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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 18:28

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Servier, Sanofi : l'industrie pharmaceutique licencie en masse

2 février 2016 | Par Mathilde Goanec
 
 
 

C’est l’hécatombe dans le monde du médicament. Plus de 600 emplois supprimés brutalement chez Servier, 600 licenciements annoncés le même jour chez Sanofi sur les trois prochaines années, et des effectifs réduits à bas bruit chez Novartis. Premiers visés, les visiteurs médicaux.

L’annonce est tombée en fin d’année dernière, entre les attentats de Paris et la COP21. Forcément, elle n’a pas fait grand bruit. Et pourtant, le choc a été brutal pour les 690 visiteurs médicaux de chez Servier, un mois avant Noël. « On a appris notre licenciement par mail, certains étaient dans leur voiture et l’ont su en écoutant la radio », se rappelle Karine, qui n’en revient toujours pas d’un tel traitement, après 23 ans d’exercice dans le laboratoire. 

Ce mardi 2 février, les visiteurs médicaux ont donc délaissé pour une journée leur secteur en région afin de squatter le siège du laboratoire en région parisienne, rassemblés pour la première grève de la maison Servier. Éparpillés habituellement sur toute la France, ils s’étreignent et s’embrassent, sur le parvis de Suresnes, avec à la main des pancartes dénonçant la « trahison » de leur employeur. « Tout le réseau commercial est mis dehors, y compris des directeurs régionaux, s’indigne Valérie, arrivée ce matin de l'est de la France. À l’heure actuelle, on ne sait pas qui va vendre les médicaments chez Servier. » 

 

Manifestation devant le siège de Servier à Suresnes, le 2 février 2016 © Mathilde Goanec Manifestation devant le siège de Servier à Suresnes, le 2 février 2016 © Mathilde Goanec

 

Les visiteurs médicaux sont lucides, ils savent que leur métier est sur la sellette. Le scandale du Mediator a durablement entaché la marque Servier et fragilisé l'ensemble de la profession, accusée de pousser les médecins à des prescriptions hasardeuses. Les visiteurs médicaux souffrent également du ralentissement de l'innovation dans l'industrie pharmaceutique. Mais la pilule est néanmoins dure à avaler. Chez Servier, 610 postes (657 selon les syndicats) vont être supprimés, avec peu d’espoirs de reclassement en interne. Près de 80 % de ces salariés sont des femmes. Le projet de réorientation stratégique du laboratoire vers l’oncologie, et donc le milieu hospitalier, ne convainc personne, car il n'offre de perspectives que pour une quarantaine d'employés. « 23 nouvelles molécules sont dans les tuyaux, dont neuf en oncologie », explique la direction. « Mais ces nouveaux produits ne nécessiteront pas de visiteurs médicaux comme  actuellement », concède Servier qui peste aussi contre « l’environnement du médicament » en France, responsable selon lui de la chute du chiffre d’affaires de 15 % dans l’Hexagone. Le laboratoire ne résisterait pas au « déremboursement », aux « baisses de prix imposées » par le gouvernement, ni aux « retards dans l’obtention d’AMM », soit l’autorisation de mise sur le marché, qui permet à un médicament d’entamer son parcours commercial. 

 



« On nous parle de nouvelles molécules tous les trois ans, sans jamais rien voir venir, se plaint Marie-Pierre Juyoux, déléguée syndicale centrale CFDT. La direction fait un "pari financier" sur l’oncologie, alors que le domaine est déjà largement dominé par les grands Pfizer et Sanofi. On en paye le prix. » Et de rappeler les multiples aides dont a bénéficié le laboratoire pour pérenniser l’emploi, dont 107 millions d’euros en crédit impôt recherche rien que l’an dernier. « Ce choix brutal remet à l’ordre du jour la nécessité d’une loi contre les licenciements boursiers dans les entreprises réalisant des bénéfices, souligne à ce propos la députée de Nanterre-Suresnes, Jacqueline Fraysse, dans une lettre de soutien aux salariés. Il soulève également la question des aides publiques aux entreprises censées permettre la création d’emplois et non favoriser leur destruction. » Selon un communiqué d'Unsa Chimie, l'intersyndicale sera reçue au ministère du travail à la mi-février. 

 

Nouveau plan de départs volontaires chez Sanofi

Par ailleurs, le laboratoire est loin d’être au bord du gouffre. Le groupe, qui comprend la lucrative filiale Biogaran (laboratoire produisant des génériques), a présenté pour l’an dernier un chiffre d’affaires de près de quatre milliards, ainsi qu’un bénéfice net de 352 millions d'euros, contre 77 millions sur l'exercice précédent (un chiffre plombé par une amende qu'a infligée la Commission européenne à l’entreprise pour entrave à la commercialisation d’un générique concurrent). « Nous voulons que le plan de sauvegarde de l’emploi soit à la mesure de la brutalité dont Servier a fait preuve à notre égard, insiste donc Marie-Pierre Juyoux. Il est hors de question que mes collègues se retrouvent à Pôle emploi et que la collectivité paye encore une fois pour Servier. » Pour le moment, le projet de PSE présenté par la direction ne prévoit aucune indemnité au-delà du minimum légal et un dispositif de « préretraite » accessible aux seuls salariés âgés d’au moins 59 ans et ayant au minimum 10 ans d’ancienneté (soit moins de 30 salariés sur les 610 concernés). Le congé de reclassement portera sur 12 ou 24 mois, selon l’âge du salarié licencié. « Ce n’est pas décent, estime Linda, dont l'emploi est menacé. On sait bien que les visiteurs médicaux, c’est fini, il faut qu’on puisse changer complètement de voie pour s’en sortir. » 

Le laboratoire français n’est pas le seul à tailler dans ses effectifs. L’entreprise suisse Novartis le fait, de manière moins spectaculaire, depuis deux ans, misant sur des plans de « redéploiement » pour contracter son service commercial.  « Nous avons dû batailler l’an dernier pour avoir un plan de sauvegarde de l’emploi digne de ce nom, et encore, les conditions de départ étaient les plus basses de l’industrie pharmaceutique, explique, sous couvert d’anonymat, une déléguée syndicale chez Novartis. Là, ils ont sorti un plan de départs volontaires, avec des volontaires désignés, et des mesures de compensations ridicules. Mais on laisse faire… » Au total, pratiquement 200 emplois sont partis en fumée, et ce n’est pas près de s’arrêter.

Chez Sanofi, trois ans après le dernier plan de départs volontaires (retoqué par la justice mais mis en œuvre en attendant l’appel), la direction remet le couvert, et ce malgré les déclarations rassurantes du nouveau PDG du groupe en 2014. D’après un document remis aux partenaires sociaux le même jour que la grève chez Servier, six cents postes seront supprimés d’ici deux ans dans l’Hexagone, de manière à réaliser 1,5 milliard d’économies pour anticiper la « falaise des brevets », ces molécules tombant prochainement dans le domaine public, selon la direction. « Ça va toucher a priori les fonctions supports du groupe, mais c’est sans compter les 474 postes vacants en recherche et développement, suite au dernier plan de départs volontaires, rappelle Sandrine Caristan, membre du collectif Sanofric. « On fait plus de quatre milliards de bénéfices l’an dernier, mais c’est toujours le même blabla sur des centaines de pages : Sanofi va très mal, on perd de l’argent… C’est à pleurer », ironise avec amertume la salariée. Le laboratoire a touché depuis 2008 des centaines de millions d’euros en crédit impôt recherche et de 11 à 18 millions d’euros par année depuis la mise en œuvre du CICE (lire ici notre article détaillé sur les effets du CICE). Par ailleurs, la part du chiffre d’affaires reversée aux actionnaires de Sanofi dépasse désormais celle consacrée à la recherche, environ 4,8 milliards d’euros en 2014. 

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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