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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 12:00

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

La loi sur le travail adoptée à la fin d'un jeudi de mobilisation tendue

 
 
 

Sept organisations syndicales appelaient, ce jeudi 12 mai, à une nouvelle journée de manifestations contre le projet de réforme du code du travail. Le cortège parisien a rassemblé 11 500 (selon la police) à 50 000 (selon la CGT) manifestants. À l’Assemblée nationale, la motion de censure a été rejetée par 288 voix contre et 246 pour.

 « On ne peut plus manifester tranquille en France. Le gouvernement fabrique de la violence. » Invalides, ce jeudi 12 mai. Josette et ses copines sont trempées par la pluie et la peur. Malgré toutes leurs précautions, les voilà dans ce qui s’apprête à devenir une souricière. La place est quadrillée par les CRS. « Il faut que vous partiez. Les jeunes du Mili vont arriver et cela va bastonner », leur lance un vieux routard de la CGT. « Mais par où fuir ? Partout où on passe, les CRS bloquent le passage et nous disent de nous démerder pour sortir », s’alarme Josette. Retraitée de La Poste, elle est de toutes les manifestations contre la loi sur le travail depuis le 9 mars, « depuis que des jeunes nous ont mis un coup de pied aux fesses ». Mais c’est la première fois qu’elle est prise de panique : « J’ai l’âge de mes artères et courir, je ne sais plus faire. » Derrière elle, un jeune manifestant donne une interview à une chaîne de télé. Il est choqué, furieux : « La CGT est devenue la BAC du gouvernement. Son service d’ordre a signé et a collaboré avec la police pour livrer les lycéens, les étudiants, chômeurs, travailleurs en lutte. Le syndicalisme est mort. » Quelques mètres plus loin, un groupe de policiers en civil se met en piste. « Allez, on s’équipe les gars », dit l’un d’entre eux. Tout en nous lançant, provocateur : « Sans casque, ça va être dangereux pour vous. »

 

Paris, 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail et le 49-3 © Rachida El Azzouzi Paris, 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail et le 49-3 © Rachida El Azzouzi
 

Étrange ambiance, ce jeudi 12 mai à Paris. La tension était maximale pour la cinquième journée de mobilisation nationale et unitaire en deux mois, à l’appel de la CGT, FO, FSU, Solidaires, l’UNEF, l’UNL et la FIDL. Encadrée de manière disproportionnée par les forces de l’ordre, au sol et dans le ciel (un hélicoptère n’a pas cessé de tourner), la manifestation, partie de Denfert-Rochereau pour rejoindre l’Assemblée nationale où les députés débattaient de la motion de censure déposée par la droite, a été émaillée d’incidents. Et des nuages réguliers et massifs de gaz lacrymogènes l’ont souvent immobilisée dans sa marche.

 

« Le déploiement guerrier de l’État est une provocation, un appel à la violence. Avec l’hélico et les centaines de CRS, partout, devant, derrière, sur les côtés, cela ne pouvait que dégénérer », réagit Éric Beynel, l’un des porte-parole de Solidaires. Il était dans le carré de tête, « pas un carré de casseurs », et ses yeux ont piqué, rougi. Il raconte comment, juste avant d’arriver aux Invalides, les CRS en tête du cortège ont décampé. « D’un seul coup, un contact violent s’est fait entre le cortège de jeunes juste derrière le carré de tête et le service d’ordre unitaire. » Cela a donné lieu à de violents affrontements. Plusieurs personnes, dont deux blessées à la tête, se faisaient soigner sur place. D'après la préfecture de police de Paris, vingt personnes ont été légèrement blessées lors de la manifestation parisienne.

La préfecture semblait avoir changé son dispositif pour cette nouvelle journée de manifestations, du moins à Paris. Contrairement à d'habitude, il n'était pas question d'un cortège de jeunes et moins jeunes « déterminés » en avant, devant la tête syndicale du cortège. Au départ de Denfert, un important service d'ordre (SO) intersyndical faisait face à un tout aussi imposant cordon de policiers en tenue. D'après un communiqué de la prefecture diffusé la veille, cette tête de cortège musclée avait été décidée en concertation. Pas question de laisser, comme les fois précédentes, les jeunes et moins jeunes non syndiqués prendre la tête. Sauf que la tension, au lieu de se tourner vers la police, s'est du coup tournée vers le fameux SO. On a ainsi vu une manifestation partir avec sur sa gauche, des manifestants hurlant « SO collabos ». 

Tout au long du défilé, le groupe des autonomes, anarchistes, et autres non syndiqués a tenu la pression. Des échanges sporadiques ont eu lieu avec la police, mais c'est bien à l'arrivée, au niveau des Invalides, que la tension s'est accrue d'un coup, donnant lieu à des échanges violents entre jeunes et SO. Certains des blessés de la journée l'ont ainsi été par des syndicalistes. 

 

Des jeunes s'équipent. « On n'est pas des casseurs mais on en a marre de se faire gazer à chaque manif' » © Rachida El Azzouzi Des jeunes s'équipent. « On n'est pas des casseurs mais on en a marre de se faire gazer à chaque manif' » © Rachida El Azzouzi

 

À l'appel de sept syndicats, cette manifestation sans mot d’ordre qui se voulait symbolique avant les journées de grèves et d’actions de la semaine prochaine coïncidait avec le débat à l'Assemblée nationale sur la motion de censure déposée par la droite, après le recours à l'article 49-3 par le gouvernement pour faire adopter la loi. « La violence du 49-3 nous a permis de remobiliser du monde », s’enthousiasme Éric Beynel de Solidaires. Pas la foule d’un grand soir mais 50 000 manifestants selon les syndicats. Dans les rangs des manifestants où, depuis des semaines, on entonne les mêmes slogans, “C’est pas au patronat de faire la loi”, “le Medef en rêvait, Hollande l’a fait”, l’usage du 49-3 pour faire passer en force la loi sur le travail a permis de renouveler les calicots et c’est la démocratie en danger qui était sur toutes les lèvres. Sur son dos, Philippe, retraité de l’industrie et du spectacle, a collé une affiche sur laquelle il a écrit : « Plus d’un siècle de luttes balayées en 49.3 secondes par le PS, on s’en souviendra ». Il n’a raté aucune manif’ depuis le 9 mars mais ne croit pas au retrait. « C’est fini, c’est plié, la régression sociale est validée », lâche-t-il amer. Les syndicats sont plus optimistes. Comme le leader de Force ouvrière Jean-Claude Mailly qui rappelle qu’il y a dix ans le contrat première embauche (CPE) avait été « adopté, voté et retiré ».

 

Affrontements entre CRS et manifestants, jeudi 12 mai 2016 © Rachida El Azzouzi Affrontements entre CRS et manifestants, jeudi 12 mai 2016 © Rachida El Azzouzi

 

Passer la vitesse supérieure dans la mobilisation, la semaine prochaine, c’est l’espoir des syndicats. Deux nouvelles journées de grèves et de manifestations sont prévues les 17 et 19 mai. Ils espèrent profiter du renfort des routiers, les fédérations FO, CGT et Sud des transports ayant appelé à une grève reconductible à partir de la nuit du 16 mai, avec la menace de bloquer une partie de l'activité du pays. Les syndicats de cheminots, mobilisés par ailleurs pour peser sur les négociations en cours, consécutives à la réforme ferroviaire d'août 2014, devraient venir se greffer au mouvement. Une autre date, le 18 mai, risque de donner lieu à de nouvelles manifestations tendues. Des syndicats de policiers appellent en effet à manifester contre les violences faites aux policiers...

 

Paris, jeudi 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail © Rachida El Azzouzi Paris, jeudi 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail © Rachida El Azzouzi

 

 

Paris, jeudi 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail © Rachida El Azzouzi Paris, jeudi 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail © Rachida El Azzouzi

 

 

Retrouvez, ci-dessous, le fil des événements de la journée, ainsi que les informations sur les manifestations en province.

- 18 h 40, Paris. À l’Assemblée nationale, la motion de censure est rejetée par 288 voix contre et 246 pour. Dans la foulée, les députés ont adopté en première lecture le projet de loi de réforme du code du travail. Celui-ci va maintenant être transmis au Sénat. La commission des affaires sociales de la haute assemblée devrait l'examiner dès la semaine prochaine. Le texte devrait être examiné en séance publique à partir du 13 juin.

 

Paris, 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail et le 49.3 © Rachida El Azzouzi Paris, 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail et le 49.3 © Rachida El Azzouzi

 

- 18 h 15, Paris. Les manifestants sont repoussés vers la station de métro Saint-François-Xavier, rapporte notre journaliste Christophe Gueugneau. Des policiers y confisquent masques et lunettes de protection.

 

Dans le métro les policiers confisquent les masques de plongée et les lunettes

 

- 18 h 10, Saint-Étienne. Des incidents éclatent également devant la permanence du député socialiste Jean-Louis Gagnaire.

 

légers incidents devant permanence du député @JLGagnaire

 

- 18 h 05, Saint-Étienne. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont éclaté en fin de manifestation, rapporte France 3 Loire.

 

échauffourées en fin de manifestation avec la police

 

- 17 h 45, Lille. Selon la préfecture, la manifestation a mobilisé près de 2 000 personnes. Plusieurs manifestants ont été interpellés.

 

La préfecture du Nord annonce près de 2 000 manifestants à contre la => http://vdn.lv/QTk6UU 

 

- 17 h 40, Lille. Un photographe fait état de tirs de Flash-Ball par les forces de l’ordre.

 

Une manifestante touchée par une tir de LBD à 5 mètres de distance @TaranisNews

 

- 17 h 40, Toulouse. Neuf personnes ont été interpellées lors de la manifestation qui a rassemblé entre 3 000 et 5 000 personnes, rapporte La Dépêche du Midi. Parti du Monument au morts, le cortège était arrivé en début d’après-midi devant le commissariat de police où se trouvaient quatre manifestants, placés en garde à vue la veille. Ceux-ci ont été libérés vers 14 h 45. Les affrontements ont éclaté un peu plus tard dans le quartier de la Halle aux Grains.

 

Suivez notre LIVE : 9 manifestants interpellés à http://bit.ly/1NqHNI6 

 

- 17 h 35, Paris. Aux Invalides, les policiers encerclent les manifestants, rapporte notre journaliste Christophe Gueugneau.

 

A Paris la basse se resserre sacrément énormément de policiers.

 

- 17 h 10, Paris. Le cortège parisien a rassemblé 50 000 manifestants, selon la CGT, et entre 11 500 à 12 500 manifestants selon la préfecture de police de Paris.

- 16 h 55, Strasbourg. Selon France Bleu Alsace, environ 2 000 personnes ont participé à la manifestation. Aucun incident n’est à signaler.

 

France Bleu Alsace

‎@BleuAlsace

Environ 1.000 manifestants contre la dans les rues de >> http://bit.ly/1R09lP3 

 

- 16 h 45, Nantes. Des affrontements se poursuivent entre CRS et petits groupes de manifestants dans le quartier de la gare, rapporte France Bleu Loire Océan. Certains d'entre eux sont descendus sur les voies, provoquant une interruption du trafic. À l’intérieur de la gare, plusieurs vitres ont été cassées.

 

 

Les manifestants divisés en petit groupe. Course poursuite avec la police

 

- 16 h 40, Lille. Une partie des manifestants est nassée par les CRS rue Nationale.

 

 

- 16 h 40, Poitiers. Des manifestants entrent en force dans la mairie.

 

Les manifestants rentrent en force dans l hôtel de ville de

 

- 16 h 35, Paris. Aux Invalides, des policiers ont sorti les flash-balls, rapporte notre journaliste Christophe Gueugneau.

 

A Paris le type tient son LBD un peu haut non @prefpolice ?

 

- 16 h 20, Lille. Des affrontements éclatent avec les forces de l’ordre. Le cortège rassemble environ un millier de personnes.

 

Premiers heurts ac les forces de l'ordre et les manifestants, gaz lacrymo @TaranisNews

 

- 16 h 10, Paris. Selon un journaliste de Libération, la police est intervenue contre des manifestants qui tentaient de pénétrer dans les Invalides. Des militaires sont intervenus pour bloquer les entrées.

 

Manif Paris : des militaires interviennent pour bloquer les invalides

 

- 16 h 05, Paris. Un aperçu du gazage aux Invalides, par notre journaliste Christophe Gueugneau.

 

Aperçu d'un gazage en règle aux Invalides A Paris

 

- 16 h 00, Paris. Les Invalides sont déjà envahis par les gaz.

 

Manif Paris : bcp de gaz à Invalides.

 

- 15 h 50, Nantes. Des incidents opposent manifestants et forces de l’ordre cours des 50 otages.

 

ça Dégénère déjà

 

 

- 15 h 45, Paris. Des manifestants s’en prennent au service d’ordre.

 

Le service d'ordre se prend des jets divers: "So collabo!"

 

- 15 h 30, Paris. Les affrontements se multiplient aux intersections des rues.

 

Affrontements récurrents aux intersections.

 

- 15 h 15, Paris. La préfecture de police signale des jets de projectiles à Montparnasse Vaugirard.

 

Incidents (jets de projectiles) par un groupe d'individus à Montparnasse Vaugirard.Reprise du cortège

 

- 15 h 10, Paris. Des manifestants s’en prennent à trois cars de police au croisement de la rue Vaugirard et du boulevard Montparnasse, rapporte notre journaliste Christophe Gueugneau.

 

Trois cars de police pris à partie sur le côté du cortège croisement rue de Vaugirard et bvd Montparnasse

 

- 15 h 00, Paris. Des manifestants lancent des fumigènes et des pétards sur les CRS.

 

Les fumigènes servent à tirer sur les CRS. Gros pétards aussi.

 

- 14 h 35, Montpellier. Des manifestants veulent pénétrer dans le centre commercial Polygone, mais des policiers leur font barrage.

 

La police s'interpose devant les manifestants à l'entrée du @PolygoneMtp

 

- 14 h 30, Police. Plusieurs témoignages font état de confiscations de casques, masques et doses de sérum physiologique par les forces de l’ordre à Nantes et Paris.

 

& Fouilles en amont des manifestations : confiscation des casques, masques et sérum phy.

 

- 14 h 30, Paris. Dans le cortège parisien.

 

 

- 14 h 20, Paris. La manifestation quitte la place Denfert-Rochereau pour se diriger vers les Invalides.

 

Départ du cortège de la contre pl Denfert R vers Invalides

 

- 14 h 00, Valenciennes. Selon la Voix du Nord, environ 300 personnes manifestent. Le cortège a notamment brièvement bloqué quelques axes routiers et investi le centre commercial du centre-ville.

 

Manif contre à : 300 personnes dans la rue, le pont Villars bloqué http://vdn.lv/qNdg87 

 

- 13 h 30, Bordeaux. Entre 1 000 et 1 200 personnes selon la CGT, entre 8 000 et 9 000 selon la police, manifestent dans les rues de la ville.

 

Une partie des manifestants bloque le tram place Pey-Berland. Présence policière.

- 13 h 15, Caen. En fin de manifestation, une vingtaine de manifestants ont pénétré dans les locaux de la CAF. Ils ont été délogés par les forces de l’ordre qui ont procédé à une interpellation pour « outrage ».

 

les derniers occupants de la CAF sont sortis 1 arrestation pour outrage. Fin de du cortège syndical.

 

- 13 h 10, Le Havre. Des manifestants ont réussi à entrer dans les locaux du PS qui ont été saccagés avant l’intervention de la police.

 

L'intérieur du local @pslehavre saccagé par les anti

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