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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 16:33


Source : http://www.lesechos.fr

 

 

Rémunération : le rappel à l'ordre du patronat français à Carlos Ghosn

Maxime Amiot Le 26/05 à 19:06

Le double PDG conseil d’administration Renault pression Le double PDG et le conseil d’administration de Renault sont sous pression - Christophe Ena/AP/SIPA

 

+DOCUMENT – Dans une lettre confidentielle obtenue par « Les Echos », l’Afep-Medef pointe la double rémunération du PDG de Renault-Nissan et appelle le patron à la « mesure ».

Les relations se tendent entre le patronat français et Carlos Ghosn. Dans une lettre envoyée au PDG de Renault et de Nissan le 19 mai 2016, et dont « Les Echos » ont obtenu une copie (lire ci-dessous), le haut comité de gouvernement d'entreprise (HCGE) de l'Afep-Medef, met directement en cause le montant de la rémunération globale du double PDG.

Ce document de deux pages livre le point de vue du patronat sur le rejet par les actionnaires de Renault (à 54 %) de la rémunération attribuée à Carlos Ghosn au titre de 2015. Une « première en France » rappelle le HCGE, qui a depuis fait couler beaucoup d'encre et conduit cette semaine les députés à voter un texte sur le sujet avec l'aval de Manuel Valls et Emmanuel Macron.

 

La « mesure » érigée en principe

Le HCGE n'avait publié qu'un bref communiqué le 19 mai. Sa lettre détaillée donne certes en préambule un « satisfecit » sur la structure même de la rémunération en question (fixe, variable, action de performance), qui reflète à la fois des résultats en hausse, et qui affiche dans le document de référence des « indications suffisantes » (objectifs, différents avantages...). Mais le ton se durcit ensuite.

La rémunération des dirigeants doit tenir compte des réactions des autres parties prenantes de l'entreprise, et de l'opinion en général.

Le Haut comité regrette la trop grande « rapidité » avec laquelle le conseil d'administration de Renault a décidé de maintenir la rémunération contre l'avis des actionnaires. Surtout, il pointe sans fard le « montant global », source selon lui de l'opposition des actionnaires. Soit les 7,2 millions d'euros attribués à Carlos Ghosn côté Renault, mais aussi les 8 millions d'euros perçus chez Nissan. Le HCGE souligne que le code Afep-Medef érige la « mesure », comme un principe, et doit « tenir compte des autres parties prenantes de l'entreprise, et de l'opinion en général ».

 

L'ambiguïté du double statut

Le comité rappelle que les 7,2 millions constituent « l'un des montants les plus élevés attribués aux dirigeants des sociétés du CAC 40 ». Mais plus profondément, il milite pour une vision plus « exhaustive » du package de Carlos Ghosn, en intégrant celui de Nissan, soit 15 millions d'euros en tout. Selon lui, la polémique en cours provient de l'« ambiguïté » créée par le statut très particulier du dirigeant, à la fois aux manettes de Renault et de Nissan. De deux choses l'une, indique le HCGE. Ou bien Renault et Nissan sont deux sociétés « autonomes », et dans ce cas, il faudrait, selon le HCGE, justifier « soigneusement » comment, en terme de disponibilité, la direction « peut être exercée par une seule personne », afin de répondre aux critiques qui jugent que la rémunération de Renault équivaut à un mi-temps.

 

Ou bien, au vu des relations financières étroites entre Renault et Nissan, la performance du patron du groupe français est « indissociable » de celle du président de Nissan. Et dans ce cas, le conseil français doit raisonner sur « l'ensemble des deux fonctions », et donner des indications détaillées sur le package attribué chez Nissan, qui n'est pour l'heure pas détaillé en France. Un exercice nécessaire, insiste le HCGE, d'autant que la valeur des actions de performance attribuées à Carlos Ghosn chez Renault (4,2 millions) dépend étroitement de la contribution de Nissan aux résultats de Renault.

 

Demande de « mesures significatives »

Le HCGE s'invite ainsi sur un terrain miné : la gouvernance de l'alliance Renault-Nissan. C'est-à-dire le statut atypique d'une alliance dotée d'un même PDG rendu incontournable, au risque de brouiller les frontières entre ses fonctions chez Renault et Nissan. C'est sur ce terrain qu' Emmanuel Macron avait croisé le fer l'année dernière avec Carlos Ghosn .

Nul doute que ce front commun ne sera pas du goût du double PDG, qui n'a jamais apprécié que ses actionnaires français, et en particulier l'Etat, s'immiscent dans ses affaires japonaises. Le HCGE demande que le conseil de Renault se réunisse « d'ici quelques semaines au plus tard » et « annonce des mesures significatives ». Le comité rappelle que la position de Renault aura des conséquences importantes pour « préserver le régime de régulation professionnelle » du patronat...

 

La lettre envoyée par le HCGE à Carlos Ghosn

 

Salaire des patrons, une polémique sans frontières

La question de la paie des PDG n'est pas une question franco-française. Elle se pose dans tous les pays occidentaux, rappellait cette semaine l'éditorialiste des « Echos » Jean-Marc Vittori dans sa chronique : Bob Dudley, chez le pétrolier britannique BP, Lloyd Blankfein chez la banque d'affaires américaine Goldman Sachs ou encore les dirigeants de l'allemande Deutsche Bank ont subi la semaine dernière l'opposition de leurs actionnaires. Et d'autres assemblées générales risquent d'être houleuses dans les prochaines semaines. Plusieurs grands fonds d'investissement, à l'image du fonds souverain norvégien, commencent à d'ailleurs à prendre position sur la question.

 

Source : http://www.lesechos.fr

        

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Source : http://www.lesechos.fr

 

 

Salaire des PDG : une polémique sans frontières

Jean-Marc Vittori
 
 

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Salaire PDG : polémique frontières Salaire des PDG : une polémique sans frontières

Les patrons sont-ils trop payés ? Le débat touche tous les pays occidentaux. Il faudra trouver des moyens pour que leur rémunération renforce la solidarité dans l'entreprise, comme le stipule… le code Afep-Medef.

En pleine tempête sur le salaire des patrons, ce sondage aurait dû attirer l'attention. Les trois quarts des sondés trouvent que les PDG touchent trop par rapport au salarié moyen. Près de deux sur trois estiment qu'il faudrait plafonner leur salaire - même les électeurs de droite sont majoritaires à le penser. Et ce plafond ne devrait pas être fixé à cent fois le salaire minimum, comme l'ont proposé récemment quarante personnalités généreuses dans le quotidien « Libération », mais à six fois le salaire moyen de l'entreprise. Petite précision utile pour éviter l'apoplexie des lecteurs dirigeants : ce sondage n'a pas été réalisé en France, ni dans une Europe de l'Est nostalgique du communisme, ni en Corée du Nord... mais aux Etats-Unis. Pour le compte de la première « business school » du pays, celle de Stanford.

La paie des PDG n'est pas une question franco-française. Elle se pose dans tous les pays occidentaux. Carlos Ghosn, PDG de Renault, n'est pas le seul chef d'entreprise à la rémunération remise en cause par les actionnaires. C'est aussi le cas de Bob Dudley, patron de la major pétrolière britannique BP. Ou de l'équipe dirigeante de la grande banque allemande Deutsche Bank. Même Lloyd Blankfein, le boss de la célèbre banque d'affaires américaine Goldman Sachs, a senti passer le vent du boulet la semaine dernière avec un tiers des actionnaires opposés à sa rémunération, pourtant en baisse de 1,4 million de dollars.

Et ce n'est sans doute pas fini. D'autres assemblées générales risquent d'être houleuses dans les prochaines semaines. Les investisseurs s'impatientent. Yngve Slyngstad, qui pilote le fonds souverain norvégien (750 milliards d'euros d'actifs), déclare que «  nous devons examiner de près ce qu'est un niveau adéquat de salaire pour un dirigeant ». Chez le gestionnaire d'actifs Aberdeen (près de 400 milliards d'euros sous gestion), on évoque une «  perte de confiance » envers certains comités de rémunération, qui élaborent le système de paie des dirigeants au sein des conseils d'administration. Les actionnaires du leader mondial du secteur, l'américain BlackRock (plus de 4.500 milliards de dollars sous gestion), vont se prononcer cette semaine sur une motion qui demande aux gérants du fonds d'intervenir davantage sur le sujet. La question est bien sûr aussi politique. Aux Etats-Unis, le président Barack Obama espère faire passer une loi renforçant l'encadrement de la rémunération des banquiers avant la fin de son mandat. Les candidats qui aspirent à lui succéder promettent de taper sur le salaire des PDG. Bernie Sanders bien sûr, mais également Hillary Clinton et même Donald Trump.

Cette levée de boucliers n'est pas très étonnante. Les salaires des dirigeants se sont envolés depuis trois décennies. La transparence des rémunérations, devenue la norme, a déclenché un alignement par le haut. Les inégalités de revenu et de patrimoine ont beaucoup augmenté dans la foulée, en particulier dans les pays anglo-saxons. Le livre de Thomas Piketty, « Le Capital au XXIe siècle », en est à la fois le révélateur (avec son contenu) et l'indice (par son succès planétaire). Le lien entre la rémunération du dirigeant et l'efficacité de l'entreprise est souvent ténu. Parfois, il semble se faire à l'envers. Une étude récente de la petite banque d'investissement Keefe, Bruyette & Woods montre par exemple en deux graphiques frappants que la rémunération des patrons américains de banque dépend de la taille de leur banque et non de sa performance.

Face à ces mutations, le code Afep-Medef, rédigé en 2013, indique la bonne direction. Il stipule que «  la rémunération des dirigeants mandataires sociaux de l'entreprise doit être mesurée, équilibrée, équitable et renforcer la solidarité et la motivation à l'intérieur de l'entreprise. Le souci d'explication et d'équilibre doit également prévaloir à l'égard des actionnaires. Elle doit aussi tenir compte, dans la mesure du possible, des réactions des autres parties prenantes de l' entreprise, et de l'opinion en général ». Mais force est de constater, au vu des réactions de ces dernières semaines qui vont bien au-delà de la France, que ces principes ne sont pas devenus une règle générale. L'action n'est pas une option, c'est une nécessité.

Mais comment agir ? Réglons d'abord la question du «  say on pay ». A partir du moment où les actionnaires votent contre la politique de rémunération des dirigeants, il est inéluctable que ce rejet s'impose au conseil d'administration. Cela relève du «  bon sens », pour reprendre l'expression employée par le patron de Total, Patrick Pouyanné. Le bras d'honneur qu'a fait récemment le conseil de Renault en maintenant la rémunération de Ghosn juste après un vote de refus doit rester une faute isolée. Il ne faut cependant pas être naïf. Les contrats doivent être respectés. Il faudra donc agir en amont, comme le font les actionnaires britanniques en votant la politique de rémunération des trois années à venir.

Au-delà, c'est plus compliqué, en particulier pour le législateur. Dans un monde ouvert, un plafonnement sous une forme ou une autre dans un seul pays serait destructeur pour ce pays - sauf peut-être s'il s'agit des Etats-Unis. Mais il est possible de fixer trois grands axes. D'abord, faire la distinction entre l'entrepreneur bâtisseur d'empire et l'innovateur d'un côté, le gestionnaire et le rentier de l'autre. Les premiers sont rares et peuvent légitimement gagner des montagnes d'argent, pas les seconds. Ensuite, renforcer le conseil d'administration, en particulier pour qu'il ne puisse plus être « capturé » par le chef d'entreprise. Enfin, repousser encore dans le temps les bonus liés à la performance de l'entreprise, pour encourager les stratégies de long terme. L'attribution d'actions devrait être un moyen privilégié. Et pour mieux en faire la pédagogie, pour les faire accepter, il faudra aussi en attribuer aux salariés. Le débat ne fait que commencer.

 

Jean-Marc Vittori

@jmvittori

 

 

Source : http://www.lesechos.fr

 

 

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