Alertes- Ce que vous devriez savoir

Jeudi 29 mai 2014 4 29 /05 /Mai /2014 23:18

 

Source : www.france5.fr

 

 

 

Jeu d'influences : les stratèges de la communication

Les crises - Episode 1

 

 

 

 

 

 

Jeu d'influences : les stratèges de la communication - Les crises - Episode 1

Résumé

Les stratèges de la communication se sont imposés dans toutes les sphères du pouvoir, dans l'ombre des politiques mais aussi des grands patrons. Inconnus du grand public, ces «spin doctors» sont au coeur de la production de l'information. Ils façonnent l'image de leurs clients et influencent les journalistes. Ce premier volet se penche plus précisement sur les stratèges de la communication de crise, appelés en urgence par des grands patrons pris dans la tourmente médiatique. Ainsi l'affaire Kerviel, avec la longue guerre de l'image entre les stratèges de la Société générale et les conseillers du trader. D'autres professionnels, comme Ramzi Khiroun et Anne Hommel, ont sauvé Richard Gasquet, empêtré dans une affaire de dopage. Des agences arrivent aussi à faire émerger des débats de société pour le compte d'intérêts privés, comme le travail le dimanche.

 

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Jeudi 29 mai 2014 4 29 /05 /Mai /2014 16:02

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Extrait 28/05/2014 à 21h42

Et soudain, je vous vois par la caméra de votre salon...

Gurvan Kristanadjaja avec Yann Guégan (Rue89)

 

En France, des centaines d’objets connectés à Internet sont accessibles sans mot de passe : caméras, imprimantes, scanners... Nous en avons pris le contrôle, puis retrouvé leurs propriétaires.

 

 

 

 

 

Il est 19 heures, vous rentrez du travail. On est jeudi. Votre fille vous attend, dans sa robe de chambre rose. Elle est heureuse de vous voir et vous enlace chaleureusement. Elle doit avoir 5 ou 6 ans tout au plus.

Elle sort de la douche – elle a les cheveux mouillés – et regarde la télévision sur votre canapé d’angle en cuir beige. Vous vous dirigez vers la cuisine, la mine fatiguée, pour préparer le repas tout en gardant un œil sur le salon depuis votre cuisine américaine. Ce soir c’est pizza, mais congelée. Vous rajoutez de la mozzarella de second choix, un peu d’huile et le tour est joué.

A retrouver aussi dans Rue89 Week-end
Notre bonus cette semaine, c’est la BD « Delirium Tremens », de Pierrick Starsky et David Sourdrille, extraite du magazine Aaarg ! , bimestriel « de bande dessinée et de culture à la masse », dont Aurélie Champagne vous a déjà dit sur Rue89 le bien qu’il faut en penser.
Sinon, dans sa chronique « Le pays dont on n’a pas parlé cette semaine », Pierre Haski vous emmène cette fois à Grenade, où les habitants se révoltent contre une campagne de pub.

Enfin, vous retrouverez un entretien avec le chercheur danois Meik Viking, qui étudie ce qui fait le bonheur des habitants d’un pays, et travaille avec les politiques pour qu’ils prennent mieux en compte cette donnée insaisissable dans leurs décisions.

 

Votre conjoint descend l’escalier et se dirige vers le canapé. Il embrasse votre fille et s’assoit devant France 2 : comme souvent, il regarde Nagui. Vous ne le savez pas, vous êtes même probablement à mille lieux de l’imaginer, mais quelqu’un vous regarde. Je vois votre reflet dans la vitre du micro-ondes.

Vous vous sentez en sécurité chez vous. Surtout depuis que vous avez cette caméra de surveillance. Elle est dans le coin de votre salon-salle à manger, tout près de l’escalier.

Elle offre une vue imprenable sur tout votre appartement. Quand vous en avez discuté avec votre mari, il a réussi à vous convaincre :

« Chérie, à notre époque t’es filmée partout : dans la rue, quand tu vas chercher tes médocs à la pharmacie, quand t’achètes un “happy meal” au Macdo, quand tu prends l’ascenseur. Ça changera rien à notre vie. On aura moins de cambriolages et en plus tu pourras regarder l’appart’ depuis ton boulot ».

Vous avez installé une grosse caméra de marque allemande que vous avez connectée à Internet pour y accéder depuis votre ordinateur ou votre smartphone.

Le problème, c’est que vous n’avez pas pris le temps d’y mettre un mot de passe. Peut-être vous êtes-vous dit que personne ne trouverait jamais l’adresse bizarre qui permet d’y accéder, faite de chiffres et non de lettres.

Et bien si. Parce que vous et votre vie privée, tout le monde peut la voir grâce à Shodan, un moteur de recherche qui répertorie les objets connectés dans le monde [déjà utilisé par des journalistes norvégiens pour le projet Null Ctrl) ...

C’est d’ailleurs comme ça que je vous ai trouvé. Parce que tout ceci est bien réel, je vous observe là, dans votre cuisine.

Si ça peut vous rassurer, vous n’êtes pas seule. Des adresses IP comme la vôtre, Shodan en livre des centaines de milliers dans le monde chaque mois. Son fondateur, l’Américain John Matherly, ambitionne même de répertorier tous les serveurs disponibles sur Internet.

Souvent, les résultats qu’on y trouve sont des services protégés par mot de passe, et donc inaccessibles pour les internautes lambda. Mais certaines, comme la vôtre, n’en ont aucun d’activé.

Alors en effectuant une recherche simple et adaptée, j’ai réussi sans mal à observer une plage au Chili, une école en Indonésie ou une ado devant son PC aux Etats-Unis.

La caméra de vidéosurveillance installée dans le box d’un cheval, au sein d’une école vétérinaire en Rhône-Aples, avait un petit plus : j’ai réussi à la diriger depuis mon bureau à Paris : vers la gauche, vers la droite, zoom, dé-zoom, j’ai un contrôle total sur la caméra.

Retrouvez la suite de cette enquête dans Rue89 Week-end, notre magazine tablette. et regardez quelques unes de nos trouvailles dans la vidéo en haut de cet article.

Rue89 Week-end, mode d’emploi


  • Un extrait de la BD Aaarg ! en bonus cette semaine

    Si vous n’avez pas de tablette mais souhaitez voir à quoi ressemble Rue89 Week-end, vous pouvez visiter le chouette site de présentation concocté par nos complices du studio Upian.

  • Ensuite, contre la modique somme de 2,69 euros par mois, vous aurez accès à tous les autres articles et bonus (extraits de BD ou de livres photo, courts métrages, documentaires, eBook)...

 

Bon Rue89 Week-end à tous !

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


 

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Jeudi 29 mai 2014 4 29 /05 /Mai /2014 15:37

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le gouvernement prépare un gel du droit des salariés

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Le ministre du travail François Rebsamen s'est dit prêt à suspendre « pendant trois ans » les seuils créant des obligations particulières aux entreprises, comme par exemple la création d'un comité d'entreprise à partir de 50 salariés, pour favoriser la création d'emplois.

C'est une vieille revendication du patronat, jusque-là restée lettre morte. Le ministre du travail François Rebsamen envisage de la satisfaire. Mercredi, il s'est dit prêt à « suspendre trois ans » les seuils créant des obligations particulières aux entreprises, comme par exemple la création d'un comité d'entreprise à partir de 50 salariés ou la désignation de délégués du personnel à partir de 10 salariés.

« Les organisations patronales affirment que les seuils de dix et de cinquante salariés constituent des freins à l'embauche. Je dis donc aux organisations syndicales que le meilleur moyen de faire tomber cet argument, c'est de tenter l'expérience », a expliqué le ministre dans un entretien aux journaux du groupe Ebra publié mercredi.

Lors de sa rencontre avec le premier ministre Manuel Valls en avril, Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, avait suggéré au gouvernement « de libérer ces seuils momentanément, à titre expérimental ». « Je crois que le Premier ministre a été sensible à cet argument et qu'on devrait rapidement ouvrir ce travail sur ces seuils sociaux de 10, de 20 et de 50 », avait-il dit à sa sortie de Matignon.

A l'inverse, les syndicats sont vent debout : « C'est considérer que les représentants du personnel, les droits des salariés, le syndicalisme sont un frein au développement de l'entreprise » alors qu'« un dialogue social constructif permet de régler les problèmes du travail », estime Thierry Le Paon, pour la CGT. « On aurait mieux compris ces propos dans la bouche du Medef que dans celle du ministre », a réagi la numéro 2 de la CFDT Véronique Descacq.

Et signe que tous les repères sont troublés, l'UMP Patrick Devedjian a salué « courage » du gouvernement, sur Twitter : « Si Rebsamen suspend les seuils sociaux il fera ce que la droite n'a jamais osé : c'est objectivement courageux. » Ce sont les socialistes, au début du premier septennat de François Mitterrand et avec les lois Auroux, qui ont renforcé les droits des salariés dans les très petites entreprises.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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Jeudi 29 mai 2014 4 29 /05 /Mai /2014 14:32

 

 

Source : www.lepoint.fr

 

 

Alimentation : le rapport alarmant sur les produits premiers prix

 

Le Point.fr - Publié le 29/05/2014 à 12:13 - Modifié le 29/05/2014 à 12:23

Excréments de souris, moisissures, viande verdâtre... Des enquêteurs ont passé en revue des produits "low-cost". Leur constat est accablant.

 

Le rapport de la Cour des Comptes relève des "manquements graves aux conditions d'hygiène". Le rapport de la Cour des Comptes relève des "manquements graves aux conditions d'hygiène". © JEAN-PIERRE MULLER / AFP
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Le rapport - synthétisé - de la Cour des Comptes sur la sécurité alimentaire, dévoilé en février dernier, avait déjà fait grand bruit. D'autres remous sont à attendre avec les révélations du quotidien Le Télégramme, qui a consulté le "rapport original - resté "confidentiel" - de 179 pages.

Ce dernier consacre tout un passage aux produits premiers prix vendus dans les supermarchés. Et ce que les enquêteurs de la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (la BNEVP, rattachée au ministère de l'Agriculture) ont découvert fait froid dans le dos.

Du "fromage ramassé à la raclette sur le sol"

Entre autres, décrit le quotidien régional, des "excréments de souris dans des étuves à chorizo", des "moisissures", "des viandes grises-verdâtres impropres à la consommation humaine dans des charcuteries", du "fromage ramassé à la raclette sur le sol pour en faire du fromage fondu" ou encore des "souris vivantes ou mortes".

Le rapport met également en lumière la multiplication d'une pratique peu ragoûtante, celle des viandes séparées mécaniquement (VSM), qui entrent dans la composition de certains produits premiers prix. "La VSM, surtout destinée, il y a quelques années encore, à la composition d'aliments pour animaux, est un produit obtenu par l'enlèvement, à l'aide de moyens mécaniques, de la viande des os de carcasses et pouvant donc contenir des résidus d'os, de cartilage ou de moelle". Bon appétit.

Des risques pour la santé publique

D'après la Cour des Comptes, "ces produits ne correspondent aucunement à l'idée que peut s'en faire le consommateur, même averti, posant la question de leur bonne information (...) Le consommateur ne réalise pas que la VSM (...) [n'est] en fait pas de la viande au sens de la réglementation européenne même si, du point de vue sanitaire, les produits issus de ces transformations, notamment ceux ayant reçu un traitement thermique, sont sûrs".

Ailleurs en revanche, des risques sanitaires sont à prendre au sérieux selon le rapport, qui pointe des "failles de traçabilité", des "manquements graves aux conditions d'hygiène", ainsi que des "résultats d'analyse connus une fois que les produits ont été expédiés et très souvent consommés". La Cour des Comptes va plus loin : si "l'offre des produits premiers prix peut paraître attractive, leur consommation systématique, par une population croissante, pourrait avoir, à terme, des répercussions sur la santé publique".

Les Français sont d'ailleurs de plus en plus préoccupés par leur alimentation. Une étude de l'Agence Bio révèle ainsi que près de la moitié d'entre eux (49 %) consomme des produits bio au moins une fois par mois. Leurs ventes auraient bondi de 9 % entre 2012 et 2013, période où se sont succédé les scandales alimentaires.

 

 

Source : www.lepoint.fr

 

 

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Mercredi 28 mai 2014 3 28 /05 /Mai /2014 23:05

 

 

Source : millebabords.org


 

Communiqué des usagers en colère des CAF de Marseille

Article mis en ligne le mardi 27 mai 2014

 

 

 

Lundi 26 mai, les usagers en colère des caisses d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône ont décidé d’occuper les locaux de la direction de la CAF, chemin de Gibbes dans le 14ème arrondissement.

Depuis plusieurs mois maintenant, la direction de la CAF a décidé de fermer ses bureaux d’accueil public pour ne plus recevoir les allocataires que sur rendez-vous, pris par un numéro surtaxé. Plus de contact direct, c’est l’obligation de payer plusieurs dizaines d’euros de téléphone pour réussir à prendre rendez-vous et c’est surtout l’impossibilité de régler des problèmes urgents avant plusieurs semaines. Ce sont des situations dramatiques. Des centaines d’allocataires se sont fait brutalement couper leurs aides au logement ou leur RSA, et ne peuvent plus aller demander un rétablissement de leur situation. Le choix de la fermeture des accueils dans les CAF de Marseille n’est qu’un test avant un élargissement national, et nous voulons faire entendre à la direction que ce dispositif ne passera pas auprès des usagers. Nous savons que ce dispositif est une mesure d’austérité qui se met en place. Elle vise à pousser des allocataires en situation précaire et excédés par la lourdeur administrative à abandonner les aides auxquels ils ont droit. A terme, elle vise également à supprimer des postes de personnels déjà débordés et en sous effectifs.

Nous refusons ce dispositif et nous occuperons la CAF jusqu’à ce que les accueils publics soient ouverts de nouveau.

 

 

Source : millebabords.org

 

 

 

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Vendredi 23 mai 2014 5 23 /05 /Mai /2014 23:15

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Futur radieux 23/05/2014 à 11h31

De la pub partout et tout le temps : Google vous décrit l’enfer

Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

 

 


Dessin de Angel Boligan (Cuba)

Si vous vous sentez fatigués ou oppressés par les pubs automatiques sur YouTube, les promesses d’une rencontre torride ou les liens commerciaux « recommandés » par vos amis Facebook, ne lisez pas cet article. Il va ruiner votre journée.

Dans une lettre envoyée à la SEC, l’autorité américaine de régulation des marchés financiers, Google a explicité un peu sa stratégie en matière de pub, et dévoilé ses projets à court terme. Accrochez-vous :

« Dans quelques années, nous et d’autres entreprises pourrions diffuser de la publicité et d’autres contenus sur des réfrigérateurs, des tableaux de bord de voitures, des thermostats, lunettes et montres, pour ne citer que quelques possibilités. »

La science-fiction a souvent visé juste mais, comme le souligne le New York Times, ses penseurs ont manifestement négligé l’omniprésence de le publicité dans leurs prédictions.

Voilà ce que vous allez vivre dans les prochaines années.

1 La publicité sera de plus en plus personnalisée

 

Commençons pas le plus proche de notre quotidien : la personnalisation. Pour ceux qui auraient raté cet épisode, le Web et le « data » ont permis ce dont la télévision ne pouvait même pas rêver, diffuser des publicités différentes pour chaque individu.

Rappelez-vous : il y a dix ans à peine, seule votre navigation sur Internet pouvait, grâce aux cookies, révéler des choses sur vous : vos goûts et vos habitudes par exemple.

Puis sont arrivés les réseaux sociaux, révélant vos amis et votre activité sociale ; les services de diffusion de contenus précisant vos goûts en matière culturelle et de divertissement ; les terminaux mobiles (géolocalisation, carnet d’adresse, applis) ; les objets connectés (vos habitudes de sommeil, l’évolution de votre poids, le nombre de pas que vous effectuez chaque jour...)

Labo dans l’intelligence artificielle

Tous ces données sont utiles aux annonceurs : si elles sont captées, elles viendront enrichir une fiche numérique vous concernant, la plus précise possible.

Mais savoir plus ou moins qui vous êtes ne suffit pas. Google, Facebook et autres mastodontes de la pub en ligne analysent en direct votre activité pour procéder à une analyse comportementale. Savoir quelle pub placer est une chose, mais il faut aussi savoir à quel moment, dans quel contexte.

La même logique est appliquée à des masses d’internautes pour déceler des tendances émergentes.

Ces algorithmes se veulent dynamiques et intelligents. Ce n’est pas innocent si Facebook a récemment annoncé la création d’un labo dans le domaine de l’intelligence artificielle. Google, de son côté, a racheté l’entreprise spécialisée « DeepMind » et ne cache pas ses ambitions dans ce domaine depuis sa création en 1997.

2 La publicité de plus en plus intrusive

 

L’innovation technologique surfe sur le modèle du « gratuit ». Une illusion, puisque comme le dit l’adage : « Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit. »

L’objectif de tout réseau ou service s’adressant au grand public est d’attirer rapidement dans ses filets un grand nombre d’internautes et devenir un dominant dans la jungle des services web – ce que Jaron Lanier, dans son livre « Who Owns the Future », appelle un « serveur sirène ».

La pression est grande sur les acteurs comme Snapchat, Google, Facebook ou Twitter qui reposent sur la gratuité. Leurs actionnaires sont clairs sur ce point : il faut de la pub, et de la pub qui rapporte.

De la pub chez vous et dans la rue

Il faut donc vous attendre à voir la publicité envahir toujours davantage votre quotidien, surtout si la « révolution » des objets connectés a vraiment lieu, multipliant les supports et écrans de diffusion.

De la pub dans votre poche, votre salon, mais aussi dans la rue. Certaines entreprises essaient d’appliquer le modèle de la personnalisation dans des endroits publics. C’est le cas de l’entreprise britannique Amscreen.

Cette société de communication possède 6 000 écrans publicitaires au Royaume-Uni et tente de faire converger reconnaissance faciale et publicité. Grâce à une petite caméra, son logiciel OptimEyes analyse en temps réel les réactions faciales des individus face à une publicité.

Le principe est simple : dans un premier temps, adapter le spot publicitaire à l’âge, la corpulence, ou le sexe de la personne posant les yeux sur l’écran (disons une personne qui attend son métro ou son bus). A terme : reconnaître l’identité de la personne, accéder à des informations sur celle-ci, et diffuser une pub réellement personnalisée.

3 La publicité de plus en plus géolocalisée

 

Si la géolocalisation des individus a réellement émergé avec le GPS sur les smartphones, l’internet des objets connectés lui promet un horizon encore plus radieux. Les publicitaires lorgnent sur ce traçage en temps réel avec un appétit grandissant.

En 2013, les revenus générés par la publicité et le marketing géolocalisés sur mobiles représentaient déjà 1,2 milliard d’euros. Selon certaines estimations, ce segment pourrait exploser pour atteindre plus de 10 milliards d’euros annuels à l’horizon 2018.

Imaginez un peu : vous roulez tranquillement, un œil rivé sur votre tableau de bord Android qui vous indique le chemin à prendre. Le système sait exactement où vous êtes et où vous allez. Or ce chemin passe à proximité d’un McDonald. Il est 12h30, vous roulez depuis quinze minutes et vous roulerez encore trente minutes. Bingo, une pub vantant les qualités nutritives d’un burger se déclenche.

4 La publicité, à la fois devin et oracle

 

La publicité va également bénéficier de l’essor d’une autre technologie : l’analyse prédictive. En combinant Big Data et intelligence artificielle, des algorithmes parviennent à identifier des schémas récurrents et prédire des évènements à venir, ou deviner des choses sur vous.

En croisant vos appels, votre carnet de contacts, vos recherches, vos déplacements ou encore vos goûts, des algorithmes peuvent déduire avec une très forte probabilité si vous êtes un homme ou une femme, juif ou musulman, jeune ou vieux, etc.

Un algorithme a réussi récemment à deviner qu’une jeune fille était enceinte en analysant uniquement ses recherches sur internet alors qu’elle était parvenue à le cacher à toute sa famille. C’est ce qu’on appelle l’inférence : deviner des choses existantes.

Où vous serez, quand vous achèterez...

Mais certains vont plus loin en anticipant carrément vos comportements. Des entreprises de la Silicon Valley, dont certaines françaises, travaillent sur le croisement de ces données pour donner aux annonceurs les moyens de vous atteindre au bon endroit, au bon moment.

Vous marchez dans la rue, pas vraiment pressé, quand tout à coup votre portable (ou montre connectée) vibre. S’affiche alors une petite pub d’un magasin au coin de la rue que vous alliez prendre vous proposant une réduction sur des produits de bricolage. Ça tombe bien, vous cherchiez des conseils sur internet ces derniers jours pour refaire votre parquet.

Pas de miracle là-dedans. En analysant votre déplacement en temps réel et en le croisant avec vos habitudes d’achat et vos données bancaires, voire d’autres données sur vous, l’algorithme peut en déduire :

  • où vous avez déjà acheté, et donc où vous serez susceptible de retourner ;
  • quel jour, à quelle heure ;
  • quelles sommes vous êtes prêt à dépenser ;
  • à quoi vous vous intéressez en ce moment (bébé en route, travaux ménagers...) pour envoyer la réduction sur le produit adéquat.

Et en l’espace d’un instant, il est capable de déduire quelle est la probabilité que vous réagissiez positivement à une pub calibrée, contextualisée et anticipée. Pas besoin d’un 100%, un bon score de probabilité suffira.

5 La publicité de plus en plus chère à esquiver

 

Les plus réfractaires des lecteurs, à ce stade, se disent qu’ il existe des solutions. Éviter les objets connectés, certes, même s’il est de plus en plus difficile de se passer d’un smartphone. Quant à la navigation sur internet, il y a après tout des outils de blocage comme Adblock Plus et d’autres simplement respectueux comme Firefox dont nous faisions récemment l’éloge.

Cette position est pourtant à relativiser. La puissance de frappe de l’industrie publicitaire est impressionnante, et les outils comme AdBlock sont fragiles. Firefox lui-même a dû reporter à une date indéterminée son projet de nouvelle politique concernant le blocage par défaut des cookies tiers, petits espions au service des publicitaires, face à l’insistance du lobby.

Chacun son « quart d’heure de tranquillité » ?

La tendance est maintenant de payer sa tranquillité : vous ne voulez plus de pub, dépensez pour un service premium ou tournez vous vers des services payants qui ne sont pas dépendant de ce système. Échapper aux sirène de la consommation aura donc un prix, laissant désarmés ceux qui n’en ont pas les moyens.

Espérons seulement que nous n’en arrivions jamais à ce monde, décrit avec brio dans un épisode de Black Mirror, où les murs de notre chambre seraient couverts d’écrans diffuseurs, où il faudrait payer pour y échapper, l’espace d’un instant.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


 

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Mercredi 21 mai 2014 3 21 /05 /Mai /2014 16:08

 

Source : future.arte.tv/fr

 

La tragédie électronique

Dernière mise à jour: 20 Mai 2014

 


Le précédent documentaire de Cosima Dannoritzer, Prêt à jeter, diffusé par ARTE en 2011, se terminait près d'une décharge sauvage et tristement célèbre, à agbogbloshie, dans la banlieue d’Accra, la capitale du Ghana. Là, des enfants jouent et désossent des appareils électroniques hors d'usage environnés de fumées pestilentielles et toxiques. La nouvelle enquête de la réalisatrice allemande prend ce site pour point de départ, aiguillonnée par l'indignation de Mike Anane, journaliste ghanéen spécialisé dans l'environnement. Celui-ci veut savoir pourquoi son pays est devenu la poubelle des pays développés. Cette question va conduire la réalisatrice dans plusieurs pays d'Europe, en Asie et aux États-unis, champion de la pollution électronique, et dévoiler une chaîne de responsabilités et de complicités complexes.

La tragédie électronique : le film ici

 

 

« Pourquoi mon pays est-il la poubelle des pays développés ? », demande Mike Anane, journaliste environnemental, devant une des décharges illégales de déchets électriques et électroniques les plus célèbres au monde, à Agbogbloshie, dans la banlieue d’Accra, la capitale du Ghana. C’est le point de départ de l'enquête qui a conduit Cosima Dannoritzer autour du monde, de l’Afrique à l’Europe, et de l’Amérique du Nord à l’Asie.

Chaque année, environ 50 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques sont jetés. On estime que dans le monde développé, environ 75% de ces déchets disparaissent des circuits officiels de retraitement. Une grande partie est exportée illégalement, vers des décharges clandestines en Afrique (Ghana, Nigeria…) ou en Asie (Chine, Inde, Pakistan, Bengladesh…), ou encore en Amérique du Sud.

Pourquoi détourner des déchets électroniques ? Parce qu’il est assez facile d’en tirer profit, à petite ou grande échelle. Les “e-déchets” contiennent des matériaux tels que l'or, le cuivre et le palladium qui les rendent très précieux sur les marchés parallèles; attirant toute sorte de trafiquants locaux, mais aussi la criminalité organisée à l’échelle internationale.

"La tragédie électronique", un documentaire de Cosima Dannoritzer (France - Espagne, 2014, 86 min.). A voir et à revoir également en VOD dans la boutique ARTE.


Infographie : Déchets électroniques

Cliquez sur la carte pour accéder à l'infographie !


Que deviennent nos déchets électroniques ?

Le Mac Irréparable

Le Mac Irréparable

2 min

Qu'advient-il de nos vieux téléphones et de nos ordinateurs portables hors d'usage ? Et que devient notre frigo lorsqu'on le remplace ? A quelles lois obéit le traitement des déchets électroniques ? A travers ces sept vidéos, Cosima Dannoritzer questionne des députés européens, des journalistes spécialistes et bien d'autres sur la toxicité de ces déchets électroniques et sur les politiques qui sont censées les réglementer.

(1) Le Mac irréparable : San Luis Obispo, États-Unis

(2) Comment réparer un écran d'iPhone San Luis Obispo, États-Unis

(3) Comment est née la directive européenne sur les déchets électroniques? Bruxelles, Belgique

(4) La lutte pour une loi américaine sur les déchets électroniques : Washington D.C., États-Unis

(5) Pour faire évoluer la situation au Ghana : Port de Tema, Ghana

(6) Les dernières heures d'un réfrigérateur : Osorno, Espagne

(7) Les dernières heures d'une télévision : El Pont de Vilomara, Espagne


Cosima Dannoritzer : "face aux montagnes de déchets, il faut réagir"

La réalisatrice de "Prêt à jeter", Cosima Dannoritzer, explique les raisons qui l'on amenée à réaliser son dernier documentaire : La tragédie électronique.


Que faire des déchets électroniques ?

Les notions de gestion et de développement durable étaient au cœur des débats et forums de la Conférence des Nations unies sur le développement durable à Rio. Mais aucun engagement clair n'a été pris pour la protection des ressources. Restent les initiatives individuelles. Dans notre quotidien, nombreux sont ceux qui déplorent la durée de vie limitée des équipements que nous achetons. Pour alerter sur cette stratégie du "tout jetable" Stephan Schridde, diplômé en gestion, a créé un blog où il liste les produits qu'il juge de pacotille car à durée de vie trop limitée. De là, à prôner une économie de le non croissance, il n'y a qu'un pas... Un reportage de Kolja Kandziora pour ARTE Journal (22/06/2012).

  • consommation
  • recyclage
  • obsolescence programmée

Système de recyclage européen

  • Système de recyclage européen

    Système de recyclage européen

    1 min

Que deviennent nos déchets électroniques dans l'Union Européenne ? Où sont-ils recyclés ? Et qui paie la facture ?


Les déchets électroniques et leur recyclage : la grande FAQ

Vous vous posez encore des questions ce qui doit être recyclé dans vos déchets électroniques ? Vieux frigidère, téléphone hors-service... Cette FAQ devrait vous éclairer !

Que sont les DEEE et les D3E ?

On appelle DEEE ou D3E les Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques, soit tous les produits usagés fonctionnant sur piles, secteur ou batterie : ordinateurs, téléphones, appareils électroménagers… mais également des équipements tels que les cuisines professionnelles, les climatiseurs, les distributeurs automatiques etc. 

Les équipements ménagers ne sont pas soumis à la même réglementation que les équipements professionnels. 

Les pays industrialisés produisent entre 20 et 50 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques chaque année.

Le nombre d’objets électroniques dont nous nous servons au quotidien ne cesse d’augmenter. Les déchets électriques et électroniques sont la catégorie de déchets dont le volume croît le plus vite. 

En 2013, à l’échelle de la planète, environ 50 millions de téléviseurs à écran plat, 300 millions d’ordinateurs, et 2 milliards de téléphones portables et smartphones ont été vendus.

Le cycle de vie des équipements électriques et... par Ecologic_France

Pourquoi recycler les DEEE ?

1. Pour dépolluer, préserver l'environnement et notre santé

Les DEEE contiennent des matières dangereuses pour la santé et l’environnement (métaux lourds qui polluent les sols et les eaux, PCB dont la combustion est cancérigène, gaz contenus dans les réfrigérateurs attaquant la couche d’ozone…). 
Les gaz utilisés dans les vieux réfrigérateurs ont un pouvoir réchauffant global 6000 fois plus important que celui du CO2. 

La dépollution passe par des installations adaptées et nécessite des équipements spécialisés et des procédés industriels spécialisés. On dénombre environ 215 centres de traitement de DEEE en France, qui effectuent une ou plusieurs des différentes opérations suivantes : réemploi, réutilisation, dépollution, démantèlement, broyage, tri, recyclage, traitement physico-chimique.

2. Pour pouvoir les recycler

Le tri des DEEE est indispensable car ceux-ci ne peuvent pas être traités et valorisés s’ils sont mélangés à des déchets d’autres natures. Il ne faut donc pas les mettre ni dans la poubelle ordinaire ni aux encombrants. Tous les appareils électriques se recyclent, en moyenne à 80 %, à la différence des emballages. 

3. Pour en retirer des ressources

Le recyclage des DEEE permet de séparer et de valoriser des matériaux qui peuvent être réutilisées (métaux, plastiques, verre…). En France aujourd'hui en moyenne 80% du poids des équipements électriques et électroniques sont revalorisés en matière première qui vont vers l'industrie pour la refabrication d’autres produits. Le reste est soit brûlé (valorisation énergétique), soit stocké en tant que déchet ultime. 

Les déchets électriques et électroniques contiennent, parmi d’autres choses, de l’argent, de l’or, du cuivre, du plomb et une large palette de métaux rares et chers : lanthane, cerbium, europium, euridium, neódyme, terbium... qu’on appelle communément "terres rares", même si (en dehors du prométhéum), ils sont relativement abondants.

A partir de 50 000 téléphones portables, 1 kg d’or et 10 kg d’argent peuvent être extraits, d’une valeur avoisinant les 40 000 euros. Mais seulement 1% des téléphones mobiles sont actuellement recyclés en Europe.

L’Europe dépense environ 130 milliards d’euros par an pour importer des métaux "stratégiques", alors qu’ils sont présents et récupérables en quantités importantes dans les DEEE. Plus les volumes de DEEE traités seront importants, plus la filière pourra améliorer les technologies employées et rentabiliser les investissements. 

4. Pour créer des emplois

Le recyclage est une industrie en plein développement, porteuse d’emplois localisés en France (le recyclage doit avoir lieu dans le pays de collecte) et non délocalisables (3 600 équivalents temps plein en France). De plus, de nombreuses entreprises de l’économie sociale et solidaire y sont actives, comme le réseau Envie ou le réseau Emmaüs, et les usines de recyclage emploient notamment une partie de personnel handicapé ou en contrat d’insertion.

Que faire de nos DEEE ?

Le documentaire "La tragédie électronique" montre les failles du système de recyclage européen. Cependant, même s’il existe une partie de « fuites » le long de la chaîne (vols dans les déchetteries, détournements par les transporteurs…), confier ses vieux appareils à la filière de recyclage reste la meilleure solution. 

Quand un consommateur européen achète un appareil électrique ou électronique, le prix d’achat comprend une éco-participation (www.eco-systemes.fr/documents/Bareme.pdf)  pour recycler les objets en fin de vie. Selon les pays, cette contribution varie par exemple de 10 à 20 euros pour un réfrigérateur.

1. En France

En 2013, environ 45 millions d’appareils ont été recyclés selon les standards européens. Malheureusement en France, 25 % des appareils confiés par les consommateurs à la filière agréée (points de collecte, magasins, livreurs…) sont volés ou vandalisés. 

  • Vous êtes un particulier (filière dite "ménagère" : utilisation à des fins personnelle) :

Le recyclage des appareils électriques ménagers (ceux du grand public) est payé d’avance par l’éco-participation payée au moment de l’achat. Cette éco-contribution est gérée ensuite par un éco-organisme et correspond au coût de collecte, de dépollution et de recyclage des anciens appareils. Les 4 éco-organismes français sont Eco-systèmes, Ecologic, ERP et Recylum pour les ampoules.

Pour trouver comment faire recycler vos déchets au plus près de chez vous, le site d’Eco-systèmes, propose un moteur de recherche par type de déchet et zone géographique. 

Plusieurs solutions : 
•    Réparation de votre vieil appareil 
•    Le don à d'une association agréée par un éco-organisme, si l’appareil fonctionne encore, qui va le remettre en état et le revendre à prix réduit ou en tirer des pièces de rechange, et faire recycler le reste
•    Le "1 pour 1" (dans un magasin ou à la livraison) : pour chaque achat d’un appareil neuf équivalent, les distributeurs ont l’obligation de reprendre gratuitement l’ancien équipement pour le confier à la filière DEEE. On peut également exiger cela d’un site de vente par correspondance.
•    Les meubles de collecte des éco-organismes en libre accès chez les distributeurs 
•    Le dépôt en déchetterie : elles disposent d’un espace DEEE et travaillent avec les éco-organismes

Surtout, ne pas jeter vos DEEE dans une poubelle, ni les déposer dans la rue, même si c’est ce que propose votre commune qui en assure le ramassage. Les déchets électriques et électroniques déposés sur la voie publique sont ramassés très rapidement par des personnes qui se contenteront d’en extraire les métaux facilement valorisables, et jetteront le reste qui polluera l’environnement.

  • Vous êtes une entreprise, une administration… (filière dite "professionnelle")  : 

Deux possibilités en fonction de la date de mise sur le marché du produit devenu déchet :
•    avant le 13 août 2005 : vous devez prendre en charge le coût de la collecte et du traitement du DEEE.
•    après le 13 août 2005 : Vous devez vous tourner vers le producteur du bien (son fabriquant, son importateur, son revendeur, etc.). Il a l’obligation de prendre en charge le DEEE et de vous orienter vers un point de collecte. 

A noter : à partir de janvier 2015, les appareils dits mixtes (à usage particulier et professionnel, ex : ordinateur) seront soumis à l'éco-participation. A ce titre, une entreprise pourra faire recycler son matériel informatique par la filière ménagère et donc se débarrasser de son parc informatique  dans le respect de la législation.

Attention, se méfier des entreprises qui proposent un enlèvement de vos déchets gratuitement, si elles ne sont pas directement mandatées par les producteurs de vos équipements ou par un éco-organisme. Il s’agit parfois d’entreprises qui détournent les DEEE pour les exporter ou en exploiter les ressources, sans recyclage ni dépollution. 

2. En Allemagne

Le système allemand est très différent du système Français. L’Allemagne fonctionne sans éco-organisme. Les distributeurs ne sont pas obligés de reprendre les anciens appareils lorsqu’on en achète un neuf.

En Allemagne, ce sont les municipalités qui collectent les DEEE et négocient la reprise des équipements avec les centres de traitement. Par conséquent, le choix du traitement serait souvent basé sur les prix pratiqués, ce qui diminuerait considérablement le coût du traitement mais aussi sa qualité (par ce système les exports illégaux de DEEE seraient également encouragés). 

-  Où déposer les appareils à recycler ? Certains magasins pratiquent la reprise mais ils n’en ont pas l’obligation. A défaut, la déchetterie.
-  Qui recycle ? Il y a un double système : soit les producteurs récupèrent des appareils dont ils ont la responsabilité du recyclage soit les déchetteries s’en chargent. Les 2 solutions cohabitent assez souvent.

Le recylage, ça coûte combien ?

Le coût du recyclage d’un appareil correspond aux coûts de l’ensemble de la chaîne : collecte, tri, transport, réparation ou recyclage, dépollution, élimination des déchets ultimes… Une partie de ce coût est financée par l’éco-participation, une partie par la revente des matières récupérées. 

Partout en Europe, le montant de l’éco-participation pour un appareil est inférieur au coût global du recyclage, car on vend plus d’appareils neufs qu’on n’en recycle dans la filière agréée. Par exemple, l’éco-participation de 2 réfrigérateurs neufs finance le recyclage d’un appareil usagé qui entre dans la filière agréée.

1. Un réfrigérateur

•    Montant de l’éco-participation du consommateur : 13 euros en France
•    Coût global de traitement (transport, dépollution, recyclage) : 35 euros. 
•    Recette de revente des matières recyclées (plastique, cuivre, fer…) : jusqu’à 10 euros mais ce montant fluctue selon les cours des matières.

2. Un téléviseur à tube cathodique

•    Pour le téléviseur, l'éco-participation varie entre 1 et 8 euros environ, selon le poids des appareils auquel il faut ajouter un malus si l'appareil contient du plastique bromé et du mercure dans les lampes (écrans LCD et plasma).
•    Le coût de traitement (transport, dépollution, recyclage) est en moyenne de 11,50 euros. 
•    Recette de revente des matières recyclées (plastique, cuivre, fer…) ce montant fluctue selon les cours des matières, le type et la taille du téléviseur… La bobine de cuivre est souvent ce qui est convoité par les voleurs, elle peut rapporter entre 1 et 2 euros au poids.
•    A noter que pour l’instant les téléviseurs à écrans plats sont stockés. Ils sont encore rares à être jetés, du fait de leur faible ancienneté. La première usine de recyclage permettant le recyclage des écrans plats en France a ouvert ses portes en France en 2014.

Où vont les DEEE ?

1. En Europe

L’Union Européenne estime que les deux tiers des déchets électriques et électroniques européens ne parviennent pas jusqu’aux usines de recyclage agréées. Une partie est stockée chez les consommateurs, une partie est incinérée, ou mise en décharge, une partie récupérée par les ferrailleurs, une partie est détournée localement par les trafiquants et, enfin, une partie est exportée…

2. En France

En France, chaque année, 
- 23 kg d’équipements électriques et électroniques sont achetés, et chaque foyer dispose d’environ 65 appareils.
- chaque consommateur se débarrasse d’environ 20 kg de déchets électriques et électroniques (+ ou – 3 kg). Que deviennent-ils ? Les réponses dans notre infographie !

3. Le traffic international

La Convention de Bâle, un traité international interdisant l’exportation de déchets toxiques, dont les déchets électriques et électroniques, a été signée en mars 1989 par 190 pays. Parmi eux, seuls Haiti et les États-Unis ne l’ont pas ratifiée. Depuis sa ratification, il est illégal d’exporter des déchets électriques et électroniques. Mais il est légal d’exporter du matériel d’occasion en état de marche. De nombreux exportateurs exploitent cette faille entre les "déchets électriques et électroniques" et le matériel d’occasion, car que la différence n’est pas toujours visible, et le volume est tel qu’il est impossible d’en vérifier la totalité.

L’Organisation mondiale des douanes estime que 10% du trafic par conteneurs dans le monde concerne des biens dangereux ou illégaux, incluant les déchets électriques et électroniques. Entre 20 et 50 conteneurs de déchets électriques et électroniques quittent chaque jour les États-Unis. On estime qu’aux États-Unis, jusqu’à 80% du matériel en fin de vie part à l’étranger.

La Grande-Bretagne produit environ 1,4 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques par an. On estime que 10% sont exportés, soit à peu près 100 000 tonnes. La Grande-Bretagne compte 39 éco-organismes en concurrence les uns avec les autres ! La concurrence généralisée pousse les prix à la baisse… et la "propreté" du recyclage avec. 

Les principales destinations des exportations illégales de déchets électriques et électroniques sont : l’Afrique, la Chine, l’Europe de l’Est, l’Inde et les Philippines. L’Amérique du Sud devient une destination de choix. Pour en savoir plus, regardez notre infographie ! Jusqu’à 100 conteneurs de déchets électriques et électroniques quittent l’Allemagne pour le Ghana chaque semaine. Le Ghana a signé la Convention de Bâle mais aucune loi nationale ne vient interdire l’importation de déchets électriques et électroniques. Depuis 2010, le nombre de conteneurs de déchets électriques et électroniques arrivant au port de Tema, le principal port du Ghana, est passé de 300 par mois à de 450 à 600 aujourd’hui. 

- 63 000 conteneurs arrivent au port de Hong Kong chaque jour. Jusqu’à 100 d’entre eux contiendraient des déchets électriques et électroniques.

- En Inde, 95% des DEEE sont traités hors structures souvent par les habitants. En Inde, récupérer les composants d’une tonne d’ordinateurs rapporte environ 150 euros. En Europe, les recycler coûte 450 euros.

Les déchets électriques et électroniques se négocient librement sur des plateformes Internet telles que www.alibaba.com, souvent sous couvert de produits de seconde main « non testés », alors que selon la Convention de Bâle seuls les produits fonctionnels devraient pouvoir être exportés. 35 000 commerçants et courtiers vendent des composants et des puces électroniques de seconde main sur Internet ou sur des marchés de l’électronique. La valeur de ces transactions est estimée à plus de 100 milliards d’euros par an. 

Quels profits pour ceux qui détournent les DEEE ?

Le trafic des DEEE s’explique par la recherche d’un profit à court terme, négligeant la pollution qui en résulte. En Europe et dans le monde, le trafic existe à la fois à petite échelle (vol de DEEE déposés sur les trottoirs, vols dans les déchetteries ou durant les transports…), et à grande échelle (détournement systématique organisé).

1. Plusieurs sources de profits existent

  • Le détournement de l’éco-participation

En Europe, certains prestataires de recyclage prétendent avoir recyclé, utilisent les sommes prévues pour le recyclage sans en avoir supporté le coût (exemples britanniques dans le documentaire La tragédie électronique). 

  • La revente de métaux, localement

Les voleurs et trafiquants revendent localement les métaux facilement récupérables, au poids, et se débarrassent du reste (décharges sauvages, comme en Espagne dans le documentaire "La tragédie électronique"). Les métaux contenus dans un réfrigérateur peuvent rapporter jusqu’à 10 euros, ceux d’un ordinateur 4 euros et ceux d’un téléviseur environ 2 euros. Mais les voleurs ne peuvent pas extraire les métaux présents en petites quantité, ni les terres rares. Le reste des appareils est abandonné, cassé, et devient impossible à recycler et dépolluer. 

Un frein à ce trafic : depuis 2011 en France les ventes au détail de métaux ferreux et non ferreux sont beaucoup plus contrôlées.

  • La vente des DEEE en vrac, à l’export

Les trafiquants vendent les déchets à des importateurs étrangers, sous couvert d’équipements d’occasion. Les acheteurs eux-mêmes revendront au mieux les appareils qui fonctionnent, ou les métaux récupérables, et se débarrasseront du reste en polluant l’environnement. 

Quelles sont les consequences conctrètes du traffic illégal de DEEE ?

Les mouvements illégaux de DEEE et les « recyclages » clandestins accroissent les risques sanitaires pour les populations locales et ont des conséquences néfastes durables sur leur environnement. De plus, la remise en circulation de composants électroniques issus de ce trafic est devenue une source d’inquiétudes pour de nombreuses industries.

1. Des problèmes sanitaires

•    La combustion des DEEE est extrêmement toxique. Elle libère une fumée chargée en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont la plupart sont reconnus comme cancérigènes lorsqu’ils sont inhalés. 
•    La récupération des métaux passe aussi par l’utilisation de bains d’acide, aux vapeurs toxiques. 

  • Dommages pour la santé les plus fréquents

•    problèmes respiratoires et cardiaques
•    dommages au cerveau, au système nerveux
•    dommages au système digestif, aux reins…  
•    impact sur le système reproducteur (fausses couches) et malformations congénitales. 
•    risque de cancer accru

2. Des problèmes environnementaux
•    contamination des eaux par les métaux lourds, les rejets acides… (rivières, nappes phréatiques etc.), 
•    contamination de l’air (combustion, etc.), 
•    contamination des sols (paupérisation des terres, acidité etc.) 

3. Des problèmes sécuritaires 
•    Remise sur le marché de composants défaillants vendus comme neufs (puces etc.). 
•    Des secteurs directement touchés comme ceux de la santé, du transport etc. 
•    Surcoût de ces industries pour vérifier chaque composant. 
•    Les données des disques durs non effacés peuvent être réutilisées de manière frauduleuse.

Comment lutter contre le trafic ?

1. Renforcer le contrôle et la sécurité

  • Mieux sécuriser les déchetteries
  • Meilleure traçabilité lors de la collecte et du transport
  • Renforcer les contrôles dans les usines de recyclage
  • Compléter la filière
    Organiser des solutions pour la reprise des appareils désinstallés par les artisans, installateurs, cuisinistes (climatiseurs, chauffage, électroménager encastré, chauffe eau…). 
  • Renforcer les contrôles aux frontières
    … mais les volumes ne permettent pas un contrôle suffisant.

2. Renforcer les sanctions

Les sanctions contre le trafic sont faibles, la législation complexe, mal connue y compris de la justice, et les poursuites sont encore rares. 
Pour les trafiquants, cela donne au trafic de DEEE un très bon ratio risque / bénéfice.... 
La peine encourue pour trafic illégal de DEEE est faible par rapport à ses conséquences sur la santé et l’environnement : 2 ans de prison, 75 000 euros d’amende (en France). 

3. Contrôler le marché des métaux

Depuis le 1er aout 2011 en France le législateur a interdit les ventes au détail de métaux ferreux et non ferreux payées en liquide. Cette mesure se double d'une obligation pour les acheteurs de déclarer au fisc les coordonnées des vendeurs ainsi que les montants des achats correspondants.

4. Diminuer la quantité de déchets 

… en utilisant plus longtemps nos appareils, en les faisant réparer…

5. Développer l’éco conception des appareils

Utilisation de matières moins polluantes, appareils conçus pour être plus durables et réparables. 

Comment sont classées les installations de recyclage des DEEE et qui contrôle qui ?

Deux types de contrôles existent : les contrôles des pouvoirs publics, et les contrôles internes à la filière. 

En France, les installations de recyclage des DEEE sont classées, autorisées et contrôlées en fonction de la quantité et de la dangerosité des déchets qu’elles peuvent accueillir. Ces centres de stockage et de traitement des DEEE s’engagent à respecter un certain nombre de critères de qualité et de sécurité. Des inspecteurs (de la DREAL) contrôlent les installations et peuvent dresser des procès verbaux en cas d’infractions. 

Les éco-organismes mènent également des contrôles auprès de leurs prestataires (c’est donc le cas pour toute la filière ménagère et pour une partie de la filière professionnelle). 2 types de contrôle : ceux réalisés par des cabinets d'audit indépendants et ceux réalisés sur le terrain par les équipes régionales de l’éco-organisme. En 2013, près de 350 contrôles et visites ont été effectués par Eco-Systèmes, par exemple.

Que dit la loi ?

1. Convention de Bâle – 1989 

La Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination est un traité international qui a été conçu afin de réduire la circulation des déchets dangereux entre les pays. La Convention a été ouverte à la signature le 22 mars 1989 et est entrée en vigueur le 5 mai 1992. Sur 190 États partie à la convention, seuls l'Afghanistan, Haïti et les États-Unis ont signé la Convention mais ne l'ont pas ratifiée.

2. Première directive européenne  (2002/96/CE du 27 janvier 2003)

Objectif de collecte annuel : 4 kg / habitant
Définit le producteur comme responsable de la collecte, du traitement des déchets.
Les Etats membres doivent proposer un système de récupération gratuite des DEEE.
La directive est transposée en droit français en 2005, effective le 15 novembre 2006.
Elle instaure la possibilité pour les producteurs de faire appel à 4 éco-organismes pour se charger du traitement des déchets : Eco-Systèmes, Eco-Logic, ERP et Recylum (pour les lampes).

3. Nouvelle Directive européenne (2012/19/UE du 14 juillet 2012)

Objectif final (2020) de collecte annuel : 20 kg / habitant
La nouvelle directive imposera aux exportateurs de vérifier si les appareils sont en état de fonctionnement et de fournir des documents sur la nature des transferts suspectés d'illégalité. 
À partir de 2016, les États membres devront garantir que 45 % des équipements électriques et électroniques vendus dans chaque pays sont collectés.

Les États Européens avaient jusqu’au 14 février 2014 pour adapter leur législation à la nouvelle directive Européenne. En France, c’est encore en cours…

  • Texte de la directive

Français : suivez ce lien.

Allemand : suivez ce lien

  • Communiqué de presse de la Commission européenne présentant la nouvelle directive

En Français
En Allemand

Pour aller plus loin...

Rapport de l’ADEME sur la filière des DEEE en France en 2012
STEP – Solving the E-waste Problem (émanation des Nations-Unies)

  • Umweltbundesamt / Ökopol

Optimierung der Steuerung und Kontrolle grenzüberschreitender Stoffströme bei Elektroaltgeräten / Elektroschrott

Rapport en Allemand
Résumé en Anglais :Transboundary shipment of waste electrical/electronic equipment/electronic scrap – Analysis and proposal for optimization of material flows 
Encyclo Ecolo

Les ONG actives

1. Les amis de la terre France

www.amisdelaterre.org
www.amisdelaterre.org/obsolescence

  • Campagne Produits pour la vie

La lutte contre l'obsolescence programmée et pour l'allongement de la durée de vie est lancée ! Soutenez nos demandes et découvrez nos conseils et adresses pour donner une seconde vie à ses produits ici et sur le site.

  • Campagne Les dessous de la high-tech

Les impacts de l’industrie de la high tech, de la chaîne de production à la mise en décharge sont souvent passés sous silence, et pour cause, ils sont catastrophiques. C’est ce qu’expliquent les Amis de la Terre dans leur campagne sur la high tech et sur le site www.dessousdelahightech.org ! Découvrez le dernier rapport des Amis de la Terre sur l'obsolescence programmée !

2. Greenpeace

A guide to greener electronics

 

 

 

 

 

 


"Tragédie électronique", le docu qui fait des vagues sur le web

"Tragédie électronique", le dernier opus de Cosima Dannoritzer, suscite une grande curiosité et des commentaires sur Internet. De Paris à Montréal, le sujet est largement repris par la presse en ligne.

Dans un documentaire intitulé La tragédie électronique, diffusé sur ARTE le 20 mai, la réalisatrice Cosima Dannoritzer plonge au coeur d'un trafic qui brasse à l'échelle mondiale des millions de tonnes de déchets par an, au détriment de l'environnement et de la santé des populations.

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Cosima Dannoritzer est allée en 2011 visiter et enquêter sur ce sujet. Elle y est retournée cette année. Le constat est accablant et le problème ne fait qu’empirer. Comment se fait-il que ces milliers de tonnes de déchets électroniques toxiques continuent à arriver en masse au Ghana alors que, depuis le 22 mars 1989, la convention de Bâle, traité international ratifié, depuis, par près de 190 pays, en interdit le trafic ? La réponse est simple : le profit.

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Une enquête coup de poing sur nos déchets électroniques.

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La Tragédie Électronique sur ARTE: "Full metal racket"

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 Un documentaire diffusé sur ARTE démontre l'incurie générale qui règne sur le trafic de nos rebuts électroniques. Une enquête sans appel. 

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  • déchets électroniques

Prêt à jeter

Les biens de consommation sont-ils volontairement conçus pour ne plus fonctionner au bout de quelques années ? Depuis la première diffusion du documentaire « Prêt à jeter », le débat sur l’obsolescence programmée n’a pas désempli. Associations de consommateurs et hommes politiques exigent maintenant des réglementations. Comment le consommateur peut-il contribuer à prolonger la durée de vie des produits qu'il utilise au quotidien ?

Découvrez notre dossier spécial

 

 

Source : future.arte.tv/fr

 

 


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Alertes- Ce que vous devriez savoir
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Mardi 20 mai 2014 2 20 /05 /Mai /2014 23:27

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Multinationales

Accaparement des terres : demain, à qui appartiendra la planète ?

par Nadia Djabali 20 mai 2014

 

 

 

 

Des millions d’hectares sont achetés chaque année dans le monde par des multinationales ou des investisseurs étrangers. Conséquence : une mainmise sur les terres agricoles de la planète, des processus de forte concentration, et le risque de voir trois milliards de paysans sans emploi d’ici 2050. « L’appropriation des terres agricoles mondiales est une rente économique pour des entreprises », rappellent Michel Merlet et Mathieu Perdriault, responsables de l’Association aGter. Mais la propriété de la terre n’est pas un droit absolu et exclusif : il est aujourd’hui essentiel d’intégrer une garantie d’intérêt général dans l’usage des terres, au niveau mondial, selon ces spécialistes des questions foncières. Entretien.

Basta ! : Quelle est l’ampleur du phénomène d’accaparement des terres dans le monde ?

Michel Merlet [1] : La Banque mondiale fait état de 56,6 millions d’hectares concernés en 2011 (presque la superficie de la France, ndlr), sur la base de données très partielles. L’observatoire Land Matrix [2], qui répertoriait 80 millions d’hectares en 2012, n’annonce plus aujourd’hui que 35,8 millions. Ces chiffres ne prennent pas en compte tous les phénomènes. Ainsi, les terres contrôlées par l’entreprise italienne Benetton en Argentine, acquises dans les années 1990, ne sont pas comptabilisées par la Land Matrix, car celle-ci ne s’intéresse qu’aux dix dernières années. L’Afrique du Sud, où 83 % des terres sont contrôlées par 60 000 exploitants blancs, est devenue un pays sans paysans, où se développe une « grande » production, que l’on dit à tort « efficace ». Sauf que ce développement a eu lieu avec des fusils mitrailleurs, des gardes et des chiens dressés pour empêcher les populations d’entrer dans les fermes. La différence de revenus des agriculteurs, depuis le minifundiste (agriculteur possédant une petite propriété) jusqu’au grand entrepreneur, est de un à 10 000 ! Mais on ne parle pas de cette concentration de richesse et des phénomènes d’exclusion. Ni de la violence de plus en plus forte qui les accompagne.

Mathieu Perdriault  [3] : L’ampleur exacte de ces phénomènes est sans doute impossible à établir. Une grande quantité d’accords sont passés en toute discrétion. Les conclusions de la Land Matrix, qui note un « tassement » et affirme que les projets ne sont finalement pas mis en œuvre sur les surfaces annoncées, sont trompeuses : même si les surfaces ne sont pas intégralement mises en culture, les droits sont bien transférés, aux dépens des personnes souvent très nombreuses qui vivaient de ces terres. Vous pouvez acheter ou louer des milliers d’hectares pour presque rien dans certains pays, alors pourquoi s’en priver ? Même si vous n’avez dans un premier temps les moyens de cultiver « seulement » que quelques centaines d’hectares…

M. M : Ces processus de très forte concentration ne sont pas des évolutions « normales ». Il s’agit d’accaparements : de plus en plus de terres dans les mains de moins en moins de gens ! 50% de la population mondiale vit dans les campagnes et est directement menacée par ces phénomènes. Si on imagine un développement de l’agriculture calqué sur celui des États-Unis ou de l’Europe occidentale, 3,7 milliards de personnes seront sans emploi à l’horizon 2050.

Le terme « accaparement » est contesté par les entreprises concernées…

M. M. : La querelle sur le vocabulaire est tout sauf anodine : l’ampleur du phénomène dépend de ce qu’on définit comme « accaparement ». Pour le Centre d’analyse stratégique du gouvernement, il s’agit de « cessions d’actifs agricoles ». Les ONG parlent souvent d’« accaparement ». Les termes land grabbing et accaparement cherchent à montrer la culpabilité des entreprises. Or, les ventes et les locations ont lieu souvent avec l’assentiment des « cédants » – l’Etat, les chefs locaux, ou même des paysans, pour qui une maigre contrepartie peut apparaître comme une aubaine ! Elles s’opèrent aussi souvent en conformité avec les lois du pays concerné.

Dans nos travaux avec le comité technique « Foncier et Développement » de la Coopération française, nous parlons d’« appropriation » et de « concentration des terres » : ces termes désignent mieux les phénomènes qui posent problème. Ce qu’il faut considérer en premier lieu, c’est la lutte historique pour l’accès à la terre, aux ressources financières et aux marchés, entre petite production agricole et grande exploitation capitaliste avec salariés. Leur coexistence pacifique est un mythe : les grandes entreprises se construisent en détruisant les petites. Les petites unités paysannes ne peuvent se maintenir et se développer que si le développement des très grandes entreprises est stoppé. Il est essentiel de pointer cet aspect, et pas seulement la violation des droits des peuples indigènes et autochtones.

Les entreprises, elles, parlent « d’investissements »...

M. M. : L’usage de ce mot contribue largement à la confusion, en donnant une aura positive aux « investisseurs ». Mais d’où viennent leurs profits ? Essentiellement de quatre mécanismes : 1/ Un accès à la terre quasiment gratuit – les loyers ou les prix d’achat sont très bas – qui entraine une appropriation de richesses, et une rente foncière. 2/ La possibilité de produire en utilisant des machines puissantes et donc peu d’ouvriers, dont les salaires sont par ailleurs très bas. 3/ Des avantages accordés aux investisseurs afin de les attirer, essentiellement des exemptions d’impôts. 4/ Un accès privilégié aux marchés solvables, parfois subventionnés comme c’est le cas pour les agrocarburants, aux infrastructures de transport et de transformation, et aux crédits des banques. Des rentes que s’approprient les « investisseurs ».

Les profits ne reflètent pas l’efficacité du processus de production, mais bien la capture de « rentes ». Cela se voit dans la répartition de la richesse créée [4]. Dans les agroholdings (de très grandes entreprises agricoles) d’Ukraine, entre 80 et 90% de la richesse créée sert à rémunérer les propriétaires du capital. Les profits peuvent être très importants, même si l’efficacité de la production est toute relative, avec des rendements très inférieurs à ceux du bassin parisien. Ces investisseurs sont présentés comme seuls susceptibles de nourrir le monde. Or toutes les études montrent que les petits producteurs produisent proportionnellement beaucoup plus d’aliments et de richesses par hectare que la grande production ! Nous avons pu le vérifier encore au Pérou, en comparant les petits producteurs de bananes équitables ou de citrons avec les entreprises de production de canne à sucre (transformée en éthanol) les plus modernes du monde. Les petits producteurs produisent deux à trois fois plus de valeur ajoutée nette par hectare que ces grandes entreprises ! Et ils offrent de 60 à 100 fois plus de travail par hectare que les grandes entreprises !

Ces phénomènes « d’investissement » sont amplifiés par les quantités considérables d’argent disponible pour ce type de « placement ». Les grandes entreprises peuvent bénéficier, pour ces opérations, de prêts de la part de banques, de fonds d’investissement, ou d’organismes financiers nationaux ou internationaux (comme la Société financière internationale du groupe Banque mondiale).

Comment s’effectuent les prises de contrôle des terres et quels sont les systèmes politiques et juridiques qui les rendent possibles ?

M. P. : Au regard de la loi dans beaucoup de pays d’Afrique, les paysans, installés sur les terres bien avant la création des États, n’en sont que des utilisateurs de fait. Des squatteurs, en quelque sorte. Leurs droits ne sont pas reconnus. Ou seulement à condition de passer par les procédures d’immatriculation des terrains. Des processus complexes et coûteux, hors de portée des habitants, et qui ne correspondent pas aux usages coutumiers. Et les États font des ponts d’or aux investisseurs – notamment pour pouvoir bénéficier des aides publiques au développement. Ils mettent à leur disposition des terres sensées être disponibles et leur offrent des facilités pour créer des entreprises. L’État éthiopien a attribué 7 millions d’hectares en quelques années, et a l’intention d’en livrer encore 4 millions, puisés dans les meilleures terres du pays.

M. M. : Au moment des indépendances, les nouveaux États ont récupéré la « propriété » sur la terre des mains des États coloniaux. Les États de Zambie ou de Madagascar, par exemple, se considèrent propriétaires de toute terre qui n’a pas été immatriculée. L’immatriculation suit des modalités administratives directement héritées de celles qu’employait l’État colonial pour attribuer les terres aux colons. Dans les pays colonisés par des États où prévalait la Common Law [5], ce sont les chefs coutumiers qui sont considérés comme étant les détenteurs de droits sur les terres. Mais au Ghana par exemple, de grands chefs coutumiers signent parfois des contrats avec les investisseurs, ne respectant aucunement les droits de leurs propres peuples.

Dans ces différentes situations, on considère à tort que la propriété de la terre est un droit universel, absolu et exclusif. De nombreux gouvernements africains ont une idée erronée de l’histoire de la propriété des pays développés. Les terres n’ont jamais été immatriculées en France, au sens où elles le sont dans les pays anciennement colonisés. Les droits se sont consolidés et formalisés au cours du temps, et n’ont pas été décrétés par le haut. Le système de reconnaissance des droits sur la terre s’est construit de façon très différente dans les pays colonisés et dans les pays colonisateurs.

M. P. : La conception de la propriété n’a donc pas été « exportée » à l’identique par les pays colonisateurs. La puissance coloniale a décrété être la propriétaire des terres de ses colonies, et elle les a distribuées à ses ressortissants métropolitains pour les « mettre en valeur ». Au moment des indépendances, les nouveaux États ont prorogé cette conception. Ils s’arrogent tous les droits sur l’espace et peuvent dès lors les transférer d’un bloc à des entreprises. C’est ainsi qu’on trouve des contrats fonciers qui prévoient la possibilité pour l’entreprise attributaire d’exercer jusqu’à un pouvoir de police dans les périmètres attribués et de les exploiter sans la moindre contribution fiscale.

D’où vient cette notion de droit de propriété absolu ?

M. M. : Cette notion est une invention récente, datant de la Révolution française. Elle avait une fonction politique et idéologique bien particulière. Elle n’existe en fait jamais dans la réalité, et certainement pas dans les pays développés. Personne n’est propriétaire de tous les droits sur un territoire donné. Plus les sociétés se développent et moins les droits sont exclusifs. Avec les droits dits coutumiers, en Afrique, de multiples types de droits portent sur les différentes ressources d’un même espace, avec de nombreux ayant-droits, individuels et collectifs. Les lunettes qui nous font voir la propriété comme forcément absolue nous empêchent de comprendre la réalité. Pour les gens qui s’approprient les ressources, c’est par contre très pratique d’avoir tous les droits réunis dans une seule main !

M.P. : L’usage que l’on fait des ressources a aussi des répercussions à l’échelle globale. Couper la forêt au Brésil aura des répercussions climatiques sur les habitants du monde entier. Cela devrait nous amener à concevoir partout une propriété qui ne soit pas individuelle et absolue sur les ressources. Et à penser les répercussions au niveau du droit international.

Ces logiques d’accaparement concernent-elles seulement les anciens pays colonisés ?

M.M. : Ils ne sont pas les seuls terrains favorables aux accaparements. Dans les pays d’Europe de l’Est, la collectivisation forcée a détruit, laminé, marginalisé la paysannerie. Il n’existe pas d’organisations paysannes susceptibles de défendre les petits producteurs. Le rapport de force reste extrêmement difficile à inverser, même après les réformes foncières liées à la décollectivisation.

En Ukraine, 4 millions d’hectares de terres étaient déjà aux mains de quelques très grandes entreprises (agroholdings) il y a quelques années, selon la Banque mondiale. Quand on ne prend en compte que les investissements étrangers qui ont directement spolié les gens, on oublie la transformation des grandes fermes d’État et kolkhozes en entreprises privées. Les excellentes terres agricoles ukrainiennes disponibles après la décollectivisation ont pratiquement toutes été acquises par de grands groupes dès 2010 !

M. P. : Avec la décollectivisation, les ouvriers agricoles et coopérateurs ukrainiens se sont vus attribuer chacun une parcelle de quelques hectares, au milieu de champs de plusieurs centaines d’hectares. Sans outils ni tracteurs pour les cultiver, sans pouvoir même y accéder, leur seule option a été de louer ces terres quand se sont présentés de gros investisseurs. C’est ainsi que l’entreprise française AgroGénération, par exemple, a pu s’installer en Ukraine. Elle a été revendue par la suite à un groupe texan.

Les institutions internationales se sont-elles saisies de ces questions d’accaparement et de concentration des terres ?

M. P. : Le Comité de la Sécurité Alimentaire (plateforme intergouvernementale et multipartite) qui réunit quelques 170 États et plusieurs organisations internationales s’est emparé du sujet. Il a établi une série de directives pour avancer sur la « gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale ». Mais ce sont des directives « volontaires »... Les mouvements paysans et ONG doivent continuer à batailler pour obtenir des évolutions concrètes de la part des dirigeants. Rien n’a changé dans l’ordre international. C’est toujours « deux poids, deux mesures », entre la protection des intérêts des entreprises et acteurs transnationaux et la protection des intérêts collectifs.

Au niveau international, aucune institution ne peut être saisie pour constater les violations des droits de l’Homme par une entreprise ou un État et lui imposer des réparations et des sanctions. En revanche, pour défendre les intérêts des investisseurs, il y a des « juges » supranationaux, comme le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements, affilié à la Banque mondiale. Ils ont un pouvoir de coercition sur les États. Les États passent entre eux des accords (dits de promotion et de protection des investissements) et se sont dotés d’instances judiciaires internationales pour les faire respecter. Dans une large mesure, ce sont des acteurs privés qui orientent les décisions nationales et internationales en matière de politique agricole et de développement. Il faudrait intégrer une garantie de l’intérêt général global dans les usages qui sont fait du sol.

Un collectif citoyen contre l’accaparement des terres s’est constitué en 2010 en France…

M.P. : Une vingtaine d’organisations françaises [6] se réunit régulièrement pour échanger sur ce sujet. Nous mutualisons les informations de nos interlocuteurs dans les pays du sud. Ce collectif a établi un positionnement commun. Nous demandons notamment la reconnaissance juridique des formes d’organisations traditionnelles des rapports au foncier. Et l’inversion de la hiérarchie des normes : faire en sorte que les droits humains fondamentaux s’imposent par rapport aux droits des investisseurs. Avec des institutions juridiques supranationales dotées du même pouvoir que les institutions qui garantissent les intérêts des multinationales. Mais pour cela, il convient de renforcer les mouvements qui résistent et veulent inventer autre chose. Notre démarche consiste à faire du lien entre les mouvements locaux qui luttent sur le terrain face aux accapareurs.

Ces problèmes sont peu évoqués dans les médias. La question est politique : pourquoi les règles sont-elles fixées par des acteurs privés ? Cette question est valable aussi au niveau international : des États ont le pouvoir d’influer sur les modes de développement agricole d’autres pays, en forçant à l’ouverture aux investissements fonciers étrangers notamment. Dans un monde globalisé où rien ne régule les rapports de force entre États, ce sont les plus puissants, où se trouvent les capitaux, qui ont le plus à gagner à ces phénomènes d’accaparement, et qui décident comment les autres exploitent leurs ressources. Il manque une volonté politique commune pour changer les règles internationales qui aujourd’hui ne garantissent qu’une chose : la liberté des plus puissants de s’assurer les meilleurs retours sur investissement. Il faut que les citoyens aujourd’hui se saisissent de ces questions.

Propos recueillis par Nadia Djabali

- Le site de l’association aGter

Photo de Une : Bertrand Monney, Champs de courges, CC.

 

Notes

[1Agronome, spécialiste des questions foncières, Michel Merlet est directeur d’aGter. Il a travaillé au Nicaragua à la mise en place de la réforme agraire dans les années 70 et 80, et a réalisé depuis 1988 de nombreuses missions d’expertise sur les politiques foncières et la gestion des ressources naturelles dans de nombreux pays en Amérique Latine, Afrique, Europe et Asie. aGter est une association internationale de droit Français dont les membres sont issus d’une vingtaine de pays, qui anime des processus collectifs pour analyser les problématiques liées à l’accès aux ressources naturelles et à leur utilisation, afin de favoriser l’émergence de propositions politiques nouvelles et leur application. Ces travaux sont mis à disposition en accès libre via ses sites internet (www.agter.asso.fr et www.agter.org ) et sur des supports DVD, papier etc. L’ensemble de ses productions au sujet de l’accaparement des terres est consultable ici : http://www.agter.asso.fr/rubrique103_fr.html.

[2Observatoire mis en place par la Coalition internationale pour l’accès à la terre, le CIRAD et plusieurs autres organismes pour suivre ces phénomènes.

[3Diplômé en Économie agricole internationale, Mathieu Perdriault est chargé de développement et des projets au sein de l’association aGter

[4Répartition de la valeur ajoutée, c’est-à-dire la différence entre la valeur de la production et le coût des intrants et l’amortissement réel des machines

[5« Droit commun », système juridique d’abord bâti sur les décisions des tribunaux et la jurisprudence, et non sur le droit civil comme dans le système de droit romano-germanique, où domine le principe législatif. La Common Law est en vigueur notamment dans les Etats membres du Commonwealth.

[6Frères des Hommes, Oxfam, Greenpeace, aGter, CCFD - Terre Solidaire, Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Terre de Liens, Peuples Solidaires – Action Aid France, Les Amis de la Terre – France, Collectif pour la Défense des Terres Malgaches – TANY, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde - CADTM France, Agronomes et Vétérinaires sans frontières, Confédération Paysanne, ENDA Europe, Association des Populations des Montagnes du Monde, Terre des Hommes France, Solidarité.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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Lundi 19 mai 2014 1 19 /05 /Mai /2014 18:45

 

 

Source : www.mediapart.fr


Bruxelles, rue des lobbies

|  Par Pascale Pascariello

 

 


À Bruxelles, 15 000 lobbyistes ont pignon sur rue et se démènent à proximité des institutions européennes pour tenter d'en influencer la politique. Visite guidée en compagnie de l'un d'entre eux. En partenariat avec Arte Radio.

Mediapart reprend son partenariat avec Arte Radio à l'occasion des élections européennes pour vous proposer d'autres regards – et d'autres propos – sur l'Europe.

Bruxelles est la capitale du lobbying en Europe. Pascal Kerneis dirige ESF, un cabinet incontournable pour défendre les intérêts des entreprises. Ses clients ? Le Medef, Orange, Veolia… Comme un grand nombre de lobbyistes, Pascal a commencé sa carrière au sein même de la commission européenne. Et il fait aujourd'hui partie du groupe d'experts qu'elle consulte sur le traité transatlantique TTIP…
Loin de craindre les médias, ESF tente de les utiliser pour servir son combat : la libéralisation des services et la défense du traité. Un petit guide du bon lobbying que ne contredira pas Martin Pigeon, de Corporate Europe Observatory, un groupe alter qui organise un “Lobby tour” de la capitale européenne.

 

Pour écouter l'émission, cliquer ici


Mise en ondes & mix : Samuel Hirsch

Réalisation : Pascale Pascariello

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

                                                              ***********************************************

 

 

Source : www.youtube.com

 

The Brussels Business (French)

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