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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 18:44

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les travaux de la convivialité ont joyeusement commencé à la Zad de Notre-Dame-des-Landes

1er février 2016 / par Isabelle Rimbert (Reporterre)
 

 

 


 

Samedi 30 et dimanche 31 janvier, plus d’un millier de personnes sont venues participer aux chantiers collectifs organisés sur la Zad. Une action festive et mobilisatrice, alors que le mouvement entend maintenir la pression pour l’abandon du projet d’aéroport.

- Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

Les menaces d’intervention du gouvernement ne semblent pas atteindre l’énergie communicative qui émane de la Zad (zone à défendre), alors même que la justice vient de valider l’expulsion d’occupants et paysans « historiques », et que la répression continue de s’abattre sur les militants (interpellations, gardes à vue, procès...).

Nourrie de la confiance et de la force accumulées lors de récentes aventures imaginées ensemble (tracto-vélo de 500 km sous état d’urgence, "prise" de Versailles lors d’un mémorable banquet, occupation du pont de Cheviré, opérations escargots, blocages), les différentes composantes du mouvement font bloc et continuent d’inventer l’avenir de la Zad.

En témoigne la réponse en forme de joyeux et constructif bras d’honneur aux bétonneurs, suite aux appels d’offres lancés fin octobre 2014 par AGO (Aéroport du grand ouest, la filiale de Vinci qui veut construire l’aéroport). Dans un communiqué visant à remplacer et annuler les appels d’offres officiels, des chantiers ont été lancés, « destiné à renforcer les structures collectives, matérielles, agricoles, défensives et festives existantes sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ». Ils se poursuivront sur la ZAD tout au long de l’année.

Résultat de l’appel : un millier de personnes (collectifs de soutien, sympathisants, curieux) ont débarqué ce weekend des 30 et 31 janvier sur la Zad sous une pluie battante, armés d’outils et de bottes, de victuailles et d’énergie. Une trentaine de lieux de vie ont proposé des chantiers et accueilli les travailleurs bénévoles. La Zad ne connait pas la crise : le « bourreau d’embauche », assailli, a enchainé les entretiens : « On peut dire que le pari est réussi. En plus des 500 personnes inscrites, 400 se sont rajoutées », sourit Nicole (prénom changé), forçat volontaire au Comité de pilotage pour un avenir sans aéroport. « Il y a une très forte envie de mettre en oeuvre la manière dont on envisage l’avenir sur la Zad. Ce qui se joue ici, c’est la possibilité d’imaginer collectivement d’autres façons d’habiter, de vivre, de produire. Un espace d’espoir. »

 

 

Un espoir tricoté par les liens qui se tissent entre des sympathisants qui se rencontrent ou se retrouvent, des comités qui se découvrent et s’organisent. Comme à la Chat-teigne, hameau emblématique construit avec l’énergie des 40.000 personnes venues lors de la manifestation de réoccupation en novembre 2012.

Remettre le lieu en état en vue d’une utilisation partagée, c’est le pari d’un des nombreux comités de soutien à NDDL (environ 200 en France), dont certains, dormant ces derniers mois, se réactivent, en une revue des troupes joyeuse et spontanée. Sous le vent et la pluie, des dizaines de paires de bottes s’activent dans la boue qui a repris ses droits : des chemins surélevés en rondins apparaissent, clou après clou, et serpentent dans la foret. Dans la salle commune qui jouxte la NoTAVerne, Maryvonne (prénom changé), la trentaine, cajole un poupon de 3 mois. Elle est venue avec le comité de soutien de Rouen, créé en 2012 : « C’est une évidence d’être là. C’est logique car nécessaire. Notre comité, qui compte une centaine de personnes, est toujours resté plutôt actif, donc il facilement mobilisable aujourd’hui. »

 

 

Certains découvrent la Zad, d’autres la retrouvent. La jeune femme l’assure : « Y aller, ça change tout ». Dehors, ça s’active dans tous les sens : pelles, marteaux, scies, sont de sortie, le coeur est à l’ouvrage. Comme le résume Seb, du Comité de Bordeaux, « c’est une lutte ou tout le monde se réunit autour d’une vision des choses, et on y bosse ensemble ». S’investir sur le lieu, pour mieux le défendre ensuite ? Malgré l’apparente reculade de Manuel Valls, la méfiance reste ici de mise. « On est aussi là pour se préparer à une éventuelle attaque du gouvernement », rappelle Alex, 25 ans. « Beaucoup de monde viendra alors défendre la zone, on prépare les structures pour les accueillir. »

 

 

La lutte, certes, mais conviviale. C’est un peu le credo du lieu : au Liminbout se construit la déjà fameuse auberge des Q de plomb. A 15h, c’est la reprise du travail pour les 70 convives répartis sur deux tablées (une dans la mezzanine en construction et une sur la future terrasse de l’établissement). Il y a encore du pain sur la planche. Les occupants des lieux proposent un point chantier pour répartir les forces en présence : nettoyage, lessivage, poulailler à réparer, gravats à évacuer, débroussaillage… Les comités de Sud-Loire, de Blain, de Lille et d’ailleurs ont l’embarras du choix.

Claude, habitant historique des lieux et cuisinier jovial, a régalé tout le monde d’un pot au feu maison. Au milieu de ce bourdonnement, il rêve de la suite : « Le gros oeuvre est fini, maintenant on fignole. Il y aura ici une salle de banquet et un labo de transformation de produits du coin. Une auberge pour le mouvement, mais ouverte. Ca permettra de recevoir les personnes des environs et de faire du lien alentour ». Une volonté partagée par l’ensemble du mouvement, qui, via ce genre de projets ainsi que des «  infos tours  », tente de contrecarrer les poncifs et caricatures véhiculées autour de la Zad.

 

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Claude, au Liminbout : « Recevoir et faire du lien »

Entre le site de la future auberge et la ferme de Marcel et Sylvie fraichement expulsable, un bâtiment à double usage prend forme : menuiserie d’un coté, bergerie de l’autre. Habitante du Liminbout, Camille s’active sur le chantier. Pour elle, « les gens sont conscients qu’il se passe quelque chose de fort ici. Et depuis la COP, la lutte s’est resolidarisée. Il faut continuer à faire du lien entre les gens et entre les causes. »

 

 

A quelques mètres, Yann 27 ans, creuse une rigole dans la boue sous la pluie. Rien d’exceptionnel pour ce Breton, venu avec l’un des comités du Finistère. Il incarne cette "circulation nécessaire entre les luttes", lui qui combat au quotidien l’extraction de sable en baie de Lannion, et la centrale à gaz de Landivisiau. Ce système bien rodé de projets imposés cristallise une contestation grandissante dont Notre -Dame-des-landes fait figure d’emblème inattaquable...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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