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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:33

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Tour du monde

Vers de farine, four solaire : sur son bateau de jute, Corentin teste les low-tech

 

 

 

 

Produire des légumes, élever des poules, faire tourner une éolienne, le tout sur un bateau construit en jute, pendant un voyage autour du monde. C’est le défi de Corentin pour les trois ans à venir.

Il est jeune, motivé, diplômé et voyage pour changer le monde. Vous pensez déjà connaître l’histoire  ? Détrompez-vous : ce que fait Corentin de Chatelperron est unique.

En 2010, il a rejoint La Ciotat (Bouches-du-Rhône) depuis Dacca (Bangladesh), à bord d’un bateau fabriqué à 40% en fibre de jute. Ce voyage a montré que ce matériau local et abondant peu remplacer la très coûteuse et peu durable fibre de verre. Depuis, un autre navire et de nombreux objets composés à 100% de jute sont nés.

En 2014, nous vous racontions sa deuxième aventure, dans le Golfe du Bengale. Pendant six mois, Corentin avait voyagé d’île déserte en île déserte et tentant de vivre grâce à une sorte d’«  écosystème  » inventé sur son bateau  : des poules, des plantes, des technologies simples.

Il a essuyé pas mal d’échecs mais cette expérience a fait naître un film et beaucoup d’espoirs sur l’utilité des « low-tech », ces technologies économiques qui répondent à des besoins primaires  : manger, boire, se chauffer ou se déplacer.

 

Un tour du monde des low-tech

Dans quelques jours, Corentin va partir avec trois navigateurs, dont Roland Jourdain, à bord de son bateau, Nomade des mers. Il nous a expliqué son projet :

«  Pendant mon dernier voyage, j’étais isolé. Là, ce sera complètement différent. Pendant deux ans, on a tout préparé pour aller rencontrer des experts et tester plein de low-tech tout autour du monde. On va aussi tout faire pour partager au maximum nos découvertes, en faisant des tutoriels et grâce au site Low-tech Lab. Nous avons déjà 1 200 inscrits, on espère qu’il y a en aura beaucoup plus au cours du voyage. »

Le navire comme les escales seront toutes organisées autour des low-tech que voici :

 

Une carte Arduino

Une carte Arduino - Franky47/Wikimedia Commons/CC
 

« Ce sont des microcontrôleurs, qui ne coûtent presque rien.

On peut les programmer pour piloter tout un tas de choses. Par exemple, dans notre serre, on a utilisé une carte avec un petit capteur pour que la ventilation ne démarre que quand la température y dépasse 30°C.

On gagne beaucoup de temps et d’énergie. On va utiliser ces cartes pour essayer d’améliorer nos technos. »

  • Les éoliennes DIY

«  On utilise une éolienne construite entièrement grâce à une imprimante 3D, avec un générateur de type Piggott qu’on fabrique à partir d’aimants et de bobines de cuivre. On peut s’en servir comme hydrolienne ou produire de l’électricité en pédalant si besoin, elle sera très flexible. »

(Pour en savoir plus sur ces éoliennes inventées par un ingénieur fou isolé sur une île écossaise et développées depuis grâce au bouche à oreille et aux stages d’auto-construction, c’est par ici.)

 

 

  • Les vers de farine

« Notre nutritionniste nous a recommandé de manger 60 grammes de protéines par jour. Nous allons cultiver de l’algue spiruline dans des bouteilles et manger les œufs de nos quatre poules.

Pour compléter ce menu, nous allons aussi lancer un élevage de vers de farine. C’est un processus qui prend seize semaines, donc nous allons élever plusieurs milliers de vers dans seize boîtes différentes pour chaque stade. Au total ça fait plus de 120 000 vers en permanence. »

  • Le four solaire

 

Un four solaire

 

La lumière du soleil qui passe à travers une vitre peut cuire des aliments dans un récipient isolé. Corentin l’avait déjà testé sur son bateau mais espère l’améliorer :

« C’est plutôt bien rodé comme technologie, mais on va faire beaucoup de tests, pour affiner le plus possible. »

 

  • Le désalinisateur

C’est une sorte de four solaire, dans lequel l’eau s’évapore, se condense contre une vitre et coule dans une gouttière.

« C’est très lent, sur 1 m2 de surface, on obtient 5 litres d’eau par jour. Ce n’est pas du tout suffisant mais on va essayer d’augmenter la surface de contact entre l’air et l’eau en plongeant par exemple des tissus dans l’eau. J’ai essayé de lancer un concours sur Youtube aussi, pour appeler aux bonnes idées. »

 

  • Le réchaud à économie de bois (ou « rocket stove »)

Sur son bateau, Corentin avait testé le rocket stove. Il nous expliquait en 2014 :

«  On récupère deux boîtes de conserve de tailles différentes. On perce la plus petite de plusieurs trous et on emboîte l’autre par-dessus. On brûle un peu de bois dans la petite boîte et, au bout d’un moment, du gaz s’échappe par les trous, remonte la paroi et entre en combustion dans la grande boîte. C’est impressionnant à quel point c’est efficace, on consomme jusqu’à sept fois moins de bois. Tous les jours, des gens utilisent du bois pour la cuisson, c’est très simple, ça pourrait être utilisé partout dans le monde. »

Ils vont chercher à aller plus loin :

« Nous allons rencontrer des experts de cette low-tech au Sénégal, où elle a été beaucoup développée parce qu’il y a de gros problèmes de déforestation. C’est un bon exemple de low-tech qui prend de l’ampleur parce qu’elle apporte une réponse à une problématique locale. »

 

 

 

« C’est un savoir-faire qui est pour l’instant industriel mais qui peut être approprié par beaucoup de gens, cela peut être intéressant pour toutes les personnes qui n’ont pas accès à la terre ou à l’eau.

Le challenge pour nous était de trouver des plantes pas trop exigeantes, qui peuvent pousser dans peu d’espace, être très nourrissantes, et en plus dont on mange une grande partie. Pour ce faire, on a fait travailler ensemble un nutritionniste, un ethnobotaniste et un spécialiste de l’hydroponie.

On a vraiment réussi à trouver des choses en faisant travailler ensemble des gens qui n’en ont pas l’habitude. Nous allons notamment cultiver des blettes, ce sont des plantes qui poussent en permanence et qui sont très nourrissantes.

Nous allons nourrir les plantes avec un liquide à base de jus de compost. Nous ferons des mesures très précises de son électroconductivité avec des capteurs, pour être très efficaces. Le but est de se passer ensuite de ces capteurs, bien sûr. »

 

Corentin et son frère en plein atelier d'hydroponie

Corentin et son frère en plein atelier d’hydroponie - DR
 
 
 
 
 
 

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