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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 17:17

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Surveillance 21/06/2015 à 16h34

« Occupy DGSI » : un pique-nique contre la loi renseignement

Robin Prudent | Journaliste Rue89
 
 
 

Une des militantes d’Usual Suspect devant la DGSI, à Levallois-Perret, le 21 juin 2015 (Robin Prudent/Rue89)

Une craie dans la main, une ardoise d’écolier dans l’autre, deux jeunes militants recueillent et notent les informations personnelles des passants volontaires :

« Nous voulons aider la police et les services de renseignement à nous ficher. Cela leur facilitera la tâche puisqu’ils veulent le faire avec la loi renseignement.

On a déjà quelques centaines de personnes qui ont donné leur nom, prénom et ce que l’Etat pourrait leur reprocher. »

 

Des sénateurs « fichés »

Après s’être rendus face au Sénat, où ils ont notamment « fiché » quelques sénateurs, voilà les militants devant les bureaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Enfin, à quelques dizaines de mètres du bâtiment du ministère de l’Intérieur. Tout le pâté de maisons ayant été bouclé par des barrières et des camions de gendarmerie avant leur arrivée.

Une dame vient de se faire photographier. L’ardoise indique : « Compagne de celui qui fréquente les infréquentables ». Elle commente :

« Plus il y a de suspects, plus on est protégés par le nombre. Je garde l’espoir d’une intensification de la mobilisation. »

 

Un pique-nique devant la DGSI

Pour le moment, l’impressionnant déploiement de CRS doit seulement contenir un pique-nique militant. Quelques dizaines d’entre eux se sont retrouvés sous la bannière « Occupy DGSI » pour dénoncer le projet de loi renseignement, dont le vote final est prévu pour le 24 juin.

 

La bannière d’« Occupy DGSI » (Robin Prudent/Rue89)

 

Les mots d’ordre sont les mêmes que depuis plusieurs semaines. La colère en plus de voir le débat confisqué par une procédure législative accélérée et une opposition très éclatée.

Thomas Watanabe-Vermorel, porte-parole du Parti pirate, rappelle les inquiétudes portées de longue date par son parti :

« Ce qui est dangereux, c’est l’effet de brèche. Une fois que l’on ouvre une possibilité administrative, celle-ci s’étend à d’autres objectifs. Cela peut se faire de manière insidieuse, en plusieurs années, mais là, tout se précipite en quelques semaines.

La lutte antiterroriste permet de ficher les militants. Les fermetures administratives de sites antiterroristes s’intéressent aux sites sur l’anorexie. On tombe dans une République policière moderne. »

 

Des militants devant les CRS à Levallois-Perret (Robin Prudent/Rue89)

 

« Logique d’écrasement du débat »

Les quelques tables du pique-nique ont du mal à contenir les montagnes de denrées « faites maison » apportées par les militants. De quoi nourrir tous ceux présents et l’ensemble des policiers aux alentours.

 

Les mots d’ordre du rassemblement d« Occupy DGSI » (Robin Prudent/Rue89)

 

Sur le sol, un militant dénonce, à coups de craie, l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. Marion Lagaillarde, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, commente :

« Avec la loi Macron et la loi sur le renseignement, nous sommes dans la même logique d’écrasement complet du débat.

Ces lois sont gigantesques, très techniques et prétendent résoudre des problèmes que tout le monde dénonce : le chômage et le terrorisme. La réalité est que l’on ne résout rien, mais que l’on perd des libertés et des droits acquis, sans véritables consultations. »

 

Un amendement glissé en douce

Un exemple illustre, pour les militants, le problème démocratique posé par la loi sur le renseignement. Mardi 16 juin, le rapporteur de la loi, Jean-Jacques Urvoas, a glissé, très discrètement, un amendement au projet de loi. Celui-ci permet aux services de renseignement de surveiller les étrangers de passage, après avis du Premier ministre, mais sans contrôle de la future Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement.

Françoise Dumont, présidente de la Ligue des droits de l’homme, n’en revient pas :

« C’est sidérant. Si Jean-Marie Delarue [président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, ndlr] ne l’avait pas signalé, il serait passé inaperçu. Cela montre bien qu’il existe un dysfonctionnement. »

 

Une petite fille devant la DGSI (Robin Prudent/Rue89)

 

Pour cause, cet amendement a été glissé au moment de la commission mixte paritaire, après que les sénateurs l’ont rejeté. Le gouvernement, opposé, doit déposer un autre amendement pour supprimer la disposition avant le vote du mardi 24 juin.

 

Prochaine étape : le Conseil constitutionnel

Après un processus législatif mouvementé, les militants ne comptent pas s’arrêter à l’adoption du texte. Marion Lagaillarde précise la suite des actions à mener :

« La prochaine étape, c’est le Conseil constitutionnel. Nous produisons de l’analyse judiciaire et travaillons avec d’autres associations pour effectuer une saisine complète. De très nombreux points de la loi sont attaquables selon nous. »

Après la saisine du Conseil constitutionnel, celui ci devra rendre son rapport dans un délai de 30 jours.

 

Dispositif de protection devant la DGSI (Robin Prudent/Rue89)

 

 

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