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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 14:47

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

« Trepalium » : l’apartheid riches-pauvres a salement de l’avenir

 

 

 

 

A ceux qui croient que la science-fiction n’est qu’un prétexte à évasion et gros effets spéciaux, Arte offre à nouveau un beau démenti. La chaîne avait programmé la stimulante série « Real Humans », où la coexistence entre humains et robots trop proches de nous posait maintes questions : elle diffuse, à partir de ce jeudi, une mini-série en six épisodes, « Trepalium ».

Son nom fait référence à l’étymologie de « travail », qui vient de « trepalium », déformation de « tripalium », un instrument de torture antique à trois poutres, où était attaché le sujet.

Réalisée par Vincent Lannoo, « Trepalium » se déroule dans un avenir non précisé. L’urbanisme y est simple  : la Ville, tirée au cordeau, avec des gratte-ciel et des bâtiments énormes et nickels, ceinte d’un mur démesuré. Et tout autour, un monde grouillant de bidonvilles, dont les habitants, les « zonards », survivent avec une maigre distribution de rations alimentaires.

 

« Trepalium », bande-annonce

 

A l’origine de ce monde radicalement scindé, le chômage qui n’a cessé d’augmenter, jusqu’à atteindre 80% de la population, et à amener des politiciens à séparer les privilégiés des autres, à l’abri d’une muraille géante.

 

Ambiance glaciale

Au début, un ministre, qui est aussi l’époux de la Première ministre, séquestré depuis des mois dans la Zone, est relâché. En échange, la Première ministre fait recruter 10 000 zonards, pour occuper en journée un emploi dans la ville.

Outre les décors et l’ambiance (glaciale, avec un zeste de « Brazil » dans un côté rétro-futuriste), « Trepalium » n’est pas si binaire que le résumé pourrait le laisser croire  : la vie est rude même côté Ville. Chacun, fut-il haut placé, vit dans la terreur de déchoir et d’être éjecté dans la Zone.

Les relations en apparence insensibles montrent un univers mis en coupe par des multinationales, où le conformisme étouffe toute joie et tout échange affectueux. L’acteur Aurélien Recoing, père déshumanisé d’un des principaux personnages, est saisissant.

 

La Ville derrière le mur de

La Ville derrière le mur de « Trepalium » - Arte France/Kelija
 

Les auteurs ont regardé nombre de films et de références pour en faire leur miel. Vincent Lannoo explique la conception de cet univers de ségrégation où l’avenir est en impasse :

« L’esthétique rétro-futuriste de la série fait écho à cette régression : les décors, les costumes, les accessoires, les vieilles voitures. On a regardé comment certains architectes du passé, des années 30 aux années 80, comme Le Corbusier, Oscar Niemeyer ou Ricardo Bofill, avaient imaginé l’avenir. »

 

Les riches à part  ? En 2154, en 2293...

Un monde coupé entre une poignée de privilégiés et tous les autres  ? La SF prolonge des tendances déjà marquées  : les villes privées, gérées comme des entreprises et protégées de l’insécurité extérieure, sont à la mode, et des géants ambitionnent de construire leur propre cité, comme Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, et son projet Zee-ville qui réinvente les corons.

« Zardoz », de John Boorman, montrait dès 1974 une Terre ravagée en 2293. Les Eternels, une poignée de privilégiés immortels, vivent dans une oisiveté décadente, derrière une barrière invisible ; à l’extérieur de leurs enclaves de luxe, des hordes d’humains dans la misère, les Brutes, travaillent sur une planète semi-détruite, pour alimenter les Eternels. Et un de ces derniers arme des exterminateurs, chargés de massacrer et réduire en esclavage les Brutes.

 

 

 

 

« Zardoz », bande-annonce

 

Récemment, dans « Elysium » (2013), Neill Blomkamp – qui prépare le prochain « Alien » – a mis en scène une Terre polluée et surpeuplée, en 2154, laissée aux pauvres, en proie à la violence et la maladie. Les plus riches, eux, ont pris le large en s’installant dans une énorme station spatiale luxuriante, dont les équipements médicaux guérissent n’importe quelle maladie.

 

« Elysium », bande-annonce

 

Tous contre tous

Dans le premier épisode de « Trepalium », on voit dans une scène un personnage trouver un mort, gisant dans un couloir de sa multinationale, et il réagit en pensant immédiatement à prendre le poste laissé vacant par le mort.

Un passage qui, en dehors de la science-fiction, évoque la compétition meurtrière du chômeur joué par José Garcia dans « Le Couperet » (2005) de Costa-Gavras  : désespérant de retrouver un emploi dans son domaine spécialisé, il assassine ses concurrents potentiels pour être sûr d’être embauché. Polar ou SF, l’avenir du chômeur s’annonce radieux.

 

« Le Couperet », bande-annonce

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Photos - Vidéos - Sons Economie et social
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Bernard 17/02/2016 18:51

L'effort doit peut-être être plutôt d'inventer un autre avenir : http://www.nonfiction.fr/article-8108-serie__imaginer_la_fin_du_travail_au_dela_de__trepalium_.htm

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