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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 22:48

 

Source : http://rue89bordeaux.com

 

 

Supercoop, tête de gondole hyper coopérative

 
 

Un rayon du supermarché coopératif de New-York (DR)

Un rayon du supermarché coopératif de New-York (DR)

 

Pour manger mieux, moins cher et démocratiser l’accès à une nourriture de qualité, des Bordelais veulent créer un supermarché où les clients seront aussi les patrons. Le projet, porté façon sociocratie par une association, avance lentement mais sûrement au fil des permanences et des réunions.

« Le supermarché coopératif, c’est un peu l’Amap version 2. 0″ lance Anne Monloubou. La présidente des Amis de Supercoop a déjà deux créations d’Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) à son actif mais « ce système a des limites », selon elle :

« C’est compliqué, pas très souple, la gamme de produits est limitée, ça prend du temps et quand on se retrouve avec 10 radis noirs, c’est un peu embêtant. »

Aussi lorsqu’une amie installée à New York lui parle du Park Slope Food Coop, un supermarché géré par des consommateurs, c’est le déclic.

Le PSFC, installé dans le quartier Brooklyn, existe depuis 1973 et c’est un véritable succès outre-Atlantique : il affiche aujourd’hui près de 16 000 membres au compteur et de nombreuses personnes sont sur liste d’attente. Pour y faire ses emplettes, il faut être membre de la coopérative et accepter de consacrer du temps au fonctionnement du supermarché.

En France, il existe un autre projet similaire, la Louve, à Paris. Mais il est actuellement bloqué en raison de problèmes d’autorisations administratives liées à des questions d’accessibilité. Son ouverture est espérée pour l’été 2016.

A Bordeaux, Anne Monloubou et Annie Debaud, une camarade de promo en reprise d’études comme elle dans une école de commerce, commencent à plancher sur le projet dès 2014. C’est encore un « work in progress », qui nécessite quelques conditions indispensables. Voici la liste des courses !

 

1 – Recruter des consom’acteurs

En 2015, les deux jeunes femmes ont organisé les premières réunions d’information, suivies très rapidement en mars de la création des Amis de Supercoop. C’est cette association qui portera le projet jusqu’à la création de la coopérative, prévue pour fin 2016.

Selon le principe d’une voix égale une part, les adhérents, qui seront aussi les seuls clients du supermarché, seront donc des coopérateurs et auront un droit de regard sur la vie du magasin et sur les références des produits qui garniront les rayons.

Le projet se fait rapidement connaître et décroche quelques récompenses : le Prix coup de cœur de l’Economie sociale et solidaire (ESS) de Bordeaux Métropole en novembre et celui de l’Innovation sociale décerné par le Conseil régional d’Aquitaine.

Grâce à ce dernier prix, l’association sera aidée dans sa démarche par des chercheurs en sciences sociales du laboratoire bordelais Crisalidh dirigé par Luc Paboeuf, par ailleurs président du Conseil économique social et environnemental régional d’Aquitaine( CESER).

 

2 – S’organiser entre bénévoles

Le projet étant porté par des bénévoles, sa mise en œuvre est lente mais Elisabeth Sarlat est optimiste. L’adhérente aux Amis de Supercoop résume la situation :

« On est tous enthousiastes mais l’organisation est un vrai casse-tête pour faire coïncider les emplois du temps de chacun. Notre retour sur investissement est que se sera bon et moins cher. »

Pas facile en effet d’avancer dans le cadre d’un projet associatif même si d’après Josianne Mauriac, cadre du secteur médical à la retraite qui s’investit dans le projet :

« On s’appuie sur l’expertise de certains de nos collègues qui ont déjà l’habitude de travailler pour des groupements d’achats pour rechercher des producteurs en bio. »

Elizabeth Sarlat et Laurence Mougenot  tiennent une permanence.

Elizabeth Sarlat et Laurence Mougenot tiennent une permanence (DR).

 

Pas de recette miracle

Pour faire avancer le projet, 11 groupes de travail ont été créés, de la gestion de l’association à l’informatique en passant par le groupe qui s’occupe des questions juridiques, celui de l’étude de marché, celui des finances ou celui des achats.

Les Amis de Supercoop n’ont pas de recette miracle pour faire aboutir leur projet, et doivent s’adapter en cours de route, notamment pour tenir compte du turn-over des bénévoles.

Sont d’ailleurs recherchées quelques compétences pour réaliser différentes missions ; notamment des juristes, des comptables, des rédacteurs pour le blog et des graphistes. Avis aux amateurs.

 

3 – Trouver le bon coin

L’autre difficulté rencontrée pour mettre en œuvre Supercoop, et de loin la plus importante, c’est de trouver un local qui satisfasse toutes les exigences requises.

L’association recherche un espace de « 750 mètres carrés dans un quartier politique de la ville comme Saint-Michel ou la Benauge, par exemple », indique Laurence Mougenot, une « supercoopienne ». Elle précise :

« On veut de la mixité, que le lieu soit accessible en tramway et ait suffisamment de place pour que les gens puissent s’y garer. »

Plusieurs lieux ont été proposés, dans le quartier Carles Vernet à Bègles et à Bordeaux aux Aubiers… Mais aucun ne réunit pour l’instant tous les critères.

 

Supercoop à Euratlantique ?

Pour l’association, l’idéal serait en effet « de s’installer dans les quartiers sud de Bordeaux dans le périmètre d’Euratlantique (Belcier, Bègles…) pour être situé près des axes routiers empruntés par les producteurs », indique Anne Monloubou. Le Marché d’intérêt national (MIN), où sont installés les grossistes, se trouve en effet dans cette zone.

Mais ce n’est semble-t-il pas facile de trouver un terrain du côté de ce quartier plus tourné vers les affaires que vers l’économie sociale et solidaire. L’OIN (Opération d’Intérêt National, l’organisme étatique qui pilote l’aménagement des lieux) a toutefois promis de communiquer à Supercoop l’existence de lieux qui pourraient intéresser l’association.

 

4 – Ne pas brader ses principes

Les amis de Supercoop poursuivent plusieurs objectifs. D’abord, se réapproprier leur consommation face aux grands groupes agro-alimentaires.

Rétablir ensuite une certaine justice sociale devant l’assiette, puisque le projet doit donner accès à des produits à la fois de qualité et moins chers à tous les adhérents. Pour y arriver, l’association souhaite diminuer au maximum le nombre d’intermédiaires, pour baisser de 20% à 40% les prix pratiqués par rapport à un supermarché classique.

Dans l’esprit du slow food et de l’agriculture paysanne, l’association vise aussi la transparence sur les produits de leur production à leur vente, et veut promouvoir une agriculture locale respectueuse de la nature.

Anne Monloubou défend ainsi l’idée « d’avoir un rôle d’éducation populaire avec des débats, des Disco Soup, des ateliers autour du bien manger et d’autres activités qui seront proposées en plus du supermarché ».

Dans les rayons, l’alimentaire représentera 80% des produits et les 20% restant seront consacrés aux produits d’hygiène et aux produits ménagers. Laurence Mougenot explique qu’il y aura « un maximum de bio, équitable et local car l’idée, c’est de se fournir auprès des producteurs locaux ».

 

5 – Dégoter des producteurs

Josianne Mauriac, des amis de supercoop.

Josianne Mauriac, des amis de supercoop (DR).

 

Près de 2000 à 3000 références de produits seront proposées selon « des critères de fraîcheur, de qualité et de diversité ». Josianne Mauriac complète :

« Nous avons mis en route une distribution de produits dans le cadre d’un groupement d’achats. On achète des légumes et des fruits, de l’épicerie salée et sucrée ainsi que des produits d’entretien et d’hygiène.

Pour nous le groupement d’achats est un laboratoire qui nous permet de tester nos partenariats avec les producteurs locaux, d’avoir une idée des besoins des futurs coopérateurs et de ce qu’ils souhaiteront trouver. »

En somme, une manière de mettre en route une version en mini format de la Supercoop qui permet aux adhérents de l’association de choisir les produits et de les commander en ligne.

 

Mise en bouche

Ainsi l’association peut estimer quels types de produits elle pourra proposer dans les rayons en étant déjà en contact avec les futurs fournisseurs. Le groupement d’achats permet également d’estimer ce que chaque producteur sera en mesure de fournir. Elle ajoute :

« Nous avons une charte de fonctionnement pour choisir des producteurs locaux. On travaille avec des producteurs bio ou qui sont en cours de certification. On propose aussi des produits équitables comme le café et des produits régionaux comme la gamme des produits Idoki, un regroupement de producteurs fermiers du Pays basque. »

L’association est en train de référencer les producteurs et prend du temps pour les connaître en se rendant sur leurs exploitations et en testant  leurs produits plusieurs fois. Anne Monloubou, la présidente de l’association, précise :

« Aujourd’hui ce sont surtout des produits bio mais on proposera aussi des produits auxquels les gens sont attachés et qui ne sont pas forcément bio. Pour nous, l’important c’est d’avoir des produits de qualité qui soient le plus local possible. »

La démarche est, selon Anne Monloubou, très bien accueillie par des producteurs habitués à fournir des ruches, Amap et autre magasins bio.

« Notre but n’est pas de faire des marges énormes sur leurs dos. On va travailler seulement sur des circuits courts avec un intermédiaire au maximum. »

 

6 – Recruter des coopérateurs-clients-caissiers…

Au Park Slope de New-York qui emploie près de 70 personnes, les 16 000 adhérents s’activent bénévolement pour la coopérative 2h45 par mois.

Le projet bordelais table lui sur 1200 à 1500 adhérents pour que le projet fonctionne. Et pour que le projet tienne la route, la coopérative devra également créer quelques postes salariés, dans le domaine des achats, de la gestion comptable et la gestion des ressources humaines et l’informatique.

 

 

Pour permettre au supermarché d’ouvrir du lundi au samedi, les bénévoles participeront au projet à hauteur de trois heures par mois pour « déballer, peser, encaisser ou faire du baby-sitting par exemple ».

Actuellement, l’association Les Amis de Supercoop compte 205 membres, « 610 membres potentiels au total si l’on compte ceux qui ont manifesté leur intérêt pour le projet, soit en assistant aux réunions soit via les réseaux sociaux » précise Lydia, membre elle aussi de l’association. Pour pouvoir ouvrir ses portes, Supercoop devra donc décupler ses adhésions.

 

 

Source : http://rue89bordeaux.com

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
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