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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 16:07

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Face aux CRS

En manif, il filme tout sur Periscope : « Ça me protège un peu »

 

Jeudi, Louis a filmé et diffusé en direct l’intervention des CRS à Lyon, en marge de la manif contre le projet de loi travail. « Un geste militant contre les violences policières », justifie-t-il.

 

 

 

Lors des rassemblements de jeudi 31 mars contre la loi travail, de nombreux manifestants ont filmé les forces de l’ordre dont Louis, que nous avons contacté via Twitter.

Place Bellecour à Lyon, la manif a dérapé en fin de cortège. Avec son smartphone, Louis a filmé l’intervention des CRS sur la place et diffusé les images en direct sur Periscope (une appli permettant de diffuser en temps réel des images).

Autour de lui, pas mal de personnes filmaient, exerçant ainsi une pression médiatique sur la police. Celle-ci est accentuée par l’instantanéité dans la diffusion des images : sans être à Lyon jeudi, on pouvait tout à fait suivre en temps réel la fin de cortège capturée par le téléphone de Louis (et bien d’autres).

 

Montage : captures des vidéos filmées par Louis à Lyon, le 31 mars 2016

Montage : captures des vidéos filmées par Louis à Lyon, le 31 mars 2016

 

« Monsieur, envoyez bien à BFM, hein »

Sur l’une des vidéos de Louis, toujours en ligne sur son compte Twitter, on peut voir les CRS faire usage d’un canon à eau pour disperser la foule après la manifestation. Plusieurs hommes tombent à terre, touchés par le jet d’eau. Après quelques minutes, des CRS dirigent le canon à eau sur Louis qui va continuer à filmer de près les petits groupes de CRS présents autour de la place.

 

Montage : captures des vidéos de Louis filmant les CRS à Lyon, le 31 mars 2016

Montage : captures des vidéos de Louis filmant les CRS à Lyon, le 31 mars 2016
 

A côté d’un camion, Louis filme aussi deux CRS tenant fermement un homme. « Filmez, filmez », dit un homme. « C’est en direct, pas de souci », répond Louis.

« Monsieur, envoyez bien à BFM, hein », dit un autre.

« Ah, ça tape moins les gens quand il y a des caméras », fait remarquer Louis à voix haute. On distingue la voix d’un jeune homme derrière lui :

« Oh, il y a Periscope là, vous êtes en direct. Il y a des milliers de personnes qui vous voient [sur Twitter, la vidéo affiche 33 spectateurs, ndlr]. »

Le CRS garde son calme : « Filmez-moi, d’accord, c’est votre droit en effet. »

Les personnes présentes autour des CRS leur demandent de laisser partir l’homme arrêté. Au bout d’un moment, l’un des deux CRS met sa main sur la caméra de Louis qui s’est un peu rapproché. Ce dernier réplique : « On a le droit ! » Puis il cherche le matricule du CRS.

 

« La diffusion en direct me protège un peu »

Filmer, « c’est un geste militant contre les violences policières en général, pas seulement dans les manifestations », nous explique plus tard Louis.

« Le but est de montrer au plus grand nombre possible de personnes la réalité de la violence : qu’elle vient avant tout de l’Etat et qu’elle s’attaque aux personnes les plus dominées, donc aux prolétaires, aux femmes et hommes racisés, aux LGBT, etc.

Même dans les manifs, on peut voir que plus que s’attaquer aux prolos, les flics s’attaquent plus volontiers aux jeunes ou aux personnes racisées. »

Les applis pour filmer les policiers

Le magazine américain Wired listait en mai 2015 les différentes applis permettant de filmer les policiers.

L’Union américaine pour les libertés civiles (Aclu) a lancé en 2012 une appli gratuite pour enregistrer discrètement des interactions avec la police ; Hands Up 4 Justice (Les mains en l’air pour la justice) propose d’enregistrer de l’image et du son en intégrant le positionnement GPS ou le téléchargement de la copie sur un compte YouTube ou Dropbox, et d'autres applis comme Swat, Five-O et Stop and Frisk Watch (regardez la fouille au corps) permettent entre autres de relater une bavure policière.

Louis utilise Periscope pour son instantanéité. Son appli est configurée pour envoyer une notification sur Twitter et les images sont enregistrées automatiquement pendant une semaine.

Avant Periscope, Louis photographiait et filmait les manifs avec un appareil photo. Le téléphone portable est plus pratique pour se déplacer, l’objectif n’étant pas de faire de belles images mais de prouver les violences potentielles.

« La diffusion en direct me protège un peu, et empêche les policiers de récupérer ou casser le téléphone, la carte SD. Enfin, ils peuvent continuer à le faire, mais la vidéo est là. Et vu qu’il est tout à fait légal de filmer les flics en action (voir saisine n°2005-29 et note d’info du 23/12/2008 [PDF]), ça peut permettre de porter plainte pour violence/vol/casse, etc. »

Qu’en est-il de la réaction des forces de l’ordre ?

« Tant qu’on est pas trop près et qu’ils pensent être protégés par le groupe, ils laissent faire. Dès qu’ils sont un peu plus isolés et que l’on voit leur exactions, ils n’hésitent pas à menacer, voire à essayer de prendre le téléphone. »

 

Tout ça pour effacer les images

Le 24 mars, un jeune qui participait au blocus du lycée Henri-Bergson (XIXe arrondissement de Paris) et diffusait sur Snapchat et Periscope les images des policiers immobiles qui stationnaient devant l’établissement, a été attrapé par l’un d’eux. Il relate à Libération :

« J’arrête de tourner un moment et, là, le civil m’attrape, me traîne sur 20 mètres et me met des coups de matraque. »

La scène en question a été filmée par un témoin et visionnée par la journaliste de Libération. Le lycéen affirme s’être fait ensuite insulter et menacer. « Tout ça afin que le policier en civil récupère son téléphone et efface les images de l’appareil. » Plusieurs témoignages rapportent que des violences policières ont visé tout particulièrement des jeunes en train de filmer les exactions policières, note le quotidien.

« A l’ère de Snapchat et de Periscope, ce n’est plus possible de dissimuler les violences policières », tweetait jeudi une internaute en faisant référence aux violences du 24 mars aux abords du lycée parisien.

L’application Periscope contribue ainsi à modifier quelque peu le rapport de forces qu’il existe entre la police et les manifestants – en faveur de ces derniers.

Plusieurs vidéos d’un jeune frappé, ce même jour, par les forces de l’ordre ont entraîné l’ouverture de deux enquêtes. Toutes les vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux sont aussi venues appuyer les témoignages ; elles ont aussi été déterminantes dans la perception des faits par les responsables scolaires et les parents d’élèves.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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