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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 20:03

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Brexit: la peur de la contagion s'étend en Europe

27 juin 2016 | Par martine orange
 
 
 

Les incertitudes nées du Brexit ont de nouveau créé de fortes turbulences sur des marchés financiers, lundi 27 juin. La livre chute, les places financières dévissent. Plus inquiétant : la contagion gagne maintenant l’Europe. Les banques italiennes sont sous le feu de la spéculation. La crise de la zone euro pourrait se raviver.  

Trois jours seulement auront suffi pour effacer leurs divergences fondamentales. À quelques heures d’intervalle, le ministre britannique des finances George Osborne, partisan du Remain, et l’ancien maire de Londres devenu un des chefs de file du Leave, Boris Johnson, se retrouvent exactement sur la même ligne. Pour l’un comme pour l’autre, il est urgent de ne pas se presser pour engager des négociations avec l’Europe sur la sortie du Royaume-Uni. En attendant, les marchés financiers ne doivent pas s’affoler.

Dans une tribune publiée par The Telegraph, Boris Johnson a assuré que les remous créés par le vote britannique le 24 juin seraient vite oubliés. « Chez nous et à l’étranger, les conséquences négatives ont été largement surestimées, alors que les bénéfices ont été ignorés », dit-il, avant de promettre une stabilisation rapide des marchés financiers et de la livre. 

 

 © Reuters © Reuters

 

Peu de temps avant l’ouverture des marchés, lundi 27 juin, George Osborne a tenu les mêmes propos rassurants. Alors qu’il avait prédit pendant la campagne un effondrement de l’économie britannique en cas de victoire du Leave, le ministre des finances assure maintenant que la situation britannique est maîtrisée. Pour lui, rien de comparable à la crise de 2008 : l’économie est solide, les finances publiques sont assainies, et les banques en bien meilleure santé qu’au moment de la crise financière. Avant d’ajouter : « Le trésor, la banque d’Angleterre et l’autorité des marchés financiers ont passé des mois à mettre en place des plans solides d’urgence », afin d’éviter tout contrecoup préjudiciable à l’économie.

L’effet anesthésiant de ce message destiné en priorité aux investisseurs et aux financiers a duré… à peine dix minutes. La chute de la livre, qui s’était momentanément calmée, a repris de plus belle : après avoir perdu plus de 8 % face au dollar vendredi, elle s’est dépréciée à nouveau de 4 % par rapport à la monnaie américaine, tombant à 1,31 dollar.  

 

Évolution de la livre face au dollar Évolution de la livre face au dollar

 

Les répliques du séisme provoqué par le Brexit ont été encore plus fortes sur le marché boursier. Après avoir ouvert en baisse de 14 %, les actions de la Barclay’s et de la Royal Bank of Scotland ont dû être momentanément suspendues, en raison d’ordres vendeurs trop importants. À la clôture, après avoir été dégradée par les agences de notation dans la journée, Barclay’s avait perdu 17 %, et la Royal Bank of Scotland 26 % retrouvait son plus bas niveau depuis l’effondrement de 2009.

Dans la journée, la compagnie aérienne Easyjet a vu sa capitalisation boursière fondre de près d’un cinquième, après avoir averti que ses résultats risquaient de tomber de près de 5 % au second semestre, en raison des incertitudes créées par le Brexit. Des groupes de BTP, d’immobilier, ou de distribution ont enregistré des chutes de 10 à 15 % au cours de la séance.

Déjà, des économistes font des calculs. Alors que l’économie britannique donnait quelques signes d’essouflement, avant même le référendum, ils estiment désormais qu’un ralentissement est inévitable. Une majorité table sur une croissance autour de 1 %. Goldman Sachs est encore plus pessimiste, et annonce une croissance de 0,2 % au lieu de 2 % avant le vote. « Nous ne sommes pas très à l’aise pour faire une prédiction sur l’impact du Brexit sur le PIB […] Selon toute vraisemblance, la croissance du PIB va baisser, en raison des incertitudes », écrit le cabinet Axiom, dans une note publiée lundi sur les conséquences du Brexit.

Faute de savoir comment va s’écrire l’avenir avec l’Europe, toutes les décisions vont être suspendues, préviennent les économistes. Ils prévoient une diminution des investissements, des embauches, une chute sur le marché de l’emploi. Mais les incertitudes pourraient aussi dissuader les Britanniques d’acheter, de consommer, de partir en vacances.

Dans la plupart de leurs études, une mention spéciale est consacrée à la City. Toutes les banques installées à Londres, qui jusqu’alors était la principale place pour les transactions en euros, se demandent si elles vont pouvoir continuer leurs activités. D’autant que des responsables de la Banque centrale européenne ont commencé à les avertir qu’elles n’auraient peut-être plus les mêmes licences et autorisations à l’avenir. Par prudence, des banques américaines, comme Citi ou Morgan Stanley, ont déjà annoncé leur intention de déplacer certains départements dans d’autres filiales allemandes ou françaises. D’autres se demandent si elles pourront rester, et quelle proportion d’emplois elles pourront garder. « 100 000 emplois sont en jeu », s’inquiète ainsi le Financial Times.

Jusqu’à présent, le gouvernement britannique, démissionnaire, ne semble pas pressé de dissiper le brouillard. Bénéficiant du soutien explicite d’Angela Merkel qui souhaite temporiser, il s’en tient à son calendrier : rien ne se passera avant la nomination d’un nouveau premier ministre à l’automne. Une position partagée par Boris Johnson. Lors de sa conférence de presse, le ministre des finances George Osborne a été encore plus explicite : « Le Royaume-Uni ne devrait engager l’article 50 [du traité de Lisbonne qui autorise un pays à quitter l’Union européenne – ndlr] que lorsque les termes du départ seront éclaircis. »

 

L'Italie en danger

Tout cela paraît irréaliste et ne va pas pouvoir s’éterniser, selon nombre d'observateurs, qui estiment que les réalités financières vont vite rappeler le gouvernement britannique à la raison. « Plus les incertitudes dureront, plus les conséquences seront lourdes », avertit une note de Morgan Stanley. « Il y a beaucoup de questions qui ont besoin de réponse rapidement. Plus cela s'éternisera, plus les pressions vont augmenter sur la livre », expliquait dimanche un stratégiste d’UniCrédit sur Bloomberg. « La réaction que nous avons vue vendredi sur les marchés était largement le résultat d’une activité spéculative. Ce que nous n’avons pas encore vu, c’est le flux [des capitaux – ndlr], le renversement du  flux sortant du Royaume-Uni. Quand ce mouvement va commencer, je suis persuadé qu’il y aura une énorme pression sur la livre », prévient-il.

De plus en plus de voix – venant de Paris et de Rome, de responsables européens, du FMI, des banques centrales, des fédérations patronales comme la Confédération britannique de l’industrie (CBI) – pressent le gouvernement britannique de lever au plus vite les incertitudes créées par le Brexit. Tous le poussent à engager au plus vite des négociations pour organiser les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Europe. « À ce stade, les responsables politiques au Royaume-Uni et en Europe tiennent ce niveau d’incertitude entre leurs mains. La façon dont ils agiront dans les prochains jours va donner la direction vers laquelle le risque va », a insisté la directrice générale du FMI Christine Lagarde.

Les pressions sur le gouvernement britannique pour le pousser à ouvrir les négociations avec l’Europe risquent de s’accentuer dans les jours qui viennent. Car tous redoutent que la tourmente anglaise ne s’étende et ne gagne la zone euro. Dans les faits, la contagion a déjà commencé à toucher le continent européen. « Nous pensons que les incertitudes grandissantes en Europe vont amener à des primes de risque plus élevées. Nos stratégistes européens n’excluent pas un retour à des niveaux connus lors de la crise de la zone euro », annonce une note de HSBC.

Toutes les places boursières européennes sont en chute depuis le résultat du référendum britannique. Vendredi, la bourse de Milan a clôturé à -12,48 %, celle de Madrid à -12,47 %. À Paris, le CAC a perdu 8,4 %. Lundi, la baisse est repartie de plus belle. Paris a baissé de 2,92 %, Francfort de 3,01 %, Milan de 3,94 %.

Mais ce sont moins les dégringolades des indices généraux qui affolent les investisseurs que la tempête dans laquelle se retrouve pris à nouveau le système bancaire européen. L’indice bancaire Euro Stoxx, qui avait déjà essuyé les plus fortes pertes vendredi, a baissé de nouveau de 5,2 % lundi. BNP Paribas a perdu 6,32 %, la Deutsche Bank est à son plus bas niveau, après une nouvelle baisse de 6,31 %. « Les actions bancaires continuent à souffrir. Il y a des préoccupations de plus en plus fortes sur la stabilité du secteur bancaire européen », dit un analyste de CMC Markets.

 

Indice bancaire Euro Stoxx © FT Indice bancaire Euro Stoxx © FT

 

Les marchés ont déjà désigné le maillon faible : l’Italie. Avant même la crise déclenchée par le Brexit, le secteur bancaire italien était considéré comme le plus fragile et le plus sous-capitalisé. Touchées par une récession qui n’en finit pas, les banques italiennes détiendraient plus de 350 milliards d’euros de créances douteuses ou impayées dans leur bilan.

Au début de l’année, le gouvernement transalpin a tenté de les aider en imaginant la création d’une bad bank, qui aurait recueilli nombre de leurs actifs douteux. Ce dispositif a été rejeté par la Commission européenne, celle-ci estimant qu’il relevait d’une aide d’État, interdite par principe. Après ce refus, le gouvernement italien a dû se contenter d’une structure financée en partie par le privé. Mais celle-ci n’a recueilli que 5 milliards d’euros. Loin, très loin des besoins des banques italiennes.

La crise britannique a ravivé la spéculation sur les banques italiennes. Lundi, le cours de Monte dei Paschi, en quasi-faillite, a rechuté de 13,34 %, celui d’UniCredit de 12,38 %, celui de Popolare de 10,25 %. En urgence, le gouvernement italien a fait fuiter un plan de recapitalisation de ses banques. Il prévoit d’apporter 40 milliards d’euros au système bancaire. Ce renflouement devrait être autorisé par la Commission, au vu de la situation d’urgence.

Dans le même temps, la spéculation a repris sur les obligations d’État des pays de l’Europe du Sud (Espagne, Portugal, Italie). Celle-ci n’a rien de comparable à celle à l’œuvre aux pires moments de la crise de la zone euro. Mais elle donne une autre indication : malgré les engagements de la BCE, les financiers sont en train de tester de nouveau la capacité de résistance de l’Europe. Alors que le gouvernement britannique joue l’immobilisme, les marchés financiers pourraient, comme depuis le début de la crise de 2008, être les arbitres des dissensions européennes et forcer les décisions.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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