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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 16:40

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

La Deutsche Bank, grand corps malade de la finance mondiale

27 septembre 2016 | Par martine orange
 
 
 
 

Menacée d’une amende record de 14 milliards de dollars par la justice américaine, la Deutsche Bank est en grande difficulté. En refusant de se porter garant de cette institution au cœur de la machine économique allemande, Berlin a déclenché une déroute boursière pour la banque. La banque, qui détient un portefeuille de 42 000 milliards de dollars de produits dérivés, fait peur à tout le monde.

Une phrase, une simple phrase, distillée ce week-end, a suffi à relancer la spéculation autour de la Deutsche Bank. Mais une phrase impensable pour les milieux financiers : l’Allemagne refuse d’être le garant en dernier ressort du géant financier. Dimanche, le magazine allemand Focus rapportait qu’Angela Merkel excluait toute aide du gouvernement allemand pour renflouer la Deutsche Bank. La perspective que Berlin pourrait ne pas aider sa principale banque, en difficulté, a déclenché une déroute sur les marchés. Lundi, le cours de la Deutsche Bank a chuté de 6,9 %, tombant à son plus bas niveau depuis 21 ans. Mardi, la banque a recommencé son parcours boursier chaotique, baissant encore de plus de 2 % dans la séance avant de se reprendre. La barre  symbolique des 10 euros est désormais le test pour les marchés.

En un an, la Deutsche Bank a vu son cours chuter de plus de 56 %. La capitalisation boursière du géant allemand est désormais à peine de 14,5 milliards d’euros, deux fois moins que celle d’Uber, alors que son bilan (1 600 milliards d’euros) représente plus de la moitié du PIB allemand.

 

Angela Merkel au siège de la Deutsche Bank en 2014 © Handelsblatt Angela Merkel au siège de la Deutsche Bank en 2014 © Handelsblatt
 

Depuis, les responsables de la Deutsche Bank tentent de calmer les esprits, démentant toute réunion avec le gouvernement. La banque, menacée par une amende record de 14 milliards de dollars (12,5 milliards d’euros) par la justice américaine, est en capacité de faire face seule et n’a pas besoin de l’aide de l’État, assurait un porte-parole de la banque. Sans réellement convaincre.

 

La confidence de la chancelière faite à Focus avait pour but de mettre un terme aux rumeurs qui agitent Berlin depuis l’annonce de l’amende record réclamée par la justice américaine. Si les responsables politiques n’ont officiellement pas réagi à cette information, en coulisses, ils ne parlent que de cela. Les scénarios s’échafaudent pour imaginer les moyens de secourir la Deutsche Bank, si nécessaire, comme sur la façon de répondre aux États-Unis à ce qui est clairement perçu comme une mesure de rétorsion :  beaucoup analysent les 14 milliards de sanctions imposés à la banque allemande comme une réponse aux 13 milliards réclamés à Apple, poursuivi pour évasion fiscale par la Commission européenne.

Lundi, Hans Michelbach, un des responsables de la CDU, proche d’Angela Merkel, tentait de préciser la ligne arrêtée par la chancelière. « Il est inimaginable que nous aidions la Deutsche Bank avec l’argent des contribuables. Cela serait un tollé public. Le personnel politique perdrait toute crédibilité si le gouvernement franchissait cette ligne. » Avant d’ajouter : « Vous ne pouvez pas comparer la Deutsche Bank à Lehman Brothers. La banque est en position de faire face à la situation par ses propres moyens. » 

 

 © zero hedge
© zero hedge
 

Justement si. Cela fait des mois que des observateurs financiers comparent la trajectoire de la Deutsche Bank à Lehman Brothers, symbole de la crise financière de 2008, en se demandant si le géant allemand ne va pas être à l’origine d’une nouvelle crise. Le refus affiché du gouvernement allemand d’aider la banque renforce encore la comparaison : en 2008, le gouvernement américain aussi avait refusé, au nom de l’aléa moral, de se porter au secours de Lehman Brothers, estimant que le système était suffisamment résistant pour faire face à une faillite bancaire. On connaît la suite.

 

L’histoire se répète rarement. Les menaces que fait peser la Deutsche Bank sur le système financier international, n’en sont pas moins réelles. Le géant bancaire allemand est devenu le grand corps malade de la finance mondiale : à la fois too big to fail, too big to jail et too big to help. Il illustre toutes les dérives passées mais aussi la faiblesse de tous les remèdes imaginés depuis la crise de 2008, comme les contradictions des politiques européennes.

Un passé qui ne passe pas

En découvrant dans le Wall Street Journal du 16 septembre les montants de l’amende que le département américain de la justice avait l’intention de réclamer, le président de la Deutsche Bank, John Cryan, est tombé à la renverse. 14 milliards de dollars ! Quelques semaines auparavant, des rumeurs plus rassurantes circulaient pourtant : le montant de l’amende américaine pourrait être autour de 2,5 milliards de dollars, assurait-on alors. Une somme que la banque pouvait largement honorer. Mais 14 milliards de dollars, c’est autant que sa capitalisation boursière.

« La Deutsche Bank n’a pas l’intention d’accepter de potentiels dommages civils s’approchant de près ou de loin des chiffres cités. Les négociations commencent juste », déclarait très rapidement John Cryan. De son côté, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, insistait pour que le traitement réservé à la banque allemande soit « équitable » par rapport à celui des banques américaines. Une manière de rappeler que Goldman Sachs, poursuivi dans la même affaire, n’avait eu à payer que 5 milliards de dollars à la justice américaine.

Les poursuites engagées par le département américain de la justice relèvent d’une vieille affaire, celle des subprimes. La Deutsche Bank se voit reprocher d’avoir trompé ses clients en leur vendant des produits titrisés [residential mortgage backed security (RMBS)], adossés à des créances immobilières à la qualité douteuse, voire totalement pourries entre 2005 et 2007. Dans son livre The Big Short, Michael Lewis avait longuement décrit les dérives de la finance qui allaient mener à la crise des subprimes. Goldman Sachs et la Deutsche Bank y menaient la danse : elles étaient à l’initiative de pratiquement tous les produits que le monde allait découvrir avec stupéfaction en 2008.

Mais il a fallu attendre de nombreuses années avant que les régulateurs imposent des sanctions. Après avoir infligé une amende de 13 milliards de dollars à JPMorgan en 2013 puis de 16,6 milliards de dollars à la Bank of America en 2014, les régulateurs ont transigé avec Goldman Sachs en lui imposant 5 milliards de dollars en janvier 2016. Et le tour de la Deutsche Bank est arrivé.

Dans ses comptes 2015, la banque allemande a bien anticipé la menace de poursuites judiciaires : elle a provisionné 5,4 milliards d’euros pour les amendes éventuelles. La somme est bien insuffisante pour faire face à l’amende évoquée par la justice américaine. Surtout, ces provisions étaient destinées à faire face à toutes les actions judiciaires et litiges pendants : il y en a plus de 6 000. Au cours de ces deux dernières années, elle a déjà versé plus de 11 milliards de dollars d’amendes et de pénalités pour éteindre une partie des poursuites.

 

 

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Prêts toxiques, évasion fiscale, manipulation du Libor, manipulation sur le marché des changes et des matières premières… Le nom de la Deutsche Bank a été associé à tous les scandales financiers révélés après la crise de 2008. La Deutsche Skandal-Bank titrait l’hebdomadaire de Spiegel en décembre 2012, en menant une enquête au canon contre la banque et ses pratiques indignes.

 

Officiellement, la banque n’a rien coûté aux contribuables allemands à l’inverse de certaines banques régionales mais elle a dirigé en sous-main une partie de la question grecque et européenne et a pesé, comme bien d’autres, pour que rien ne change dans la régulation...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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