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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 16:55

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere

 

 

Nous sommes tous des Grecs

Noël Mamère
Député de Gironde
Publié le 22/06/2015 à 15h42

 

 

 

Les jours qui viennent seront déterminants, non seulement pour le peuple grec mais aussi pour l’avenir de l’Union européenne. Le compte à rebours est déclenché, d’ici au 30 juin, date à laquelle le pays devrait rembourser 1,6 milliard d’euros au Fonds monétaire international (FMI). D’un accord à un défaut de paiement, divers scénarios sont possibles, y compris une situation qui continue à se dégrader, jusqu’à de nouvelles échéances « décisives ».

 

Resserrer le nœud coulant

Pour la Grèce, les palabres n’en finissent plus, tout simplement parce que les hiérarques européens veulent maintenir le gouvernement de Syriza sous pression, le couteau sous la gorge, afin qu’il cède à leurs injonctions. Depuis l’élection de Tsipras, en janvier, la stratégie de la Troïka, composée par le FMI, la Banque centrale et la Commission européenne, est de resserrer un nœud coulant autour du nouveau gouvernement. A chaque fois que celui-ci fait un pas, ce n’est jamais assez et on met en avant de nouvelles exigences.

Parce qu’ils savent que Syriza ne veut pas sortir de l’euro ni, a fortiori, de l’Union européenne, les dirigeants européens estiment qu’ils peuvent le contraindre à une politique contraire au mandat clair qui lui a été donné par les électeurs grecs : rester dans l’euro, en refusant la saignée à blanc de l’austérité, renégocier la dette odieuse, engager une politique de réformes structurelles visant à imposer les riches et à lutter contre la corruption.

 

Protection humanitaire

Le chantage exercé par la Troïka est immonde. Si vous n’acceptez pas de réduire les retraites et les salaires, nous vous asphyxions financièrement, disent en chœur Jean Claude Junker et Christine Lagarde. Ils ne sont d’ailleurs pas d’accord entre eux : le FMI accepterait l’idée, évidente, de restructuration de la dette, mais exige une nouvelle saignée dans les dépenses publiques, tandis que l’Union ne veut pas entendre parler de remboursement, mais pourrait s’accommoder d’un compromis sur les « réformes ». Quoi qu’il en soit, l’attitude des « institutions » accentue la récession et encourage la régression sociale.

 

Alexis Tsipras et Jean-Claude Junker, le 22 juin 2015 à Bruxelles (EMMANUEL DUNAND/AFP)

 

Il ne s’agit plus, à ce niveau, de défense d’une quelconque politique sociale, mais de sauvegarde et de protection humanitaire d’une population mise en danger par cinq années d’austérité. Comment vivre avec moins de 300 euros par mois, puisque tel est le niveau des pensions que les « institutions » veulent imposer aux retraités ? Le taux de pauvreté est de 26%, un jeune sur deux est au chômage. A ceux qui accusent les Grecs d’être « victimaires » et responsables de leur situation, je ne souhaite de connaître la même situation.

 

Une certaine vision de l’Europe

En 2008, quand il s’est agi de sauver les banques, les dirigeants de l’Union n’ont pas tergiversé pour trouver une sortie de crise. Ils ont injecté des dizaines de milliards de dollars dans leur redressement. La commission pour la vérité sur l’audit de la dette, mise en place par le Parlement grec, a révélé que la plus grande part de l’endettement du pays est illégitime, car il a servi uniquement à rembourser la dette privée, c’est-à-dire celle des banques étrangères et grecques. 91% de ce que l’Europe et le FMI ont prêté à la Grèce sont allés vers des banques grecques, françaises, allemandes. Le plan de sauvetage de 2010 est donc, de fait, illégal.

Ce qui se joue actuellement, dans le bras de fer entre l’Union européenne et le gouvernement d’Alexis Tsipras, est une certaine vision de l’Europe. Est-ce un libre marché où les multinationales et les banques règnent en maîtres absolus, ou un espace politique et social où les citoyens ont encore leur mot à dire sur le modèle social et écologique qu’ils souhaitent pour eux-mêmes, leurs enfants et leurs petits enfants ?

 

Les diktats des Traités

Le combat du peuple grec est donc un enjeu décisif pour les peuples européens, comme pour le projet politique de l’Europe. Si Tsipras sort perdant, l’espoir aura encore reculé. Les saigneurs de la Commission européenne et du FMI ont peur de la contamination, par l’exemple, de la résistance grecque à la politique de l’austérité. Si les Grecs arrivent à montrer qu’il est possible de tracer une autre voie que celle imposée par les carcans des Traités, le château de carte néolibéral s’écroulera d’un seul coup.

Nous avons tous une responsabilité dans la situation actuelle. Contrairement à tous ses engagements de départ, notre propre gouvernement a accepté les diktats des Traités. Il s’aligne sur Angela Merkel pour demander à Alexis Tsipras de céder. Si nous étions capables de construire un véritable rapport de force en faveur des Grecs, nous pourrions briser l’étau qui se resserre autour d’eux et relancer l’idée européenne.

Dany Cohn Bendit a suggéré un plan en cinq points visant, entre autres, à renégocier la dette, à lancer un plan d’économies d’énergie, à assurer une garantie de revenu universel. Dans cette période décisive, les écologistes doivent savoir se montrer utiles. Il n’est dans l’intérêt de personne que la situation de blocage actuelle se termine par un « Grexit ». Nous sommes tous des Grecs.

 

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere

 

 

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