Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 16:38

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Blocus lycéens : « Je préfère recevoir du gaz lacrymogène plutôt que de me taire »

 

Seize lycées ont été bloqués par des élèves à Paris et un millier de lycéens ont manifesté pour protester contre les violences policières.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

Devant le lycée Voltaire, le 23 février à Paris.

Devant le lycée Voltaire, le 23 février à Paris. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

« On peut tous être victime des violences policières, et aujourd’hui, on aimerait soutenir Théo et dénoncer les bavures de la police », explique Antoine (le prénom a été changé), 16 ans, en première au lycée Maurice-Ravel, dans le 20e arrondissement de Paris. Lui est arrivé tôt ce matin pour aider les autres jeunes de son établissement à entasser des poubelles pour bloquer toutes les entrées. « Notre établissement se mobilise régulièrement. On était actifs contre la loi travail, on l’est encore plus aujourd’hui car c’est une cause sérieuse qui nous tient tous à cœur. »

A Paris, 16 lycées ont fait l’objet de blocus, jeudi 23 février, de la part d’élèves qui protestaient contre le viol présumé de Théo L. par un policier à Aulnay-sous-Bois, le 2 février. Une manifestation place de la Nation a ensuite réuni près d’un millier de jeunes à l’appel de mouvements antifascistes, aux cris de « Justice pour Théo ! », « C’est l’impunité et l’injustice, alors désarmons la police », « Police, violeurs, assassins » ou « Tout le monde déteste la police ».

 

« Il ne faut pas généraliser »

Antoine a déjà vu certains de ses amis être victimes de violences policières et raconte avoir reçu « quatre coups de matraques injustifiés pendant les mobilisations contre la loi travail ». « Je crains que l’on retombe dans une situation aussi tendue qu’en 2005 », avance-t-il.

 

Lire aussi :   Manifestation interdite ou non déclarée : que dit la loi ?

 

Son ami Mattéo, 16 ans, le coupe. « Il faut évidemment dénoncer les bavures policières et les abus, mais il ne faut pas pour autant généraliser. Certains policiers font bien leur travail et sont là quand on a besoin d’eux », tient-il à préciser. Antoine acquiesce. Très dubitatif quant à l’efficacité des blocus, Mattéo estime que « beaucoup font ça pour louper les cours ». Pour lui, « une manifestation est plus efficace qu’un blocus car les gens font l’effort d’y aller, et cela montre que la cause leur importe vraiment ».

Alors que des camarades leur apprennent que la situation est plus tendue au lycée Henri-Bergson, dans le 19e arrondissement, les deux amis décident de s’y rendre. Les lycéens de cet établissement bloquent eux aussi l’entrée avec des poubelles. Les sapeurs pompiers sont dépêchés sur place pour éteindre les poubelles incendiées, les CRS tentent de disperser les élèves, l’ambiance est tendue. Léa, lycéenne de 18 ans en première ES, observe la scène. Pour elle, la seule façon de faire entendre sa voix est de manifester pacifiquement. « Ce serait contradictoire et contre-productif de protester contre les violences policières en étant nous-mêmes violents. » Elle ne veut pas aller à la manifestation de peur que « la situation dégénère » mais tient à être présente au blocus pour dénoncer « l’injustice ».

« Nous sommes très mobilisés dans ce lycée car nous avons nous-mêmes, l’année dernière, assisté à des violences policières », précise-t-elle. En mars 2016, Adan, un lycéen de Bergson, avait reçu un coup de poing d’un policier en marge d’un blocus de son établissement contre la loi travail. Les faits avaient été filmés et largement relayés sur les réseaux sociaux. Le policier a été condamné en novembre 2016 à huit mois de prison avec sursis.

Adan est d’ailleurs présent jeudi matin. « Je regrette qu’après ce qu’il m’est arrivé, rien n’ait changé. Les violences policières, mêmes médiatisées, sont encore présentes », déplore l’élève, qui a redoublé sa seconde. Un peu avant 11 heures, Antoine, Matteo, Adan et leurs amis quittent le lycée Bergson et se rendent place de la Nation pour manifester.

 

« Justice à deux vitesses »

Siam, 17 ans, étudiante en première au lycée Jean-Moulins à Vincennes, est, elle, venue avec deux amies. Alors qu’il n’y avait pas de blocus dans son lycée, la jeune fille a tenu à manifester, même si elle est pessimiste sur les effets du mouvement. « Je pense que cette manifestation n’aboutira à rien, mais au moins, on montre que l’on se sent concernés, que la situation nous préoccupe », indique-t-elle.

 

Lire aussi :   Violences policières : 16 lycées bloqués à Paris en soutien à Théo L.

 

Alors que certains manifestants s’en prennent à des voitures, son amie Yasmina, 17 ans, ajoute : « On ne devrait pas montrer notre colère comme ça, en s’en prenant aux biens de personnes qui n’ont rien demandé et qui n’ont rien à voir avec tout ça. » Si elle regrette les échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre, elle affirme qu’elle continuera malgré tout de manifester : « Je préfère recevoir du gaz lacrymogène dans la figure plutôt que de me taire. »

Avec sa pancarte « Il y a des indulgences qui sont un déni de justice », citation du moraliste et essayiste Joseph Joubert, Rudy est venue tout droit de son lycée Elisa-Lemonnier, dans le 12arrondissement de Paris, lui aussi bloqué. La jeune fille de 20 ans, présente avec quatre amies, dénonce « une justice à deux vitesses ». « Cette manifestation est d’autant plus nécessaire à l’approche de la présidentielle. Avec la montée du FN, on ne peut que flipper », confie la lycéenne.

Sur la place, les lycéens tentent de forcer les barrages des policiers avec des jets de projectiles. Les forces de l’ordre répondent par des tirs de gaz lacrymogènes. La mobilisation se disperse dans la confusion, notamment avenue Saint-Mandé, où les heurts avec la police continuent. Rudy conclut : « Ces mobilisations ne seront efficaces que lorsqu’elles seront mieux organisées et qu’elles rassembleront plus de monde. »

 
 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22