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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 21:52

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Grèce : la BCE enclenche le plan B

|  Par martine orange

 

 

 

En décidant de maintenir les fonds d’urgence bancaire à leur niveau de vendredi, la Banque centrale européenne savait qu’elle asphyxiait le système bancaire grec et plaçait la Grèce dos au mur. Le gouvernement grec a annoncé la fermeture des banques et des marchés lundi. Elle devrait durer une semaine, jusqu'à la tenue du référendum.

 

Les apparences sont sauves, les traités sont respectés : la Banque centrale européenne ne sera pas l’institution qui prendra la décision politique de pousser la Grèce hors de la zone euro. Réunis dans l’urgence dimanche en début d’après-midi, les membres de l’institution monétaire européenne ont opté pour une solution – en apparence – de compromis. Soulignant, dans un communiqué, qu’elle a pris « note de la décision des autorités grecques de tenir un référendum et de la non-prolongation du programme d’ajustement de la Grèce », la BCE a annoncé sa décision de maintenir son programme d’assistance d’urgence de liquidité (emergency liquidity assistance, ELA), dernier viatique pour les banques grecques, « au niveau de vendredi 26 juin ».

 

Mario Draghi, président de la BCE.
Mario Draghi, président de la BCE. © Reuters
 

Beaucoup redoutaient que la BCE n’adopte l’arme nucléaire et ne retire son soutien aux banques grecques, ce qui aurait eu pour effet (collatéral) d'obliger au remboursement immédiat de tous les titres déposés en garantie et de précipiter la faillite de tout le système bancaire grec. Partisans de la ligne dure, les Allemands semblaient pencher pour cette solution. Jeudi encore, le président de la Bundesbank, Jens Wiedmann, critiquait l’extrême dépendance des banques grecques par rapport au fonds d’urgence de la BCE et demandait qu’il y soit mis fin.

Plusieurs membres de la BCE rejoignaient son analyse. Pour eux, la Grèce met en danger la Banque centrale européenne et la zone euro. La décision de l’Eurogroupe, samedi, de tenir une réunion sans le ministre grec des finances pour étudier un plan B les confortait dans leur position. N’était-ce pas le signal que les politiques avaient de facto exclu la Grèce de la zone euro et qu’il convenait d’en tirer les conséquences ?

Mais les appels se sont multipliés pour demander à la BCE de ne pas employer la dissuasion massive. Dimanche matin, le premier ministre français, Manuel Valls, qui jusqu’alors s’était tenu à l’écart du sujet, intervenait publiquement. « La BCE est indépendante mais je ne pense pas que la BCE puisse couper les vivres des Grecs », déclarait-il.

Mais si les apparences sont sauves, cela ne change rien sur le fond : la décision de la BCE met la Grèce dos au mur, afin de faire pression sur le gouvernement grec et tenter de peser sur les résultats des élections. « La BCE estime qu’un bank holiday [fermeture temporaire des banques] est une nécessité », a déclaré un proche du dossier à l’agence Bloomberg à l’issue de la réunion. Dimanche soir, le gouvernement grec a confirmé la fermeture des banques et des marchés lundi. Ces fermetures, doublées d'un contrôle des capitaux, devraient durer toute la semaine, jusqu'à la tenue du référendum. 

Dimanche soir, Alexis Tsipras annonce la fermeture des banques et des marchés pour le lendemain.

Cette décision était inéluctable. Car en décidant de ne pas augmenter le plafond des fonds de liquidité d’urgence, l’institution monétaire ne pouvait pas ignorer qu’elle asphyxiait tout le système bancaire grec. La panique bancaire – redoutée par certains, suggérée par d’autres – est bien en train de se produire en Grèce. Depuis l’annonce de la fin des négociations européennes et de la tenue d’un référendum, les files s’allongent devant les distributeurs. Selon les chiffres qui nous ont été donnés, les retraits dépasseraient 2 milliards d’euros par jour. Aucune banque, évoluant dans un environnement aussi tendu, ne sait faire face à une telle situation, si la banque centrale de Grèce n’est pas en mesure de lui fournir des liquidités supplémentaires. Lundi elle ne le pouvait plus, ayant quasiment épuisé les 82,5 milliards d’euros des fonds d’urgence.

Dans son communiqué, la BCE souligne qu’elle « travaillera étroitement avec la banque de Grèce afin d’assurer la stabilité financière ». De son côté, le gouverneur de la banque de Grèce, Yannis Strournaras, a publié un communiqué, annonçant que « la banque de Grèce, comme membre de l’eurosystem, prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité financière pour les citoyens grecs dans ces circonstances difficiles ».

Dans la foulée de la réunion de la BCE, une autre réunion des responsables de la supervision du système bancaire européen se tenait pour faire le point sur l’état des banques grecques, leur situation de liquidité et les possibles répercussions dans la zone euro. Une autre réunion du comité grec de stabilité financière, rassemblant les autorités monétaires et les membres du gouvernement, se tenait au même moment à Athènes. Tout le monde a compris : lundi, la Grèce va entrer dans un autre monde.

C’est le scénario du plan B, étudié par les Européens depuis un moment, qui se met en place. Ces mesures ont déjà été mises en œuvre à Chypre en avril 2013. Les Grecs avaient déjà anticipé cette possibilité, en retirant plus de 30 milliards d'euros depuis l'annonce des élections anticipées en décembre. Mais comment réagiront-ils malgré tout à cette fermeture ? La peur l'emportera-t-elle, comme semblent le souhaiter nombre de responsables européens, dans l'espoir de ramener les Grecs à la “raison” ? Ou la colère prendra-t-elle le pas, les amenant à juger qu'ils n'ont plus rien à perdre ? Au risque d'emmener avec eux l'ensemble de la zone euro.

Les principaux responsables se veulent rassurants. Dimanche, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, s’est empressée d’apporter son soutien aux responsables européens : « Les prochains jours seront importants. Je salue les annonces de l’Eurogroupe et de la BCE, décidés à faire usage de tous les instruments disponibles pour préserver l’intégrité et la stabilité de la zone euro. Ces annonces soulignent que la zone euro aujourd’hui est dans une position solide pour répondre à temps et de façon efficace à tous les développements, si nécessaire. » Des propos qui ressemblent étrangement à ceux de la BCE dans son communiqué : « Le conseil de la BCE a salué aujourd’hui les engagements des ministres de la zone euro de prendre toutes les mesures nécessaires pour améliorer la résistance des économies européennes et être prêts à adopter les avancées nécessaires pour renforcer l’union économique et monétaire. » En d’autres termes, même si la Grèce sort de l’euro, la monnaie unique reste « irrévocable ». Selon le quotidien belge Le Soir, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, aurait fait parvenir à Alexis Tsipras, dimanche en fin de journée, une nouvelle et dernière proposition d’accord global.

Depuis des mois, un certain nombre de responsables européens, le ministre allemand des finances en tête, soutiennent que la sortie de la Grèce n’aurait aucune conséquence. L’Europe, selon eux, dispose désormais de tous les outils pour faire face à une éventuelle contagion. Cette analyse est vivement contestée par d’autres, dont le ministre américain du Trésor. En fait, personne ne sait ce qu’il peut advenir.

Face à l’incertitude, l’inquiétude s’installe. Les responsables du G7 ont prévu eux aussi de tenir une réunion d’urgence dimanche après-midi pour examiner les développements de la situation grecque, tandis que les banquiers centraux du monde entier se parlent. Signe de l’extrême nervosité : les plateformes de change, qui continuent à échanger les devises même pendant les fermetures des marchés, ont annoncé samedi leur fermeture et la suspension de tous les ordres donnés à partir de vendredi 26 juin minuit. Elles ne rouvriront qu’à partir de lundi matin, afin de laisser le temps aux autorités monétaires de prendre toutes les mesures nécessaires. Pareille disposition ne s’était pas produite depuis la chute de Lehman Brothers en septembre 2008.

Lundi matin, tous les responsables vont avoir les yeux braqués sur les marchés, guettant leurs réactions. Plus que ce que disent les Grecs ou les autres Européens, ce sont eux, une nouvelle fois, qui risquent de servir de guide à l’action européenne.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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