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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 16:44

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com

 

 

Avec la pluie les limaces reviennent, faut-il ou non qu’on les assassine ?

Journaliste
Publié le 30/08/2015 à 10h39

C’est le début de la fin de l’été, les pluies douchent la France et ses jardins. Les limaces jusque là cachées taquinent maintenant les laitues et les choux. Du coup, la majorité des jardiniers du pays se creusent la tête pour essayer de les assassiner.

Il y a les bourrins, qui utilisent nombre de produits chimiques. Les plus bio appliquent des méthodes aussi étonnantes qu’efficaces qu’on surnommera la méthode du piège à bière, la méthode de la planche à retourner (dite aussi méthode de Papy Maurice) ou encore la méthode de la cendre. Les plus geeks rêvent eux de robots capables de détecter les limaces et de les transformer en source d’énergie.

 

Limace dans un jardin (Les Chatfield/Flickr/CC)

 

Meute d’escargots géants et invasion belge

Tout ça rappelle un grand classique du film d’animation écologiste, « Les Escargots » de René Laloux (France, 1965, 11’), où l’on voit un agriculteur lutter en vain contre de petits escargots qui croquent ses salades... jusqu’à attirer une meute d’escargots vengeurs qui détruisent une ville entière :

 

Les escargots, de René Laloux

 

Les plus inquiets d’entre vous peuvent d’ailleurs s’alarmer, puisqu’une invasion de ce type semble avoir commencé dans le nord de la France et chez nos voisins belges où l’on comptait en mai 300 000 limaces par hectare.

 

 

Là aussi, ce reportage se termine en évoquant les méthodes pour zigouiller du gastéropode.

Reste pourtant une alternative, rarement proposée, qui m’intéresse beaucoup puisqu’elle consiste à ne pas faire grand chose et à observer. Résumons-la ainsi : et si on ne butait plus les limaces ?

 

« Si on est obligé d’assassiner quelque chose pour vivre... »

Hervé Coves, ingénieur agronome à la chambre d’agriculture de Corrèze, raconte dans une très belle vidéo comment « gérer » les limaces sans les tuer. Il commence par quelques phrases bien senties, du style :

« Si on est obligé d’assassiner quelque chose pour vivre, c’est qu’il y a un problème. »

 

 

Puis il nous raconte la très intéressante histoire d’un spécialiste de la truffe (si si, c’est très intéressant), Albert Verlhac, qui date des années 80 et je vous résume ici (si vous n’avez pas le temps de regarder cette vidéo un poil longue) :

« [Albert Verlhac] a constaté que sa production (...) payait un très lourd tribut aux limaces. Donc il a mis en place un essai, avec des zones sur lesquelles il a essayé des produits chimiques, d’autres où il a essayé des pièges à la bière, et puis bien sûr des zones témoins dans lesquelles il n’a rien fait. (...) Résultat des opérations : une récolte de truffes extraordinaires dans toutes les zones traitées et dans la zone non traitée une récolte comme d’habitude avec de belles truffes toutes percées, trouées, entamées. (...)

Sauf que l’année d’après, y a plus eu de truffes du tout dans toutes les zones où il n’y avait plus de limaces. Sans limaces, pas de truffes.

L’analyse de ce qui s’est passé, on l’a eue récemment, par un chercheur de Limoges. Les limaces ont une espèce de râpe dans leur bouche, qu’on appelle radula. Avec ça, elles broient la truffe, puis elles l’avalent, les spores des truffes ne sont pas digérées. La limace fait ensuite de gros cacas visqueux à la surface du sol et il se trouve qu’un autre animal est très intéressé par ce caca, ce sont les vers de terre. Ils vont le manger, le mélanger à la terre dans leur système digestif puis ça fait de petits turricules qu’on voit à la surface du sol dans lequel énormément de bactéries arrivent à se développer, et dans lequel les truffes arrivent à naître. »

 

Eloge de la paresse

Supprimer la limace menace à terme l’équilibre d’un écosystème. OK. Mais si on ne fait rien, toutes nos laitues vos être mangées, non ?

Pas forcément, si on l’en croit Gilbert Cardon, ce Belge qui avec sa femme a réussi à faire pousser une forêt comestible dans son jardin. En juin, il nous expliquait :

  • « Un bon jardinier doit être paresseux (...). Si on s’active trop dès qu’on voit un problème, on n’a pas le temps de comprendre le problème et il va toujours revenir. Par exemple, si des pucerons cendrés s’attaquent aux choux, y a des gens qui vont retirer tout de suite le chou malade. Mais le lendemain, ils vont se rendre compte qu’un autre chou est attaqué. Alors que si on ne fait rien, le premier chou sera bouffé en entier, pendant ce temps-là, les autres choux vont se renforcer et les pucerons les boufferont pas. Mais ça, c’est dur à faire comprendre aux gens, qu’il faut rien faire. »

Il faut tout de même préciser que cette théorie fonctionne bien dans un écosystème où règne suffisamment de biodiversité. Pour ce faire, Hervé Coves propose dans la même vidéo d’apporter du bois en décomposition dans son jardin. Ce bois va attirer des champignons et des insectes capables de « digérer » les végétaux, comme les collemboles.

Autant de concurrents pour les limaces qui vont de ce fait être naturellement limitées dans leur expansion. Cet écosystème riche va même, si tout va bien, attirer ensuite les prédateurs des limaces, notamment les oiseaux.

 

Un rouge-gorge à Asnières-sur-Seine, le 25 janvier 2015 (Amélie Lepage)

 

Par grande chance, c’est ce qu’il s’est passé dans notre jardin. Les oiseaux sont venues dès l’automne. Puis, au printemps, j’ai vu par exemple des carabes, ces insectes mangeurs de limaces, sur ma butte pleine de bois en décomposition. Mieux, nous avons découvert pendant l’été un nouveau pensionnaire dans notre jardin, que nous avons surnommé Léon le hérisson. Une belle incitation à ne rien faire, non ?

 

Notre ami Léon a soif, pendant la canicule de juillet 2015, à Asnières-sur-Seine (Amélie Lepage)

 

Impossible de savoir comment il a pu rejoindre nos quelques mètres carrés de verdure coincés entre trois grandes routes et des barres d’immeubles. En tout cas, nous n’avons subi que très peu d’attaques de limaces. Et aucune d’entre elles n’a été massacrée dans la bière pendant l’écriture de ce post de blog. Merci Léon !

N.B : Pour ceux qui n’ont pas la chance de recevoir la visite de hérissons et de carabes, Hervé Coves propose plusieurs astuces au cours de sa vidéo :

  • Créer des zones ombragées et humides où l’on pourra disposer des végétaux fraichement décomposés, qui attireront les limaces et les éloigneront de vos jeunes pousses.
  • Semer des engrais verts, dont raffolent les limaces.
  • Semer vos laitues dans des pots, et attendre qu’ils soient assez résistants pour les repiquer au jardin.

 

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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