000 fois chaque année les 28.500 fûts radioactifs immergés en plus de dix années par les anglais ! 

Bonne baignade, avec la bénédiction de notre gouvernement pour qui le nucléaire est une solution d'avenir ! et qui ne sait toujours pas quoi faire de ses déchets !  Le reportage de l’équipe de SWR sera diffusé en France le mardi 23 avril à 20h50 sur la chaine ARTE.

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 avril 2013 4 11 /04 /Avr /2013 14:40

 

http://www.dna.fr/actualite/2013/04/10/fessenheim-le-refere-des-antinucleaires-rejete-par-le-conseil-d-etat

link

 

 

 Photo archives DNA

Photo archives DNA

 

Le Conseil d’Etat a rejeté aujourd’hui le référé introduit par les antinucléaires alsaciens et le réseau Sortir du Nucléaire visant à empêcher les travaux de renforcement du radier du réacteur n°1.

Le Conseil d’Etat a rejeté aujourd’hui le référé introduit par les antinucléaires alsaciens et le réseau Sortir du Nucléaire visant à empêcher les travaux de renforcement du radier du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim. Ils estimaient les travaux dangereux et la dépense inutile dans la perspective de la fermeture de la centrale en 2016.

Parmi ses arguments, le Conseil d’Etat a estimé «qu’aussi longtemps qu’aucun décret de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement n’est intervenu (...), une installation nucléaire de base est autorisée à fonctionner, dans des conditions de sûreté auxquelles il incombe à l’ASN de veiller».

Plus d'informations dans un article à paraître demain en pages Région des DNA

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

        

  A partir du 15 Juin 2013

                     RV

         chaque mercredi 

          et samedi à 19h 

toujours devant la maison carrée

         

               Rejoignez-nous  !


  Th-o indign-(1)

55

9b22

Calendrier

Juin 2013
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Images Aléatoires

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés