Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 15:16

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

Sanofi équipe ses salariés de puces électroniques : qui me dit que je ne suis pas fliqué ?

 

LE PLUS. Les salariés de Sanofi travaillant sur le site de Gentilly (Val-de-Marne) sont-ils sous surveillance ? La direction vient en effet de distribuer à ses salariés des puces électroniques dans le but de "mesurer l’utilisation des espaces" de façon "anonymisée". Pour Pascal Lopez, délégué syndical central  FO SAG , cette décision est inadmissible. Il s’explique.

 

Édité et parrainé par Louise Auvitu

Le site Sanofi de Gentilly vient de mettre en place un système de puces pour "mesurer l’utilisation des espaces". (E. PIERMONT/AFP)

 

Nous ne pensions pas que cette affaire prendrait autant d’ampleur. Aujourd’hui, la directrice des ressources humaines me traite de "menteur", d’"agitateur", de "vouloir parader devant les médias", mais la décision de distribuer des puces électroniques aux salariés de Sanofi, n’est que la partie émergée de l’iceberg.

 

La question de mettre en place un tel système remonte au mois de décembre dernier. En comité d’entreprise et au Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), nous nous étions opposés à un tel dispositif.

 

Mais le 6 avril dernier, la direction a décidé de distribuer des badges munis d’une puce RFID (Radio Frequency Identification) malgré notre opposition.

 

Le règlement intérieur a même été durci au passage, malgré un avis défavorable et unanime du CE et du CHSCT : il oblige le port permanent et concomitant du badge et du porte-badge sous peine de sanctions.

 

Nous n’avons aucune garantie de ne pas être surveillés

 

Ce jour-là, des puces RFID associées à un badge ont été distribuées aléatoirement aux employés. Ainsi, la direction affirme que leurs détenteurs resteraient anonymes. Le but serait de "mesurer l’utilisation des espaces de travail".

 

Selon la direction, ces badges ne fonctionneraient qu’au sein de l’open-space, mais nous avons du mal à croire qu’ils se désactivent quand un salarié se rend aux toilettes, dans l’espace fumeur ou va simplement chercher un café.

 

En effet, la puce RFIFD est constamment active, car alimentée par une pile et non passive.

 

Comment les différents espaces de nos locaux ont-ils pu être délimités ? Quels sont les instruments de mesure utilisés ? Est-il certain que cette puce n’est pas associée à notre badge, celui que nous validons pour rentrer dans l’établissement notamment ?

 

Nous ne disposons d’aucun élément de réponse à ces interrogations. Depuis des mois, nous avons fait part de nos inquiétudes, mais, pour le moment, la direction s’est contentée de ne pas répondre.

 

Aujourd’hui, les salariés Sanofi du site Gentilly n’ont pas la garantie que leurs libertés individuelles soient respectées.

 

C'est comme Tchernobyl : le nuage s’arrête aux frontières nationales

 

Si ce qu’affirme la direction est juste, pourquoi ne s’exprime-t-elle pas ? Et puis, quel serait le but réel de ces puces RFID, si ce n’est pour accroître notre surveillance ?

 

C'est comme Tchernobyl : le nuage s’arrête aux frontières nationales.

 

Dès l’ouverture de notre site, la direction a mis en place un système de vidéosurveillance poussée. Des caméras à 360° sont présentes un peu partout dans nos locaux. Elles filment même notre salle de détente, la cafétéria et des caméras simples pour l’espace fumeur.

 

La direction en avait même installé une devant les locaux syndicaux. Soi-disant, cet équipement aurait été mis en place avant de savoir que ces salles seraient dédiées aux syndicats. En réalité, les plans avaient été établis bien avant. Nous avons donc réclamé à ce que cette caméra soit déplacée et nous avons obtenu gain de cause.

 

Burn-out, "forced ranking"… La pression était déjà là

 

Ce dispositif de puces RFID ne fait qu’accentuer une pression déjà bien prégnante au sein des salariés.

 

En effet, au-delà de cette surveillance, il faut savoir que Sanofi a mis en place un système d’évaluation des cadres, basé sur le "savoir-être" et le "savoir-faire", assez particulier.

 

Nous avons été alertés par des cadres sur un système de "forced ranking". Chaque cadre est évalué, un classement est alors envoyé à la direction. 10% des salariés doivent être considérés comme "moins performants" sont poussés vers la sortie.

 

De plus, Sanofi a associé à ce système un "improvement plan" ("plan de mise à l’épreuve", ndlr). Lors de son évaluation, chaque salarié était noté sur une note allant de 1 à 9. Si vous avez entre 1 et 4, vous êtes en "sursis". Vous avez six mois pour  atteindre les objectifs demandés.

 

En cas d’échec, votre avenir dans l’entreprise est très compromis.

 

Il n’est donc pas étonnant que les burn-out ou les accidents de travail se multiplient au sein de notre entreprise. Certains de ces salariés ont déjà quitté l’entreprise et feront valoir leurs droits devant les prud’hommes. 

 

La direction doit revenir à la raison

 

Je n’invente rien, mais en tant que syndiqué, j’ai la possibilité de parler. Aujourd’hui, les salariés de Sanofi souhaitent qu’on les éclaire sur une situation globale qui leur échappe.

 

Notre objectif n’est ni plus ni moins de ramener la direction à la raison, qu’il y ait un respect mutuel, un dialogue constructif. Je comprends qu’elle ait des objectifs à tenir, mais la forme n’est pas respectée.

 

Ce système de puces n’aura pour seul effet que de créer de la suspicion entre les salariés.

 

J’aime mon entreprise

 

C’est pourquoi, lassé par cette situation et l’absence de dialogue entre les différents partis, j’ai décidé d’adresser une lettre à la CNIL en m’appuyant sur l’article 31 de la loi relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

 

Il faut arrêter de nous prendre pour des enfants. Au nom des libertés individuelles de chacun, Sanofi se doit de respecter la loi.

 

Je travaille au sein de cette entreprise depuis près de 33 ans. J’ai beau être délégué syndical, j’aime mon entreprise. Je ne suis pas là pour lui mettre des bâtons dans les roues, j’estime simplement que les salariés ont le droit à des garanties. 

 

Et si nos inquiétudes sont infondées, je n’attends qu’une chose, que la direction le prouve. Nous ferons alors amende honorable. Mais si elle ne fait rien, nous porterons plainte.

 

 

Propos recueillis par Louise Auvitu

 

 

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22