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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 14:18

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Jetlag

« Maintenant les gens partagent tout. Pourquoi pas la nourriture ? »

 

Pourquoi jeter de la nourriture quand on peut la donner à ses voisins ? Une start-up britannique propose une application qui encourage les ménages à limiter le gaspillage alimentaire.

 

 

 

(De Londres) Toutes les semaines, Valentina va récupérer des légumes invendus chez un maraîcher. Ensuite, elle en redistribue une grande partie via Olio, une application qui permet de donner à ses voisins de la nourriture destinée à la poubelle. Cette Londonienne d’origine italienne explique :

«  Aujourd’hui, il me reste du panais et une sorte de chou. Hier, j’avais des aubergines qui étaient un peu abîmées, je les ai coupées, grillées au four et elles sont parties super vite. C’est bio et c’est gratuit. »

Olio fonctionne comme n’importe quelle application de réseautage social : le donneur poste une photo et une courte description du produit alimentaire dont il souhaite se débarrasser, puis les personnes intéressées s’arrangent avec elle pour le récupérer via une messagerie instantanée. Et comme beaucoup d’applications, elle utilise un système de géolocalisation.

 

Des messages sur Olio

Des messages sur Olio - Capture d’écran

 

 Traduction :

« Bonjour Valentina ! J’espère que tu vas bien. Je suis intéressée par ton article. Est-il toujours disponible ? Si oui, penses-tu que je puisse venir le récupérer ce soir ? Merci !

- Salut Hélaine, tu es la bienvenue. A quelle heure voudrais-tu passer ? Merci.

- Cool merci ! Penses-tu que ce serait possible ce soir vers 19h30 ? »

 

Les produits disponibles et leur géolocalisation

Les produits disponibles et leur géolocalisation - Capture d’écran
 

Selon l’une de ses fondatrices, Saasha Celestial-One, une Américaine expatriée à Londres, 27 000 personnes ont créé un compte depuis son lancement l’été dernier.

 

« Les gens en ont parfois rien à foutre »

L’idée d’Olio est née d’une expérience personnelle. Tessa Cook, la seconde fondatrice, devait partir à l’étranger, mais il lui restait des légumes frais dans son frigo. Incapable de trouver quelqu’un à qui les donner, elle a préféré les caser dans sa valise plutôt que de les jeter.

«  On trouvait ça dingue qu’il n’existe pas un moyen facile d’éviter de gaspiller de la nourriture encore bonne et d’en faire profiter quelqu’un  », explique Saasha Celestial-One, installée à la table d’un café d’un quartier du nord de Londres, où elle et sa complice vivent et ont testé l’application.

 

Saasha Celestial-One et Tessa Cook, les fondatrices d'Olio

Saasha Celestial-One et Tessa Cook, les fondatrices d’Olio - DR
 

Aujourd’hui, Olio a des utilisateurs dans plusieurs quartiers à Londres et dans quelques autres villes au Royaume-Uni. Mais dans la capitale britannique, où les magasins ferment tard et où on trouve des épiceries à chaque coin de rue, c’est un véritable défi de recruter des adeptes pour une application de partage de nourriture. Saasha Celestial-One :

«  Le marché de seconde main est très fragmenté, donc nous voulions nous concentrer sur la nourriture, mais aussi développer le sens de la communauté.

Parce que le problème avec le gratuit, c’est que les gens en ont parfois rien à foutre et ne se pointent pas aux rendez-vous ou arrivent en retard, ce qui est agaçant quand tu essayes de faire quelque chose pour la bonne cause.  »

La bonne cause, c’est la lutte contre le gaspillage alimentaire. Comparé à ses voisins européens, le Royaume-Uni est un très mauvais élève. Selon les derniers chiffres d’Eurostat, l’île est le plus gros gaspilleur  : 14,3 millions de tonnes de nourriture y sont jetées chaque année, contre 9 millions en France.

 

50% du gaspillage provient des foyers

Cependant, «  depuis environ un an, il y a une prise de conscience politique et sociale concernant le gaspillage alimentaire  », assure la fondatrice d’Olio.

 

Des fruits et légumes, le 16 octobre 2015 à Paris

Des fruits et légumes, le 16 octobre 2015 à Paris - MIGUEL MEDINA/AFP
 

Au début de l’année, plusieurs grandes chaînes de supermarchés, dont Tesco et Sainsbury’s, se sont engagées à réduire de 20% le gaspillage alimentaire d’ici 2025. Mais aucune loi n’oblige la grande distribution ni les petits commerces à céder leurs invendus à des individus ou des organismes caritatifs.

Ainsi, Valentina ne peut-elle pas révéler plus de détails sur le maraîcher qui la fournit car c’est un employé qui lui donne les produits, à l’insu de son patron.

«  Les commerces ont peur qu’en donnant leurs produits les gens achètent moins et attendent que ce soit gratuit. »

À l’inverse, une autre utilisatrice d’Olio, Gill Watson, une chef qui se définit comme une «  activiste  », s’est arrangée avec le Lidl de la ville de Pendle (Lancashire) après avoir mené «  une guerre sur les réseaux sociaux  ».

 

Cinq fois par semaine, elle va chercher des invendus – du pain, des légumes, des conserves – qu’elle met à disposition dans des cabanons ouverts à tous, mais principalement destinés aux écoliers issus de familles pauvres et aux retraités dont la pension de retraite est insuffisante.

Si elle a commencé son action de redistribution bien avant l’arrivée d’Olio, elle se sert de l’application pour écouler les stocks. Pour Saasha Celestial-One :

«  Si des personnes comme Gill distribuent le surplus de supermarchés, c’est vraiment génial. Mais nous, ce n’est pas notre priorité, car ils ne sont responsables que de 2% du gaspillage alimentaire.  »

En effet, d’après l’organisme Love Food Hate Waste, presque 50% de la nourriture gaspillée chaque année au Royaume-Uni provient des foyers, ce qui leur ferait perdre 74 euros par mois (60 livres). Les créatrices d’Olio comptent donc sur la prise de conscience individuelle…

 

Echelle « hyper locale »

Mais leur application surfe aussi sur la vague de l’explosion de l’économie du partage. Saasha Celestial-One explique :

«  Maintenant les gens partagent tout, les emplacements de parking, le logement, les bureaux. Pourquoi pas la nourriture  ?  »

Outre le refus de gaspiller et l’envie de partager avec ses voisins, on se rend compte, en discutant avec les utilisateurs, que la dimension économique entre aussi en jeu. Pour Anna, une utilisatrice d’Olio, l’appli permet de faire quelques économies :

«  On ne peut pas vraiment contrôler son budget logement et transport. En revanche, c’est possible de réduire son budget nourriture avec des applications comme Olio. Moi je n’achète pas quand je sais que c’est sur l’appli.  »

 

Pour que la start-up décolle, l’application doit se développer à l’échelle «  hyper locale  », précise Saasha Celestial-One. Mais à Londres, son succès semble encore très inégal selon les quartiers.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
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