Encore une histoire d’argent qui engraisse. En Grande-Bretagne, les nouveaux billets de banque de cinq livres (5,9 euros), en circulation depuis deux mois, suscitent la colère des défenseurs de la cause animale parce qu’ils contiennent du suif, c’est-à-dire de la graisse de bœuf ou de mouton. La Banque royale du Royaume-Uni cherchait un matériau innovant, sans papier, afin d'améliorer la résistance des billets à l'eau et décourager les faussaires. Mais, lundi, elle a admis qu’il y avait aussi des animaux morts à l’intérieur. Plus exactement, «des traces de suif dans les plastiques polymères utilisés dans le substrat de base du polymère pour les billets de cinq livres».

Une pétition a été lancée, exigeant le retrait de ces petites coupures. «C’est inacceptable pour des millions de vegan, végétariens, Hindous, Sikhs, Jaïs et autres [citoyens] au Royaume-Uni, dit le texte signé déjà signé par plus de 20 000 personnes en moins d’une journée. Nous demandons que cesse l’utilisation de produits animaux dans la fabrication de monnaie dont nous faisons usage.»

La banque royale a pour sa part prévu de continuer sa fabrication de billets en polymère entre l'été prochain et 2020, incluant les billets de 10 et de 20 livres.

 

De la graisse animale aussi dans les frites ou le savon

Les billets de banque rejoignent la liste des nombreux objets de la vie quotidienne problématiques pour les protecteurs des animaux. On trouve ainsi du suif dans certaines préparations alimentaires, allant du bain de friture (c’est là le secret des très bonnes frites belges) aux pâtisseries (notamment en Grande-Bretagne avec le christmas pudding ou en Espagne avec l’équivalent des viennoiseries). La graisse animale recueillie dans les abattoirs est également le constituant de base de nombreux savons, bougies, lubrifiants et sacs plastiques. Mêmes les boules de nourriture déposées dans les cabanes à oiseaux en hiver renferment du suif. Sans parler des produits cosmétiques généralement peu «vegan friendly» et des tonneaux de bière qui utilisent de la graisse de poisson. Ou encore des cigarettes qui mettent du sang de porc dans leur filtre…

La plupart du temps, la composition n’est pas mentionnée ou les étiquettes sont difficiles à comprendre. Dans certains pays, comme la Grande-Bretagne, les associations vegan sont assez puissantes pour apposer leur logo sur les produits sans ingrédients d’origine animale et il est alors possible de faire ses achats en connaissance de cause. Pour ce qui concerne les billets de banque, il sera plus difficile de ne pas se salir les mains.

Pierre Carrey