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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 19:01

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Dix histoires étonnantes trouvées dans un rapport de la Banque mondiale

 

 

 

 

Des SMS pour aider les profs en Papouasie, le phénomène des « villages Taobao » en Chine, le fabuleux destin du Pakistanais Usman Riaz... et 7 autres histoires.

 

Les bienfaits de l’économie numérique profitent surtout aux plus aisés et aux plus influents : c’est le constat du récent rapport de la Banque mondiale consacré aux « dividendes du numérique ».

 

Couverture du rapport de la Banque mondiale

Couverture du rapport de la Banque mondiale
 
 

Malgré l’essor des technologies, la fracture numérique reste profonde – 60% de la population mondiale n’a pas accès à Internet.

 

« La “connectivité pour tous” reste un objectif important et un énorme défi, mais les pays doivent aussi créer des conditions favorables à la technologie pour en tirer le meilleur profit », lit-on en conclusion.

Au-delà de ces constats, le rapport de 359 pages, très riche, fourmille d’infos et d’exemples sur la manière dont le numérique s’immisce dans les sociétés. Rue89 en a extrait 10.

 
 

1 En Papouasie-Nouvelle-Guinée, des SMS pour aider les profs

 

« Dans de nombreuses communautés à faibles ressources, la meilleure technologie est celle que les gens ont déjà, savent comment utiliser et peuvent se payer. » La plupart du temps, il s’agit du téléphone portable. Le SMS Story Project développé dans la Papouasie-Nouvelle-Guinée rurale en est un bon exemple.

« Les régions en question sont caractérisées par la pauvreté, un niveau d’alphabétisation bas, l’isolement géographique, la diversité linguistique (plus de 800 langues sont parlées à travers l’île), une faible qualité d’enseignement et un manque de matériel d’apprentissage et d’outils pédagogiques.

Beaucoup de classes dans les milieux ruraux ont peu de livres – et certaines pas du tout. Peu d’élèves atteignent le niveau de lecture escompté et les enseignants ne savent souvent pas quelle matière ils sont censés expliquer durant une semaine donnée – ou comment l’enseigner efficacement. La plupart d’entre eux ont, cependant, des téléphones mobiles. »

L’objectif du SMS Story project est d’aider et motiver les profs. Ainsi, tous les jours, ils reçoivent des textos contenant des histoires et des astuces pour les aider à améliorer le niveau de lecture des élèves. Le projet a fonctionné :

« Le niveau de compréhension en lecture a sensiblement augmenté et cela a permis de réduire de moitié le nombre d’enfants qui ne pouvaient rien lire du tout. »

 
 

2 L’histoire des « villages Taobao »

 

« Le phénomène observé à Shaji est la meilleure illustration de la croissance dynamique et de la diffusion rapide du commerce électronique en Chine. D’une économie basée sur l’élevage porcin dans les années 80, le village de Dongfeng dans la commune de Shaji (province du Jiangsu) est passé au recyclage des déchets plastiques dans les années 90.

En 2006, un émigré de retour au village ouvre une boutique en ligne de meubles ordinaires. Son succès encourage d’autres villageois à faire de même et dès la fin de 2010, le village compte six ateliers de fabrication de panneaux, deux ateliers de pièces métalliques, quinze entreprises de logistique et de transport et sept magasins d’ordinateurs desservant 400 ménages engagés dans la vente en ligne partout en Chine, et même dans les pays voisins.

Shaji est l’un des premiers “villages Taobao” – du nom d’une plateforme de commerce en ligne gérée par le groupe Alibaba – où au moins 10% des ménages font du commerce électronique. Les villages Taobao, et plus généralement l’essor du commerce électronique en Chine, montrent comment l’Internet favorise l’inclusion, l’efficacité et l’innovation. »

 
 

3 L’histoire d’Usman Riaz, jeune musicien pakistanais

 

« Usman Riaz a débuté les leçons de piano à l’âge de 6 ans au Pakistan. Il a plus tard voulu découvrir d’autres instruments et d’autres styles musicaux mais il ne trouvait pas le bon professeur dans son pays.

A défaut, en regardant des vidéos en ligne, il a appris tout seul la guitare percussive, une technique mêlant l’utilisation des cordes et du corps de l’instrument pour jouer des percussions. Riaz a aussi utilisé Internet pour partager sa musique.

Sa chanson “Fire Fly” est devenue virale en 2011. Une année plus tard, il jouait sur scène à Edimbourg avec Preston Reen, l’une de ses idoles. »

Usman Riaz, 25 ans, parle de son parcours (et d’Internet) dans cette conférence Tedx :

« Internet a été mon prof de musique. »

Il explique avoir regardé des centaines et des centaines de vidéos, en fermant les yeux pour déchiffrer chaque note ou en stoppant la lecture pour observer la position des doigts d’un musicien.

« Excepté mes leçons de piano, j’ai appris tout ce que je sais en musique en regardant les autres [...] jouer en ligne. »

Conférence TedX d’Usman Riaz

 

 
 

4 900 millions de cartes d’identité numérique en Inde

 

Ces cinq dernières années, près de 900 millions d’Indiens ont obtenu une carte d’identité numérique. Elles servent notamment à ouvrir des comptes en banque, contrôler l’assiduité des fonctionnaires et identifier les bénéficiaire de subventions publiques.

Le projet d’état civil numérique, surnommé Aadhaar, a été lancé en septembre 2010 par Nandan Nilekani, pionnier de l’informatique en Inde et cofondateur de la multinationale Infosys.

La Moldavie, le Nigeria, l’Estonie ou Oman ont mis en place des systèmes similaires d’identification numérique.

« Au Nigeria, les cartes d’identité numériques ont révélé l’existence de 62 000 “fonctionnaires fantômes”, permettant ainsi d’économiser un milliard de dollars par an. [...]

En Estonie et dans d’autres pays, des milliers de types de transactions publiques et privées sont contrôlés à l’aide d’un système unique d’identification électronique, y compris les contrats ayant force exécutoire et les scrutins nationaux. »

 

 

5 Ce que font les agriculteurs tanzaniens sur leur mobile

 

En Tanzanie, dans la région des grands lacs, les téléphones portables ont été utilisés par 60 groupes d’agriculteurs (Digital Early Warning Network) pour lutter contre les maladies du manioc.

« Chaque agriculteur a une carte prépayée sur son téléphone et a été formé pour reconnaître les premiers symptômes de la maladie du manioc et de la maladie de la striure brune.

Les agriculteurs utilisent leur téléphone portable pour envoyer chaque mois des messages aux chercheurs. En retour, ils reçoivent des conseils sur la manière de contrôler la maladie et les chercheurs se déplacent quand plus de 10% des membres du groupe rapportent la maladie. »

 

6 Open data : la déforestation en temps réel

 

Le rapport de la Banque mondiale consacre un chapitre au « big data ».

« Des volumes considérables de données sont aujourd’hui transmis à grande vitesse par une variété de sources – des satellites aux capteurs et du “nuage” aux vastes collectivités d’utilisateurs.

L’analyse des “big data” sert à améliorer la gestion de la circulation routière, à estimer les agrégats macroéconomiques [...], à suivre la propagation des épidémies ou à améliorer les services de notation du crédit et le jumelage emploi-travailleur. »

Global Forest Watch est l’un des exemples cité dans le rapport : c’est un outil qui permet de suivre, quasiment en temps réel, la déforestation dans le monde à travers une carte interactive.

Nous avons déjà eu l’occasion de vous en parler : ce site, lancé en février 2014, peut permettre de détecter des activités illégales. Il s’appuie s’appuie notamment sur des données satellites très précises (lire aussi l’article du Guardian). Les internautes peuvent ensuite télécharger gratuitement ces données et aussi partager leurs témoignages.

 

Capture d'écran de la carte interactive de Global Forest Watch

Capture d’écran de la carte interactive de Global Forest Watch
 
 

7 Des « leçons d’agriculture » en ligne

 

Digital Green est une ONG qui dispense des formations en Inde ou en Afrique grâce à une plateforme de vidéos produites localement. Objectif : faciliter l’échange de savoirs traditionnels agricoles.

« Des locaux filment des paysans du coin qui font une démonstration d’une technique agricole utile ou une pratique de santé. Comme la préparation de semences, des améliorations pour la production de lait chez les bovins ou la manière de réhydrater un enfant souffrant de diarrhée.

Les vidéos sont mises en commun sur Internet. Elles sont ensuite téléchargées pour être montrées et expliquées lors d’assemblées locales. »

Présentation de Digital Green (en anglais)

Le programme lancé en 2008 a permis d’atteindre 660 000 personnes dans 7 645 villages (avril 2015).

8

Des SMS aux femmes enceintes en Ethiopie

 

Dans le rapport de la Banque mondiale sont évoquées plusieurs expérimentations dans le secteur de la santé. Cela passe notamment par le recueil et l’actualisation en temps réel de données.

« Au Ghana, au Kenya, en Tanzanie et en Zambie, les agents de santé signalent les médicaments de contrefaçon et les ruptures de stock avec leurs téléphones mobiles. Regroupées dans une base de données centrale et recensées géographiquement, ces informations aident les administrateurs à remédier aux pénuries de médicaments et d’équipements. »

Sont aussi évoqués des systèmes automatisés de messagerie mobile.

« [Elles] se sont avérés efficaces au Malawi pour rappeler aux patients infectés par le VIH de prendre leurs médicaments et en République démocratique du Congo pour diffuser des informations en santé maternelle. »

Autre exemple en Ethiopie, où plus de 80% de la population vit en dehors des villes. Depuis 2003, le gouvernement a formé et déployé 40 000 travailleurs de la santé (Health Extension Workers) dans les zones rurales ou difficiles d’accès.

« Ces travailleurs sont cependant souvent isolés et peinent à classer par ordre de priorité l’urgent et l’imprévisible pendant les grossesses et les soins postnatalux »

Ces travailleurs enregistrent désormais les femmes enceintes et les nouveaux-nés dans une plateforme (Frontline SMS), mise en place par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’université Addis Abeba. Les femmes enregistrées reçoivent automatiquement des SMS pour leur rappeler les rendez-vous importants et suivre les stocks de médicaments.

« Une évaluation a montré qu’en utilisant le réseau mobile existant et des téléphones à bas coût, le système a amélioré la capacité des travailleurs sanitaires à fournir un service et a amélioré aussi les résultats en termes de santé.

Plus de femmes ont obtenu une assistance qualifiée lors de leur accouchement, plus de femmes ont accouché dans des centres de santé, et plus de femmes ont reçu des soins prénatals.

Le système a amélioré la capacité des travailleurs sanitaires à répondre à temps et a démontré que dans un endroit où la couverture Internet est faible, les téléphones portables sont un excellent moyen d’améliorer les performances d’un système de santé. »

Le Cameroun, le Malawi ou le Rwanda ont lancé des initiatives similaires toujours dans le but de réduire le taux de mortalité infantile et maternelle.

9

Pas d’eau salubre mais des téléphones mobiles

 

Le nombre d’internautes a plus que triplé en dix ans jusqu’à atteindre 3,2 milliards d’utilisateurs fin 2015. Que ce soit Internet ou les téléphones portables, les technologies numériques se sont répandues rapidement.

« Dans les pays en développement, les ménages qui possèdent un téléphone mobile sont plus nombreux que ceux qui ont accès à l’électricité ou à de l’eau salubre. »

Pour autant, parmi 7,4 milliards d’individus peuplant le globe, les déconnectés représentent une majorité :

  • 4 milliards n’ont pas accès à Internet ou pas les moyens de se l’offrir (en République centrafricaine par exemple, un mois d’accès internet représente plus de 1,5 fois le revenu annuel par habitant) ;

Si l’Inde et la Chine sont les pays les plus concernés, plus de 120 millions de personnes ne sont toujours pas connectées en Amérique du Nord. La fracture est également forte à l’intérieur même de certains pays.

  • 2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas de téléphone portable ;
  • 1/2 milliard vivent dans des zones qui ne reçoivent pas de signaux mobiles.

Capture du rapport de la Banque mondiale sur les dividendes numériques

Capture du rapport de la Banque mondiale sur les dividendes numériques

A noter que dans les pays en développement, les téléphones portables, très répandus, sont le principal moyen d’accéder à Internet.

10

Hong Kong contribue plus à Wikipédia que toute l’Afrique réunie

 

Tandis que la population mondiale est davantage connectée, les inégalités en termes d’accès à l’information restent fortes. 

« On compte davantage de contributions à Wikipédia depuis Hong Kong que depuis l’ensemble de l’Afrique, alors que ce continent compte 50 fois plus d’internautes. »

Autre exemple frappant : 85% des contenus générés par les utilisateurs et indexés par Google viennent des Etats-Unis, du Canada et de l’Europe – « ce qui correspond à la part des revues scientifiques internationales publiées dans ces pays ».

 

En Ouzbékistan, des manuels d'apprentissage imprimés en 7 langues.
En Ouzbékistan, des manuels d’apprentissage imprimés en 7 langues. - Banque de Développement en Asie
 
 
 
 
 
 

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