Les Sociétés des journalistes du Figaro et de Mediapart dénoncent les méthodes de l’agence du médicament (ANSM) dans l'affaire de l'essai clinique de Rennes. Dominique Martin, actuel directeur général de l’agence, n’apprécie pas le travail rigoureux de certains journalistes, et préfèrerait une presse plus complaisante et plus docile. 

Le 28 octobre, Dominique Martin a écrit à la direction du Figaro et de Mediapart à qui il n’hésite pas à demander « de bien vouloir cesser de citer nommément les agents de l’ANSM ». Il exige aussi que ces deux médias retirent les noms figurant dans les précédents articles mis en ligne depuis... janvier dernier.

L’une des fonctionnaires de l’ANSM, Farida Ouadi, a de son côté fait envoyer par ses avocats, aux deux mêmes journaux, une mise en demeure. Elle exige que l’on cesse de divulguer son identité.  

Ni Dominique Martin, ni les avocats de Madame Ouadi, ne s’appuient sur le moindre fondement juridique qui imposerait de respecter l’anonymat des agents de la fonction publique et qui justifierait leurs demandes.  

Monsieur Martin, qui fut membre du cabinet de Bernard Kouchner, ministre de la santé (2001-2002), et Madame Ouadi, salariée de l’ANSM, travaillent tous deux dans une agence nationale, qui, à ce titre, a des comptes à rendre aux citoyens. 

Retirer les noms de personnes citées dans des articles déjà publiés, tout comme s’interdire de les nommer à l’avenir, est contraire à notre métier, celui d’informer. Et cela, d’autant plus que ces personnes ont été parties prenantes dans la chaîne de décision qui a conduit à l’accident mortel. 

L’ANSM a validé l’essai clinique de Rennes qui s’est soldé en janvier 2016 par la mort d’un volontaire et l’hospitalisation de quatre autres. Les enquêtes du Figaro et de Mediapart ont mis en cause les conditions dans lesquelles l’ANSM a autorisé cet essai et ont soulevé la question de savoir si l’agence avait rempli sa mission principale, qui est d’assurer la sécurité des médicaments et des produits de santé. 

Une information judiciaire est actuellement ouverte des chefs d’homicide involontaire et de blessures involontaires.

Les Sociétés des journalistes du Figaro et de Mediapart jugent les requêtes de Dominique Martin et de Farida Ouadi inacceptables et réaffirment leur volonté de poursuivre leur travail d’information, sans céder aux tentatives d’intimidation. 

 

 

 

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